Une astuce toute simple pour les traits de vélocité

Je vous donne ici une des mes astuces (même plusieurs… 🙂 je ne peux pas m’en empêcher) pour obtenir des traits de vélocité fluides, clairs et précis.

Je prends comme exemple un trait extrait de la première ballade de Chopin.

 

Une astuce toute simple pour les traits de vélocité

 

 

Bonjour à tous et bienvenue sur le blog www.apprendre-a-jouer-du-piano.com.

 

Aujourd’hui je voulais vous donner une astuce pour les traits de vélocité.

 

Alors je ne me suis pas beaucoup adressé jusqu’à présent aux personnes beaucoup plus avancées dans le piano, donc ça va venir un petit peu maintenant.

Les traits de vélocité qui sont le grand répertoire, souvent posent problème. Et quand on arrive dès la mesure qui précède en général on se dit « Ohlala… Bon bah je travaillerais ça demain ».

Il y a un moment, ce n’est pas à un moment d’ailleurs, il faut commencer par là. Il faut commencer dans les morceaux qui demandent beaucoup de vélocité. Il faut commencer par les passages difficiles bien sûr avant de trop s’amuser sur les passages faciles.

 

 

Pour ces traits de vélocité j’ai une petite astuce à vous donner.

 

Vous pourrez dire plein de choses mais là je vais vous donner juste une petite astuce.

 

Cette astuce est toute bête, toute simple. C’est de dire le nom des notes.

Vous prononcez à haute voix le nom des notes du passage en question.

 

Donc comme exemple, je vais vous prendre la première balade de Chopin, celle qui commence comme ceci.

Et sur la deuxième page, on a un passage à la fin du premier thème.

  • En premier je vais dire le nom des notes.
  • Je vais isoler bien sûr cette main droite.

Je vais la prendre toute seule parce que là bien sûr autant d’habitude il faut faire attention de ne pas trop mettre les mains ensembles, autant là c’est évident qu’il y a besoin de faire un petit travail de main droite seule.

 

Donc cette main droite, on va dire le nom des notes comme ceci :

La – si – la – sol – la – sol – la – mi – fa – fa – sol – fa – mi – mi – do – la – si – ré – la – si – sol – la – fa – la – do – si – fa – fa – mi – ré – fa – fa – fa – sol – fa – mi – do

Alors on pourrait croire que cet exercice est un peu inutile. De dire le nom des notes. Mais en fait essayez-le parce que c’est extrêmement efficace.

 

Vous pouvez prendre conscience par là de toutes les notes que vous jouez un peu à moitié. Vous verrez, c’est impressionnant. Les passages que vous ratez, les passages où vous avez du mal à jouer avec les doigts, vous aurez du mal à dire le nom des notes.

Comme par hasard.

 

 

Donc ce n’est pas qu’une question de lecture de notes, c’est une question de prendre conscience de chaque note.

 

Est-ce que vous prononcez au doigt chaque note même si c’est très rapide, vous allez le voir en disant le nom des notes.

Ça tombera exactement sur les mêmes.

La – si – la – sol – la – sol – la – sol – mi – fa – fa – sol – fa – mi – ré – sol – ré – do – si – sol – fa – ré – mi – fa – fa – la – sol – fa – mi – do

Donc ça, c’est un excellent test pour repérer les doigts qui ne fonctionnent pas bien ou les notes dont vous n’avez pas pris suffisamment conscience.

 

 

Autre chose que je sais parce que j’en ai discuté avec des orthophonistes.

 

Il faut savoir que le fait de prononcer des choses de manière très articulée au niveau de la bouche va influer sur l’articulation de vos doigts.

Les orthophonistes l’utilisent mais à l’envers pour les personnes qui ont du mal à prononcer au niveau de la bouche. Ils vont faire travailler les doigts pour améliorer la diction.

 

Pourquoi, nous, on ne l’utiliserait pas mais à l’envers ?

Le fait d’articuler toutes les notes à la bouche, est-ce que ça ne nous permettrait pas d’articuler mieux au niveau des doigts ?

En tout cas moi je le vis au jour le jour.

 

C’est une chose que j’utilise très très régulièrement quand un passage savonne.

Vous savez ? C’est-à-dire qu’on sent que les notes boulent. Pour que ce soit précis et que chaque note ait sa place et transporte le discours musical, on a besoin d’avoir conscience, même si ce n’est pas une hyperconscience sinon vous ne pourrez pas aller vite, on a besoin d’avoir conscience que de passer par chaque note et qu’il n’y ait aucune note qui casse le discours et l’intention musicale.

 

 

Le trait c’est toujours quelque chose qui doit s’étirer sans jamais être cassé.

 

Et toute note qui est mal articulée au niveau du doigt ou mal conçu au niveau de la tête ça fait une fuite. Ça casse l’étirement du discours. D’accord ?

Donc ça c’est une chose, un bon outil. Utilisez-le au maximum dans les semaines qui vont venir et vous m’en direz des nouvelles.

 

Alors ensuite notre main droite va un petit peu mieux. Elle commence à savoir un petit peu mieux ses notes.

 

 

Donc maintenant il ne faut pas oublier assez vite de rajouter la main gauche bien sûr.

 

Là si je rajoute ma main gauche, il va falloir que je le fasse par élément de main gauche pour pouvoir coordonner les deux. D’accord ?

Sinon je risque d’avoir l’une qui fait quelque chose et l’autre qui est décalée par rapport à elle.

 

Donc on va faire, pour ici, noire par noire. D’accord ?

On va aller d’une noire à une autre noire et on va se poser dessus. Et on va faire attention à l’oreille qu’au niveau des rencontres ça tombe ensemble.

Alors vous si ce n’est pas des noires ça peut être autre chose. Mais vous allez d’un élément de la main gauche à un autre élément de la main gauche. D’accord ?

Comme ça vous allez d’une rencontre à une autre rencontre.

Puis vous prenez cette rencontre sur laquelle vous venez de terminer et vous allez de cette rencontre à une autre rencontre de main droite main gauche. Et ainsi de suite.

 

La sol mi fa fa la sol mi fa fa la sol mi fa fa

Fa sol fa mi mi do la si ré do si

Si sol fa mi mi ré do fa

Si sol fa ré mi mi fa

Si sol fa ré mi mi fa

Là il est bon…

 

Fa fa la

Fa fa la sol fa mi ré do

Fa fa la sol fa mi ré do

 

 

Ensuite, il va falloir accrocher la mesure d’avant.

 

Vous voyez ?

C’est toujours pareil. On isole un élément. Et une fois qu’il est isolé et bien travaillé, il faut le raccrocher avec les autres éléments.

Donc si on isole la main droite, on rajoute la main gauche. C’est un autre élément.

Et maintenant on rajoute avant le passage. Parce que je ne sais pas si vous avez remarqué, mais on peut travailler très bien un passage et après on reprend le morceau et on est incapable de le faire correctement alors qu’on vient de le travailler.

C’est très rageant.

Il faut juste rajouter les mesures d’avant.

Donc la mesure d’avant et ensuite les 2 mesures d’avant, et ainsi de suite. Vous pouvez partir à reculons pour vraiment englober dans la carrure globale le passage entier.

 

 

J’oubliais ! En comptant tout haut les temps aussi.

1 2 1 2 1 2 1 2 1 2 1

Moi je pense que déjà avec ça vous avez beaucoup d’outils, on pourrait dire d’autres choses bien sûr, mais déjà prenez le temps de faire ça.

 

 

Donc cette astuce toute simple vous l’avez comprise.

 

C’est le fait de lire le nom des notes et ça c’est une chose à laquelle je tiens énormément. Que vous sachiez lire vos notes.

 

Ce n’est pas inutile.

On a la chance dans les pays francophones d’avoir un système d’écriture, une façon de nommer les notes qui est syllabique. Donc elle nous permet, avec des consonnes et des voyelles de vraiment prendre en compte chaque note.

Chaque note est attaquée avec la consonne. Ça parait tout bête comme ça. Mais on a cette chance par rapport aux anglo-saxons qui le font à partir d’une lettre, où ils disent « b » « c » etc. là aussi il y a des choses qui s’articule. Mais pour eux ce n’est pas vraiment une syllabe vous voyez ?

Nous on a des syllabes qui nous permettent de nommer chaque note et que plusieurs notes fassent des mots, même si ce sont des mots qui sont musicaux.

Utilisons ce système-là pour pouvoir nommer chaque note et lui donner toute l’attention dont elle a besoin.

 

 

Vous le savez, si vous me suivez depuis déjà un certain temps, la lecture de note pour moi est un sujet très important, qui est souvent négligé ces derniers temps parce que le solfège n’a pas bonne tresse.

Sauf qu’en fait ça dépend tout à fait comment on le fait. Ça n’a rien de si rébarbatif que ça. Ça demande un effort, c’est sûr, mais si c’est pris pas à pas, si on ne brûle aucune étape, ça se passe très bien. Il n’y a pas de raison.

 

Il y a besoin de fournir des efforts mais les efforts donnent du résultat derrière. Si y’a pas de résultat, c’est que l’étape n’est pas bonne, c’est que vous avez sauté des étapes.

C’est comme ça dans tout apprentissage au niveau du piano, et partout d’ailleurs.

Si votre effort ne produit pas de résultat c’est que la méthode et les différentes étapes ne sont pas bonnes.

Ne restez pas des années à faire des choses qui ne fonctionnent pas. Par pitié !

 

 

Donc si vous voulez en savoir plus au sujet de la lecture de notes, la lecture des accords, la lecture verticale et tout ce qui est déchiffrage, sachez que je donne une conférence demain soir à 18H.

Donc là, si vous regardez cette vidéo après le 2 décembre il faudra attendre la suivante. Mais là aujourd’hui on est le samedi 1er décembre 2018.

Vous avez la possibilité d’assister à une conférence au sujet de la lecture de notes mais pour les pianistes. D’accord ?

Je ne parle pas du solfège en général.

Je parle de la problématique de la lecture des notes spécialement pour les pianistes.

Il y a besoin d’un travail spécifique pour eux.

 

Si ça vous dit et s’il n’est pas trop tard pour vous, à demain ! Inscrivez-vous en suivant le lien qui est en-dessous.

Sinon vous attendez la prochaine.

 

Et si cette vidéo vous a plu, vous pouvez likez et la partager aux autres pianistes que vous connaissez.

 

Merci beaucoup, au revoir !

 

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Earmaster, une application parfaite pour travailler l’oreille (Interview)

Vous avez des difficultés pour entendre les partitions ou pour savoir retrouver une mélodie à l’oreille ? Je vous présente aujourd’hui une application parfaite pour cela : Earmaster.

Pour PC, Mac et Ipad, ce logiciel est un superbe outil pour devenir un instrumentiste musicien, c’est à dire “qui a de l’oreille” ! Même si elle ne remplace pas un professeur, elle permet de pratiquer au quotidien ce qui a été vu en cours, avec pour vous la certitude que vous êtes sur la bonne voie. Vous pourrez “voir” vos progrès.

Quentin Nicollet, de l’équipe au Danemark nous explique tout ce qu’il faut savoir sur cette application. 

 

 

Earmaster, une application pour travailler l’oreille

 

 

Marie-Cécile

Bonjour Quentin Nicollet je suis très contente de t’avoir aujourd’hui en ligne pour une interview pour mon blog https://apprendre-a-jouer-du-piano.com/ et ma chaine YouTube. Tu es de chez EarMaster, donc tu t’occupes de cette application et en ce moment tu es au Danemark c’est ça ?

 

Quentin Nicollet

Voilà tout à fait. Bonjour Marie-Cécile. Donc oui au Danemark dans les bureaux d’EarMaster. On est sur la côte Nord Baltique, il faut beau aujourd’hui on a de la chance ! Et puis je vais vous parler effectivement de l’appli EarMaster, qui est sur PC, Mac et IPad.

 

Marie-Cécile

C’est vraiment vraiment une belle opportunité parce que je connais cette application depuis un certain temps mais c’est vrai que je n’ai jamais eu l’occasion de vraiment me plonger dedans et d’en parler de manière plus précise à mes lecteurs. C’est chose faite, c’est parti !

EarMaster c’est un logiciel et une application en même temps. Un logiciel sur ordinateur, et aussi une application pour mobile. C’est ça ?

 

Quentin Nicollet

Voilà. Pour l’instant ça se décline en d’autres versions. Sur PC, Mac comme tu l’as dit, sur IPad et puis on va continuer le développement pour d’autres plateformes dont IPhone, on va essayer.

La tâche est un peu ardue parce que l’écran est tout petit. Et on a plein de choses à lancer, on a une partition à partager, on a un piano, une guitare et pas mal de choses à montrer à l’écran donc on bosse dur pour réagencer un peu le tout mais on va essayer car c’est très demandé.

Bien sûr tout ce qui est Android, tablettes comme téléphones on aimerait aussi supporter ça. La tâche est rendue aussi ardue par d’autres aspects. Ce n’est pas oublié, c’est en projet.

 

Marie-Cécile

D’accord. Donc pour l’instant pour ce qui est de l’application c’est uniquement sur IPad pour le moment ?

 

Quentin Nicollet

Voilà tout à fait.

 

Marie-Cécile

Mais ça va venir, donc on attend ça avec impatience !

Selon toi, quels sont les avantages d’une application numérique comme ça ? Moi j’ai ma petite idée déjà.

 

Quentin Nicollet

Il y en a beaucoup en fait.

  • Déjà le fait d’avoir une évaluation instantanée.

EarMaster c’est surtout travail de l’oreille, formation de l’oreille. En général on a besoin d’un partenaire d’entrainement qui va nous jouer par exemple des accords, des intervalles. On va essayer de les identifier à l’oreille, on va y répondre et le partenaire va nous dire si c’est ça ou pas.

On peu s’entrainer en solo mais à ce moment-là on n’est pas sûr de savoir si on reconnait vraiment les notes qu’on entend de façon correcte.

L’avantage de l’application c’est qu’elle va nous dire tout de suite si on s’entraine dans le vrai en fait, si on fait des erreurs ou pas.

On va avoir un retour immédiat de la justesse par exemple quand on chante, ou alors de la précision rythmique quand on joue des rythmes.

  • Un autre avantage c’est la motivation.

Parce qu’il y a un aspect ludique dans l’application. Par exemple, on est noté à chaque question avec des étoiles, du type on a 4 étoiles sur 5. Ça donne envie de se surpasser. On voit ses scores, on a un pourcentage, on essaie de faire encore mieux. Et à la fin ça devient ludique.

Par exemple, je discutais avec le conservatoire régional de Perpignan, qui utilise EarMaster. Le prof de formation musicale avec qui je suis en contact m’a dit : « C’est la première fois que j’ai un élève qui fait 4 heures de formation musicale d’un coup, sans s’arrêter. » C’est génial parce qu’ils avaient du mal à motiver leurs élèves à faire de la formation musicale parce qu’il y a pas mal d’élèves qui trouvent ça rébarbatif et au final, avec l’application, il y a forcément des défauts, ça ne peut pas être parfait, mais ça permet en tout cas de motiver ses élèves et du coup ils sont excités par la formation musicale, ce qui n’était pas forcément évident à la base.

Voilà donc ça c’était un autre avantage d’une application comme ça.

 

Marie-Cécile

C’est vrai que c’est très important pour les élèves.

Moi je remarque que dans mon enseignement c’est très important qu’ils aient un retour immédiat de ce qu’ils sont en train de faire. Et ça c’est ce que j’apprécie chez EarMaster. C’est notamment pour tout ce qui est travail de l’oreille et de la voix. C’est qu’on peut voir à l’écran de manière visuelle où se trouve la voix par rapport aux notes qui sont réellement écrites sur la partition. Et ça, ça permet d’avoir un retour vraiment immédiat qu’un professeur ne peut pas donner. Humainement ce n’est pas possible ou alors il faudrait vraiment qu’on se mette à la hauteur de la voix et ce ne serait pas précis.

Donc ça je trouve que c’est vraiment un bon atout.

Et effectivement le côté un peu « gamifié », où on peut avoir des petites étoiles ou des choses comme ça, ça permet en plus d’avoir des récompenses. Et même pour ceux qui ne croient pas que c’est important, sans s’en rendre compte.

C’est pour tout type de public ? Ou est ce que c’est que pour adulte ? Est-ce que c’est pour enfant ? Ça s’adresse à qui ?

 

Quentin Nicollet

Alors c’est vrai que le graphisme n’est pas pour les tous petits enfants. Les couleurs sont dans des tons de bleu – gris. Le public principal est, on va dire, grands ados et adultes.

Après c’est bien sûr possible d’utiliser ça par des enfants de 7 ou 8 ans mais la plupart des utilisateurs sont jeunes adultes.

 

Marie-Cécile

D’accord. Et par rapport au niveau musical ? Comment ça se passe ?

 

Quentin Nicollet

Alors ça couvre les 3 cycles, principalement les cycles 1 et 2 quand même. Ce qui manque un petit peu à l’application et ce qu’on va ajouter dans les prochaines années, c’est tout ce qui est analyse musicale, tous les aspects musicologiques de la formation musicale, la dynamique.

Par contre, tout ce qui est travail de l’oreille, lecture et chant, c’est pour tous les niveaux.

On a aussi un cours de jazz qui va assez loin sur l’harmonie et donc des rythmes swings. Ça va quand même assez loin aussi.

 

Marie-Cécile

Donc il y a différents styles de musiques du coup.

 

Quentin Nicollet

Le développeur principal de l’application, qui s’appelle Hans, est un fan de jazz. Donc c’est vrai que l’application reflète un peu son goût pour le jazz. Donc il y a pas mal de chansons et d’exercices sur du jazz.

Mais on est en train de développer tout l’aspect classique, de plus en plus. On va rajouter des chorales pour faire des exercices sur des chorals de Bach par exemple.

On va rajouter le chiffrage classique aussi. On a pas mal de choses en projets pour étendre un peu la variété des exercices.

 

Marie-Cécile

Whoua ! Ce doit être du boulot !

 

Quentin Nicollet

Oui on a de grandes ambitions !

 

Marie-Cécile

Au niveau des instruments pratiqués, quels sont les différents types de réponses ? Comment on répond aux exercices ?

 

Quentin Nicollet

A la base le logiciel ne requière qu’un clavier, une souris et un micro pour les exercices de chant. On axe pas mal les exercices sur l’interactivité par le chant.

Parce que c’est ce qui permet d’internaliser un peu, surtout pour le travail de l’oreille. Parce que l’entendre c’est une chose, mais il faut aussi sentir la note. Et pour ça le chant aide vraiment à comprendre les notes, à comprendre la musique.

Donc le micro est très important.

Dans le logiciel à l’écran, on a un piano sur lequel on peut cliquer avec la souris, ou alors sur son IPad on peut toucher les notes avec le doigt, jouer les mélodies ou les intervalles, les gammes, qu’on a entendu.

Il y a aussi une guitare à l’écran. Un violon. Un violoncelle. Une mandoline. Il y a plusieurs styles d’instruments qu’on peut voir s’afficher à l’écran.

On a aussi ce qu’on appelle un clavier fonctionnel, un fichier fonction en fait. Par exemple cet intervalle-là c’était tierce majeure.

 

Marie-Cécile

D’accord, donc n’importe quel instrumentiste ou chanteur peut utiliser cette application. Ce n’est pas un instrument particulier ou une pratique particulière.

 

Quentin Nicollet

Non. Même un flûtiste peut jouer des notes devant le micro par exemple. Il y a simplement des réglages de transposition.

 

Marie-Cécile

D’accord c’est ouvert à tout le monde. Au niveau du micro, est-ce qu’il faut un micro particulier ou est-ce qu’on peut prendre le micro de son ordinateur ?

 

Quentin Nicollet

Je dirais limite la plus basse qualité sera le mieux tel que le micro intégré à la webcam dans l’ordinateur, c’est parfait.

 

Marie-Cécile

D’accord, pas besoin de matériel en particulier.

 

Quentin Nicollet

Ça réduit la bande passante donc le logiciel a moins de mal à discerner les notes. Vraiment il n’y a pas besoin d’investir dans un matériel professionnel.

 

Marie-Cécile

D’accord, donc ça c’est bon à savoir. Parce qu’effectivement on pourrait éventuellement s’acheter un bon micro pour la chose…

 

Quentin Nicollet

Non en fait il n’y a pas besoin.

 

Marie-Cécile

Et pour l’IPad ? C’est pareil ?

 

Quentin Nicollet

Il y a le micro intégré tout à fait.

 

Marie-Cécile

Est-ce qu’on y trouve des cours aussi ? Ou est-ce qu’on trouve uniquement des exercices ?

 

Quentin Nicollet

Alors il y a les 2.

  • On a un cours débutant qui est une nouveauté de la version 7.

Cours débutant qui va du niveau 0, c’est-à-dire répéter une note pour l’entendre, ensuite battre la pulsation, jusqu’à un niveau plus avancé où on commence à attaquer l’harmonie etc. Ce cours-là est un cours complet que l’on peut suivre soit pour apprendre les bases de la théorie, soit pour réviser.

  • Ensuite on a des cours séparés pour la formation de l’oreille principalement, qu’on appelle des ateliers.

Il y a 14 ateliers, tout style. Il y a 9 ateliers pour le jazz. Ce sera par exemple des ateliers de lecture de rythmes. Des ateliers de dictées rythmiques ou dictées mélodiques. Des ateliers de reconnaissances des gammes à l’oreille.

Et ensuite bien sûr la possibilité de configurer les exercices par soi-même.

 

Marie-Cécile

D’accord, donc ça c’est intéressant, ça veut dire que si l’élève remarque qu’il a besoin de travailler tel ou tel aspect il peut s’en créer des supplémentaires.

 

Quentin Nicollet

Tout à fait voilà. S’il a du mal sur certains aspects de sa formation auditive, il pourra configurer un exercice pour vraiment s’entrainer dessus à fond.

 

Marie-Cécile

Donc c’est lecture de notes mais liée à la hauteur du son. Ça c’est intéressant parce qu’il y a vraiment un travail en parallèle des deux. Lecture de rythmes, là on répond en frappant dans ses mains d’après ce que j’ai compris ?

 

Quentin Nicollet

Oui. Dans la version précédente on avait une option pour brancher un micro pour le rythme. Donc on pouvait battre des notes devant un micro. Cette option-là on l’a enlevé parce qu’on a remarqué que les utilisateurs devaient faire trop de paramétrages de micro. On est en train de la retravailler pour la rendre beaucoup plus simple à utiliser.

En ce qui concerne les exercices de chant, pour l’instant il n’y a pas besoin de configurer. On commence l’exercice et tout est automatique.

On aimerait faire ça pour les rythmes aussi. Donc pour l’instant pour les rythmes on tape sur la barre d’espace du clavier de l’ordinateur ou alors sur la souris, et sur IPad on tape sur l’écran.

 

Marie-Cécile

Très bien. Il y a aussi un travail sur les intervalles, sur les constructions harmoniques, toutes ces choses-là. Il y a aussi des parties cours et aussi une mise en pratique tout de suite.

 

Quentin Nicollet

Voilà exactement. La partie cours théorique pure est très succinct. Le logiciel n’a pas l’ambition d’apprendre la théorie ou de remplacer le formateur musical.

Le but est vraiment de mettre en pratique ses connaissances. Il y a du débrief théorique pour rappeler la théorie et ensuite c’est exercices vraiment.

C’est ça le cœur du logiciel. C’est vraiment des exercices.

 

Marie-Cécile

Oui donc ça vient vraiment compléter le professeur et non pas le remplacer. Donc merci pour nous !

C’est vrai que c’est important parce qu’au jour le jour, l’élève peut vraiment pratiquer en sachant s’il est dans la bonne direction.

Moi j’ai souvent des élèves qui me disent « Mais moi je voudrais bien travailler en dehors mais je ne sais pas si ce que je fais c’est bien, ou si c’est juste. Donc peut-être que ce que j’apprends est faux. ». Là c’est vraiment l’avantage d’avoir ce retour au quotidien et de remplacer le professeur au quotidien mais pas pour ce qui est de l’enseignement de fond.

 

Quentin Nicollet

Ça me fait plaisir que tu dises ça parce que c’est vraiment un des points sur lequel on essaie d’insister le plus possible avec EarMaster. C’est justement cette possibilité pour les élèves d’avoir même à la maison un retour sur ce qu’ils font.

 

Marie-Cécile

Du coup il y a pas mal d’écoles qui l’ont bien compris puisque visiblement on a une possibilité de s’inscrire en tant qu’école et d’y inscrire ses élèves. Donc il y a pas mal d’écoles je crois de par le monde qui sont inscrites ?

 

Quentin Nicollet

Oui tout à fait. On a un réseau d’écoles qui grandit. On propose une licence qui permet aux professeurs de prendre le contrôle du logiciel, pour faire leurs propres cours, faire leurs propres suivis.

Les élèves ensuite utilisent les exercices faits par le professeur à la maison ou à l’école, et le professeur peut suivre un peu les résultats et les progrès des élèves dans le logiciel.

Donc on a pas mal d’écoles qui utilisent ce système-là, à l’étranger et en France aussi de plus en plus. Comme le CRR de Perpignan, des écoles de Jazz comme Fleischmann, des écoles privées, des écoles de musique municipales, des universités. Un petit peu tout en fait.

 

Marie-Cécile

D’accord. D’ailleurs on n’a pas eu l’occasion d’en parler, j’ai des lecteurs un petit peu de par le monde, en francophonie bien sûr, mais au niveau de la disponibilité, c’est disponible partout ?

 

Quentin Nicollet

Via notre site oui déjà. Et ensuite on a des revendeurs, dans certains pays on a des distributeurs. Là où il y a le plus en boutique c’est en Allemagne et aux Etats-Unis puisqu’on a des distributeurs assez gros. En France les magasins dans les grandes villes, il y a par exemple chez Woodbrass à Paris, Bellecour Musiques à Lyon par exemple. Sans ça, sur notre site earmaster.com on peut le commander en ligne.

 

Marie-Cécile

On a donc la possibilité de le commander un petit peu de partout sur le site en tout cas.

 

Quentin Nicollet

Voilà tout à fait.

 

Marie-Cécile

Maintenant j’aimerais juste savoir un petit peu l’historique de cette application. D’où elle vient ? Qui l’a créé ?

 

Quentin Nicollet

C’est une petite histoire qui en dit long sur l’origine du logiciel.

Hans Lavdal Jakobsen, un danois ingénieur en robotique qui avait des ambitions de faire une carrière musicale.

Il voulait se présenter au Conservatoire de Copenhague.

A l’examen d’entrée il y avait une énorme partie sur le travail de l’oreille. Il avait une oreille qui n’était pas très affutée et il a trouvé un ami pour s’entrainer. Résultat des courses, ça a été difficile de faire des rencards et de s’entrainer suffisamment.

Il n’a pas réussi son examen. Un petit peu frustré et un petit peu triste, il s’est dit « Si j’avais eu un logiciel qui aurait pu m’entrainer comme ça, 24h/24 avant l’examen, peut-être que j’aurais eu mes chances. »

Du coup, avec ses études d’ingénierie en poche il s’est mis à programmer un petit logiciel sur DOS (c’était un vieux système, dans les années 80, en noir et blanc et très basique). Ça a fait la première version EarMaster.

Tous ses camarades qui faisaient de la musique lui ont demandé la copie du logiciel. Il s’est dit que ça intéressait du monde.

Il a contacté la société Roland qui fait des claviers etc en Scandinavie pour leur demander s’ils étaient intéressés.

Du coup ils l’ont distribué dans toute la Scandinavie. Et de fil en aiguille c’est devenu un grand succès dans les pays scandinaves, Suède, Norvège, Danemark.

Du coup il a internationalisé ça, l’a fait traduire en plusieurs langues et le succès grandit.

Et aujourd’hui on est où on est, avec vraiment pas mal de milliers d’utilisateurs, l’école Berklee à boston qui donne le logiciel à tous ses élèves, 4 000 élèves, et on continue de grandir on va dire.

 

Marie-Cécile

Oui donc tu as parlé tout à l’heure de la possibilité pour les professeurs de créer des exercices et donc d’inscrire leurs propres élèves à l’application avec des tarifs particuliers.

Est-ce que tu peux nous en dire plus par rapport à ça ?

 

Quentin Nicollet

On propose un site qui permet aux écoles d’ajouter leurs élèves et professeurs et de distribuer des licences. Ça va permettre aux élèves et aux profs d’utiliser le logiciel chez eux, sur leur ordinateur ou leur IPad. Et tout ça est à un prix assez compétitif.

Ça va de 3 euros par an et par utilisateur à 10 € par an et par utilisateur.

Il y a un tarif dégressif.

Ça va permettre aux professeurs de créer des exercices pour les élèves et de les envoyer aux élèves afin qu’ils les reçoivent chez eux, tranquillement installés ils font leurs exercices, leurs devoirs, et leurs résultats sont chargés directement dans l’ordinateur du prof qui peut faire le suivi.

  • Ça permet de travailler à distance.
  • Ça permet aux élèves de s’entrainer pendant les vacances scolaires, quand ils sont en déplacements.
  • Ça permet surtout aussi aux profs de suivre un peu ce que les élèves font chez eux, consulter leur taux de réussite etc.

 

Marie-Cécile

Donc c’est ouvert à tout type d’enseignants, du professeur particulier, indépendant, aux grosses écoles de musique.

 

Quentin Nicollet

Tout à fait.

 

Marie-Cécile

Au niveau tarif, pour un particulier ?

 

Quentin Nicollet

  • Pour un particulier, l’application sur ordinateur c’est 60€ une fois pour toute.

C’est un achat unique et on conserve la licence autant qu’on veut. On peut installer le logiciel sur 2 ordinateurs personnels.

  • On a une licence familiale pour 3 personnes qui coûte 100€.
  • La licence Cloud, pour les écoles de musique, comme je te disais, ça va de 3€ à 10€ par an par utilisateur.

Ça fait 50 centimes d’euros par mois environ pour les écoles. Ça reste quand même relativement bas.

 

Marie-Cécile

Et bien très bien ! Je pense qu’on a fait un petit peu le tour de cette merveilleuse application.

Maintenant, si des personnes sont intéressées et veulent se procurer ce logiciel ou cette application, comment elles s’y prennent ?

 

Quentin Nicollet

En allant sur https://www.earmaster.com/fr/. Le site est en 3 langues et le logiciel en de nombreuses langues. Sur l’App store aussi, en tapant EarMaster ou solfège, je crois qu’on est en première position.

 

Marie-Cécile

On travaille les mêmes exercices sur les 2 supports ?

 

Quentin Nicollet

Oui. Il y a un cours qui n’est pas inclus dans la version d’IPad pour l’instant mais qui va venir.

Mais c’est un cours pour le système d’examen canadien qui s’appelle RCM, aussi bien au Canada qu’aux Etats-Unis. Il est très bien fait mais il n’est qu’en anglais. Donc pour les utilisateurs francophones ce n’est pas une perte on va dire.

En revanche, ce qui va se passer c’est qu’on va ajouter des cours pour les cycles français, on est en train de développer ça, cycles 1, 2 et 3. Ça va faire partie des nouveautés pour les mois à venir et ce sera gratuit.

Donc on peut acheter l’application tout de suite, ça viendra ensuite en ajout.

 

Marie-Cécile

Donc adapté vraiment aux niveaux des conservatoires et écoles de musiques.

 

Quentin Nicollet

Exactement. On a une collaboratrice française qui est en train de préparer tout ça, qui est prof de formation musicale à la base. Les cours qu’il y a en ce moment ce sont des professeurs danois et américains qui les ont conçus. Qui fonctionnent très bien et qui sont bien traduits en français. Ça marche très bien. Mais c’est une traduction qui ne plait pas forcément aux plus classiques. Ça fonctionne très bien pour les gens qui étudient le jazz ou la variété, le rock. Pour les classiques purs et durs parfois ça ne plait pas trop.

C’est pour ça qu’on est en train de faire une mise à jour qui occupe vraiment la tradition française.

 

Marie-Cécile

Et pour ceux qui parlent anglais et qui le comprennent bien, ils peuvent aller sur la chaine EarMaster je suppose ?

 

Quentin Nicollet

Non c’est la chaine eartraining. On a pas mal de vidéos. Comme tu l’as dit, la plupart en anglais, et quelques-unes en français. On fait de nouvelles vidéos de temps en temps, dès qu’on peut.

On est très pris par le développement parce que notre priorité numéro 1 est d’avoir une application parfaite, donc on met vraiment toutes nos ressources dedans.

 

Marie-Cécile

Oui ça je comprends très bien, j’ai un petit peu la même priorité pour mes méthodes effectivement. C’est vrai que j’ai pas mal de lecteurs expatriés, donc en général ils parlent anglais. Donc ce n’est pas un problème pour eux je pense, pour la plupart.

Et bien merci beaucoup pour toutes ces informations et longue vie à cette application !

 

Quentin Nicollet

Merci à toi.

 

Marie-Cécile

N’hésitez pas, si vous êtes intéressés, à prendre contact ou à aller sur le site https://www.earmaster.com/fr/ et on se retrouve bientôt pour une autre interview.

Aurevoir à tous !

 

Quentin Nicollet

Au revoir !

Interview de Philippe Kaczmarek sur sa méthode de piano

J’ai eu la chance de rencontrer il y a quelques temps maintenant Philippe Kaczmarek du Tout Petit Conservatoire à Paris, au salon Musicora. Avec lui c’est le retour d’une interview comme j’aime les faire pour vous présenter un personnage, un auteur, une méthode et tout autre outil ou personne qui pourrait vous aider dans votre apprentissage. Mais ici il s’agit de vos enfants ou petits-enfants qui auraient entre 4 et 7 ans. Afin qu’ils apprennent à jouer du piano en mode ludique et créatif avant de se lancer plus en profondeur si vous remarquez des prédispositions.

Il nous présente ici sa Toute Petite Méthode de Piano, co-écrite avec Monique Gauché et éditée par ses soins. En dehors de la multitude de ses publications, vous pouvez retrouver son Tout Petit Conservatoire à Paris (19e) pour y inscrire vos enfants.

Sans plus attendre, voici plus d’explications en vidéo :

Vous pouvez retrouver la méthode de piano de Philippe Kaczmarek et toutes ses publications d’éveil musical ici :

http://www.ma-toute-petite-methode-de…

http://www.letoutpetitconservatoire.com/

 

 

Interview de Philippe Kaczmarek du Tout Petit Conservatoire

 

 

Marie-Cécile

Bonjour Philippe Kaczmarek. Je suis très contente aujourd’hui de vous interviewer pour mon blog. Vous êtes créateur d’une méthode que je connais bien puisque j’ai commencé à l’utiliser pour des petits il y a de ça 7 ou 8 ans. Et je voulais un petit peu savoir comment fonctionnait cette méthode.

Alors cette méthode s’appelle ?

 

Philippe Kaczmarek

Ma toute petite méthode de piano. Ce sont les éditions Le Tout Petit Conservatoire. Sachant que le Tout Petit Conservatoire est aussi un lieu d’enseignement où on donne des cours de piano et de musique aux tous petits. Entre 2 et 8 ans, les enfants arrivent par petit groupe de 4 maximum et 40 minutes une fois par semaine on donne des cours de musique poly instrumentale. On va de la batterie au piano, on souffle dans les trompettes, on gratte la guitare de façon à ce qu’ils aient un feeling pour chaque instrument. Qu’ils pèsent le gros trombone, ensuite le petit violon qui est fragile. Voilà. Je veux qu’ils aient une sensation, qu’ils connaissent le nom des instruments et puis surtout qu’ils manipulent de vrais instruments.

 

Marie-Cécile

D’accord. Donc vous êtes au départ vraiment centré sur l’éveil.

 

Philippe Kaczmarek

L’éveil musical surtout. Et après je passe la main aux écoles de musique ou aux conservatoires.

 

Marie-Cécile

D’accord, ok. Et donc vous avez créé une méthode pour le piano spécifiquement.

 

Philippe Kaczmarek

Absolument. J’ai rencontré une dame qui s’appelle Monique Gauché, qui a coécrit la méthode et que j’ai revu, corrigé et complété, et dans laquelle on va aborder le piano mais de façon complètement différente.

On va commencer par colorier des pianos. 3 types de pianos.

Ensuite l’enfant peut dessiner son propre piano.

On va positionner les mains pour expliquer qu’on joue avec tous les doigts.

Donc si on sait écrire les chiffres de 1 à 5 on l’écrit.

Et ensuite on commence par positionner le siège au milieu du piano, et montrer que le do en clé de sol est le même que le do en clé de fa.

Et c’est parti.

On n’a aucun blocage de lecture au niveau des deux clés. On commence directement la main droite en clé de sol, et la main gauche en clé de fa. Il n’y a pas d’à priori. Des petits morceaux, un petit peu de solfège.

Alors là un solo de 4 temps donc on voit, elle a dessiné et colorié.

Ce que je veux c’est que chaque enfant customise sa méthode et se l’approprie en la coloriant et en dessinant dedans. C’est possible.

 

Marie-Cécile

Très bien, et donc vous-même vous la pratiquez. Est-ce que vous la pratiquez avec des enfants tout seul ? Ou est-ce que vous la compliquez en groupe ?

 

Philippe Kaczmarek

Alors généralement les cours de piano se déroulent par 2. Pendant qu’il y en a un qui joue l’autre regarde ce que l’autre fait. Ce qui est très intéressant parce qu’on apprend aussi par l’erreur mais ce que je revendique c’est la faible durée de mes exercices.

Ils sont très très cours, comme ça on ne s’ennuie pas. On fait un exercice de 2 minutes. Voilà.

Il vaut mieux faire 12 exercices de 2 minutes qu’un exercice de 4, 5 ou 10 minutes. Et ce que je dis souvent à mes élèves, c’est : « Essaies de travailler 2 ou 3 minutes par jour plutôt qu’une demi-heure le samedi. » j’essaie d’inculquer le petit goût du quotidien, le travail au quotidien, ça c’est important.

 

Marie-Cécile

Quel est l’âge moyen des enfants ?

 

Philippe Kaczmarek

Elle est de 5 ou 6 ans. On peut commencer cette méthode sans connaitre le solfège, à partir de 4 ans.

Avec un parent qui n’y connait rien, il va pouvoir ouvrir la méthode, aider son enfant à placer le do, parce que tout est expliqué.

 

Marie-Cécile

Peut-on utiliser la méthode sans professeur ?

 

Philippe Kaczmarek

Il vaut mieux avoir un professeur au départ qui donne les bonnes positions, les bons gestes. C’est comme le geste du service au tennis. C’est pareil. Il faut bien placer les mains, bien au milieu, puis une fois que c’est parti je pense qu’on peut progresser.

 

Marie-Cécile

D’accord. Quel a été votre parcours ?

 

Philippe Kaczmarek

Je suis né dans une famille un petit peu de musiciens. Ma mère était pianiste et violoniste. J’ai commencé le piano à 3 ans avec l’oreille absolue. Il y a 50 ans on est allé voir des opérettes qui s’appelaient No no Nanette de La Route Fleurie, et en rentrant à la maison je monte l’escalier, je rejoue le thème principal, main droite main gauche.

Donc ma mère s’est dit « ah tient… ». Une semaine plus tard on va voir une deuxième opérette, La Route Fleurie, et je rejoue. La pompe à gauche et la mélodie à droite.

Et c’est parti comme ça. J’ai eu très vite l’oreille absolue. Ensuite j’ai fait des percussions, du tambour, pendant des années, des fanfares à Vichy, ensuite de la trompette et après j’ai eu un prix d’excellence à 16 ans en solfège.

Ensuite, pour aller vite, j’ai fait une école de commerce puisque ma mère voulait que je sois banquier. Et ensuite j’ai fait le Club Med pour apprendre à rigoler un petit coup.

Donc tout ça, ça m’a aidé.

Et quand j’ai eu des enfants, on les a mis dans un système d’éducation Montessori. Ça je ne connaissais pas du tout. Et pendant 7 ans j’ai travaillé en tant que prof de musique chez Montessori. Et là ça m’a permis de me soigner de tout soucis déficients qu’on m’a donné au conservatoire. Parce que j’étais une bête de conservatoire, donc là chez Montessori on m’a dit « C’est bien ce que tu dis Philippe mais c’est trop rapide, et il y en a trop ».

Donc pendant 7 ans je me suis soigné, j’ai ralenti, et ça m’a donné l’idée de faire des petits trucs vaporeux, où il y a peu de contenus par page, une petite activité. Et pur les tous petits qui ont 4 ans ça suffit largement. Des couleurs sympas, peu de contenus et surtout qu’ils aiment. Et les petits qui font du solfège avec moi me disent « Philippe est-ce qu’on peut faire le cahier ? » Ce n’est pas moi qui impose le solfège ou la lecture de note. Et le solfège ce peut être sympa !

Il suffit de le présenter correctement.

 

Marie-Cécile

Vous êtes-vous inspiré de la méthode Montessori ?

 

Philippe Kaczmarek

Ce que j’ai pris chez Montessori c’est le fait d’aérer, de ne pas trop donner à la fois.

Parce que je reste fidèle au conservatoire qui m’a formaté pour apprendre les notes et tout ça, donc le but quand on est dans Le Tout Petit Conservatoire pendant les cours c’est aussi d’apprendre le solfège pour arriver avec un an ou deux ans d’avance, à 6 ou 7 ans au conservatoire. Au vrai conservatoire.

Donc ce que j’ai pris chez Montessori effectivement c’est le recul.

C’est de savoir « Ne va pas trop vite, Répète, ce qu’on ne fait pas aujourd’hui on le fait demain ». Et c’est tout ce côté que je n’avais pas quand j’étais au conservatoire. Parce qu’on prend le temps et on respecte chaque petite individualité. Tout le monde est différent donc on n’a pas un programme formaté pour tout le groupe mais chacun à son rythme.

 

Marie-Cécile

La méthode existe en deux volumes. Quels sont les âges appropriés pour chacun ?

 

Philippe Kaczmarek

4 ou 5 ans, et puis le deuxième 6 ou 7 ans. En fait, ce n’est pas un problème l’âge. C’est simplement un problème de niveau. C’est-à-dire que si on est débutant, on va passer un certain temps, l’enfant de 4 ans par exemple va mettre une semaine ou deux à faire le premier exercice, l’enfant de 7 ans va le faire en une heure. Vous voyez ?

Ce qui compte c’est d’acquérir la connaissance dans de bonnes conditions, en étant heureux. Et c’est ça le but de mes méthodes. C’est que l’enfant soit heureux.

 

Marie-Cécile

D’accord. La méthode aborde-t-elle des notions de solfège ?

 

Philippe Kaczmarek

Absolument. Tout est expliqué. Ça va de pair. La langue de la musique est une langue qu’on apprend comme l’alphabet.

Donc on apprend le piano et on apprend aussi à écrire les notes, à les situer, à les lire sur la partition et on apprend les petites notations rythmiques. La ronde, où là ici, 1 – 2 – 3 – 4, ça vaut 4 temps. Tu refais le même dessin en dessous, 4 petits temps.

 

Marie-Cécile

Vous faites beaucoup dessiner les enfants…

 

Philippe Kaczmarek

Oui, pour intégrer la notion de division. Là on divise déjà la ronde en 2 blanches et puis après en 4 noires. Tout ça, ça doit passer par la parole, par l’œil et par le dessin. Parce que ça renforce et en plus ça complémente le travail de l’école. Parce que l’enfant commence par aller à l’école, ils aiment bien gratouiller, écrire, dessiner. Donc voilà. C’est un petit peu scolaire mais sans être pénible ou trop triste.

Il y a des petits éléphants à colorier… j’aime bien que l’enfant colorie sa méthode. Ce qui moi, de mon temps, était impossible. Ça ne passait pas du tout.

 

Marie-Cécile

Oui bien sûr. Les morceaux sont spécifiques à la méthode ?

 

Philippe Kaczmarek

Elle s’appelle Monique Gauché, qui a créé la méthode, et qui est venue me voir il y a 4 ou 5 ans voir même un peu plus sur Musicora avec ce projet-là. Elle avait peu de pages et moi avec mon statut d’éditeur, ma capacité à reprendre un peu le dossier et le gonfler et mettre ma patte personnelle avec la clé de fa, la clé de sol et tous les petits délires personnels, ça en fait une méthode de 106 pages.

 

Marie-Cécile

Avez-vous un site internet sur lequel on peut vous retrouver ?

 

Philippe Kaczmarek

J’ai développé 2 sites internet. Il y en a un qui s’appelle http://www.ma-toute-petite-methode-de-piano.com/, vraiment centré sur les 2 méthodes de pianos.

Et l’autre plus généraliste qui s’appelle http://www.letoutpetitconservatoire.com/, où là vous allez trouver toutes les productions.

J’en suis à 10 productions en papier, plus les fiches gratuites à colorier, c’est-à-dire que vous faites un sujet sur Mozart par exemple, vous allez sur le site, vous imprimez la fiche sur laquelle il y a une toute petite bio et des petits renseignements, et pendant que vous écoutez la musique, vous montrez l’instrument, vous pouvez demander à vos élèves de le colorier. Donc tout ça c’est gratuit sur le site.

Et j’ai pas mal de corrections aussi dans les volumes de solfège en ligne. Et puis je fais beaucoup d’animations, beaucoup de prestations en crèches. Et puis avec mon école, j’ai une centaine d’élèves. Du lundi au samedi on y va, on fait de la musique en s’amusant.

 

Marie-Cécile

Quelle est l’adresse de l’école à Paris ?

 

Philippe Kaczmarek

C’est du lundi au samedi, ce sont des cours par petit groupe, de 1 à 4 enfants, et les parents comme les enfants peuvent assister aux cours, parce que ce que je veux c’est que l’enfant soit heureux. C’est au 20 rue de Nantes, Paris 19ème.

 

Marie-Cécile

Merci beaucoup Philippe Kaczmarek pour cette interview, et longue vie en musique au Tout Petit Conservatoire.

Madame Pylinska et le secret de Chopin d’Eric-Emmanuel Schmitt

Image livre Madame Pylinska et le secret de Chopin Schmitt

Madame Pylinska et le secret de Chopin

D’Eric-Emmanuel Schmitt

Aux éditions Albin Michel

 

En cette période estivale pendant laquelle certains d’entre vous partent se reposer loin de leur quotidien, parlons lecture. Quoi de mieux pour “déconnecter” qu’un bon livre et une chaise longue à l’ombre d’un arbre ou d’un parasol ?

Lors d’une rencontre organisée à Bordeaux avec les élèves, j’ai entendu parler d’un livre qui m’a intriguée. Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde pour une de mes élèves et amie qui l’a dévoré. Enthousiasmée, elle me me l’a ensuite offert ! Ce livre m’a beaucoup plu donc voici un petit article en attendant peut-être une interview de son créateur…

Eric-Emmanuel Schmitt est l’auteur de nombreux romans, nouvelles, pièces de théâtre, et réalisateur de films français et belge depuis quelques années. Il parle ici à la première personne d’un aspect de sa vie que nous ne connaissons pas tous : sa rencontre et sa relation avec la musique et le piano.

 

Ce meuble porteur d’affect :

Le contexte de départ du livre est assez inattendu vu qu’il dépeint le piano comme un intrus et un ennemi dans sa propre maison. Mais de manière assez subtile, l’auteur exprime ici un aspect tout à fait réel de la présence du piano dans un intérieur : lourdeur, place prise qui semble énorme à un enfant, bruyant et imposant. Il n’est pas rare d’avoir tendance à personnaliser un piano. De lui donner des intentions. Sa présence n’est jamais anodine dans une maison. Même oublié dans un coin, il porte un message, une histoire familiale, un désir non assouvi ou abandonné. Selon l’histoire de chacun, il peut être enchanteur et porteur de joie comme il peut plomber littéralement l’atmosphère. Il peut d’ailleurs être l’un ou l’autre à certaines périodes de la vie.

Mais revenons au départ de ce livre. L’auteur ne porte donc pas particulièrement le piano dans son cœur, mais un jour une personne vient chez lui et joue du Chopin. Et là c’est le choc ! Il veut apprendre à jouer, et en particulier à jouer Chopin.

Passant rapidement sur ses débuts, toute l’histoire de ce livre relativement court est centré sur sa rencontre et sa formation quasiment initiatique avec une femme, professeur d’origine polonaise : madame Pylinska.

 

Un professeur bien étrange :

 

Cette femme rassemble à première vue tout ce qui peut rendre antipathique un professeur de piano pour la plupart des gens. Dès le premier contact, elle se met en colère lorsque son futur élève lui annonce vouloir travailler une heure par jour, ce qui peut sembler déjà énorme à tout un chacun.

« Vous nous faites insulte ! » Dit-Elle.

Mais il est vrai que cela rappelle beaucoup de nouveaux élèves qui voudraient jouer du grand répertoire en passant totalement sur la réalité des faits : ceux qui jouent réellement ce répertoire y passent des milliers d’heures depuis des années. Ils s’étonnent que ça ne rendent pas chez eux ce qu’ils entendent à la radio ou sur Internet.

L’engouement qui a rendu le piano fort populaire depuis le 19ème siècle a son revers de la médaille s’il n’est pas suivi d’information sur la complexité de son répertoire. C’est ce qu’essaie de faire Madame Pylinska à sa manière. Il peut être tendant d’être critique sur cette vision “traditionnelle” de la pratique de cet instrument. Il est tout à fait vrai que la pédagogie musicale a encore beaucoup de progrès à faire sur le plan de la communication, mais on ne peut pas non plus nier les grands pianistes qui en sortent. Parfois ce sont plus des « virtuoses » que des musiciens, mais ils ont accès cependant au grand répertoire. Ils sont bien en capacité de le jouer.

 

Je ne serais moi-même pas très honnête si je prétendais que tout ceci n’est pas réel. Ayant moi-même travaillé entre deux et cinq heures par jour pendant toute mon adolescence et mes jeunes années d’adulte, certains professeurs n’ont pas été tendres avec moi. J’ai déjà eu l’occasion d’en parler sur ce blog, j’ai découvert après que beaucoup de manières de faire étaient perfectibles, mais l’aurais-je découvert si je n’avais pas eu les outils pour le faire et les résistances pour me pousser à les chercher ?

 

Ce livre m’amène à une réflexion sur la pédagogie induite couramment par une foule d’œuvres littéraires et cinématographiques quand il s’agit d’art. L’éternel combat entre technique, rationnel contre artistique et ineffable. De nombreux artistes sont issus d’enfance difficile :

  • “Le piano absolu”, auto-biographie du pianiste Lang Lang
  • L’histoire de l’enfance de Wolfgang enseigné par son père Léopold Mozart
  • Le film Whiplash, parlant des début d’un batteur avec l’enseignement brutal et cruel de son professeur…
  • etc… les exemples ne manquent pas…

On peut se rebeller contre ces fortes personnalités comme un futur soldat pourrait se rebeller contre son chef quand il le pousse dans ses retranchements, mais peut-on nier les nombreux faits qui sont là ? Les personnages qui en ressortent ?… Bon évidement former un combattant est sans commune mesure avec le fait de former des musiciens. Il faut aussi savoir raison garder !

J’ai bien conscience que tout ceci va à l’encontre de la tendance actuelle rebelle d’une humanité comme en adolescence. Bienveillance, pensée positive, développement personnel et bien d’autres courants de pensée prêchent la douceur, le calme, l’empathie (moi la première). Mais ne sommes-nous pas en chemin en train de perdre une certaine puissance, une certaine ambition et de la grandeur ?

Ce livre a soulevé à nouveau pour moi plusieurs questionnements :

  • La pédagogie bienveillante c’est quoi ? Sommes-nous réellement non-violent quand nous cherchons la bienveillance à tout prix ?
  • L’intransigeance est-il un manque de bienveillance ?

Je n’en sais rien. Très sincèrement. Mais je préfère me poser la question régulièrement afin de ne pas perdre de vue que les choses sont parfois plus complexes qu’on ne le souhaiterait. Ce qui semble bon et “bien pensant” n’est pas forcément si bon qu’on voudrait le penser par facilité.

Entendons-nous bien ! Je ne dis pas qu’il faut revenir aux méthodes violentes d’apprentissage. Clairement pour moi c’est un non franc et massif. Mais je pense que l’on doit créer petit à petit, d’ajustement en ajustement une nouvelle manière d’enseigner sans renier nos racines et les manières de faire des anciens. Et retrouver aussi plus de spontanéité dans l’enseignement.

Je ne peux m’empêcher de respecter cette femme qui finalement, sous ses apparence de professeur classique revêche et perchée, a la bienveillance d’éveiller son élève non à une technique pianistique vide de sens dont il ne fera rien pour sa propre vie, mais plutôt à son propre talent à travers sa pratique du piano et de Chopin. Comme elle le dit : “trouve la porte…”

Elle est plus qu’un professeur de piano formé à la musicologie, la physiologie, la psychologie, la pédagogie et autres mots en “…gie”. Elle est ce qu’on appelle un maître, un mentor comme disent les anglo-saxons.

 

Piano et sensualité retrouvée :

 

Un élément très important à mes yeux dans l’apprentissage du piano est abordé dans ce livre : la sensualité, le développement à l’extrême du sens du touché, l’ouverture à la conscience corporelle et son rapport à la nature. Ça ne pouvait d’ailleurs en être autrement, cet ouvrage étant un véritable hymne à la mémoire de Chopin.

Quoi de plus sensuelle que la musique de ce compositeur !

Chopin au piano

Je ne vais pas aller dans les détails ici afin ne pas vous couper le plaisir de la découverte lors de votre lecture. Je vous laisse découvrir au fil du livre les petits exercices qui ne manqueront pas de vous surprendre… à vous de les tester s’ils vous parlent 🙂 .

 

Citations à méditer :

Je vous laisse maintenant avec quelques citations significatives de ce beau livre :

“Virtuoses…

– ce n’est pas un gros mot !

– je vous apprends à devenir un artiste, pas un Narcisse. Dirigez la lumière sur la musique et non sur vous.”

“C’est la musique qui impose sa réalité à l’esprit. Elle demeure pure. Elle n’exprime pas des sentiments, elle les provoque…

Elle brandit les partitions.

-Ses titres, quasi mathématiques, s’avèrent plus honnêtes et plus mystérieux : ils ne nomment pas les émotions, celle-ci naîtront de la musique. Si la musique narre, à quoi bon la musique ? Abordant l’ineffable, elle ne dit que ce qui n’a jamais été dit nulle part.”

“Madame Pylinska, quel est le secret de Chopin ?

– II y a des secrets qu’il ne faut pas percer mais fréquenter : leur compagnie vous rend meilleur.”

“La mélodie doit se dérouler en ruban. Oui, je sais, un piano se résume à des marteaux en feutre qui tapent les cordes, c’est d’abord un instrument à percussion, mais n’en profitez pas pour le convertir en tambour ! Vous frappez, vous ne chantez pas. Chez vous, les coups succèdent aux coups.”

Après quoi elle fait écouter à son élève la Callas. Ce n’est pas sans me rappeler le livre d’Alexandre Taraud « Montrez-moi vos mains » dans lequel il exprime une fascination tout aussi forte pour les chanteurs qui soutiennent particulièrement les sons d’une ligne mélodique et qui ont une forte présence scénique (Barbara)…

“Écris ! Écris toujours en pensant à ce que t’as appris Chopin. Écris piano fermé, ne haranguent pas les foules. Ne parle qu’à moi, qu’à lui, qu’à elle. Demeure dans l’intime. Ne dépasse pas le cercle d’amis. Un créateur ne compose pas pour la masse, il s’adresse à un individu… Imite-le. N’écris pas en faisant du bruit, s’il te plaît, plutôt en faisant du silence. Concentre celui que tu vises, invite le à rentrer dans la nuance. Les plus beaux sons d’un texte ne sont pas les plus puissants, mais les plus doux.”

Parallèle entre l’écrivain et le compositeur. A l’instar de Taraud qui fait régulièrement le parallèle avec le théâtre. J’ai retrouvé également ce parallèle dans le livre “Mémoire d’empreinte” de Brigitte Bouthinon-Dumas.

“J’ose m’estimer bon professeur pour la raison que vous dites : je ne manque pas d’intransigeance.”

Si cet article vous a plu, partagez-le à vos amis. Merci à vous de m’avoir lu jusqu’ici.

Bonne lecture !

La théorie musicale pour les autodidactes de Will Metz

La théorie musicale de Will Metz

La théorie musicale pour les autodidactes
de Will Metz

Ingénieur de formation, Will Metz a un esprit très pragmatique dans cette toute nouvelle théorie de la musique, destinée aux musiciens autodidactes. Je suis personnellement toujours attirée par les musiciens qui n’ont pas fait que de la musique dans leur vie. Cela me permet souvent à leur contact d’accéder à une vision et un état d’esprit de recul dans ce domaine souvent en proie au sensible et à l’émotion. Ce qui est normal et naturel pour le mélomane auditeur n’est pas suffisant à mon sens pour le musicien pratiquant, car il est actif et créateur de la musique et non sous son emprise…

Will Metz fait preuve de beaucoup de bon sens, et j’adore ça. Il fait preuve de pédagogie en rassurant le lecteur en lui demandant de se concentrer sur ce dont il a besoin, lui en particulier au moment où il lit.

Une mise en forme pédagogique :

Le texte de cette théorie musicale est aéré, et la présentation très agréable. Quand je pense à mes 8 ans, et à ma théorie en noir et blanc, au texte incompréhensible et ennuyeux dans lequel j’ai du me plonger au conservatoire du 12ème arrondissement à Paris… ça me laisse songeuse sur l’évolution du monde musical. C’est de plus en plus le cas dans les ouvrages qui sortent actuellement et c’est une bonne nouvelle pour nous tous. Merci aux éditeurs !

  • Des couleurs douces et agréables.
  • Des schémas clairs et parlant pour mémoriser de manière visuelle les notions.
  • Des images pour éveiller notre attention et notre cerveau créatif
  • Une mise en valeur des notions importantes.
  • Bref… une très belle présentation. Et moi j’aime ce qui est beau… ET efficace.

 

Une différence de taille avec les autres théorie :

Cette théorie de la musique a une particularité qui la rend assez unique. Elle n’exige pas pour sa compréhension comme prérequis de savoir lire les notes, mais fait une place bien plus importante au solfège rythmique. Particulièrement intelligent ! Car si vous me suivez depuis quelques temps, vous n’êtes pas sans savoir que pour moi le rythme prime sur les notes en musique. C’est son fondement.

 

De la pédagogie que diable, de la pédagogie !

Dans cette théorie, on va à l’essentiel sans s’encombrer de pédantisme. Un ton humoristique détend régulièrement le lecteur et lui fait prendre du recul. On ne se prend pas au sérieux ici, et ça fait du bien. Des petites anecdotes sympathiques font appel encore une fois à notre imaginaire, puissant vecteur d’apprentissage.

Will Metz nous fait passer à l’action avec son régulier « comment vous entraîner ». Et il s’occupe des objections possibles du lecteur, ce que je n’ai jamais vu dans aucun ouvrage théorique à ce jour ! On sent donc une grande empathie de la part du lecteur. Merci monsieur !

Pour quel niveau ?

Cette théorie prend le lecteur au tout début de son apprentissage et va ensuite assez loin avec les modes, gammes par ton et blues. Tout ceci, je le rappelle, sans aucun besoin de connaissance en lecture de note. Les accords sont également abordés et présentés hors portée. Voici plus en détail ce qu’on y aborde :

  • Les bases :
    • Les notes
    • Les rythmes
  • La mélodie :
    • Les gammes
    • Les modes (dont tous les modes issus des gammes majeures, ainsi que mineures mélodiques et harmoniques)
  • La polyphonie :
    • Les intervalles harmoniques
    • Les accords de trois sons et leurs renversements
    • Les accords de quatre sons et leurs renversements
    • Les accords “enrichis” de 9ème, 11ème et 13ème.

Donc ambitieux et qualitatif.

Un volume 2 est annoncé pour élargir encore les notions avec l’harmonie, les rythmes et mesures plus complexes entre autres.

De la théorie à la pratique :

Bien sûr, toute la théorie du monde n’est rien sans une mise en application immédiate de ce que vous avez appris, et une évaluation des acquis par l’exercice. C’est pourquoi l’auteur a l’eu l’intelligence d’insérer en fin d’ouvrage une série d’exercices pratiques sur l’échelle diatonique et les altérations qu’elle implique.

Cependant, il ne faudra pas oublier que cela reste qu’une théorie. La musique ne peut pas s’appréhender efficacement et uniquement par l’intellect, mais surtout par la mise en mouvement du musicien et son expérience sensorielle. Ce n’est donc pas pour moi le meilleur moyen d’aborder la musique au début. Mais quand on arrive au stade où l’on a besoin de faire le tri avec ses acquis et d’avoir une vision rationnelle et globale de ses notions musicales, cette théorie est vraiment de qualité et intelligente.

Quatrième de couverture théorie de Will Metz

Et je vous laisse sur cette citation de Will Metz à méditer :

” Le monde de la musique est loin d’avoir dit son dernier mot, et tant qu’il y aura un public, il y aura une place pour en vivre. Cette place est à prendre ou à laisser. Elle appartient à ceux qui aiment et travaillent, pas à ceux qui croient en la chance et au don.”

 

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Comment travailler les rythmes irrationnels au piano

Il n’est pas rare au piano de se trouver face à des rythmes irrationnels, c’est à dire des rythmes dont les subdivisions ne correspondent pas à celles de l’autre main ou au nombre de temps de la mesure qui les accueille. C’est en particulier très courant chez Chopin ou Liszt.

Dans cette vidéo, je vous donne une piste de travail très efficace. Vous m’en direz des nouvelles :).

Pour visionner la vidéo d’où est issue la question de Rémi, cliquez-ici.

Comment ne pas noyer son morceau de pédale

Aujourd’hui je réponds à une question de Jeanne sur la pédale. Je donne une astuce pour ne plus noyer son morceau dans un nuage de pédale qui gâche tout. Vous pouvez vous aussi me poser votre question ici.

Voici les deux articles dont je parle dans cette vidéo :

Comment mettre la pédale de droite au piano

La pédale rythmique et enchaînée, explications en vidéo

 

Transcription texte de la vidéo :

Comment ne pas noyer son morceau de pédale !

 

 

Bonjour et bienvenue sur le blog https://apprendre-a-jouer-du-piano.com/.

 

Je vais répondre aujourd’hui à une autre question de lecteur qui se trouve en-dessous de ma vidéo qui s’appelle « Posez-moi vos questions ici »

Voilà, donc si vous avez une question, n’hésitez pas à me la poser en cherchant cette vidéo sur le blog. Pas sur ma chaîne, mais sur le blog https://apprendre-a-jouer-du-piano.com/.

 

Donc c’est parti.

 

Nous avons Jeanne qui me pose la question suivante :

« Personnellement, mon gros problème est la pédale. Pour la mettre correctement ça va, mais je ne sais jamais où la mettre au cours du morceau. Je suis tellement prise par ce que je joue que je mets la pédale n’importe où. J’ai tendance à me servir de la pédale comme bouée de sauvetage.

Difficulté ? Instinctivement j’appuie sur la pédale, ce qui noie tous les sons. Comment me sortir de ce défaut ? »

 

Alors tout d’abord Jeanne, c’est déjà très bien que vous ayez conscience que vous avez ce problème-là. Parce que la plupart du temps c’est inconscient.

Déjà, très bon point pour le départ.

 

Maintenant je vais vous donner une petite astuce pour travailler cela.

Auparavant, je voudrais m’assurer que vous savez bien où la mettre. Parce que je vois que vous me dites « Je ne sais jamais où la mettre au cours du morceau ».

 

Alors est-ce que vous ne savez pas où la mettre sur la partition ?

C’est ça que je ne sais pas.

 

Si vous ne savez pas où la mettre d’une manière générale, par rapport à une partition, comment et où mettre cette pédale, il faut vous référer aux articles que j’ai écris sur la pédale. Donc vous allez dans la section « Tous les articles ».

Ce sont 2 articles qui peuvent vous aider, qui s’appellent :

  • La pédale rythmique et enchaînée, explications en vidéo
  • Comment mettre la pédale de droite au piano

Ce sont 2 articles qui peuvent vraiment vous aider pour déjà savoir où mettre la pédale et comment le mettre en pratique.

 

 

Ensuite, vous parlez d’un défaut.

 

La première étape : Changez votre vision de l’application d’une pédale

Ce qu’il faut c’est que vous devez changiez la façon de voir la pédale.

Une pédale, une fois que vous l’avez mise en même temps que la première note de votre morceau, l’important n’est pas d’enfoncer. L’important n’est pas d’appuyer. Vous le dites vous-même « Instinctivement, j’appuie sur la pédale et je noie tous les sons ».

 

Alors maintenant vous allez changer votre façon de penser.

Vous allez vous dire « J’appuie en même temps que la première note, ça d’accord. Mais une fois que c’est parti, que le morceau est démarré, l’important est de soulever la pédale. »

Ce qui doit être actif c’est votre mouvement de soulever votre pédale, et non pas votre mouvement d’enfoncement.

Bien sûr vous allez renfoncer une fois que vous avez soulevé. Mais vous dites que vous noyez les sons.

Donc qu’est-ce qu’il manque ?

Ce n’est pas l’appui. Ce qui manque c’est le soulevé de pied. D’accord ?

Ça c’est une première chose. Une prise de conscience. Vous devez soulever votre pied pour effacer les sons et ne pas les noyer.

 

Maintenant, une petite astuce que je vous donne, un petit exercice.

Il est de jouer votre morceau avec le pied à côté de la pédale, en faisant le geste que vous devez faire pour jouer la pédale.

Donc vous allez jouer sans pédale, c’est-à-dire qu’on n’entendra pas, le piano ne gardera pas les sons, mais vous, vous travaillez le geste du pied à côté, pour 2 avantages :

 

  1. Prise de conscience de l’apport sonore de la pédale

Vous allez être privé du bonheur de cette pédale.

Vous allez donc pouvoir travailler plus vos doigts, c’est une chose qui est importante, mais ce n’est pas le sujet. Vous allez être privé du bonheur d’avoir cette pédale, donc vous allez avoir un besoin de la mettre à certains moments et de ne pas la mettre à d’autres moments.

Ça c’est très important parce qu’il faut que vous soyez consciente de ce qu’apporte la pédale.

Je ne connais pas votre passé, mais peut-être que vous avez tendance à la mettre un peu tout le temps et du coup vous ne savez pas vraiment distinguer à l’oreille quand elle y est et quand elle n’y est pas.

Ça c’est le premier avantage du fait de jouer sans pédale.

 

  1. Prise de conscience du geste de soulevé du pied

En même temps vous allez aussi travailler le geste du pied.

Qu’est-ce qui se passe quand vous mettez votre pied à côté ?

Si vous êtes le pied posé par terre, vous n’avez pas d’effort à faire. On est d’accord ?

Par contre vous allez avoir un effort à faire au moment où vous soulevez votre pied.

Et ça c’est le deuxième avantage. C’est-à-dire que vous allez consciemment soulever votre pied et après le laisser retomber inconsciemment, en tout cas sans effort.

L’effort est de soulever et pas de renfoncer, pas de reposer votre pied.

 

C’est ça qui doit se passer avec votre pédale.

Vous devez faire un effort pour soulever votre pied et faire retomber votre pied dans la pédale. C’est la petite astuce que je vous donne aujourd’hui.

 

Je vous le montre maintenant.

Je vais prendre l’exemple de la valse de Chopin en la mineur, qui est assez connue, celle-ci.

  • Là j’ai mis la pédale.

Vous avez vu, j’ai enfoncé la pédale au moment où il fallait.

  • Maintenant, ce que je fais, je vous montre. Vous mettez votre pied à côté.

Je vais faire le même geste mais en décalant mon pied un peu sur la droite. Donc vous avez le pied en l’air avant de partir.

Vous voyez ? J’ai fait le même geste mais en soulevant mon pied.

 

Voilà, faites ça et je vous garantis déjà que ça va aller beaucoup mieux pour votre problème de « noyer tous les sons dans la pédale ».

 

 

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Au revoir !