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Introduction à l’art du doigté

Pour tout pianiste qui lit des partitions, la question du doigté fini toujours par se poser. En effet, il ne suffit pas de savoir quelle note il faut jouer, à quel rythme et avec quelles nuances. Encore faut-il savoir avec quels doigts il faut les jouer. Et c’est ce qu’expérimente de manière criante tout apprenti pianiste qui tente l’apprentissage des morceaux à partir de tutoriels vidéo de type Synthésia.

Les doigts n’y étant pas indiqués ni organisés par groupes, le pianiste se retrouve à exécuter une succession de gestes très inconfortables qui produisent une succession de sons privés de lien, et trahissent complètement la pensée musicale à l’origine du morceau. L’étudiant a d’autre part bien du mal à mémoriser son morceau car il ne voit pas les gestes qui relient les notes entre elles.

Mais avant toute chose rappelons-nous ce qu’est un doigté : il s’agit du chiffre noté par l’éditeur, l’auteur (plus rarement) ou l’interprète à proximité d’une note et qui indique quel doigt doit abaisser celle-ci.

Ecrire un doigté sur une partition

Il est en général indiqué uniquement lorsque la main sort de la position de base 5 doigt/5 touches. Il est donc d’usage d’indiquer le doigté de :

  • la première note qui suit un changement de position de main (changement latéral gauche droite sur le clavier)
  • la première note qui suit une ouverture ou d’une fermeture de main

Le fait de ne pas indiquer les doigts à chaque note est aussi important que les doigtés eux-même. Les intervalles vides entre chaque doigtés permettent de mettre en évidence tous les changements de position et de comprendre le geste global sous-jacent.

Le doigté n’est que la partie visible de l’iceberg. Ce qui n’est “pas dit” est encore plus important. Le pianiste doit toujours chercher le geste qui se cache derrière un doigté. Celui qui permet de fabriquer le son souhaité à cet endroit. Ce geste global est exécuté par l’ensemble du bras.

C’est pour cette raison que certains doigtés peuvent paraitre complètement illogique pour le pianiste inexpérimenté.

Un doigté = un geste global pour un son précis.

Et ce geste n’est pas indiqué sur une partition. C’est à vous d’être en capacité de le trouver, de décoder les différents indices comme les doigtés, mais aussi les ponctuations et articulations. C’est pour cela qu’il est important de toujours tester un doigté avant de le rejeter en bloc comme “pas pratique”. S’il a été écrit là c’est qu’un pianiste expérimenté l’a trouvé bon pour effectuer un geste nécessaire.

 

Trois grands types de doigtés :

Dans tous les types de doigtés qui existent, j’en distingue trois familles différentes. Je les ai listés par ordre de difficultés et donc par ordre aussi d’arrivée dans la progression méthodique d’un pianiste.

Les doigtés logiques :

Le doigté logique est le premier qu’on aborde au piano, le plus connu et le plus évident pour tous. Il est lié à la position 5 doigts/5 touches. Chaque doigt est associé à une touche de manière logique et mathématique. Donc si l’on est sur un pouce (1) à la main droite et que l’on doit jouer la touche d’à coté, on devra la jouer avec l’index (2). Et si l’on doit sauter ensuite une note à une intervalle de tierce, on la jouera avec l’annulaire (4). Je ne m’attarde pas sur ce type car il est en général sans aucune difficulté de compréhension.

Mais dès que l’on doit changer de position car l’on a plus de 5 notes à jouer, nous sommes déjà obligés d’utiliser des doigtés physiologiques.

Les doigtés physiologiques :

Un bon exemple de ce type de doigté est celui des gammes. C’est l’arrivée du passage du pouce sous la main qui permet le déplacement de celle ci un peu plus haut ou un peu plus bas. Il est aussi très logique mais plus du coté anatomique que mathématique. Le pouce étant plus court, il est confortable de lui éviter les touches noires. Il permet d’adapter au mieux la main et son anatomie au relief du clavier. Il rend confortable le chemin à parcourir de la main.

On retrouve aussi la même logique dans un doigté moins connu : celui qui fait passer le 4 par dessus le 5 en se dirigeant vers une touche noire en venant d’une blanche qui lui est conjointe. Encore faut-il, pour être à l’aise, accompagner le geste avec le bras.

Les doigtés logiques et physiologiques s’entremêlent en permanence et sont les plus connus.

Les doigtés « musico-logiques » :

C’est là qu’il y a le plus de diversité et de complexité. Beaucoup de doigtés qui paraissent illogiques et tirés par les cheveux au premier abord sont à classer dans cette catégorie. Ce sont cependant les plus intéressant. Ce type de doigté favorise le son que l’on veut obtenir, plus que ne vous arrange… n’oubliez pas que nous ne sommes pas là pour servir notre petite personne ou nos intérêts, mais pour créer le timbre, la dynamique et les sentiments que la musique exige. Et là, plus de logique, plutôt de l’expérience, des tests et de l’écoute. 

“Avec ce doigt ou cet enchainement de doigts, est-ce que j’ai le son que je souhaite ?” voilà la phrase qui devra vous obséder !

Certains peuvent être en même temps de plusieurs catégories. Et bien sûr que si votre doigté peut appartenir aux trois, c’est l’idéal. Il sera à la fois facile à retenir, confortable et musical.

C’est le cas par exemple du fait de répéter plusieurs notes avec des doigts différents, souvent pour favoriser à la fois un élan du bras, éviter la crispation et permettre une progression de dynamique malgré la répétition.

 

Les notes répétées avec un doigtés différents au piano

 

On peut voir également un pouce demandé sur une touche noire pour favoriser un appui musical ou une meilleure accroche de la touche après un déplacement.

La substitution est un doigté à but musical également. Il s’agit de deux doigtés qui se suivent au dessus de la même note et qui sont reliés par une petite liaison (voir image ci-dessous). Elle permet de lier plus facilement certaines mélodies et sont particulièrement utiles dans les polyphonies (plusieurs mélodies simultanées à la même main).

La substitution au piano

Il en existe une multitude qui sont autant de “tours de mains” que doit connaitre et apprendre le pianiste, ou devrais-je dire plutôt des “tours de doigts”. C’est ce qui peut s’appeler aussi, comme en artisanat, le “savoir faire”. Je ne peux tous les citer ici, mais il vous faut apprendre chacun d’eux au cours de vos morceaux. Voilà pourquoi il est important de ne pas vous arrêter à la première impression inconfortable d’un doigté dit “bizarre”. Ne pas pré-supposer que l’auteur a reçu un coup sur la tête ce jour là ou a trop bu de whisky. La plupart sont des petits outils à garder à l’esprit dans chaque recherche de doigtés pour pouvoir s’en servir en cas de besoin.

Des outils indispensables pour le travail des doigtés :

Deux outils sont particulièrement indispensables à un pianiste et ne devraient jamais quitter son piano : le crayon à papier et la gomme. Quoi de plus facilement effaçable que le crayon à papier. Instrument idéal du test, de l’expérimentation, du travail de brouillon, et surtout !!!!….. du droit à l’erreur… grâce à lui et à sa coéquipière la gomme, on peut prendre le temps d’essayer un doigté pendant plusieurs jours puis décider qu’il n’est pas bon et en changer. Et puis finalement pourquoi pas revenir dessus en fin de compte ?… seul l’expérience du morceau sur le long terme le dira.

 

Changer de doigtés

 

Et c’est là la plus grosse erreur que font la plupart des pianistes en apprentissage. Ils n’accepte pas de passer du temps à chercher, tester et modifier si besoin un doigté. Qu’il soit écrit ou non sur la partition, vous devez pouvoir remettre en question un doigté. Et en plus cette démarque active de recherche aura l’effet collatéral d’accroitre considérablement la solidité de votre mémoire du passage en question. Avantage non négligeable, vous en conviendrez !

Sur tablette numérique pas d’excuses pour ne pas indiquer ou modifier un doigté ! Les stylets permettent maintenant très bien de faire la même chose qu’un crayon à papier, et même parfois mieux puisque l’on peut parfaitement effacer le doigté de l’édition d’origine pour y mettre le sien à la place.

Bien sûr il est important d’avoir un bonne base de départ, une partition issue d’une édition de qualité. Méfiez-vous des partitions écrites par des non professionnels disponibles parfois sur internet… on peut trouver du très bon comme du pas terrible. Si vous n’avez pas de pianistes plus expérimentés que vous à qui demander, mieux vaut choisir une édition ayant pignon sur rue.

Deux principes importants :

1- Ne pas suivre aveuglément les doigtés de la partition :

Les doigtés qui sont sur les partitions des éditeurs professionnels ont été choisis par un pianiste qui a une vision de la partition et une main qui lui sont propres. Il faut donc les considérer comme la proposition d’un pianiste expérimenté, qui vous permet de gagner du temps au moment de la découverte de la partition.

Mais c’est à vous ensuite de remettre éventuellement en question ces choix de « tour de main » en fonction de ce que vous voulez entendre et du geste qu’il vous faudra pour le faire entendre. Un doigtés au bout du compte reste personnel et adapté à vous.

Bien sûr, vous avez besoin d’apprendre à faire cela. L’art de mettre de bon doigtés s’apprend ! C’est pour cela qu’il est de la responsabilité d’un bon professeur de vous proposer des doigtés adaptés à vous, et de vous expliquer pourquoi il a fait ce choix pour vous. Puis au fur et à mesure de votre avancée, il devra vous laisser de plus en plus d’autonomie et mettre vos propres doigtés et les revoir avec vous. Il est important que vous compreniez les doigtés spéciaux. Leur pourquoi.

2- Lire et appliquer les doigtés qui sont sur la partition :

Vous devez vous dire là : mais elle vient de me dire le contraire. Non pas vraiment. Je vous invite à prendre l’habitude de lire et d’appliquer ce qui est écrit sur votre partition, même si vous avez le droit de changer ce qui y est écrit.

A partir du moment où vous avez fait le choix d’une bonne édition, vous pouvez avoir confiance dans la qualité des propositions de doigtés. Il est important de tester ceux qui sont écrits quelques jours avant de décider s’ils sont bons ou pas pour vous. Dans le cas où ils ne conviendraient pas, écrivez autre chose. Mais dans tous les cas, appliquez ce qui est écrit sur votre partition. C’est une excellente habitude à prendre de visualiser la note avec son doigté comme une seule et unique information vous indiquant le geste à exécuter. Vos yeux doivent englober le tout dans le même regard.

Voilà déjà quelques pistes, j’espère que cela vous aidera. Si ces informations vous aident, partagez cet article à vos amis pianistes.

Recherches utilisées pour trouver cet article :https://clicks aweber com/y/ct/?l=O4XAW&m=h6nTqXKCrlR6ggE&b=etpXxDGiOzz_ CwIHVc lQ

Faut-il faire des exercices techniques pour progresser en piano

Il est plutôt sain de se poser la question…

Est-ce utile ou est-ce une perte de temps de travailler sa technique sur des exercices ? dans cette vidéo, je réponds à cette question que se posent tous les pianistes un jour ou l’autre.

 

Chaîne intéressante sur le sujet :

Atelier du geste pianistique.

 

 

Faut-il faire des exercices techniques ?

 

 

Bonjour et bienvenue sur le blog Apprendre à jouer du piano.

Je voulais répondre aujourd’hui à des questions régulières que je reçois par e-mail ou dans les commentaires des vidéos ou sous les articles du blog.

 

Souvent on me pose la question :

« Est-ce que c’est utile de faire des exercices ? »

 

Alors c’est une très bonne question comme d’habitude. Et c’est une question qui est délicate et c’est pour ça que j’ai tant tardé à y répondre parce qu’on peut en tirer des conclusions par rapport à ma façon de penser la musique ou ma façon de penser la technique de manière générale.

Donc je vais essayer d’y répondre de manière succincte mais sachez qu’on peut toujours revenir pour préciser ce que je vais dire.

 

 

C’est quoi un exercice ?

Quelque soit le domaine, on isole une formule, on isole un élément d’un sujet et on va s’exercer dessus pour devenir familier avec cet élément.

 

C’est quoi la technique ?

La technique pianistique vise à pouvoir traduire au mieux les œuvres qu’on joue. Donc il faut toujours garder à l’esprit cela.

Qu’est-ce qu’on vise ?

  • On vise un son
  • On vise une impression musicale
  • On vise la musique

Et c’est ça qui est toujours très délicat, c’est comment isoler des choses, comment les prendre à part, comment réfléchir, intellectualiser un élément qu’on n’arrive pas forcément à jouer, sans lui faire perdre de sa saveur.

C’est ça qui est toute la problématique du travail technique ou de l’exercice technique.

Gardez toujours bien ça à l’esprit dans ce que je vais vous dire.

 

D’abord, je vais certainement vous décevoir, je suis ni pour ni contre.

Ça dépend de vous. De vos objectifs. De ce que vous recherchez.

Moi j’ai des périodes où je travaille ma technique de manière isolée, et j’ai des périodes où je ne travaille que des morceaux et je travaille ma technique dans les morceaux.

Il y a des arguments pour et des arguments contre.

 

Petite anecdote pour moi :

J’ai commencé de manière très classique, comme vous maintenant, ce qui me suivent depuis un certain temps le savent, dans les conservatoires. On me faisait travailler le HANON. J’ai commencé l’exercice technique avec le HANON qu’on connait bien, avec :

  • Les gammes
  • Les techniques
  • Les arpèges
  • Les trilles
  • Les octaves
  • Les octaves en gamme

J’avais donc travaillé un petit peu tout ça. Et ce qui s’est passé c’est qu’au début ça ne me dérangeait pas trop, je dirais même que ça m’arrangeait parce que je pouvais faire des formules, je pouvais bouger mes doigts sans forcément savoir lire.

Donc je comprenais la formule et après je le faisais de manière instinctive. Donc c’était très drôle parce que ma mère avait cru que ça me ferait travailler ma lecture et pas du tout. Moi j’étais bien contente « Elle croit que je lis, en fait je lis pas du tout ». Donc je faisais semblant de lire, je regardais, et ma mère disait « C’est bien, tu lis bien ! ». Et je ne lisais rien du tout. Je faisais tout en transposant à l’oreille.

Donc voilà pour la petite anecdote.

Plus tard, ce qui a été délicat pour moi c’est qu’à partir du moment où j’ai commencé à augmenter le temps de travail, ça commençait à devenir compliqué de tout faire.

Je me suis mise à travailler de manière trop automatique et en écoutant rien, et je faisais ça comme on pourrait de la gymnastique sans aucune conscience physique. Je me vidais complètement de ma conscience tactile.

Donc ça c’est une chose sur laquelle je voudrais vraiment attirer votre attention.

Faire des exercices pour faire des exercices en pensant à autre chose, en écoutant rien de ce qu’on fait, juste en bougeant ses doigts et sans comprendre le geste qu’on fait, c’est complètement inutile.

Il vaut mieux faire des morceaux à la place.

Moi pendant toute cette période, il se passait une chose étrange. Plus je jouais, moins j’étais échauffée.

C’est-à-dire plus je me glaçais.

Alors depuis j’ai travaillé un petit peu tout ce qui est énergétique et je me suis rendu compte que quand on se refroidit, c’est que l’énergie s’en va.

Pour moi, faire des exercices ça faisait l’inverse de ce qu’on voulait, c’est-à-dire s’échauffer.

Du coup j’ai complètement laissé tomber aussi pour cette raison-là.

  • Parce que j’avais peu de temps
  • Parce que ça faisait l’inverse de ce que je voulais que ça fasse

 

 

Pourquoi faire des exercices ?

  • En premier, c’est pour s’échauffer, éventuellement quand on a les doigts froids.

Mais il y a plein de façons de s’échauffer. On peut se mettre les mains sur une bouillotte. On peut se mettre les mains sous l’eau chaude. C’est une autre façon de s’échauffer. Alors ça n’échauffe pas de manière profonde mais ça permet d’avoir les mains beaucoup plus chaudes.

Si vous cherchez l’échauffement, est-ce que ça vous chauffe vraiment, est-ce que vous ne pourriez pas faire ça un petit peu plus rapidement peut-être, en vous réchauffant, en vous mettant un gros pull ou en vous mettant les mains sur le radiateur.

 

  • La deuxième chose, qui pour moi est beaucoup plus intéressante, et qui est une des raisons pour lesquelles parfois je propose des exercices, c’est de pouvoir bouger sur le clavier en essayant de comprendre un geste qui va être reproductible dans pleins de morceaux différents.

Et bouger dans un contexte aussi de tonalité. C’est-à-dire sentir et mettre dans sa main les différents claviers qu’on peut avoir par tonalité.

Pour moi il y a 24 claviers. Il n’y a pas un seul clavier. Parce que ça dépend dans quelle tonalité on est.

On peut avoir des mouvements qui sont différents en fonction des tonalités dans lesquelles on a les morceaux.

Ça permet donc de travailler, d’isoler, comme tout exercice, un élément physique qu’on a du mal à appréhender dans les morceaux, et en plus de le multiplier à l’infini dans tous les morceaux. Ça permet de faire un raccourci, c’est-à-dire qu’une fois que vous avez compris les gammes par exemple, dans tous les morceaux dans lesquels vous aurez des gammes vous pouvez gagner du temps.

Une fois que vous avez compris le geste de l’octave répétée, vous pouvez, dans tous les morceaux dans lesquels il y aura des octaves répétées, gagner du temps et savoir que ça c’est une octave répétée.

Donc ça permet de prendre des raccourcis. De gagner du temps.

 

 

C’est quoi les exercices d’une manière générale ?

Il y a :

  • Les gammes
  • Les arpèges
  • Les doubles notes
  • Les tierces
  • Les sixtes
  • Les sixtes à une main
  • Les gammes par tierces
  • Les gammes par sixte
  • Les octaves
  • En gamme
  • En arpège
  • Les trilles
  • Les trémolos
  • Le Hanon
  • Le Déliateur
  • Philipp
  • Dohnanyi

Tous ces exercices-là sont ni bons ni mauvais. C’est juste savoir ce que vous cherchez. Quel est votre but en travaillant ces exercices ?

Si c’est juste pour vous exercer mais vous exercer dans l’absolu, pour moi ça ne sert à rien.

Est-ce que vous cherchez :

  • Un délié
  • De l’indépendance
  • A vous adapter à une tonalité

Il y a toujours besoin d’un but.

 

Je vais quand même préciser une chose pour tout ce qui est Hanon, Déliateur, toute cette période où on a fait des exercices qui étaient essentiellement en do majeur.

Attention, ils ne sont bon, à mon avis en tout cas, que si vous les transposez dans d’autres tonalités.

Ne les laissez pas en do majeur, c’est vraiment bête, c’est même néfaste parce que vous allez apprendre à rester uniquement sur le bord des touches en do majeur. Et do majeur dans les morceaux, dans le répertoire, on doit bien être dans les 5% et encore. Même dans les morceaux en do majeur vous passez régulièrement en sol majeur, en fa majeur, donc dans d’autres tonalités.

Rester pendant des mois et des mois sur des exercices en do majeur, alors là, oubliez. Mais vraiment oubliez s’il vous plait. Parce que là c’est tout à fait néfaste.

Vous n’apprenez pas du tout les gestes d’avancée dans le clavier au niveau des touches noires, les gestes de préparation des touches noires. Vous apprenez des mauvaises positions.

 

Il existe aussi les études :

  • Czerny

J’en utilise certains parce que je les aime bien musicalement tout simplement.

  • Moszkowski

Ceux-là sont plus avancés.

  • Burgmüller

J’aime plus ceux-là.

J’utilise environ 5% de chaque méthode, de chaque livret.

 

Il existe aussi des exercices :

  • Brahms

Les exercices sont intéressants aussi.

  • Dohnanyi

Je les aime beaucoup parce qu’il y en a beaucoup de biens.

  • Philipp

Il y a pas mal d’exercices d’indépendance des doigts.

 

Qu’est-ce que vous cherchez ? Toujours pareil. Quel est le but derrière ?

Ne prenez pas, parce que je vous ai fait une liste, tel ou tel exercice en disant « Elle a dit que c’était bien, on y va ». Non non.

Qu’est-ce que vous cherchez ?

 

Et en dehors des études, quoi de mieux que la musique pour travailler sa technique.

Vous avez tout ce qui est :

  • Musique baroque
  • Musique classique

Vous avez énormément de gammes, d’arpèges, des formules qui reviennent beaucoup. Donc travaillez vos techniques dedans.

  • Les inventions de Bach, quoi de mieux pour travailler le légato ou le perlé.
  • Quoi de mieux d’une Etude de Chopin pour travailler le phrasé.

Parce que la technique c’est quoi ?

En quoi travailler son phrasé c’est pas de la technique ? Et bien si. C’est une technique. Vous apprenez un geste pour pouvoir traduire un phrasé. Donc c’est aussi de la technique ça.

Ne restez pas uniquement à l’exercice des doigts. Non.

 

Ça me fait penser du coup à comment le faire.

Il y a une chose qui pour moi est une évidence, ne le faites pas de manière sourde, c’est-à-dire sans écouter ce que vous faites et en jouant fort.

L’exercice n’est pas forcément à jouer forté en se bouchant les oreilles parce que c’est moche. Non.

Ecoutez.

Si vous faites le premier exercice que j’avais travaillé avec Nathalie Tagrine, elle le faisait travailler comme si on faisait des vocalises. C’est tout à fait ça.

Vous pouvez le faire avec des rythmes et des ponctuations différentes. Amusez-vous avec ça. Mais soyez actif et cherchez un son particulier.

N’oubliez pas aussi que si c’est un élément physique que vous voulez travailler, une certaine souplesse, ou la position même, vous pouvez aussi travailler en dehors du piano des exercices qui sont purement physiques.

Vous voulez prendre conscience de vos épaules, travaillez vos épaules. C’est de la technique ça aussi.

Vous voulez travailler la souplesse du poignet, vous cherchez des exercices pour la souplesse du poignet, sur YouTube ou autre plateforme.

Vous voulez travailler l’articulation du doigt, il y a des exercices comme je vous ai mis sur ma chaine qui sont préparatoires.

 

Dès que vous êtes au piano, cherchez un son particulier. Variez les nuances. Variez les articulations. Pour que ce soit le plus possible tiré vers la musique.

Et surtout, je vous le rappelle, ne jouez pas trop fort.

C’est tout à fait utile de travailler des exercices pianissimo en faisant crescendo. C’est difficile de jouer piano. Ça aussi c’est de la technique.

Vous voyez c’est inégal ce que je fais.

 

 

C’est important, toujours, de chercher un son, de chercher à apprendre quelque chose. Vous n’êtes pas en train de penser au poulet qui est en train de cuire.

 

Il faut être bien guidé par rapport aux différentes formules qui existent de l’écriture pianistique. Il faut être informé sur le geste à faire pour telle ou telle situation. D’accord ?

Il y a beaucoup de choses qui pourraient être évitées, de blessures ou de douleurs qui pourraient être évitées tout simplement en étant bien informé sur le geste à produire pour faire telle ou telle formule.

 

 

Donc là je vous invite à vous rapprocher de vos professeurs respectifs ou de lire des livres, ou de regarder des chaines intéressantes sur le sujet.

Je vous mettrais éventuellement des liens en-dessous. Cherchez sur le blog, je vous mets souvent, quand j’ai des personnes que je trouve intéressantes, des liens sur le blog.

 

 

Moi personnellement j’aime bien travailler les gammes parce que je trouve que finalement c’est toujours la base. Et s’il y a qu’un seul exercice à garder c’est quand même bien celui-là.

Je l’ai fait tout le temps de manière différente. J’essaie de fuir la routine. Un jour je vais les faire en crescendo. Le lendemain je vais les faire en descendant et en remontant au lieu de monter et descendre. Je vais varier les mouvements, comme mouvement contraire. Je vais varier énormément les différentes dispositions et les différentes façons de les jouer.

Et il m’arrive tout à fait de mixer improvisation et exercices.

C’est-à-dire que si je veux travailler les tierces, ça peut m’arriver, j’étais sur mi bémol mineur… ce n’est pas du tout de la musique, ce n’est pas bien écrit, mais c’est juste que j’essaie de créer quelque chose, de faire autre chose à la main droite, je fais des sixtes. Je m’amuse un petit peu et je cherche un son particulier.

Je mixe improvisation, je m’amuse avec les différentes caractéristiques musicales qui peuvent exister dans les morceaux.

 

 

Petit cas particulier

Si vous êtes débutant, l’exercice pour le débutant apporte un intérêt certain, c’est que si vous arrivez à avoir une bonne mémoire gestuelle, vous pouvez assez vite travailler la vitesse sans forcément savoir lire.

Comme je vous le disais tout à l’heure pour moi, effectivement l’exercice comme Hanon ou Déliateur peuvent vous permettre de commencer à travailler un petit peu dans la vitesse mais des formules qui se répètent.

C’est compliqué de travailler la vitesse tout de suite sur les morceaux, parce que vous avez le frein qui est le déchiffrage.

Pour les débutants je trouve que c’est pas mal d’en avoir 2 ou 3 et de rouler dessus pour que vos doigts fonctionnent et commencent à prendre l’habitude d’articuler, de fonctionner un petit peu plus rapidement que sur un morceau que vous êtes en train de travailler.

 

Si ça vous barbe prodigieusement, que vous ne voyez absolument pas l’intérêt, que vous n’êtes pas guidé pour le faire, ne le faites pas.

Faites-le que quand vous voyez un intérêt.

Moi je pense que quand même dans les premières années l’urgence est d’apprendre comment est faite la musique, ce qu’est une tonalité, ce qu’est un accord, ce qu’est une tierce, ce qu’est une sixte. Passez plutôt du temps dessus si vraiment vous ne voyez pas l’intérêt de l’exercice et que vous n’êtes pas guidé pour ça, penchez-vous plutôt, achetez les livres ou des méthodes pour ça. Penchez-vous plutôt sur comment est faite la musique, ouvrez vos oreilles, travaillez vos oreilles.

C’est quand même bien plus important au départ. Il y a beaucoup de choses à connaitre. Travaillez vos morceaux, beaucoup de morceaux, c’est beaucoup plus utile que de passer une demi-heure vos exercices mais quel dommage ! Vous perdez plein de temps. Cette demi-heure-là vous l’auriez utilisé pour apprendre la musique, des choses qui sont beaucoup plus enthousiasmantes au début.

 

Et après éventuellement vous reviendrez justement sur ces éléments-là que vous avez appris. Maintenant que vous connaissez par exemple le mode majeur, pourquoi pas travailler les gammes majeures.

A mon sens c’est plus intéressant de passer par là.

 

N’oubliez pas que la musique c’est la créativité, c’est former son oreille. Un musicien en premier doit former son oreille.

Ne perdez pas ça de vue.

Bien sûr qu’il faut travailler sa technique. Nous avons un répertoire absolument gigantesque, d’une variété extraordinaire, pourquoi ne pas en profiter pour travailler dans les œuvres tous ces éléments-là.

Et si vous sentez qu’il y a quelque chose qui accroche, demandez-vous si vous connaissez bien le geste qu’il faut faire, et si vous le connaissez bien, vous allez de vous-même voir l’intérêt de travailler une gamme si dans telle ou telle œuvre de Chopin vous voyez des gammes que vous n’arrivez pas à faire.

Là travaillez les gammes.

A ce moment-là vous allez voir de vous-même l’intérêt. Donc c’est beaucoup plus intéressant.

 

 

 

Si cette vidéo vous a plu, partagez-là sur les réseaux sociaux. Et n’oubliez pas qu’il vaut mieux faire beaucoup de piano que de trainer sur les réseaux sociaux.

 

Au revoir ! Et à bientôt sur le blog !

 

Bon piano !

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7 erreurs à ne pas commettre pour bien mémoriser un morceau

Avez-vous des difficultés à mémoriser vos morceaux ?

Vous regrettez peut-être ce temps où vous appreniez sans effort durant votre jeunesse ou votre enfance. Et oui, ça rentrait « comme dans du beurre ». Vous n’aviez même pas besoin d’apprendre. Vous travailliez le morceau et vous quittiez des yeux la partition a un certain stade d’apprentissage. Mais ce temps est révolu. C’est un fait.
La bonne nouvelle est que l’adulte peut toujours compenser ses manques par des stratégies ! Avant c’était donné. Maintenant c’est à vous d’aller conquérir cette mémoire. Et en faisant cela, sachez qu’elle en sera d’autant plus solide.
Maintenant, il y a certaines choses à ne pas faire, certaines erreurs que je vois couramment chez les personnes que j’accompagne. Je vous en ai sélectionné 6 que je vous dévoile ci-dessous.

Quelques remarques :

  • je me place ici dans le cadre de l’apprentissage d’un morceau de votre niveau technique ou plus encore. Mais certains principes sont à appliquer aussi lors de morceaux faciles pour vous.
  • Je m’adresse ici à des pianistes qui ont déjà un minimum d’un an ou deux de piano derrière eux, ou qui ont commencé petit et reprennent à l’âge adulte.

 

1 – Exiger de vous de savoir sans apprendre :

Vous allez me dire « bah oui c’est évident » mais pourtant… c’est exactement l’idée qui se cache sournoisement derrière les agissement de la plupart des pianistes inexpérimentés.

Les pianistes ayant commencé il y a plusieurs années ou dans leur enfance s’accrochent à cette mythologie qu’autrefois ils mémorisaient sans effort. Et voudrait que ça revienne ou que cela continue de la même manière. Bien sûr c’était certainement le cas, je ne dis pas le contraire. Mais maintenant, vous avez évolué musicalement et pianistiquement et vous devez donc structurer votre apprentissage avec ces nouvelles compétences. Cette “bonne mémoire” d’autrefois était une mémoire très certainement uniquement basée sur le sensoriel et kinesthésique (mémoire des mouvements et positions de vos bras et mains dans l’espace).

Cette mémoire automatique ne fonctionne que si vous avez de l’élan (un certain tempo) et que rien ne vient vous troubler ou vous déranger… et c’est peut-être même encore le cas pour vous aujourd’hui. Vous êtes bien incapable de dire quelle note vous jouez sans le soutien de votre piano sous les doigts. Et si on vous demande de jouer par coeur mais très lentement c’est la panne totale ! Il s’agit d’une mémoire bien dangereuse lorsqu’elle n’a pas l’appui des autres mémoires, comme par exemple l’analytique, la visuelle, l’harmonique etc…

Plus vous avez de connaissances, rythmiques, mélodiques, harmoniques, analytiques, plus vous allez pouvoir vous en servir pour vous approprier le morceau que vous voulez apprendre et mémoriser. C’est souvent comme ça dans la vie. Au début c’est donné, puis nous devons allez plus loin dès que nous avons des outils plus avancés.
Et cette mémoire là sera à toute épreuve. Beaucoup plus que la toute première je vous l’assure.

Que serait-il arrivé à votre avis autrefois si quelque chose vous avait troublé en plein milieu ?

Auriez-vous continué de jouer sans faillir ?

Et puis soyez honnête avec vous même aussi. Etait-ce les mêmes morceaux ou des morceaux plus faciles et moins complexes que ceux d’aujourd’hui ? … je vous laisse répondre vous-même.

Le problème principal avec cette exigence, c’est qu’elle vous décourage de manière évidente. Vous vous demandez l’impossible. Et donc vous avez ensuite une bonne excuse toute prête à prendre le relais : “ma mémoire n’est plus ce qu’elle était ma bonne dame…”. Affaire bouclée. Frustration garantie.

 

2 – Négliger le rythme :

Je vois cela régulièrement. Des personnes qui apprennent la succession des notes mais en négligeant le paramètre indispensable à toute mémorisation, le rythme. En effet il n’y a pas de musique sans rythme, sans organisation temporelle.

Si vous apprenez uniquement les notes, sans vous en rendre compte, vous allez créer un rythme (même s’il est très basique comme des notes régulières par exemple). Vous ne pouvez faire autrement, car vous jouez des notes successivement dans le temps. Ce rythme (même si ça n’en est pas vraiment un) va être mémorisé à votre insu par votre oreille. Sans que vous vous en rendiez-compte vous apprenez un morceau qui n’existe que pour vous.

Le rythme donne son identité, son caractère à la musique. Donc si vous le modifiez, vous lui donnez une autre identité. Vous devrez ensuite ré-apprendre « un autre morceau » une deuxième fois. Ce qui veut aussi dire désapprendre votre premier travail d’apprentissage.

Cette erreur est très courante dans les premières années. Elle est la plupart du temps commise lors de l’apprentissage de la main gauche seule, ou d’une partie accompagnante isolée. Il est rare en revanche que le rythme de la mélodie soit déformé vu que c’est souvent cette dernière qui vous a attiré vers le morceau. Vous l’avez donc déjà mémorisé. Mais attention aux transitions et aux parties moins attractives et connues. Ce qui m’amène naturellement à l’erreur suivante.

 

3 – Négliger la main gauche :

Là aussi (et je m’inclue dans cette erreur) je vois cela très régulièrement. Nous nous accrochons naturellement à notre mémoire mélodique d’un côté et la main gauche suit uniquement par mémoire sensorielle et gestuelle. Mais gare au moindre doute… à la moindre fausse note ! Et la c’est la panique : “c’est quoi la prochaine basse ???” C’est le trou. On ne sait pas. Pourquoi ? Parce qu’on n’en a jamais pris vraiment conscience. Parce qu’on ne l’a jamais vraiment écouté, ni analysée.

 

 

 

 

Apprendre la main gauche seule de manière systématique sur tout le morceau en l’isolant totalement du reste est une perte de temps et d’énergie. Mais il est pour moi très utile de se demander régulièrement de jouer par cœur la main gauche du passage que vous travaillez pour en prendre conscience. Vous pouvez aussi jouer les deux mains en écoutant votre main gauche, en la regardant, quitte à troubler complètement votre main droite. Acceptez que celle-ci devienne temporairement très approximative. On ne peut pas tout faire en même temps !

 

4 – Vouloir apprendre de trop gros passage à la fois :

Là c’est une question de simple bon sens. Vous ne pouvez pas avaler l’éléphant d’un coup. Il vous faut le manger bouchée après bouchée, comme dit le proverbe.

« Un éléphant, ça se mange une seule bouchée à la fois »

Donc dans notre cas c’est phrase musicale par phrase musicale, ou mot musical par mot musical. Découpez, découpez ! Toujours musicalement, mais découpez. Les liaisons peuvent être de bonnes indications pour cela. Les notes longues ou silences entre ces liaisons sont souvent synonymes de pause dans le discours. Donc ce sont des endroits parfaits pour vous arrêter et reprendre aux pauses précédentes.

 

4- Vouloir apprendre par cœur trop tard :

Vous êtes nombreux à vouloir d’abord apprendre à jouer votre morceau en regardant la partition, puis apprendre par cœur dans un deuxième temps en fermant brusquement la partition.
Pour moi vous devez en profiter dès les premiers jours d’apprentissage du morceau pour exercer votre mémoire regarder vos doigt en travaillant chaque passages. Vous devez parfois même chercher « c’est quoi après déjà » et tâtonner quelques instant à l’oreille pour trouver les notes sur votre piano.
Je parle bien sûr de ces moments où vous effectuez un travail de précision sur quelques notes, une ou deux mesures comme indiqué dans le point précédent.
C’est le moment idéal, alors que vous ne savez pas encore le jouer techniquement pour chercher à améliorer votre jeu tout en regardant vos doigts. Car vous faites d’une pierre deux coups. Vous travaillez votre technique tout en mémorisant votre morceau. Votre mémoire automatique n’a pas encore commencé à se mettre en place.

Ça ne veut pas dire de se passer déjà de la partition. Elle est bien toujours là en face de vous et vous devez être capable de dire exactement où se trouve le passage que vous êtes en train de travailler. Vous vous y référez en permanence en faisant des aller et retour avec vos yeux entre la partition et vos doigts sur le clavier. Vérifier si ce que vous jouez est juste. Les consignes sont dessus. N’inventez pas autre chose :).

Lorsque vous travaillez un morceau pour l’apprendre, vous n’êtes pas en train de chercher à améliorer votre déchiffrage. Ne mélangez pas tout !

 

5 – Vouloir savoir jouer tout le morceau par cœur trop tôt :

Alors là vous vous dites « elle est folle ou quoi ? Elle vient de me dire qu’il fallait apprendre tout de suite par cœur … »

Oui oui tout à fait je l’ai dit. Mais ça ne veut pas dire qu’il faut exiger de vous de pouvoir jouer le morceau par cœur dans son intégralité dès le premier apprentissage sans erreur ni coup d’œil vers la partition.

Ce que j’appelle le premier apprentissage est la première période sans arrêt sur laquelle vous vous concentrez sur l’apprentissage d’un morceau.
Pour beaucoup de spécialistes de la mémoire, il y a un ingrédient indispensable à la mémorisation : l’oubli. C’est contre-intuitif mais c’est une réalité du fonctionnement de la mémoire.

Lorsque vous faites exprès d’oublier quelque chose et que vous vous demandez de réapprendre cette même chose plus tard, votre cerveau se dit « c’est important puisqu’on revient dessus, donc il faut le mettre en mémoire à long terme ». Bon c’est un brin romancé comme histoire, mais c’est fondé sur des principes réels de la mémoire.
La première fois que vous oubliez un morceau vous l’oubliez à toute vitesse. La deuxième fois, moins rapidement, la troisième beaucoup moins et ainsi de suite, comme sur le schéma ci-dessous.

Ce que nous pouvons donc déduire de cela est que pour qu’un morceau soit inscrit de manière profonde dans votre mémoire, il faut l’avoir appris puis oublié plusieurs fois !
Et oui c’est un fait. Il faut savoir lâcher prise pour mieux y revenir.

Donc qu’attendez-vous pour oublier ?

Donc reprenez d’anciens morceaux du passé. Bonne nouvelle ! Ce ne sera pas votre premier apprentissage ! Construisez un répertoire sur vos investissements du passé. Vous avez un trésor dans votre cerveau. Vos heures de travail du passé ne sont pas perdues. Il faut juste en retrouver l’accès. Défricher devant la porte de vos acquis.

 

6 – Ne vouloir apprendre qu’un seul morceau par cœur :

La mémoire est comme les muscles. Ça s’entraîne.

Imaginez que toute votre scolarité on vous ai demandé d’apprendre qu’une seule leçon, une seule poésie… ça vous paraît plutôt impensable n’est ce pas ? Et bien c’est ce que vous demandez a votre cerveau si vous ne voulez mémoriser que peu de morceaux dans votre vie.

Plus vous en apprendrez, plus ceux auxquels vous tenez tout particulièrement pourront compter sur une mémoire exercée donc performante. Chaque morceau appris renforce votre capacité à mémoriser, donc vous aide à consolider vos morceaux fétiches, ceux que vous voulez qui constituent votre répertoire personnel.

Enfant c’est notre travail de mémoriser. Mais qu’en est-il de l’adulte ? ça remonte à quand la dernière fois que vous avez dû apprendre quelque chose par coeur ?

 

7 – N’essayer le par coeur qu’au tempo final :

Il n’est pas rare que je demande aux personnes que j’accompagne (et à moi-même aussi d’ailleurs) de jouer très lentement leur morceau. Que cela soit de mémoire ou pas d’ailleurs. C’est un test excellent que de ralentir considérablement le tempo pour testez votre mémoire. Si vous êtes capable de jouer votre morceau par coeur note à note (très très lent), je peux vous assurer que vous avez une assurance maximale contre le trou de mémoire.

 

Voilà. J’espère que cet article vous aidera à gouter les joies du jeu par coeur. Le plaisir de “tenir” un morceau dans ces mains, ces oreilles et disponible à tout moment. Si vous avez apprécié ce texte partagez-le avec vos amis pianistes, par mail ou sur les réseaux sociaux !

Merci d’avance de votre soutien et vos innombrables messages à chaque publication. 

 

 

Recherches utilisées pour trouver cet article :apprendre a memoriser 7 x6, https://apprendre-a-jouer-du-piano com/7-erreurs-pas-commettre-pour-memoriser-morceau/, mémoriser clavier piano, piano la lecture contre la memorisation

Vitesse et légèreté dans Rachmaninoff

Je réponds aujourd’hui à la préoccupation de Frédérique qui travaille le prélude op.3 n°2 de Rachmaninoff, et qui a du mal avec l’Agitato central…

Cela me donne l’occasion d’y parler encore du jeu dans la vitesse. Ah cette vitesse… elle nous donne bien du soucis quand on se focalise dessus ! C’est tellement frustrant d’essayer de se pousser sans succès, comme si on était devant un mur infranchissable !

Dans cette vidéo, je parle de :

  • Encore quelques fondamentaux sur le tempo rapide
  • Quelques conseils de travail spécifiques à ce prélude
  • Des exercices pour la main afin qu’elle gagne en souplesse pour s’adapter aux contraintes de cette écriture.

Et voici le morceau joué par Rachmaninoff lui-même !

 

Travailler le prélude op.3 n°2 de Rachmaninoff

 

 

Bonjour et bienvenue sur le blog apprendre-a-jouer-du-piano.com.

Dans cette nouvelle année 2019, si vous me regardez en janvier 2019, et sinon bienvenue tout court.

 

Aujourd’hui je voudrais répondre à une question de Frédérique.

Frédérique est en train de travailler le prélude op.3 n°2 de Rachmaninoff. Elle a visiblement des problèmes dans l’agitato, la partie centrale.

Je rappelle un petit peu ce que c’est que ce prélude. Il s’agit de celui-ci.

 

Donc c’est un prélude où effectivement il y a une partie centrale qui est assez rapide et justement Frédérique a des problèmes dans cette partie centrale pour aller vite.

 

Elle me dit :

« Je me retrouve très souvent en difficulté avec cet agitato. J’ai beaucoup de mal à augmenter la rapidité tout en restant légère dans mes doigts. »

 

Alors justement souvent ce problème dans cet agitato parce que justement la partie avant et après et très très lente, est très lourde, et d’un seul coup il faut changer complètement de façon de faire au niveau physique et donc de tonicité musculaire.

Je vous conseille Frédérique, pendant toute cette première partie, même si c’est très lent et très lourd, il ne faut pas vous endormir musculairement.

Il faut vous préparer progressivement, au fur et à mesure que la page avance, un petit peu comme les chats avant de sauter. Ils sont très lents. Ils avancent etc, mais à l’intérieur il y a quelque chose qui monte, qui monte, qui monte, et au moment de partir Plaf ! Ils partent comme des fous.

Là c’est pareil.

Vous êtes en train de jouer ça, et en même temps à l’intérieur il y a quelque chose qui monte, qui monte, qui monte musculairement.

 

Alors ce n’est pas une crispation. C’est quelque chose qui va devenir de plus en plus réveillée, de plus en plus éveillée de l’intérieur.

 

C’est difficile à expliquer comme ça en une vidéo…

 

Quand vous arrivez à l’agitato, il y a un travail à faire. Je pars du principe pour cet agitato que vous avez les capacités physiques et techniques d’y arriver. J’espère que vous ne vous êtes pas lancée dans ce morceau alors que c’est très loin du niveau que vous êtes capable d’atteindre.

Ça c’est toujours une chose importante à rappeler.

 

Maintenant je vais rappeler quelques principes que j’ai donné dans une des dernières vidéos de l’année dernière qui était par rapport à la rapidité.

 

Pour cet agitato j’aurais envie de rappeler qu’avant tout :

Il faut déjà entendre les notes au tempo.

Si déjà vous avez du mal à l’entendre tranquillement dans une chaise en regardant la partition, forcément que vos doigts ne devront pas aller plus vite que votre écoute interne.

Ça c’est une chose sur laquelle j’insiste régulièrement.

 

Maintenant, il faut aussi réduire les gestes.

Plus vous allez aller vite, plus il faut réduire les gestes et jouer proche du clavier.

Ce qui est difficile pour la plupart des gens, c’est que dès qu’on réduit les gestes ça devient mou et imprécis et on dit que ça savonne.

Donc c’est quelque chose qui n’est pas facile à acquérir mais il faut vous entrainer à réduire tout en restant précis et réveillé du bout des doigts.

 

Maintenant, ne soyez pas focalisé sur ce problème de vitesse, au contraire.

Vous pouvez, pour travailler la vitesse de cet agitato, le travailler extrêmement lent.

C’est contre intuitif parce qu’on se dit que pour aller vite il faut s’entrainer à aller vite. Oui tout à fait, c’est vrai. C’est évident et logique.

Mais si en parallèle vous ne travaillez pas aussi régulièrement extrêmement lent, vous allez petit à petit rendre les choses de plus en plus imprécises.

 

Donc pour moi :

  • Il faut alterner un travail rapide mais sur des petits passages qui vont devenir de plus en plus grands

Et entre chaque je me repose. Je n’oublie pas ma noire qui est tenue. Et je fais ça temps par temps.

Après je peux faire mesure par mesure. Je me repose. Je reprends.

Vous pouvez le travailler avec ou sans pédale. Sans pédale ça permet d’être bien à l’écoute de toutes les notes. Ecoutez bien les doubles. C’est ça votre débit interne.

Il y a quelque chose de rythmique à suivre.

Si je n’arrive pas à aller jusqu’au premier temps, peut-être qu’il faut que je fasse les 2 derniers temps. Et je me repose entre chaque.

Parce que ça permet de reprendre son souffle. La vitesse pose souvent un problème d’endurance, et l’endurance ça s’entraine.

Quelqu’un qui va faire un marathon demain ne va pas y aller directement. Il va augmenter progressivement le temps de course pour y arriver.

Là c’est pareil. C’est un marathon donc on va aller progressivement, faire de plus en plus de notes rapides.

Mais vous voyez, je suis déjà au tempo, ou quasiment. Je me mets le plus vite possible au tempo.

 

  • Par contre en parallèle je vais travailler lentement mais pas forcément fort.

J’écoute, même à l’avance comment vont sonner les notes, à l’avance. Je vais très lentement, à la base de l’écoute.

Je timbre. J’essaie de faire quelque chose de beau. Ce n’est pas un exercice sans musique.

Je vais extrêmement lent. Je peux même aller encore plus lent que ça.

Quand je dis lent, ça peut être extrêmement lent en prenant conscience de mon corps. Là je le fais en regardant la partition mais je pourrais très bien le faire par cœur après pour vérifier si mon par cœur est un vrai par cœur.

J’écoute à l’avance. J’essaie d’écouter à l’avance.

 

Maintenant, ce travail lent ne doit pas être mou.

Vous ne devez pas être comme ça en pensant à autre chose en se disant qu’on s’ennuie. « Qu’est-ce que c’est lent pff… Elle m’a demandé de jouer lentement mais alors qu’est-ce qu’on s’ennuie… pfiou… Je dors… »

Et musculairement mes coudes tombent etc. Non.

Je vais lentement, mais dedans ça va à toute vitesse. C’est-à-dire que je suis complètement réveillée. Mon doigt va toniquement au fond de la touche, même si c’est doux.

Je suis extrêmement réveillée. Et tout ce que je peux anticiper, de positionnement de doigts, je suis déjà positionnée sur la suite. Vous voyez ?

Hop, mon sol est positionné.

 

A la fois :

  • Vous êtes complètement réveillé physiquement.
  • Vous ne laissez pas tomber vos coudes.
  • Vous êtes suspendue. Vous êtes suspendue au plafond.
  • Vous écoutez.
  • Il se passe plein de choses pendant ce travail-là.
  • Vous n’êtes pas en train de dormir.
  • Vous anticipez toutes les nouvelles positions. Dès qu’il y a un déplacement mon doigt y va tout de suite.

Parce que c’est un travail lent mais où il va y avoir tous les gestes du rapide dedans. Quand vous voulez aller rapidement il faut anticiper tous les gestes.

Donc même lentement vous allez anticiper. Et ces gestes par contre d’anticipation vont être extrêmement rapides.

S’il y a un déplacement, je suis positionnée directement. Mes notes arrivent lentement, par contre mes doigts se préparent à l’avance et sont pas lents.

  • Vous devez être confortable sur chaque note dans ce travail-là.
  • Vous alternez avec des moments où vous allez travailler très vite.

Vous vous reposez.

On s’entraine vite, lent, mais réveillé, vite. Quelque part, vite je lâche plus que lentement. Je lâche prise beaucoup plus que lentement où je suis en train de tout surveiller, de tout regarder au lieu de penser à ce que je dois faire demain.

 

 

Là je me suis concentrée sur :

  • Entrainer la vitesse
  • Entrainer le confort
  • Garder ce confort dans la vitesse

 

 

Maintenant bien sûr ce morceau, cet agitato, il faut que vous le compreniez de l’intérieur.

  • Donc il faut travailler les voix séparées. Pas mains séparées.

Pour moi ce n’est pas très intéressant ici mais plutôt que la plainte avec la basse. J’ai retiré les croches du centre. Et je peux travailler mes croches toutes seules.

  • J’essaie qu’elles soient égales.

Quand je veux chercher à être égale j’essaie de me concentrer sur le petit bruit « tac » du marteau qui doit être toujours le même sur chaque corde.

Dans cette mesure-là, on est troublé par le haut. C’est une mesure qui n’est pas du tout facile, pas agréable.

Il faut donc vraiment travailler peut-être cette partie-là en aller-retour entre les notes.

 

Il y aurait beaucoup de choses à dire mais là je vous donne des petites choses quand j’y pense.

  • Les voix séparées
  • Les croches séparées

 

Autre chose, travailler par accord rapidement justement.

Parce qu’il faut que votre main ait une position en partant qu’il va falloir qu’elle adopte le plus tôt possible, dès que la première note, dès que la noire arrive, tous les doigts doivent être positionnés sur les notes suivantes.

Donc par accord.

Vous jouez toutes les notes comprises dans un temps.

Quand vous ne pouvez pas, parce que moi j’ai une grande main, mais quand vous ne pouvez pas vous faites un arpégé. Ce n’est pas grave.

Ne travaillez pas fort. N’épuisez pas vos bras non plus à jouer trop fort.

 

C’est plus une précision qu’une force qu’il faut avoir.

 

Je pense que ça peut être utile aussi que :

  • Vous travailliez votre technique un petit peu en dehors de ce morceau.
  • Travailler un petit peu vos gammes pour réveiller vos doigts.
  • Concentrez-vous sur le bout de votre petite phalange du bout du doigt qui doit vraiment accrocher la touche pour qu’ils soient bien réveillés.

 

Un petit exercice en dehors du piano auquel j’ai pensé.

Là-dedans il y a beaucoup de moments où vos doigts travaillent en latéralité. C’est-à-dire qu’ils doivent travailler comme ceci. Il y a beaucoup d’écartement l’air de rien dans cet agitato. La main se retrouve avec des positions comme ceci par exemple.

Donc il faut travailler les doigts en latéral.

Je vous conseille de mettre la main à plat et il faut que vos doigts aillent de gauche à droite comme ceci.

Vous essayez de travailler vos doigts en latéralité gauche – droite, le plus possible.

Vous pouvez aussi travailler l’écartement de vos doigts, l’étirement de vos doigts en respirant bien.

Faites attention, ce sont des petits os, des petits ligaments, des petits muscles. Donc il faut y aller doucement.

Etirez bien entre vos doigts. Etirez bien le pouce comme ceci. Etirez bien toute la main en vous mettant sur le coin d’un meuble. Bien étirer à l’intérieur de la paume. Il faut que votre main gagne le plus possible en souplesse et soit capable après en latéralité.

Après est-ce que vous arrivez à ce que vos doigts bougent comme ça ?

C’est extrêmement important dans cet agitato, notamment à la main droite bien sûr.

 

 

Donc voilà, je pense avoir fait le tour de ce que je pourrais dire si je vous avais en cours.

Bien sûr je ne vous connais pas Frédérique, donc il pourrait y avoir des choses sur lesquelles je passe à côté.

Il faut faire bien attention que ce morceau ne soit pas trop loin de votre niveau pour qu’il ne vous décourage pas.

D’accord ?

Faites attention parce que ça fait partie des tubes du piano classique. Donc je me méfie toujours quand quelqu’un me parle d’un tube, je me dis « Est-ce qu’il la prit parce qu’il aimait ce tube et qu’il n’a pas l’avis d’un professeur et ne sait pas si c’est de son niveau et s’est lancé comme ça ? Ou est-ce que réellement il a la possibilité et la capacité maintenant qui n’est pas trop loin du niveau du morceau et donc il va pouvoir se hisser à ce niveau-là »

 

Il faut bien comprendre que si vous êtes trop loin, c’est trop décourageant et vous ne pourrez pas. Alors que pendant ce temps-là vous pourriez faire d’autres morceaux plus faciles qui vous font travailler les mêmes éléments mais beaucoup plus de morceaux différents, et qui pourraient vous amener petit à petit à ce morceau-là.

 

Donc ne restez pas non plus des mois sur ce morceau-là. Si ça n’avance pas, lâchez-le, mettez-le de côté, faites une liste des morceaux que vous aimeriez absolument jouer, et mettez-vous sur d’autres morceaux qui vont faire travailler les mêmes éléments mais avec un niveau un peu plus facile, et changez. Changez de morceau. Mangez de la musique.

Il ne faut pas rester sur un ou deux morceaux dans l’année, mais au contraire multiplier les expériences musicales.

Et chacune des expériences va vous aider à monter progressivement vers là où vous voulez aller.

 

 

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Merci beaucoup, au revoir à tous !

 

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Une astuce toute simple pour les traits de vélocité

Je vous donne ici une des mes astuces (même plusieurs… 🙂 je ne peux pas m’en empêcher) pour obtenir des traits de vélocité fluides, clairs et précis.

Je prends comme exemple un trait extrait de la première ballade de Chopin.

 

Une astuce toute simple pour les traits de vélocité

 

 

Bonjour à tous et bienvenue sur le blog www.apprendre-a-jouer-du-piano.com.

 

Aujourd’hui je voulais vous donner une astuce pour les traits de vélocité.

 

Alors je ne me suis pas beaucoup adressé jusqu’à présent aux personnes beaucoup plus avancées dans le piano, donc ça va venir un petit peu maintenant.

Les traits de vélocité qui sont le grand répertoire, souvent posent problème. Et quand on arrive dès la mesure qui précède en général on se dit « Ohlala… Bon bah je travaillerais ça demain ».

Il y a un moment, ce n’est pas à un moment d’ailleurs, il faut commencer par là. Il faut commencer dans les morceaux qui demandent beaucoup de vélocité. Il faut commencer par les passages difficiles bien sûr avant de trop s’amuser sur les passages faciles.

 

 

Pour ces traits de vélocité j’ai une petite astuce à vous donner.

 

Vous pourrez dire plein de choses mais là je vais vous donner juste une petite astuce.

 

Cette astuce est toute bête, toute simple. C’est de dire le nom des notes.

Vous prononcez à haute voix le nom des notes du passage en question.

 

Donc comme exemple, je vais vous prendre la première balade de Chopin, celle qui commence comme ceci.

Et sur la deuxième page, on a un passage à la fin du premier thème.

  • En premier je vais dire le nom des notes.
  • Je vais isoler bien sûr cette main droite.

Je vais la prendre toute seule parce que là bien sûr autant d’habitude il faut faire attention de ne pas trop mettre les mains ensembles, autant là c’est évident qu’il y a besoin de faire un petit travail de main droite seule.

 

Donc cette main droite, on va dire le nom des notes comme ceci :

La – si – la – sol – la – sol – la – mi – fa – fa – sol – fa – mi – mi – do – la – si – ré – la – si – sol – la – fa – la – do – si – fa – fa – mi – ré – fa – fa – fa – sol – fa – mi – do

Alors on pourrait croire que cet exercice est un peu inutile. De dire le nom des notes. Mais en fait essayez-le parce que c’est extrêmement efficace.

 

Vous pouvez prendre conscience par là de toutes les notes que vous jouez un peu à moitié. Vous verrez, c’est impressionnant. Les passages que vous ratez, les passages où vous avez du mal à jouer avec les doigts, vous aurez du mal à dire le nom des notes.

Comme par hasard.

 

 

Donc ce n’est pas qu’une question de lecture de notes, c’est une question de prendre conscience de chaque note.

 

Est-ce que vous prononcez au doigt chaque note même si c’est très rapide, vous allez le voir en disant le nom des notes.

Ça tombera exactement sur les mêmes.

La – si – la – sol – la – sol – la – sol – mi – fa – fa – sol – fa – mi – ré – sol – ré – do – si – sol – fa – ré – mi – fa – fa – la – sol – fa – mi – do

Donc ça, c’est un excellent test pour repérer les doigts qui ne fonctionnent pas bien ou les notes dont vous n’avez pas pris suffisamment conscience.

 

 

Autre chose que je sais parce que j’en ai discuté avec des orthophonistes.

 

Il faut savoir que le fait de prononcer des choses de manière très articulée au niveau de la bouche va influer sur l’articulation de vos doigts.

Les orthophonistes l’utilisent mais à l’envers pour les personnes qui ont du mal à prononcer au niveau de la bouche. Ils vont faire travailler les doigts pour améliorer la diction.

 

Pourquoi, nous, on ne l’utiliserait pas mais à l’envers ?

Le fait d’articuler toutes les notes à la bouche, est-ce que ça ne nous permettrait pas d’articuler mieux au niveau des doigts ?

En tout cas moi je le vis au jour le jour.

 

C’est une chose que j’utilise très très régulièrement quand un passage savonne.

Vous savez ? C’est-à-dire qu’on sent que les notes boulent. Pour que ce soit précis et que chaque note ait sa place et transporte le discours musical, on a besoin d’avoir conscience, même si ce n’est pas une hyperconscience sinon vous ne pourrez pas aller vite, on a besoin d’avoir conscience que de passer par chaque note et qu’il n’y ait aucune note qui casse le discours et l’intention musicale.

 

 

Le trait c’est toujours quelque chose qui doit s’étirer sans jamais être cassé.

 

Et toute note qui est mal articulée au niveau du doigt ou mal conçu au niveau de la tête ça fait une fuite. Ça casse l’étirement du discours. D’accord ?

Donc ça c’est une chose, un bon outil. Utilisez-le au maximum dans les semaines qui vont venir et vous m’en direz des nouvelles.

 

Alors ensuite notre main droite va un petit peu mieux. Elle commence à savoir un petit peu mieux ses notes.

 

 

Donc maintenant il ne faut pas oublier assez vite de rajouter la main gauche bien sûr.

 

Là si je rajoute ma main gauche, il va falloir que je le fasse par élément de main gauche pour pouvoir coordonner les deux. D’accord ?

Sinon je risque d’avoir l’une qui fait quelque chose et l’autre qui est décalée par rapport à elle.

 

Donc on va faire, pour ici, noire par noire. D’accord ?

On va aller d’une noire à une autre noire et on va se poser dessus. Et on va faire attention à l’oreille qu’au niveau des rencontres ça tombe ensemble.

Alors vous si ce n’est pas des noires ça peut être autre chose. Mais vous allez d’un élément de la main gauche à un autre élément de la main gauche. D’accord ?

Comme ça vous allez d’une rencontre à une autre rencontre.

Puis vous prenez cette rencontre sur laquelle vous venez de terminer et vous allez de cette rencontre à une autre rencontre de main droite main gauche. Et ainsi de suite.

 

La sol mi fa fa la sol mi fa fa la sol mi fa fa

Fa sol fa mi mi do la si ré do si

Si sol fa mi mi ré do fa

Si sol fa ré mi mi fa

Si sol fa ré mi mi fa

Là il est bon…

 

Fa fa la

Fa fa la sol fa mi ré do

Fa fa la sol fa mi ré do

 

 

Ensuite, il va falloir accrocher la mesure d’avant.

 

Vous voyez ?

C’est toujours pareil. On isole un élément. Et une fois qu’il est isolé et bien travaillé, il faut le raccrocher avec les autres éléments.

Donc si on isole la main droite, on rajoute la main gauche. C’est un autre élément.

Et maintenant on rajoute avant le passage. Parce que je ne sais pas si vous avez remarqué, mais on peut travailler très bien un passage et après on reprend le morceau et on est incapable de le faire correctement alors qu’on vient de le travailler.

C’est très rageant.

Il faut juste rajouter les mesures d’avant.

Donc la mesure d’avant et ensuite les 2 mesures d’avant, et ainsi de suite. Vous pouvez partir à reculons pour vraiment englober dans la carrure globale le passage entier.

 

 

J’oubliais ! En comptant tout haut les temps aussi.

1 2 1 2 1 2 1 2 1 2 1

Moi je pense que déjà avec ça vous avez beaucoup d’outils, on pourrait dire d’autres choses bien sûr, mais déjà prenez le temps de faire ça.

 

 

Donc cette astuce toute simple vous l’avez comprise.

 

C’est le fait de lire le nom des notes et ça c’est une chose à laquelle je tiens énormément. Que vous sachiez lire vos notes.

 

Ce n’est pas inutile.

On a la chance dans les pays francophones d’avoir un système d’écriture, une façon de nommer les notes qui est syllabique. Donc elle nous permet, avec des consonnes et des voyelles de vraiment prendre en compte chaque note.

Chaque note est attaquée avec la consonne. Ça parait tout bête comme ça. Mais on a cette chance par rapport aux anglo-saxons qui le font à partir d’une lettre, où ils disent « b » « c » etc. là aussi il y a des choses qui s’articule. Mais pour eux ce n’est pas vraiment une syllabe vous voyez ?

Nous on a des syllabes qui nous permettent de nommer chaque note et que plusieurs notes fassent des mots, même si ce sont des mots qui sont musicaux.

Utilisons ce système-là pour pouvoir nommer chaque note et lui donner toute l’attention dont elle a besoin.

 

 

Vous le savez, si vous me suivez depuis déjà un certain temps, la lecture de note pour moi est un sujet très important, qui est souvent négligé ces derniers temps parce que le solfège n’a pas bonne tresse.

Sauf qu’en fait ça dépend tout à fait comment on le fait. Ça n’a rien de si rébarbatif que ça. Ça demande un effort, c’est sûr, mais si c’est pris pas à pas, si on ne brûle aucune étape, ça se passe très bien. Il n’y a pas de raison.

 

Il y a besoin de fournir des efforts mais les efforts donnent du résultat derrière. Si y’a pas de résultat, c’est que l’étape n’est pas bonne, c’est que vous avez sauté des étapes.

C’est comme ça dans tout apprentissage au niveau du piano, et partout d’ailleurs.

Si votre effort ne produit pas de résultat c’est que la méthode et les différentes étapes ne sont pas bonnes.

Ne restez pas des années à faire des choses qui ne fonctionnent pas. Par pitié !

 

 

Donc si vous voulez en savoir plus au sujet de la lecture de notes, la lecture des accords, la lecture verticale et tout ce qui est déchiffrage, sachez que je donne une conférence demain soir à 18H.

Donc là, si vous regardez cette vidéo après le 2 décembre il faudra attendre la suivante. Mais là aujourd’hui on est le samedi 1er décembre 2018.

Vous avez la possibilité d’assister à une conférence au sujet de la lecture de notes mais pour les pianistes. D’accord ?

Je ne parle pas du solfège en général.

Je parle de la problématique de la lecture des notes spécialement pour les pianistes.

Il y a besoin d’un travail spécifique pour eux.

 

Si ça vous dit et s’il n’est pas trop tard pour vous, à demain ! Inscrivez-vous en suivant le lien qui est en-dessous.

Sinon vous attendez la prochaine.

 

Et si cette vidéo vous a plu, vous pouvez likez et la partager aux autres pianistes que vous connaissez.

 

Merci beaucoup, au revoir !

 

Comment ne pas noyer son morceau de pédale

Aujourd’hui je réponds à une question de Jeanne sur la pédale. Je donne une astuce pour ne plus noyer son morceau dans un nuage de pédale qui gâche tout. Vous pouvez vous aussi me poser votre question ici.

Voici les deux articles dont je parle dans cette vidéo :

Comment mettre la pédale de droite au piano

La pédale rythmique et enchaînée, explications en vidéo

 

Transcription texte de la vidéo :

Comment ne pas noyer son morceau de pédale !

 

 

Bonjour et bienvenue sur le blog https://apprendre-a-jouer-du-piano.com/.

 

Je vais répondre aujourd’hui à une autre question de lecteur qui se trouve en-dessous de ma vidéo qui s’appelle « Posez-moi vos questions ici »

Voilà, donc si vous avez une question, n’hésitez pas à me la poser en cherchant cette vidéo sur le blog. Pas sur ma chaîne, mais sur le blog https://apprendre-a-jouer-du-piano.com/.

 

Donc c’est parti.

 

Nous avons Jeanne qui me pose la question suivante :

« Personnellement, mon gros problème est la pédale. Pour la mettre correctement ça va, mais je ne sais jamais où la mettre au cours du morceau. Je suis tellement prise par ce que je joue que je mets la pédale n’importe où. J’ai tendance à me servir de la pédale comme bouée de sauvetage.

Difficulté ? Instinctivement j’appuie sur la pédale, ce qui noie tous les sons. Comment me sortir de ce défaut ? »

 

Alors tout d’abord Jeanne, c’est déjà très bien que vous ayez conscience que vous avez ce problème-là. Parce que la plupart du temps c’est inconscient.

Déjà, très bon point pour le départ.

 

Maintenant je vais vous donner une petite astuce pour travailler cela.

Auparavant, je voudrais m’assurer que vous savez bien où la mettre. Parce que je vois que vous me dites « Je ne sais jamais où la mettre au cours du morceau ».

 

Alors est-ce que vous ne savez pas où la mettre sur la partition ?

C’est ça que je ne sais pas.

 

Si vous ne savez pas où la mettre d’une manière générale, par rapport à une partition, comment et où mettre cette pédale, il faut vous référer aux articles que j’ai écris sur la pédale. Donc vous allez dans la section « Tous les articles ».

Ce sont 2 articles qui peuvent vous aider, qui s’appellent :

  • La pédale rythmique et enchaînée, explications en vidéo
  • Comment mettre la pédale de droite au piano

Ce sont 2 articles qui peuvent vraiment vous aider pour déjà savoir où mettre la pédale et comment le mettre en pratique.

 

 

Ensuite, vous parlez d’un défaut.

 

La première étape : Changez votre vision de l’application d’une pédale

Ce qu’il faut c’est que vous devez changiez la façon de voir la pédale.

Une pédale, une fois que vous l’avez mise en même temps que la première note de votre morceau, l’important n’est pas d’enfoncer. L’important n’est pas d’appuyer. Vous le dites vous-même « Instinctivement, j’appuie sur la pédale et je noie tous les sons ».

 

Alors maintenant vous allez changer votre façon de penser.

Vous allez vous dire « J’appuie en même temps que la première note, ça d’accord. Mais une fois que c’est parti, que le morceau est démarré, l’important est de soulever la pédale. »

Ce qui doit être actif c’est votre mouvement de soulever votre pédale, et non pas votre mouvement d’enfoncement.

Bien sûr vous allez renfoncer une fois que vous avez soulevé. Mais vous dites que vous noyez les sons.

Donc qu’est-ce qu’il manque ?

Ce n’est pas l’appui. Ce qui manque c’est le soulevé de pied. D’accord ?

Ça c’est une première chose. Une prise de conscience. Vous devez soulever votre pied pour effacer les sons et ne pas les noyer.

 

Maintenant, une petite astuce que je vous donne, un petit exercice.

Il est de jouer votre morceau avec le pied à côté de la pédale, en faisant le geste que vous devez faire pour jouer la pédale.

Donc vous allez jouer sans pédale, c’est-à-dire qu’on n’entendra pas, le piano ne gardera pas les sons, mais vous, vous travaillez le geste du pied à côté, pour 2 avantages :

 

  1. Prise de conscience de l’apport sonore de la pédale

Vous allez être privé du bonheur de cette pédale.

Vous allez donc pouvoir travailler plus vos doigts, c’est une chose qui est importante, mais ce n’est pas le sujet. Vous allez être privé du bonheur d’avoir cette pédale, donc vous allez avoir un besoin de la mettre à certains moments et de ne pas la mettre à d’autres moments.

Ça c’est très important parce qu’il faut que vous soyez consciente de ce qu’apporte la pédale.

Je ne connais pas votre passé, mais peut-être que vous avez tendance à la mettre un peu tout le temps et du coup vous ne savez pas vraiment distinguer à l’oreille quand elle y est et quand elle n’y est pas.

Ça c’est le premier avantage du fait de jouer sans pédale.

 

  1. Prise de conscience du geste de soulevé du pied

En même temps vous allez aussi travailler le geste du pied.

Qu’est-ce qui se passe quand vous mettez votre pied à côté ?

Si vous êtes le pied posé par terre, vous n’avez pas d’effort à faire. On est d’accord ?

Par contre vous allez avoir un effort à faire au moment où vous soulevez votre pied.

Et ça c’est le deuxième avantage. C’est-à-dire que vous allez consciemment soulever votre pied et après le laisser retomber inconsciemment, en tout cas sans effort.

L’effort est de soulever et pas de renfoncer, pas de reposer votre pied.

 

C’est ça qui doit se passer avec votre pédale.

Vous devez faire un effort pour soulever votre pied et faire retomber votre pied dans la pédale. C’est la petite astuce que je vous donne aujourd’hui.

 

Je vous le montre maintenant.

Je vais prendre l’exemple de la valse de Chopin en la mineur, qui est assez connue, celle-ci.

  • Là j’ai mis la pédale.

Vous avez vu, j’ai enfoncé la pédale au moment où il fallait.

  • Maintenant, ce que je fais, je vous montre. Vous mettez votre pied à côté.

Je vais faire le même geste mais en décalant mon pied un peu sur la droite. Donc vous avez le pied en l’air avant de partir.

Vous voyez ? J’ai fait le même geste mais en soulevant mon pied.

 

Voilà, faites ça et je vous garantis déjà que ça va aller beaucoup mieux pour votre problème de « noyer tous les sons dans la pédale ».

 

 

Si cette vidéo vous a plu, vous pouvez m’en faire part dans les commentaires sous le blog. Si vous êtes sur la chaîne je vous invite à vous abonner à ma chaîne et à cliquer sur le bouton « J’aime ».

 

Au revoir !

 

 

Recherches utilisées pour trouver cet article :transposition de toutes gammes au piano ramené en Do

Le travail au piano

En cette semaine de la fête du travail, voici une réflexion spontanée sur un canapé : Le travail au piano. La motivation, la fainéantise, les objectifs etc…

 

Pour télécharger le fichier dont il est parlé dans cette vidéo, remplissez le formulaire sur la barre latérale à droite de ce que vous êtes en train de lire.

Transcription texte de la vidéo :

Le travail au piano

Réflexion du 1er Mai

 

 

Bonjour,

On est le 1er Mai. Je sais que je ne vais pas publier cette vidéo avant ce week-end mais je voulais vous faire une petite vidéo rapide sur le travail.

C’est la fête du travail, donc fêtons le travail !

 

Je voulais préciser un petit peu et vous poser la question : Pour vous, c’est quoi travailler le piano ?

 

Le travail induit un effort. Et cet effort on a tendance un petit peu à le fuir. Mais je pense que la plupart du temps les gens se disent qu’ils sont paresseux, qu’ils devraient travailler plus, qu’ils devraient avoir plus de volonté etc.

 

Moi je ne suis pas sûre que ce soit ça le problème.

Vous êtes motivé pour apprendre le piano. Mais ce qui pose problème souvent c’est que vous ne savez pas comment travailler.

C’est une chose effectivement de manquer de volonté. Ça arrive quand on a la flemme. Ça m’arrive régulièrement aussi de me dire « Oh j’ai pas envie de faire ci ou ça ».

Mais souvent, je me rends compte que la difficulté elle est surtout parce qu’on ne sait pas comment s’y prendre.

  • Par quoi commencer
  • Quoi faire
  • Comment faire

 

Ça c’était une première réflexion. On est beaucoup moins flemmard qu’on ne le pense.

 

Ensuite, je vais vous mettre dans le cadre d’un apprentissage de morceau.

  • C’est quoi travailler un morceau ?

C’est en fait l’apprendre.

  • Comment on apprend un morceau ?

Un petit peu comme si on apprenait une pièce de théâtre. On dit bien d’ailleurs répétition aussi au théâtre.

  • Il faut apprendre le texte.
  • Il faut donc en premier le lire.
  • Savoir quels sont les éléments.
  • Analyser un petit peu quels sont les passages qui vont poser problème.

Moi je vois souvent des gens qui se précipitent sur la partition, qui commencent déjà à jouer sans savoir où ils vont.

La première étape c’est quand même de lire votre morceau. De regarder quelles sont les difficultés. De voir s’il y a des doigtés à mettre. De les chercher. De les changer. De les gommer etc.

 

Je vous propose de changer le mot Travail par Répétition.

Dans le cadre d’un apprentissage d’un morceau, vous allez répéter. Et vous n’allez pas répéter 2 fois. Vous allez répéter jusqu’à ce que vous arriviez à un résultat.

  • Quel est ce résultat ?

C’est l’objectif que vous vous êtes donné. Si dans une séance de travail vous n’avez pas réussi votre objectif, très certainement que votre objectif était trop grand.

Donc il faut que vous cherchiez quel est votre objectif. Et en fonction de cet objectif, vous allez répéter le passage en question un certain nombre de fois, jusqu’à ce que vous y arriviez.

Normalement vous devriez y arriver. Si ce n’est pas le cas, vous allez vous dire que c’est trop gros, que vous avez pris trop de mesures, trop de notes, les deux mains alors que ce serait peut-être bien de travailler avec une seule main.

 

Gardez ça à l’esprit.

Votre travail doit être efficace. Si vous avez la sensation qu’il ne l’est pas, c’est que vous ne vous y prenez pas bien.

Je vous invite pour cela à relire mon bonus que je vous ai mis sur le blog, qui s’appelle « Les 10 principes fondamentaux pour apprendre un morceau ».

Relisez ce bonus. Il vous donne pleins d’astuces très très importantes pour travailler efficacement, donc de manière motivante.

Quand vous avez la sensation de progresser, bien sûr que vous allez avoir envie de travailler. C’est logique.

 

Donc ne restez pas dans une auto culpabilisation. « De toute façon j’ai pas de volonté. De toute façon j’y arrive pas parce que je suis pas bonne, parce que je suis trop débutant, parce que je suis nul ».

Ne vous remettez pas toute la faute sur vous, sur ce que vous êtes, mais plutôt sur ce que vous faites. D’accord ?

Vous aurez des résultats en fonction de ce que vous faites et de comment vous le faites, et non en fonction de ce que vous êtes.

Gardez bien ça à l’esprit.

 

Relisez ce bonus, toutes ces astuces qui sont entre autres :

  • Choisir le bon passage à travailler
  • Découper par petit morceau
  • Enchainer toujours au passage suivant

Toutes ces petites astuces que je vous donne dans le bonus, relisez-le.

 

On est la semaine de la fête du travail, donc profitez-en pour revoir ce qu’est le travail pour l’apprentissage d’un morceau.

 

Si cette vidéo vous a plu, je vous invite à laisser un pouce « J’aime » et à vous abonner à la chaine.

 

Au revoir !

 

Comment travailler l’égalité des accords ?

Je réponds aujourd’hui à la question de Céline sur le prélude de Chopin op.28 n°4.

Il est parfois délicat d’enfoncer les 3 ou 4 touches d’un accords au même moment. Surtout quand ceux-ci sont répétés plusieurs fois et dans la nuance piano. Voici quelques pistes de travail.

Transcription texte de la vidéo :

Comment travailler l’égalité des accords répétés

 

Bonjour et bienvenue chez moi, sur le blog www.apprendre-a-jouer-du-piano.com.

Je voulais répondre aujourd’hui à la question de Céline.

 

Céline m’a posé une question sur le blog, une question technique.

« Comment parvenir à jouer les accords de 3 ou 4 notes de façon harmonieuse, c’est-à-dire en enfonçant les touches en même temps ? Je pense notamment au Prélude de Chopin, opus 28 n°4. Est-ce juste de l’habitude ? Y a-t-il une manière de travailler ça ? J’essaie d’abaisser le bras et non la main mais soyons honnête, je le massacre un peu ce pauvre Prélude. Merci d’avance. »

 

Alors Céline, les problèmes d’accords comme ça répétés supposent d’avoir une main qui est particulièrement tonique et qui maintient une forme, une forme dans l’espace, qui va être au-dessus du piano bien sûr, mais vous devez arriver à garder votre main dans une forme très précise, celle qu’il faut avoir pour jouer cet accord-là très précis.

Donc c’est des petits gestes et micros gestes de vos doigts que vous devez maîtriser. Donc forcément c’est difficile au début d’avoir cette maîtrise.

Ce Prélude, contrairement aux apparences, est difficile. Bien sûr de lecture, de longueur il n’est pas difficile. Mais en revanche d’application et de précision il n’est pas évident du tout.

Donc c’est normal déjà que vous ayez des difficultés à ce niveau-là.

 

 

Je voulais vous proposer, pour vous faire comprendre ce que je viens de vous expliquer au niveau des doigts, un petit exercice tout simple.

  • Donc je prends quelque chose de rigide.
  • Je vais poser mes doigts dessus.
  • Je vais faire en sorte bien sûr que tous les bouts de mes doigts soient sur ce plan rigide.

Maintenant je vais, pour prendre conscience de la forme que je dois avoir dans ces cas-là en ligne droite, je vais retirer le plan rigide en-dessous mais je vais faire en sorte le plus possible de rester vraiment la main fixée. Même si je crispe ce n’est pas grave.

Au début je dois prendre conscience de ça, de la main fixe. C’est les doigts fixes. Les doigts qui ne doivent pas du tout s’articuler d’une manière ou d’une autre.

C’est quoi une main finalement ?

C’est la succession des doigts et de la paume. On va dire que la paume peut être souple parce qu’il peut y avoir une certaine liberté. Par contre là moi ce que je vous fais travailler c’est la fixation des doigts.

Je voulais être sûre qu’on parle bien de la même chose.

  • Je me pose sur une droite.
  • Je retire.
  • Je reste un petit temps comme ça.
  • Après je reviens et je suis attentive au bout de mes doigts.

Est-ce que tout le monde touche en même temps ?

Si tout le monde ne touche pas en même temps c’est que j’ai bougé mes doigts. Donc je recommence.

Là j’ai senti une légère différence entre le 2ème et le 5ème doigt. C’est très fin. Mais justement le piano, le toucher au piano c’est très fin. Et le moindre millimètre de différence va modifier la sonorité.

Donc je recommence. Je pars et je reviens.

Là, à priori j’ai réussi à garder la forme parce que je sens vraiment que tous mes doigts ont touché au même moment. Voilà.

Ça c’est une première étape de l’exercice.

 

Maintenant, la même chose un petit peu plus difficile.

Donc là je vais détendre mon épaule.

  • Cette fois-ci je vais faire la même chose mais ce n’est pas le plan qui va partir, c’est la main qui va partir et qui va revenir.
  • Là attention c’est plus difficile parce qu’il faut que vous bougiez des éléments, c’est-à-dire votre bras et votre poignet, mais pas vos doigts.
  • Et vous revenez.

Là je sens mes doigts qui ont légèrement bougé. Je ne sais pas si vous le voyez mais moi en tout cas je le sens.

 

C’est souvent en fait beaucoup plus votre sensation qui va vous dire si c’est bon ou si ce n’est pas bon.

Parce que l’œil en lui-même n’est pas assez précis.

Je pars, je reste les doigts fixes, et je reviens.

Mes doigts du milieu ont tendance à partir un peu plus haut. Donc je vais essayer de fixer mes 2 doigts longs du milieu. Je pars et je reviens. Là c’est déjà mieux. Je pars, je peux même faire une souplesse du poignet, et je reviens.

Là je sens que j’ai réussi vraiment à ce que tous mes doigts soient fixés et arrivent sur une ligne droite.

 

Ça c’est un exercice pour vous faire prendre conscience de ce dont je vous ai parlé au début, c’est-à-dire le fait d’arriver à fixer vos doigts dans une forme précise, comme si vous la rentriez dans de la glaise et que vous puissiez vous faire un moule. Et qu’après en retirant le moule vous pouvez refaire une autre main.

C’est vraiment ça. Vous pouvez vous promener avec votre main, mais votre main à l’intérieur n’aura pas du tout changé de forme. Je peux même bouger mon poignet, et ma main n’a pas changé de forme.

Ça c’est une chose très très importante pour l’égalité des accords.

 

Maintenant, autre petite prise de conscience. C’est bien gentil, là je suis toujours sur une ligne droite. Simplement quand j’ai des touches noires ça va faire quoi ?

Imaginons que j’ai une touche noire à ce doigt-là. Là je vais être comme ceci. C’est-à-dire qu’il y a à peu près 8 mm.

Et si par exemple j’ai le pouce aussi en touche noire, je le relève aussi.

Beaucoup moins drôle là !

Là il va falloir que je fasse la même chose. C’est-à-dire que je pars et je reviens avec que 3 doigts qui touchent.

Maintenant je pars et je fais partir ma main et je reviens. Vous voyez là mes doigts sont beaucoup plus hauts donc ça ne va pas. Donc je recommence.

Maintenant si je vais par exemple avoir une touche noire au milieu, sur le 3ème doigt, et une touche noire au niveau du 5ème, ça va être pareil. Je pars et je reviens en gardant la même hauteur.

Je pense que vous avez compris maintenant ce que j’essaie de vous faire comprendre.

 

Maintenant au niveau du clavier ça va être pareil. Il faut que vous arriviez à mettre votre main dans la forme précise de chaque accord.

Donc là on est sur sol – si – mi.

Je mets la pédale parce que c’est plus simple, mais ceci dit c’est aussi intéressant de travailler sans pédale. Parce que si vous travaillez sans pédale ça permet de pouvoir vraiment vous concentrer.

 

Une chose très importante, c’est l’écoute.

Si vous écoutez vraiment, vous allez mieux y arriver aussi. Parce qu’il n’y a pas que le fait d’une belle chorégraphie au piano. Arriver à bien tenir ses mains dans une forme etc. il y a aussi « Quel est mon but ? »

Mon but est d’avoir des accords qui soient égaux.

Donc mon oreille guette s’ils sont égaux ou pas. Et souvent quand même, la main est intelligente. La main, si vous l’accrochez à l’oreille quelque part, si vraiment vous écoutez vos accords et que vous arrivez à chercher à ce qu’ils soient complètement égaux.

Imaginons que ce soit vraiment inégal. Là on n’entend pas trop celui du milieu. Vous pouvez d’ailleurs vous amuser à ça. Vous voyez que là on entend peu celle du milieu. Ou alors on entend surtout celle du milieu mais pas trop celles de l’extérieur.

Vous voyez ?

Ça aussi ça peut être un petit jeu pour justement bien prendre conscience qu’on peut faire beaucoup plus qu’on ne le croit si vraiment on chercher la bonne chose, c’est-à-dire le bon son.

 

Petite remarque.

Si vous n’êtes pas à l’aise parce que vous avez un mauvais doigté, ça ne va pas vous aider non plus. Donc il faut absolument que vous ayez un bon doigté. Validez si votre doigté est adapté à votre main et à votre piano, à votre cadre à vous. Il n’y a que comme ça que vous pouvez le valider.

 

Maintenant, vous allez pouvoir aussi travailler les déplacements.

Parce que ça peut peut-être poser problème entre chaque et que vous mettez entre 3 et 4 accords à être bien. Il faut trouver tout de suite.

Donc vous pouvez répéter les accords entre eux. Là on est 2ème mesure. 3ème mesure. Je répète.

Vous voyez ce que je fais ? Je fais chaque accord entre eux. Donc évidemment vous pouvez les faire en arpéger. Même en les chantant pour être sûre que vous entendez bien aussi toutes ces notes.

Bon ça évidemment c’est si vous avez l’habitude d’entendre à l’avance les notes. Et ça ce n’est pas évident non plus mais je vous le dis au cas où vous seriez en capacité de faire. De faire que les extrêmes.

 

Ne travaillez pas trop fort aussi.

Parce que parfois on compense par la force le fait que ce n’est pas égal. Plus vous allez maîtriser les choses piano, pianissimo et mieux ce sera.

 

Il y a des exercices de tenue aussi.

Moi j’ai beaucoup les exercices de tenue. Mais pas fait n’importe comment.

  • Qu’est-ce que c’est ?

J’enfonce l’accord dont je veux apprendre la forme de la main. Et là je vais répéter qu’un seul doigt à la fois.

Ça c’est la consigne de base.

Sauf qu’en fait vous devez être plus attentive aux doigts qui ne répètent pas qu’au doigt qui répète.

Vous répétez le sol, mais vous êtes plus attentive au si et au mi et à la sensation des deux doigts bien enfoncés dans ces 2 touches, bien solidement, qu’à la répétition du sol.

Ce n’est pas très important.

Attention, on n’est pas en train de forcer le doigt, aller le plus haut possible pour bien articuler, une bonne petite technique française du doigt !

Non. Ce n’est pas ça que je dis.

C’est j’enfonce bien, je suis bien solide sur mon si et mon mi, et je vais répéter comme je peux le sol. Même s’il ne sort pas trop, le tout c’est qu’il soit mobile à partir de la première articulation de la main tout en étant attentive aux autres.

Pendant ce temps-là est-ce que mon poignet n’est pas complètement tendu, mon épaule etc ?

Je change d’accord bien sûr, je répète que le la etc. Vous changez de doigt bien sûr.

Vous pouvez faire que le milieu. Et là je suis attentive au fa dièse et au mi, et à mon confort sur ces 2 notes-là.

 

Plus vous allez être bien sûr les 2 doigts qui sont enfoncés et qui ne bougent pas, plus vous allez être confortables sur ces doigts-là, et plus l’autre doigt sera libéré pour s’articuler, pour répéter en tout cas.

Mais il n’a pas besoin d’articuler de haut.

 

Cet exercice de tenu vous pouvez le faire sur tous les doigts, sur toutes les formes. Et ce n’est pas obligatoire de le faire partout, parce qu’à chaque fois que vous travaillez un accord ça va un peu infuser sur les autres accords.

Je ne vous dis pas de le faire que sur 3 accords, mais ne vous inquiétez pas, parce que chaque accord bien appris va aider au suivant, et ainsi de suite, parce que votre main va apprendre à bien tenir un accord petit à petit.

Ça va se démultiplier au fur et à mesure.

Vous travaillez sans pédale et après vous rajouter la pédale et là c’est que du bonheur, parce que la pédale allège considérablement le poids quand même. C’est beaucoup plus facile. Mais de temps en temps tentez sans pour voir si ce n’est pas votre oreille qui vous joue des tours, la pédale qui vous joue des tours et qui vous dit que c’est égal alors que ça ne l’est pas.

 

Voilà, écoutez bien. Est-ce qu’il n’y a pas un doigt qui se ressemble plus que l’autre ?

Peut-être que vous ne l’entendez pas mais il y avait quelques petites inégalités. Moi c’est un morceau que je n’ai jamais travaillé. Ça supposerait quand même que je m’y pose un petit peu pour bien le caler.

 

 

Donc je vous laisse sur ce travail-là. N’oubliez pas aussi de travailler un peu votre main droite parce qu’elle a besoin d’être chanté.

A très bientôt sur le blog !

 

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Au revoir !

Recherches utilisées pour trouver cet article :accords main gauche opus 28 n°4, apres avoir connu tous les accords du piano par cœur quels sont les regles pour bien jouer nimporte quelle musique sur cette instrument la?, comment bien maitrise les accord du piano, Comment Repartir Les Notes D\un Accord Entre Les 2 Mains Sur Le Piano?, les accords piano et sensation

Comment trouver un tempo sans métronome

Comment trouver quoi ? … et oui, en effet peut-être que vous ne savez pas ce qu’est un tempo et un métonome, alors je vais définir d’abord tout cela. Si vous savez déjà de quoi je parle, allez directement plus bas à “comment faire concrètement”.

Le tempo est la vitesse du déroulé d’une musique dans le temps. Et comme toute perception du temps qui passe, elle est subjective. Vous pouvez vous lever un matin très en forme et avoir tendance à jouer plus rapidement qu’un autre matin ou vous avez “la gueule de bois”… 🙂 Vous pouvez aussi trouver plus rapide une musique un jour que le lendemain alors qu’il s’agit du même enregistrement.

Pour rendre objectif un tempo, on a inventé un outil : le métronome. Il indique un tempo à l’aide de chiffre qui correspondent au nombre de battement par minutes d’une pulsation (battement régulier qui sert de base pour la mise en place du rythme et qui est toujours sous-jacent à celui-ci). Vous pouvez voir cela au début des morceaux au dessus des premières notes sur les partitions. 

Visuel de l’indication de tempo au métronome.

Il peut arriver parfois qu’on ait une indication de tempo, mais pas de métronome sous la main. Cet instrument est très pratique, mais comme tout outil nous avons tendance à croire qu’on ne serait pas capable de s’en passer… Hors il est tout à fait possible de trouver un tempo par ses propres moyens, avec un peu d’entraînement bien sûr.

Comme tout élément musical, nous sommes capables de mémoriser un tempo en nous trouvant des points de repères, des éléments de comparaison qui nous sont personnels. Et il est donc possible de retrouver un tempo de 60, 90 ou 120 par exemple… sans métronome.

On parle souvent d’oreille absolue pour la capacité de retrouver une hauteur de note sans références. Hors il s’agit d’un entrainement plus ou moins conscient de la mémoire auditive. Il en est de même pour ce que l’on pourrait appeler par extension le “tempo absolu”. Tout cela n’est qu’une histoire de mémoire. Il s’agit de se créer des références faciles à ramener rapidement à la conscience et d’en déduire ce qu’on souhaite. Il suffit par exemple de mémoriser à quelle vitesse va telle ou telle oeuvre ou chanson connue pour retrouver une pulsation approchant de très près le tempo recherché. Voyons cela en détail.

Voici comment faire concrètement pour trouver un tempo :

Il faut chercher une œuvre, une chanson, n’importe quelle musique qu’on est capable de se rappeler et de se chanter à n’importe quel moment sans avoir à réfléchir. Je suis sûre que vous en avez ! C’est pas forcément des choses compliquées. Ça peut être tout et n’importe quoi du moment qu’il s’agit de quelque chose qu’il vous est impossible d’oublier.

Si vous êtes français par exemple, la Marseillaise notre hymne national est parfait pour cela : en effet cette chanson populaire est en général jouée à 60 à chaque appui.

“Allons enfants de la patri-i-e le jour de gloi-re est _ arri.”

Je vous ai indiqué les syllabes de ces appuis en gras pour que vous puissiez retrouver facilement et ne pas vous tromper (le avant le mot “arrivé” est une pulsation hors paroles).

Maintenant que vous avez la vitesse 60, il vous suffit de doubler pour trouver la vitesse 120, ou de taper avec votre pied sur chaque syllabe “-fants de la pa-tri”.

Il existe aussi une autre oeuvre assez connue qui n’est pas loin de ce tempo. Il s’agit du Boléro de Ravel. Cette œuvre est en général assez facile à retrouver de mémoire et ne varie quasiment pas de tempo. Il vous suffit de vous la chanter intérieurement et de battre la pulsation avec votre pied.

Il est préférable en général de prendre des marches militaires ou des musiques dansante ou entrainantes pour cela. Car celle-ci risquent moins de se laisser influencer par l’affect et donc les variations de tempi. Ah oui, pour les puristes en italien tempo au singulier devient tempi au pluriel… 🙂

D’autres exemples :

 

Une autre astuce pour trouver la vitesse 60 d’un métronome :

Regarder une trotteuse de montre, un chronomètre ou un minuteur électronique. Bref, tout ce qui peut vous indiquer les secondes. Et comme il y a 60 secondes dans une minute, vous aurez automatiquement la vitesse 60 d’un métronome.

Et ce qui est magique, c’est qu’il est fort possible que vous soyez tout à fait capable en fermant vos yeux d’imaginer une trotteuse de montre en action. Soit que vous imaginiez son tic tac, soit que vous visualisiez son déplacement régulier. Il vous est certainement arrivé dans votre vie de regarder une montre (un chronomètre) ou d’entendre une horloge dans le silence d’une pièce. Votre mémoire l’a peut-être déjà mémorisé sans même que vous vous en rendiez compte. Faites l’expérience. Fermer les yeux et imaginez une trotteuse de montre. Ne la voyez-vous pas avancer progressivement. Si c’est le cas, bonne nouvelle, vous avez mémorisé la vitesse 60.

Et pour avoir 120, il vous suffira donc de doubler la vitesse.

Oui mais maintenant comment trouver d’autres vitesses ?

Eh bien il va falloir vous servir de ce que vous savez faire en rythme. A partir de 60 on peut en retrouver beaucoup d’autres.

Par exemple pour trouver la vitesse 90, il vous suffit de :

  • taper à 60 des croches avec votre main gauche
  • passer à la noire avec cette même main en tapant une pulsation de seconde sur deux (ce qui vous amènera à 30)
  • puis faire des triolets à la main droite sur chaque noire de main gauche.
  • lâchez la main gauche sans modifier votre main droite et écoutez là. Il s’agit du tempo 90.

Si vous êtes plus avancé en rythme et que vous avez pratiqué le trois pour deux de ma dernière vidéo vous pouvez :

  • Taper des croches à 60 avec votre main gauche
  • puis faire directement des triolets à la main droite ce qui donnera un trois pour deux avec la main gauche
  • Ecoutez votre main droite, elle va à 90.

Il vous suffira de doubler pour trouver la vitesse 180.

Maintenant que vous pouvez trouver 60 et 120, puis 90 et donc 180, vous avez de quoi faire il me semble…

S’amuser avec le temps est excellent pour le rythme :

Amusez-vous aussi à repérer tous les battements réguliers qui vous entourent. Cela ne peut être qu’excellent surtout si vous avez des difficultés de rythme !

Le battement de votre coeur par exemple. Cela dépends bien sûr de votre santé et de votre coté sportif ou non, mais en général il est aux environs de 80. Quand vous avez repéré la vitesse de votre propre coeur au repos, cela peut aussi vous servir de repère.

A quelle vitesse marchez-vous normalement dans la rue aussi ? J’ai repéré que je marchais à 100 la plupart du temps en démarche normale.

Bref ! il y a de quoi faire :).

Si vous avez-vous d’autres idées, écrivez-les moi en commentaire et amusez-vous bien. On est pas ici pour souffrir… 😉

Recherches utilisées pour trouver cet article :80 pulsation metronome tete, https://apprendre-a-jouer-du-piano com/category/votre-pratique/page/2/, metrome retrouver vitesse

Résolutions 2018 pour progresser en piano

Nous sommes en janvier, et comme toujours c’est le temps des bonnes résolutions de nouvelle année. Il y a ceux qui décident de ne pas en avoir, comme cela ils ne seront pas déçus, et ils y a ceux qui mettent tous leurs espoirs dans de nouvelles activités qui pourraient améliorer leur vie. Quelle que soit façon d’accueillir la nouvelle année, on ne peut nier qu’il s’agisse d’une période de renouveau. Les jours rallongent, la grisaille laisse parfois place à un soleil prometteur et les oiseaux le chantent. Certains préparent leurs vacances en montagne pour faire le plein de lumière et d’autres envisagent même leurs vacances d’été !

Mais en musique, quelles pourraient être de bonnes résolutions ?

  • cette année, je me (re)mets au piano
  • cette année, je me (re)mets à travailler 🙂
  • cette année, je m’achète un bon piano acoustique
  • cette année, je (re)prends des cours de piano ou de solfège
  • j’apprends à improviser
  • j’apprends à lire les partitions etc…

Et bien d’autres choses encore. Mille choses peuvent être envisagées pour la pratique d’un instrument, en terme de renouveau.

Cet article s’inscrit dans le cadre du carnaval d’articles des musiciens-blogueurs organisé par le Blog Batteur Débutant, sur le thème : “Mon plan d’action pour progresser avec mon instrument en 2018”.

Je dois vous avouer qu’avec la création ces derniers mois de ma toute nouvelle plateforme de formation, j’ai laissé de coté mon magnifique piano. Il y a des moments où il faut savoir être concentré sur un projet à 100% pour qu’il puisse voir le jour. Mais maintenant il est temps de reprendre les choses en main. Je ne veux pas cependant tomber dans les bonnes résolutions traditionnelles qu’on ne tient pas. Alors j’ai d’abord pris de temps de réfléchir et de répertorier ce qui m’a aidé dans ma vie à progresser au piano. Qu’est-ce qui m’a aidé à passer du temps assis au piano ? Quels morceaux, quels exercices m’ont fait faire beaucoup de progrès ? Puis je me suis demandé comment réintroduire chaque chose progressivement dans mon quotidien d’aujourd’hui. Autant prendre des pratiques et astuces qui fonctionnent pour soi n’est-ce pas ?

Je me suis dit que cela pourrait vous donner des idées à vous aussi. Alors je vous partage ici ce que je mets en place cette année :

1- Je reprends une activité physique :

J’ai remarqué que je jouais toujours mieux après une activité physique, et plus généralement dans des périodes où je bougeais régulièrement. On a souvent tendance en tant que pianiste à négliger le corps et à croire que tout est dans la tête. C’est à la fois vrai et faux. Vrai parce que c’est notre cerveau qui commande notre corps, mais faux parce que notre corps est tout de même “l’outil” de notre cerveau pour actionner les touches et que sans une bonne connexion avec lui et la bonne santé de celui-ci…  rien ne se passe vraiment bien.

Le piano c’est beaucoup plus physique qu’on ne le pense naturellement.

2- Je positionne mon temps de musique en premier sur mon agenda :

Il y a toujours mieux à faire, plus urgent et plus important que le piano n’est-ce pas ? La plupart du temps notre pratique passe après tout le reste, et je n’échappe pas à la règle. Bien sûr que beigne dans la musique toute la journée, mais plus souvent pour les autres que pour moi. Alors je vais prendre l’habitude de positionner chaque soir un temps pour moi dans ma journée du lendemain entre 20 minutes et 1h maximum. Je dis bien un temps pour “moi en musique”. Je n’ai pas encore dis ce que j’y ferai. Et c’est là toute la subtilité pour que ça tienne sur la longueur.

A ce stade je ne fais que réserver du temps.

3-Je dégaine mon sablier :

Mais que viens donc faire un sablier dans l’histoire ? J’ai plusieurs sabliers de temps différents et il y en a un que j’affectionne tout particulièrement. C’est celui de 10 minutes. J’ai sauvé tellement de projet grâce à lui. C’est mon arme secrète contre la procrastination.

Voici l’astuce : Je retourne le sablier et je me lance dans l’activité ou la tache voulue pendant ce temps de manière obligatoire. Si le téléphone m’envoie un signal du genre “regarde-moi” “j’ai un truc super interessant” “Michèle a répondu à ton sms” ou autre, je l’ignore. Si je vois ou j’entends quelque chose qui se passe ou qui m’attire dans une autre pièce je l’ignore. Bref j’agis pendant 10 minutes sans aucune pression de rapidité ou d’obligation d’avoir fini quoi que ce soit à la fin.

Lorsque le sablier est vidé, je me laisse libre cette fois-ci d’arrêter ce que j’étais en train de faire, ou de continuer si j’en éprouve le besoin ou l’envie.

Cette astuce peut vous sembler très banale, un peu bizarre ou sans intérêt mais croyez-moi ! essayez la prochaine fois que vous n’avez pas envie de vous attaquer à votre vaisselle de trois jours, ou à la pile de papier qui menace de s’écrouler de votre bureau (j’ai la même). Mais soyez honnête avec vous -même. Si vous n’avez pas envie de continuer, ne continuez pas. Cependant je suis sûre que vous aurez beaucoup plus souvent envie de continuer que vous ne pensez.

Et bien en musique pourquoi ce serait différent ? Je vais l’utiliser pour me mettre à ma pratique musicale au début de mes plages prévues dans mon agenda. Je ne vous ai toujours pas dit quelles activités… et bien je vous le dévoile maintenant.

4-Je varie les activités musicales :

Et c’est là la grande nouveauté de cette année. Je vais varier le plus possible mes activités en lien avec le piano et la musique dans ce temps réservé.

Ceci vient d’un constat sur mon rapport à la musique et au piano. En premier lieu je me considère musicienne, et ensuite pianiste. Le piano est pour moi l’instrument que j’ai appris pour exprimer la musique. Et donc pour moi, il est important que je travaille la musique au piano, plus que le piano pour la musique… Je veux progresser en musique de manière globale et le piano est l’instrument principal par lequel je peux le faire, mais il n’est pas le seul. Je joue aussi du violoncelle, du violon, du mélodica (sorte de petit clavier à vent) et surtout la musique dans ma tête, mon oreille interne ! On est pour moi d’abord musicien dans sa tête et dans son corps, avant de l’être sur son instrument.

Alors concrètement, je vais adapter mes activités musicales à mon humeur, mes envies, mes capacités physiques du moment, et le type d’activités de la journée. Et je pense que cela sera beaucoup plus durable comme résolution que de me dire “je travaille mon piano tous les jours”. La routine, le manque de créativité, c’est ce qui tue la motivation.

Je conseille souvent à mes élèves ceci : Quand on a couru partout toute la journée, ce n’est peut-être pas le jour pour jouer du Rachmaninoff à toute volée… mais pourquoi pas travailler sa musicalité dans des passages lent, son oreille. On peut aussi lire le chapitre d’un livre technique sur le piano, sur la pédagogie, ou la biographie d’un musicien. Et puis travailler sa lecture de note et de rythme dans un bon fauteuil ou dans son lit. Ainsi on travaille le musicien qui est en soi et donc le pianiste.

A contrario, si on n’a été plutôt dans une journée calme physiquement, il est bon de se réveiller le corps et de travailler des passages plus techniques de ses morceaux.

Si l’on a les oreilles fatiguées, pourquoi pas travailler son jeu mental. J’entends par là s’assoir confortablement avec sa partition et imaginer que l’on joue.

D’autres jours, on peut :

  • s’accompagner en chantant une chanson qu’on adore pour travailler les accords.
  • déchiffrer des morceaux faciles
  • travailler les gammes, les arpèges
  • transposer un morceau simple dans de multiples tonalités…

Il y a milles façons de travailler pour progresser et ce n’est pas forcément en travaillant son morceau du moment… ça peut-être aussi en écoutant tout simplement de la musique ! Ne négligez pas votre formation globale en musique, votre culture.

 

5-Je complète mon répertoire avec 10 morceaux :

Maintenant, il va falloir quand même travailler et jouer des morceaux en entier et avoir des objectifs précis. Car la motivation a aussi besoin de précision. Donc je me crée un cahier de suivi de programme. A voir si ce sera un cahier papier ou un fichier numérique.

  • Sur une page, je vais écrire les morceaux que je connais déjà et que j’aime jouer.
  • Sur une autre, les morceaux que j’ai déjà commencé et qui sont en progression
  • Sur une autre, les morceaux que je rêverai de jouer
  • Une autre ceux que je décide de faire en 2018
  • Sur une page par morceaux à travailler, je répertorie les passages difficiles pour moi ou qui me font peur.

 

J’aurai comme ça une possibilité de trouver facilement de quoi travailler en fonction de ma journée comme je l’ai dit plus haut, sans perdre du temps à chercher ce qu’il faut que je fasse.

Je vous tiendrai au courant de comment je m’y prends plus précisément dans un autre article. Mais je pense que vous avez déjà saisi l’idée générale de mon plan d’action.

L’intention c’est bien, mais l’action c’est mieux :).

Et vous, avez vous pris des décisions qui vous portent en ce début d’année ? Partagez-les avec moi dans les commentaires !

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