Pratiquer ou non les mains séparées ?

Pour répondre à la question de Céline, j’ai fait cette vidéo sur l’intérêt réel du travail mains séparées. Il n’est pas là où l’on croit la plupart du temps. Cette « habitude » du mains séparées est souvent mal employée. Soyez attentif car c’est fondamental !

 

Transcription texte de la vidéo :

Bonjour, c’est Marie-Cécile du blog http://apprendre-a-jouer-du-piano.com/.

 

Je vous ai préparé une vidéo pour répondre à la question de Céline du blog http://la-musique-et-vous.com/, que je vous invite d’ailleurs à aller visiter.

Je suis très énervée parce que j’ai tourné cette vidéo avec un nouveau micro, et je n’ai pas vérifié s’il était bien enclenché dans mon téléphone. Ce qui fait qu’en fait il n’a pas fonctionné.

Donc je m’excuse à l’avance du son qui n’est pas très bon. Mais voilà c’est comme ça. C’est comme dans tout, quand on démarre on fait des bêtises.

Donc voilà ma vidéo, et pardon pour le son.

 

 

Donc sa question est :

« Une question pour mon loustic de 7 ans qui a commencé le piano en octobre. Comment faire pour l’encourager à jouer les mains séparées ? Il veut trop souvent jouer les deux mains ensemble dès le début et s’énerve de ne pas réussir du premier coup. D’ailleurs, jusqu’à quel point c’est important de pratiquer les mains séparées ? »

 

Je ne peux pas répondre en 3 minutes à ça. Donc tant pis. Ce sera plus de 3 minutes.

 

 

Comment faire pour l’encourager à jouer les mains séparées ?

Alors ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’en général quand on a un problème comme ça il y a un désir derrière. Et ce désir, pour un enfant, c’est de jouer mains ensemble.

Pourquoi ?

Parce qu’ils ne se posent pas 36 000 questions les enfants. Ils ont vu des gens jouer mains ensembles du piano. Ils n’ont jamais vu personne normalement, sauf si ce sont des enfants de pianistes, jouer du piano avec une seule main.

Donc c’est tout à fait normal qu’ils aient envie de faire pareil parce que ce qu’ils veulent c’est jouer du piano.

Et ça part d’une chose à laquelle je vous demande de réfléchir. Au piano on joue les deux mains. Donc arrêtez de jouer tout le temps mains séparées. D’accord ?

On reviendra là-dessus plus tard.

 

Donc je reviens sur le désir de cet enfant qui est tout le temps de jouer mains ensembles.

Moi je pense que c’est intéressant justement de profiter de ce moment où ils sont motivés pour jouer mains ensembles pour leur faire beaucoup déchiffrer mains ensembles des morceaux. Mais du coup il faut qu’ils soient très très très très simples.

Et moi dans les débuts bien sûr il est évident que comme on apprend à lire et à jouer du piano en même temps, s’il ne connait pas bien la clé de Fa et la clé de Sol, ça va être difficile de mettre mains ensembles.

Donc ce que je fais, c’est que je les mets beaucoup sur des morceaux en mains alternées. C’est-à-dire que le morceau, de lui-même, est déjà écrit pour la main gauche, puis ça passe à la main droite, puis ça repasse à la main gauche.

Donc naturellement il va alterner ses mains. Et il va naturellement aussi apprendre à lire les 2 clés, la grande portée. C’est-à-dire assembler les 2 clés tout de suite.

Je pense que c’est primordial ça.

Je trouve que ce désir de jouer mains ensembles est parfait pour le début.

 

 

Faire déchiffrer mains ensembles des morceaux simples.

 

  • D’un côté lui faire travailler sa lecture et son déchiffrage mains ensembles.

Comme ça il a l’impression, il a la sensation de faire comme les pianistes. Faire prendre conscience du projet à long terme.

  • D’un autre côté lui expliquer que là, pour ce morceau-là, qui demande la clé de Sol et la clé de Fa simultanément, il va falloir qu’il travaille à ce moment-là en séparant les mains.

Mais vraiment moi je conseille de travailler le déchiffrage dès le départ. Parce que c’est ce qui va permettre justement de ne pas être tout le temps obligé de passer par ce stade de mains séparées.

Ce que je conseille, c’est de jouer mains alternées. Je l’ai déjà dit dans d’autres articles.

 

Ce qu’il faut bien que vous compreniez, c’est que le piano est un instrument polyphonique. Donc vous avez plusieurs personnages à gérer en même temps.

  • Vous avez la mélodie. Souvent la main droite.
  • Vous avez parfois l’accompagnement. À la main gauche.
    • L’accompagnement est souvent composé d’une basse.
    • Du complément de l’accord.

Ce qui fait déjà 2 choses à gérer à la main gauche.

 

 

Main droite :

Peut-être même qu’après quand vous arrivez dans des morceaux plus compliqués vous allez avoir un contrechant qui va se passer avec le pouce, l’index et le majeur, le chant avec l’annulaire et l’auriculaire.

Main gauche :

Plus un contrechant, avec le pouce et l’index, de temps en temps pendant que la main gauche va faire des aller-retours à la basse etc.

 

Donc on est 5-6-12 au piano. D’accord ?

On peut mettre 10 en gros. Mais ça vient petit à petit.

Mais on est dans un instrument qui est polyphonique. Donc il va falloir que vous entrainiez votre oreille polyphonique et votre coordination. Ça on en a déjà parlé.

Mais si vous êtes tout le temps en train de séparer tout, vous allez pas travailler l’oreille avec les mains séparées.

 

Ce qu’il faut c’est : vous alternez les mains.

  • Vous jouez une mesure de la main gauche. Vous écoutez bien. Vous essayez de mémoriser ce que ça dit.
  • Puis vous jouez la main droite de cette même mesure et vous mémorisez ce qu’elle dit.
  • Et après vous mettez mains ensembles en essayant de continuer à entendre l’autre, surtout la main gauche. Il faut que vous essayiez essentiellement de porter attention sur votre main gauche.

 

Qu’est-ce qui se passe au piano ?

On se concentre sur la main droite, pour plusieurs raisons.

  • C’est plus facile à retenir. La mélodie on l’aime. On la retient plus facilement.
  • Elle est souvent beaucoup plus conjointe. C’est donc plus facile à concevoir.
  • C’est dans une zone, souvent, au niveau de l’oreille, qui est facile à entendre.
  • Une zone qu’on peut chanter.
  • Elle a tous les avantages la main droite avec sa mélodie.

 

Par contre la pauvre main gauche.

  • Elle fait des allers-retours tout le temps.
  • C’est dans des graves, donc on ne peut pas vraiment chanter ça.
  • Il y a souvent des sauts. C’est rarement conjoint.
  • Il y a beaucoup plus de sons.

À la rigueur s’il y a une main à séparer, c’est vraiment la gauche. Vous devez écouter votre main gauche. Et quand vous remettez mains ensembles vous continuez à écouter votre main gauche.

Comme ça vous travaillez votre oreille polyphonique.

 

Pour en revenir à ce petit loustic.

Bien sûr ce qui est difficile au début, pour les enfants, on est sur des morceaux, en général, qu’ils peuvent lire, qui sont « lents ». Ça ne les attire pas des masses.

C’est pas ce qu’on entend à la radio. C’est un peu le problème.

 

Il faut alterner les moments où ils vont essayer de jouer les mains ensembles mais sur des morceaux qui ne sont pas très enthousiasmants, et puis d’autres moments où on va leur proposer un projet.

C’est-à-dire « Je vais arriver à jouer ce morceau-là mais pas tout de suite. » Je vais lui proposer de travailler la main gauche de cette mesure-là, la main droite de la même mesure, et je mets mains ensemble tout de suite. Et je lui dis « Voilà, c’est difficile. On va peut-être refaire main gauche, puis main droite, et on remet mains ensembles. »

 

Travaillez par petit morceau mains séparées, et après vous remettez mains ensembles tout de suite, pour voir tout de suite ce que ça va donner. Que votre mémoire auditive entende la gauche, la droite, on met ensemble. La gauche, la droite, on met ensemble.

Vous remarquez que je commence toujours par la gauche.

 

Utilité du travail mains séparées

Maintenant, les mains séparées, c’est-à-dire uniquement une main pendant un certain temps, c’est très efficace pour une chose.

Pour les passages techniquement difficiles à une main.

Je pense à des « traits » à faire à la main droite, très rapide, là évidemment vous allez travailler votre main droite toute seule. Mais il ne faudra pas tarder à mettre la main gauche.

Il faut essayer régulièrement de mettre la main gauche. Comme vous pouvez, c’est pas beau, c’est pas bien fait, mais Rome ne s’est pas faite en un jour.

 

Alors maintenant vous allez me dire « Oui mais moi je n’arrive pas à coordonner mes deux mains quand je suis mains ensembles. C’est trop difficile. »

 

Oui. Comme je l’ai dit dans ma dernière vidéo, la coordination c’est vraiment le gros problème du pianiste.

J’ai déjà répondu à ce problème de coordination dans un autre article et une vidéo.

Je vais résumer ça aujourd’hui en 2 mots.

  • Il faut du travail.
  • Il faut du temps.

Un an, deux ans, je compte plutôt en années pour la coordination. C’est long.

 

Retrouvez l’article sur la coordination :

http://apprendre-a-jouer-du-piano.com/comment-ameliorer-lindependance-et-la-coordination-des-mains/

Retrouvez la vidéo sur la coordination : https://www.youtube.com/watch?v=uc_mER93w1A&feature=youtu.be

 

 

Donc je résume :

  • Ne jouez pas les mains séparées.
  • Ne lisez pas les mains séparées.
  • Travaillez votre lecture à part dans les premiers temps.
  • Travaillez votre lecture verticale.
  • Travaillez votre déchiffrage mains ensembles tout de suite, le plus vite possible.

Sinon tant pis, ça ne sera pas beau. Ça ne sera pas bien.

 

Mais !

  • Travaillez les passages difficiles, les passages compliqués, en petit morceau, mains séparées.
  • La main gauche toute seule, la main droite toute seule, de ce petit morceau.
  • Le passage difficile uniquement.

 

 

Voilà ! Si cette vidéo vous a plu, je vous invite à vous inscrire à ma chaine, et à partager autour de vous avec vos amis pianistes.

https://www.youtube.com/channel/UC9WKeSyfajhE-337rs0bO2Q

 

Au revoir !

Les bases à connaître pour démarrer la lecture de rythme.

 

Pour jouer son morceau préféré, nous devons lire les bonnes notes oui… mais avec le bon rythme aussi ! Car il n’y a rien qui déforme le plus la musique que de fausser son rythme. Et pour cela, il est important d’identifier les éléments d’écriture d’une partition qui correspondent au rythme, comprendre le caractère rythmique global du morceau, et savoir exécuter les différents rythmes en faisant appel à sa mémoire. Il est clair que la première fois que vous voyez une cellule rythmique, vous ne savez pas comment elle doit sonner. Vous avez besoin qu’on vous montre. Mais une fois travaillée, vous pouvez la reconnaître et la reproduire.

Mais c’est quoi une “cellule rythmique” ?Confus

Alors pour que vous compreniez bien, il faut que vous distinguiez une valeur de durée, d’un rythme ou cellule rythmique.

  • Une indication de durée est la ronde, la blanche, la noire par exemple
  • Un rythme ou une cellule rythmique est un ensemble de durées assemblées pour former une sorte de “mot” rythmique.

 

Quelques exemples de cellules rythmique à connaitre :

Noire deux croches

Demi soupir croche

Croche pointée double noire

Mais il en existe beaucoup d’autres…

 

Dans cet article cependant, nous n’allons pas commencer les cellules rythmiques. Nous allons plutôt nous attarder sur la signification des signes qui nous indiquent le “contexte” rythmique d’un morceau. Ils ont souvent un point commun : des lignes verticales…

Deux plans de lecture du rythme :

Il est important quand on démarre de distinguer deux niveaux de lecture :

  • La mesure : vous devez apprendre à vous mettre dans un contexte d’appui tout 2, 3 et 4 temps. Cet appui est appelé temps fort.
  • Le temps dans lequel s’insère les différentes cellules rythmiques.

 

Voici ces deux éléments en détails.

 

Le premier élément rythmique global du morceau : la mesure.

Toute musique est composée rythmiquement d’appuis et de levées. Les appuis sont appelés les temps forts et les levées les temps faibles. Pour mieux comprendre, pensez à quand vous écoutez une musique entraînante, dansante. Vous avez en général envie de taper du pied à intervalles réguliers. Ces moments sont ce qu’on appelle les temps fort.

L’exemple le plus simple à comprendre est celui de la valse. Les danseurs posent leurs pieds tous les trois temps. La valse comporte une succession permanente de temps fort suivie de deux temps faibles. On a envie de compter 1-2-3-1-2-3-1-2-3-1-2-3 etc… Donc une valse va comporter des mesures de trois temps.

 

 

 

C’est également sur les temps forts que changent la plupart du temps les harmonies (accords) du morceau. Regardez et écoutez encore la valse de Chopin ci-dessus. A chaque basse n’avez-vous pas envie de taper du pied ou de hocher la tête ?

On doit donc savoir tous les combien de temps nous avons les temps forts avant de commencer à jouer. Pour cela on regarde les chiffres indicateurs de mesure.

 

Les chiffres indicateurs de mesure :

Pour connaitre le caractère global du morceau sur le plan rythmique et bien appliquer le rythme ensuite, il est fondamental de regarder cet élément en premier. Ils se trouvent toujours au début de la première mesure du morceau.

Chiffres indicateurs de mesure

 

Ils indiquent donc la contenance d’une mesure dans la partition. Et on peut en déduire le nombre de temps ensuite.

Pour bien comprendre ces chiffres, il faut comprendre que le chiffre du haut compte quelque chose, alors que le chiffre du bas est employé comme symbole.

le chiffre du haut indique “COMBIEN”…

le chiffre du bas indique “DE QUOI”…

…par mesure.

 

Je commence par le chiffre du bas pour faciliter la compréhension.

Chiffre du bas, un symbole :

  • Le chiffre 1 symbolise la ronde
  • Le chiffre 2 symbolise la blanche
  • Le chiffre 4 symbolise la noire
  • Le chiffre 8 symbolise croche
  • Le chiffre 16 symbolise la double croche

C’est à savoir par cœur et puis c’est tout ! Clignement d'œil

 

Remarque : vous n’aurez donc jamais en bas de 6 ou de 9 par exemple.

Attention  ! cette valeur trouvée sur le chiffre du bas n’est pas toujours la valeur du temps…

Chiffre du haut :

Il vous indique combien il y a de … (durée que vous avez trouvé au chiffre du bas) par mesure.

 

 

Quelques exemples :

Exemple chiffre indicateur

 

Dans ce cas, le 4 du bas représentant la noire, il y a l’équivalent en durée de 4 noires dans chaque mesure de ce morceau.

 

 

 

Exemple chiffre indicateur de mesure

 

Dans ce cas, le 4 du bas représentant la noire, il y a l’équivalent en durée de trois noires dans chaque mesure de ce morceau.

 

 

 

Mesure à 6-8

 

Dans ce cas, le 8 du bas représentant la croche, il y a l’équivalent en durée de six croches dans chaque mesure de ce morceau.

Dans ce cas précis ou le chiffre huit se trouve en bas, vous êtes dans la plupart des cas en ternaire et donc il faudra diviser le chiffre du haut par trois pour trouver le nombre de temps (article à venir). Donc ici vous aurez deux temps par mesures…

 

Je sais c’est pas évident ! Courage ! Sourire

Mais concrètement sur le papier c’est quoi une mesure ? c’est tout l’espace que l’on trouve entre les barres qui traversent verticalement les portées à espace régulier. Ces barres s’appellent logiquement les barres de mesure. Dans l’exemple ci-dessous, nous avons donc 8 mesures.

 

Barres de mesure

Les barres de mesure :

Les barres de mesure permettent plusieurs choses :

  • Visualiser d’un coup d’œil où se positionnent les temps forts d’un morceau, car ce sont tous les premiers temps qui suivent une barre de mesure.
  • Poser un cadre, une structure de lecture afin de la faciliter.
  • Quand on est à plusieurs sur des partitions différentes, d’indiquer plus facilement un endroit précis où reprendre lors de répétitions. En effet, on peut dire par exemple “on reprend à la mesure 6”, et tout le monde peut reprendre sans crainte de cacophonie.

Les rythmes eux-même :

La hampe :

C’est le trait vertical qui part de la tête de note vers le haut pour toutes les notes situées dans la partie basse de la porté ou vers le bas pour toutes les notes vers le haut. Ceci dans un esprit d’optimisation de l’espace entre les différentes portées afin de pouvoir en mettre un maximum par page.

Les hampes

Vous remarquerez que la note sur la ligne du milieu peut posséder une hampe vers haut ou le bas. Ce n’est pas une règle absolue cependant et d’autres éléments rentrent en ligne de compte.

Ces hampes donc permettent d’indiquer le rythme en y accrochant le crochet ou la ligature (voir ce mot plus bas) des différents types de croches.

Croches et hampes

Dans le cas de la blanche, c’est uniquement la tête de note qui la différencie de la noire. Voir la dernière note de l’image ci-dessous.

Hampes et ligatures

 

Une rondeRemarque : L’unique cas dans lequel une tête de notes est sans hampe est celui de la ronde.

 

 

 

 

Différents niveaux de valeurs rythmiques

les ligatures :

Cet élément est extrêmement pratique. Il apparait à partir des croches dans le tableau des valeurs ci-dessus. Une croche seule possède un crochet, mais dès qu’elles sont deux ou plus, ce crochet devient ligature. Il permet de :

  • repérer d’un seul coup d’œil toutes les croches (ou doubles ou triples croches) comprises dans un temps, et par là même de repérer ce temps. Dans l’image ci-dessous par exemple, on peut repérer trois groupes, donc certainement trois temps. Mais ce n’est pas toujours le cas, nous le verrons.
  • d’avoir un indice pour savoir si le morceau est en binaire ou en ternaire. Nous verrons cela dans un prochain article.

Ce sont donc les traits horizontaux et épais qui regroupent les hampes des croches entre elles, et par temps. Elles indiquent le degré de multiplication de la vitesse par rapport à la noire.

Les ligatures

  • Les croches ont donc toujours une ligature accrochée à leur hampe
  • Les doubles croches deux ligatures accrochée à leur hampe
  • Les triples croches trois ligatures accrochée à leur hampe
  • etc…

Dans l’exemple ci-dessus, les quatre premières notes sont donc des doubles croches, la suivante une croche (pointée mais je parlerai de cela plus bas), la suivante une double croche et les deux dernières des croches.

Attention ! la ligature est remplacée par un crochet lorsqu’une croche est seule dans le temps, quand elle est par exemple précédée ou suivie d’un silence !

Le crochet d'une croche

 

Les points, mais pas n’importe lesquels :

Un point situé à droite d’une tête de note est un indicateur rythmique. Il permet de prolonger la valeur rythmique d’une note. En effet, notre écriture musicale comporte un inconvénient. Avez-vous remarqué dans la pyramide des rythmes ci-dessus que lorsque qu’on passe d’une ronde à une blanche, puis d’une blanche à une noire etc… on double la vitesse ? Donc on passe de la vitesse 1 à 2 fois plus vite. Oui mais alors comment fait-on pour écrire quand on veut passer à 1 fois et demi plus rapide seulement ?

Et bien c’est là qu’intervient le point. Il prolonge la durée d’une moitié.

Une noire par exemple que l’on voudrait plus longue, pas autant qu’une blanche mais à “mi-chemin”, est une noire pointée.

Le point de prolongation

Attention, ils ne sont pas à confondre avec le point au dessus ou en dessous de la tête de note. Ce point là est une indication de ponctuation. Il indique que l’on doit couper la résonnance du son immédiatement après son attaque. C’est le piqué ou staccato !

 

Et bien voilà ! Bravo d’avoir lu jusque là ! Vous êtes prêt maintenant à lire les rythmes comme un champion. Si cet article vous a plu, je vous serais très reconnaissante de le partagez autour de vous.

Des exercices pour améliorer la coordination des mains au piano.

Problème de coordination au piano

 

 

Voici ma réponse à la question d’Henri posée ici, en vidéo. Pour des informations plus poussées sur le sujet, lisez aussi mon article sur la coordination et comment l’améliorer. Vous pouvez vous aussi me poser vos questions dans le champs des commentaires en dessous de cette page.

Vous pouvez vous aussi me poser vos questions dans le champs des commentaires en dessous de cette page.

 

Transcription texte de la vidéo :

 

Des exercices pour améliorer la coordination des mains au piano.

 

Bonjour et bienvenue sur le blog www.apprendre-a-jouer-du-piano.com.

 

Alors comme promis, je réponds à la première question qui m’a été posée en-dessous de la vidéo que vous pouvez aller retrouver sur ce lien http://apprendre-a-jouer-du-piano.com/posez-moi-vos-questions-ici/,  si vous avez vous-même des questions.

 

C’est une question d’Henri :

« Ma question est au sujet de la coordination des deux mains. J’ai essayé mais pas moyen. Le cerveau fait des nœuds et les doigts s’emmêlent. Y a-t-il des exercices simples pour y arriver ? »

« Pourquoi cette question dès la première question ! C’est le piano ça. C’est justement le problème. »

 

Non plus sérieusement Henri merci beaucoup d’avoir posé cette question.

Je vais tenter d’y répondre bien sûr, je suis là pour ça.

J’ai un article qui a été écrit, sur ce sujet, que j’ai essayé de faire le plus complet possible. Vous pouvez aller le visiter ici http://apprendre-a-jouer-du-piano.com/comment-ameliorer-lindependance-et-la-coordination-des-mains/.

 

Maintenant c’est une question difficile à répondre, parce que je ne sais pas bien à quel niveau vous êtes Henri. Je vais supposer que vous êtes plutôt dans les débutants. Mais c’est vrai qu’il y a plein d’exercices possibles en fonction de votre niveau.

Donc je vais supposer que vous êtes plutôt dans les premières années, entre 1 à 3 ans de piano.

« Écoutez Henri. C’est pas compliqué, il suffit de travailler mains séparées. Voyons ! Je vous l’ai dit mille fois ! »

 

Non. C’est plus complexe que ça. Et c’est plus nuancé que ça.

  • Alors il faut travailler mains séparées. Mais moi je vais plutôt employer, le plus souvent possible, le terme de mains alternées.

C’est-à-dire qu’il faut alterner très très souvent les deux mains.

Il ne faut absolument pas, mais absolument pas, que vous restiez une semaine sur la main gauche et une semaine sur la main droite. Ou alors, pas tout le morceau la main gauche, ou tout le morceau la main droite. Ça non plus ce n’est pas utile, ça va vous faire perdre un temps monstrueux.

Donc ce qu’il faut faire c’est alterner régulièrement les mains.

Il y a plusieurs raisons pour cela :

  • Pour que la mélodie et ce que vous entendez restent dans votre mémoire immédiate au niveau de l’oreille et au niveau du geste. Ça c’est une première chose.
  • Ensuite il ne faut pas fatiguer les mains. Et c’est vrai que si on reste longtemps sur une main, il y en a une qui va se refroidir et l’autre qui ne va pas se reposer.

 

Ensuite, une petite remarque pour les débutants.

Vous pouvez effectivement alterner les mains et faire juste par petits morceaux comme je l’ai dit dans un autre article. Par petits morceaux, par mesure, ou par deux mesures, sur tout le morceau. Vous pouvez alterner les mains un peu sur tout le morceau.

 

En revanche, pour vous qui êtes un petit peu plus avancé.

Même à partir de la deuxième ou troisième année, il va falloir se concentrer uniquement sur les passages qui sont plus difficiles, les passages que vous avez du mal à faire. Sinon ce n’est pas très utile de séparer les mains.

Il vaut mieux que vous vous entrainiez à les faire mains ensembles. Parce que c’est une des difficultés du piano. Donc c’est ça.  Il y a un moment où il faut s’y coller.

Donc ça c’est une méthode générale on va dire.

 

Maintenant plus spécifiquement.

  • Si vous avez plusieurs voix.

Vous savez, quand vous avez par exemple la main gauche qui fait une petite mélodie et la main droite qui fait une autre petite mélodie et ça s’entremêle.

Là il y a plein de façons de travailler, mais ce qui me vient là :

  • C’est chanter une des deux voix par exemple pendant que vous jouez l’autre.
  • Ou alors vous jouez tout et vous chantez une des voix.
  • Et puis après, vous changez de voix pour prendre d’une autre. Vous dites le nom des notes et vous essayez de le chanter.
  • Si c’est difficile pour vous de chanter, vous dites juste le nom des notes. Et en rythme bien sûr.

 

  • S’il y a plusieurs rythmes.

La difficulté c’est souvent parce qu’on a une main qui fait un rythme et une autre main qui fait un rythme. Après il y a plein d’autres cas de figure mais j’en parlerai dans d’autres vidéos.

  • À ce moment-là vous pouvez faire ce que l’on appelle de la polyrythmie.
  • Vous faites sur vos genoux.
  • Puis vous pouvez le faire sur le couvercle avec vos doigts. C’est-à-dire que là vous ne serez pas gêné par le son et vous serez beaucoup plus attentif à la sensation que vous avez de vos doigts.

 

  • Un autre cas de figure. Si vous avez une mélodie à droite, et que vous avez à la main gauche un accompagnement.

Travaillez la main gauche seule, en chantant la main droite avec le nom des notes.

 

Maintenant si c’est encore difficile.

Alors là il faut bien que vous compreniez que la coordination, au plus profond, c’est une question de détente. Donc :

  • Vous pouvez faire de la sophrologie.
  • Vous pouvez faire du yoga.
  • Vous pouvez faire plein d’activités.

Parce que si vous êtes quelqu’un d’un petit peu nerveux, souvent la coordination est difficile à cause de ça.

« Je vais y arriver »

  • Il y a un autre exercice qui s’appelle le Cross Crawl. Je vous en ai déjà parlé justement dans l’autre article sur la coordination, je vais vous montrer maintenant comment on fait, en vrai, en vidéo.
  • Ensuite, vous pouvez compter tout haut les temps pendant que vous jouez. Comme si vous déclamiez les numéros sur scène.
  • Vous pouvez aussi nommer le nom des notes.
  • Vous pouvez nommer les doigtées.
  • Vous pouvez taper la pulsation d’une main et jouer l’autre main., ou le rythme d’une main et jouer l’autre main en réel sur le piano.
  • Vous pouvez aussi échanger les mains. C’est-à-dire jouer la main gauche avec la main droite, et la main droite avec la main gauche.

 

Une autre chose parfois qui débloque beaucoup.

Il ne faut pas le faire trop souvent parce que sinon ça abime les oreilles.

Vous vous mettez un casque sur les oreilles et vous mettez une musique assez forte, qui n’a rien à voir. Par exemple du RAP, du Hip-Hop, de la Zumba, ce que vous voulez, bien fort. Et vous essayez de jouer le passage en question.

Ça marche vraiment super bien pour débloquer les passages qui ne passent toujours pas après avoir travaillé.

 

Dernière petite précision.

C’est vrai qu’à partir d’un certain âge on apprend moins vite. C’est plus compliqué et on peut avoir des difficultés à ce niveau. Ce n’est pas une bonne excuse.

Le cerveau continue à évoluer même après 65 ans. Il évolue tout le temps, jusqu’au bout, jusqu’à la fin. J’ai personnellement des élèves qui ont un certain âge et ils progressent quand même. Ils sont plus lents bien sûr qu’un enfant, mais ça progresse toujours. D’accord ?

Donc il faut que vous soyez patient.

 

Voilà, j’espère que cette vidéo vous aura aidé. Maintenant c’est à vous d’agir. C’est à vous de travailler. C’est à vous d’appliquer.

 

Merci, à bientôt sur le blog !

 

Les 6 habitudes qui vous empêchent d’apprendre votre morceau rapidement

 

Durant mes années de pratique personnelle du piano et d’enseignement, j’ai repéré quelques mauvaises habitudes de travail qui reviennent tout le temps si l’on n’y prend pas garde. Les voici :

 

1-Reprendre toujours au début et jouer tout :

C’est l’erreur de travail la plus courante et la plus insidieuse. Nous tombons tous régulièrement dans le panneau. Nous avons tendance à confondre le fait de jouer et le fait de travailler.

Jouer du piano c’est : commencer à jouer à partir du début et aller jusqu’à la fin.
Travailler le piano c’est : répéter des passages dans un but précis d’amélioration.

 

Arrêtez de reprendre tout le temps votre morceau par le début ! S’il vous plaît arrêtez ça !!!! Vous perdez un temps précieux. Allez aux passages difficiles et qui sont à améliorer, allez aux endroits qui vous font peur. Pour les repérer plus facilement, vous pouvez vous enregistrer. Et dans la plupart des cas vous vous rendrez-compte en cours de route qu’ils ne sont pas aussi difficiles que vous le croyez.

Alors bien sûr, il vaut mieux « jouer » du piano que de ne pas y toucher pendant des jours et des jours. Mais à ce moment là, sachez que vous « travaillez » votre plaisir de jouer, votre endurance de jeu ou votre déchiffrage (si vous ne connaissez pas bien le morceau), ce qui sont de bonnes choses aussi, mais que vous n’améliorerez pas votre morceau. Et si vous avez une échéance comme un cours avec votre professeur, ou une prestation publique comme un examen ou une audition, vous n’avancerez pas vers cet objectif. Soyez-en conscient.

Travailler pour une prestation publique

Image Loïc Lafontaine

2-Jouer tout de suite sans prendre un temps de réflexion.

Il est très utile pour que vous soyez efficace de prendre un petit temps de réflexion avant de vous mettre à travailler au piano sur votre morceau. Posez-vous les questions suivantes par exemple :

  • Quel est le passage je dois travailler en priorité ?
  • Ai-je des nuances ou des indications de phrasé que je n’aurais pas vu ?
  • Que m’a indiqué mon professeur au dernier cours, si vous en prenez ?

Combien de fois vois-je des élèves avec la même erreur de texte, d’articulation, ou de phrasé pendant des semaines. La plupart du temps les professeurs signalent une erreur sur la partition ou un petit carnet en entourant le passage ou en mettant un signe ou une couleur particulière. Prenez donc le temps de repérer ces passages. Si la remarque n’est plus d’actualité, gommez-la. Vous avez tout à gagner que votre partition soit la plus clair et la plus propre possible.

Annotations professeur de piano

 

Combien de fois ai-je vu des partitions maculées de remarques violemment griffonnées de partout dans lesquelles on ne peut presque plus distinguer le texte musical ! Ceci dit, il est vrai que pour un professeur c’est exténuant de répéter des semaines la même chose ! Pas étonnant que certains perdent patience, surtout si vous tombez le jour ou il s’est levé du mauvais pied Confus.

 

3-Laisser la page vierge, ne pas écrire de doigtés :

Cette remarque est un peu dans la même lignée de ce que je viens de dire plus haut. Écrivez ce qui vous aide, et gommer ce dont vous n’avez plus besoin. Un élément en particulier est essentiel à écrire : le doigté. Mais pas à toutes les notes. Voici quelques endroits où il est très utiles de les indiquer :

  • Au début de chaque phrase musicale
  • Au début de chaque ligne
  • Au début de chaque page
  • À chaque changement de forme de main ou de position de bras
  • Lorsque la main est en position élargie (c’est à dire quand vous l’ouvrez et que vous avez plusieurs touches blanches entre les doigts).
  • Pensez également à recopier les doigtés lors d’une répétition à l’identique d’un passage.
  • A tout endroit où vous avez régulièrement une hésitation.
Je rappelle qu’il est important d’avoir toujours un crayon à papier et une gomme à coté de votre piano et qu’ils doivent ne servir qu’à cela… parole d’experte en perte…

 

 

4-Travailler les passages sans rajouter la note du passage suivant.

C’est à dire s’arrêter de jouer à la fin de la mesure, ou de la ligne ou de la page sans rajouter la première note de la suite. Vous serez dans l’incapacité d’enchaîner les différentes parties, et votre discours musical sera haché. Ceci va vous obliger ensuite à travailler toutes les transitions une à une. Traversez plutôt la barre de mesure, allez à la ligne suivante ou tournez la page, et jouez la ou les premières notes.

Une petite astuce toute simple si le passage travaillé se termine en fin de ligne ou de page : écrivez la note ou l’accord du passage suivant à cette fin de ligne ou fin de page (ou aux barres de reprises). Vous appliquerez plus facilement ce principe de continuité. (voir image en dessous en bas à droite)

 

Ceci va vous faire gagner un temps précieux.

 

Repère en fin de page

5-Travailler juste avant le cours suivant, au dernier moment.

Cette remarque est bien sûr pour les personnes qui prennent des cours. La plupart du temps, je sais que les élèves travaillent plutôt les jours qui précèdent le cours, voyant l’échéance arriver. Après le cours, on se dit : « il y a le temps, on verra plus tard”. C’est une erreur qui a beaucoup d’inconvénients. Mais le plus gênant est que vous ne ravivez pas immédiatement la mémoire de ce qui a été dit, donc vous allez oublier la plupart des choses qui ont été dites. Vos devez appliquer de suite les conseils qui vous ont été donnés, afin de profiter pleinement du contenu du cours quand c’est encore frais dans votre mémoire. Et vous verrez que c’est beaucoup plus facile dans ce sens au bout du compte. Si vous ne pouvez pas jouer de suite, prenez un temps rapide pour noter ce dont vous vous souvenez immédiatement, ou dans les heures qui suivent le cours. Quelques mots clés suffisent. De cette manière, vous optimiser au maximum votre investissement en temps et en argent de vos cours. Et la patience de votre prof Sourire. Tout le monde est gagnant.

La leçon de piano de Matisse

La leçon de piano de Matisse, 1917

Mais cette remarque est également valable si vous suivez des tutoriels ou des cours en lignes. Ne tardez pas à appliquer concrètement. Ne regardez pas les cours, si ce n’est pas pour appliquer ce qu’il y est demandé de faire.

 

6-Choisir des morceaux trop difficiles :

Il est courant que des amateurs (dans le sens “qui aiment”) de piano se lancent dans l’apprentissage de morceaux d’un niveau technique et/ou de lecture beaucoup trop éloigné du leur. Il est bon de se mettre parfois des chalenges en travaillant des morceaux plus difficile que votre niveau, surtout si vous l’adorez, mais dans certaines proportions raisonnables.

Vous pouvez cependant parfois vous faire plaisir et travaillez uniquement le passage, le thème que vous adorez, mais vous risquez d’être frustré si vous le faites trop souvent. Jouer un morceau d’un bout à l’autre est tellement plus satisfaisant !

Comment savoir si votre morceau est faisable pour votre niveau si vous n’avez pas de professeur ? Honnêtement, c’est compliqué… Mais si vous mettez plus de deux mois à savoir bien le jouer, il est certainement trop difficile pour vous… pour le moment.

Si vous ne savez pas quel morceau choisir, pensez à aller voir mes listes par niveau et leur vidéos sélectionnées.

 

Et voilà ! Si vous arrivez à éradiquer déjà ces 6 mauvaises façons de procéder, vous serez déjà beaucoup plus efficace ! Et vous pourrez vous féliciter, car la plupart des pianistes les utilisent pendant des années, voir toute leur vie, sans avoir même conscience qu’elles sont une perte de temps énorme !

Mais bien sûr, n’oubliez pas de vous faire plaisir aussi en rejouant d’anciens morceaux du début à la fin. Ou de déchiffrer des morceaux faciles en les téléchargeant gratuitement sur ISLMP ou en achetant des partitions faciles et attractives. Le piano c’est aussi et surtout dans le but de “jouer”. Alterner le plaisir du travail efficace et le plaisir du jeu sans “prise de tête”. Tout dépend du temps dont vous disposez. Il est certainement judicieux pour la plupart d’entre vous de réserver la détente au piano pour le weekend…

Bon piano !

André Manoukian nous parle !

C’est avec beaucoup de joie que je vous offre ce moment partagé avec André Manoukian, le dimanche 30 avril 2017, après le concert « De l’Orient à l’Occident » donné à Musicora à Paris. Avec beaucoup de simplicité et de gentillesse il m’a accordé du temps, alors qu’il était attendu par ses amis pour se restaurer… Merci à lui !

André Manoukian est un pianiste français de jazz et très polyvalent. Il est également compositeur, auteur et même acteur. Il est bien connu du grand public pour sa participation à l’émission de télévision « La nouvelle star » sur M6 puis C8 (anciennement D8), ainsi qu’à « La vie secrète des chansons« . Il a créé dernièrement le festival de jazz Cosmojazz à Chamonix. Il intervient actuellement sur France Inter dans l’émission « Les routes de la musique » sur l’histoire de la musique, tous les samedi à 17h, dans laquelle il nous donne de merveilleuses petites leçons de piano à sa manière (voir sélection en dessous de la vidéo). Il est au coté de Jean-François Zygel dans « La grande nuit du piano« .

Pour en savoir plus sur André Manoukian et apprendre de lui, je vous propose une petite sélection de ses « leçons de piano » sur France Inter :

Les notes qui s’aiment.

La grande note commune.

Le silence c’est de la musique.

L’improvisation.

L’ extase ou sortir de la gamme.

Quand les textes chantent.

Continuer la lecture

Des cours de piano en ligne de grande qualité

Le site Je joue du piano

 

J’ai la grande chance d’avoir été contactée dernièrement par Mathieu Papadiamandis, le fondateur du site jejouedupiano.com. Il m’a proposé d’avoir accès à ses cours en vidéo afin de me faire ma propre idée du contenu que l’on y trouve. Je l’en remercie chaleureusement. Après quelques semaines d’exploration, je suis donc très heureuse de pouvoir vous parler de ce site en connaissance de cause. J’avoue avoir été impressionnée par la qualité du service proposé par ce site.

 

Pour les avancés comme pour les complets débutants :

Si vous n’avez jamais touché un piano de votre vie, la série “Commencer le piano” (voir Anne-Lise Gastaldi plus bas) vous est dédiée. Une progression adaptée et pas à pas avec de très bons conseils. Les vidéos sont présentés comme un cours à un débutant. Et ça n’a rien de virtuel, puisse que l’élève est une personne réelle. Il s’appelle Simon et qu’il est très appliqué et attentif ! A vous de faire pareil !

Vous pourriez vous demander s’il s’agit réellement d’un débutant, ou s’il joue la comédie. Je peux vous affirmer que vu son comportement et les maladresses qu’il commet parfois, soit c’est un très bon comédien, soit c’est véritablement quelqu’un qui n’a jamais touché un piano. Cette série présente l’avantage que vous pouvez vous identifier à ce Simon et vous sentir moins seul…

 

Cours débutant piano

 

Mais si vous savez déjà bien manier l’instrument, ce site est une mine d’or également pour vous. En effet, de nombreux conseils sont donnés sur des techniques et des difficultés d’un niveau intermédiaire, voir très avancé. J’ai moi-même appris deux ou trois choses bien intéressantes… Je pense que tout professeur aurait intérêt à y faire un tour une fois dans sa vie ! Les œuvres du niveau avancé font partie du grand répertoire du piano.

 

Les professeurs :

Une liste impressionnante de grands nom de l’école française de piano compose l’effectif du site.

  • Marie-Joseph Jude. C’est assurément celle qui a fait au jour d’aujourd’hui le plus de vidéos. Pas moins de 150 cours au jour ou je vous parle, dont les séries “Les bases de la technique” et “La technique du piano”, où elle prend une par une les difficultés techniques du piano, des bases jusqu’à la virtuosité. Mais des œuvres précises sont également dans ses programmes, comme par exemple Espana op.165 n°1 d’Albeniz, des inventions de Bach ou l’étude op.25 n’’°1 de Chopin.
  • Jean-Marc Luisada. Une trentaine de cours sur des œuvres telle que La lettre à Elise ou la Sonate au Clair de Lune de Beethoven et La marche turque de Mozart. Une série de vidéos présentant des exercices techniques également.
  • Anne-lise Gastaldi s’occupe tout particulièrement entre autre des débutants au piano et passe en revue toutes les bases dans une série appelée “Commencer le piano”.
  • Jacques Rouvier. Une quarantaine de cours sur des œuvres du grand répertoire comme par exemple Pavane pour une infante défunte ou Jeux d’eau de Ravel, Clair de Lune de Debussy ou la Gymnopédie n°1 de Satie.
  • Laurent Cabasso. Une vingtaine de cours sur des œuvres comme par exemple le concerto n°13 K.415 de Mozart, et Voiles (prélude du premier livre) de Debussy.
  • Bruno Rigutto. Des œuvres de répertoire comme Capricho Catalan d’Albeniz, la Valse en la mineur B.150 de Chopin ou L’étude op.2 n°1 de Scriabine. On pourra aussi trouver ici deux œuvres de musique de chambre !
  • François Chaplin, mon dernier professeur de piano au CRR de Versailles, et qui m’a beaucoup appris. Ses cours sont d’une grande finesse. Quelques jolies découvertes comme Esquisse op.63 n°1 d’Alkan ou To the moon de Macdowel.
  • Michel Beroff. Le célèbre pianiste français nous offre quelques œuvres du grand répertoire, essentiellement des préludes de Debussy, comme par exemple Brouillards ou Les fées sont d’exquises danseuses.

Professeur jejouedupiano

 

Des facilités :

Trois possibilité de choisir son cours.

  • Par professeur, si l’un d’entre eux vous intéresse tout particulièrement.
  • Par titre d’œuvre, afin de trouver celle que vous voulez absolument jouer.
  • Par niveau de difficulté. Il est difficile pour beaucoup d’autodidactes de savoir choisir un morceau adapté à leur niveau. Toutes les œuvres sont pour cela classées dans quatre catégories : débutant, intermédiaire et avancé. Et dans la liste des œuvres, le niveau de difficulté est indiqué encore plus précisément par un indice allant de 1 à 10. Si le titre ne vous dit rien, chaque morceau peut s’écouter directement de la liste par simple clic. C’est pas beau ça ?
  • Par compositeur, si vous en avez un fétiche !

Beaucoup de choses ont été pensée pour facilité la tache à l’élève. Dans la plupart des cours, vous pouvez télécharger la partition en PDF et l’imprimer chez vous. Vous avez également parfois un autre fichier avec des doigtés ajoutés par le professeur, ce qui vous permet d’avoir la possibilité de les essayer et de les recopier sur votre partition s’ils vous conviennent.

Petit rappel au sujet des doigtés : essayez toujours les doigtés proposés et travaillez-les quelques temps avant de les rejeter. Il n’est pas rare qu’ils paraissent farfelus au début, mais finalement bien utiles après les avoir pratiqué un peu. Certains doigtés sont des formules réutilisables dans bien des morceaux et pratiquées par de nombreux pianistes professionnels. Faites leur confiance, car ils savent ce qu’ils font. Ce sont de petits bijoux d’ingéniosité et de savoir faire. On peut les réutiliser dans différents cas de figure. Ce sont des “tours de main” qu’il faudra de toute façon mettre dans votre bagage pianistique… Alors essayez-les plusieurs jours ! Vous déciderez seulement ensuite s’il vous conviennent ou non.

 

jejouedupiano

 

Un retour sur son travail :

On pourrait croire, puisse qu’il s’agit de cours en ligne, qu’il n’y a aucune possibilité de savoir si ce que l’on fait est bon. Et bien Mathieu Papadiamandis à pensé également à cela. Il propose de se filmer et de poster la vidéo sur le site partenaire parlonspiano.com.

Ce site est d’ailleurs un excellent moyen de se sentir moins isolé dans sa pratique. Vous y trouverez :

  • Des forums.
  • Des petites annonces pour l’achat/vente d’un piano ou des cours de piano.
  • Des lieux pour pouvoir jouer du piano un peu partout en France.
  • Des liens vers une sélection de blogs.
  • Des news sur le piano.
  • Des partitions libres de droit et donc en téléchargement libre.

Mais revenons à ce qui nous intéresse ici. Vous pouvez donc vous filmer au piano et envoyer la vidéo sur le forum dédié aux abonnés de jejouedupiano.com. Vous recevrez le feed-back dans les jours qui suivent d’un membre du site, très détaillé et personnalisé cette fois-ci.

Envoyer vos vidéos

Mais je vous entends déjà dire : “oui mais moi je ne sais pas comment me filmer et envoyer ça sur internet” ou alors “j’ai peur de me retrouver sur internet”. Sachez que vous êtes guidés dans toutes les étapes techniques par l’aide prévue pour cela et que le site n’est accessible qu’aux abonnés. Il faut montrer patte blanche avant d’y rentrer et de nombreux modérateurs surveillent en permanence ce qui s’y dit !!

Bref ! vous ne serez pas seul dans votre apprentissage et croyez-moi, c’est particulièrement indispensable sur ce chemin semé d’embuches et de déserts arides que représente l’apprentissage du piano.

 

Les tarifs :

A ce niveau là, l’offre est tout à fait raisonnable !

 

L’abonnement mensuel est de 24 à 29€/mois

L’abonnement pour 6 mois à 145€

L’abonnement annuel de 199€ pour la première année, avec une tablette offerte.

Pour vous donner un élément de comparaison, un cours privé avec un professeur qualifié oscille entre 30€ et 50€. En général on prend des cours une fois par semaine, soit à peu près une trentaine de cours l’année (si on ne compte pas les vacances scolaires). Ce qui revient entre 900€ et 1500€.

Cela vous permet donc d’avoir accès à de très grands professeurs de piano, pour un prix tout à fait modeste par rapport à ce que vous paieriez en présentiel.

 

Les petits plus :

Mais jejouedupiano.com ne propose pas uniquement des cours de piano. On peut également y trouver des cours sur…

  • Des œuvres de musique de chambre où le piano tient une place importante, comme le quintette op.81 de Dvorák, ou la sonate pour piano et violon de César Franck.
  • Des quatre-mains également comme La Poupée de Georges Bizet. Vous avez accès dans ce cas à l’accompagnement pour pouvoir vous entraîner en condition réelle.
  • Et si vous débutez et que vous vous rendez compte que vous avez vraiment besoin de travailler le solfège (sachez que ce mot n’est plus employé dans les écoles de musique, on emploie plutôt celui de Formation Musicale, dans le soucis d’élargir la pédagogie à quelque chose de plus global que la simple lecture de note et de rythme), vous avez aussi la possibilité d’accéder à des cours en vidéo. Ce format rend l’apprentissage beaucoup plus facile et agréable à suivre. Des quizz vous permettrons de tester vos connaissances après chaque cours.

cours de solfège

Mais ce n’est pas tout !

  • Pour certains cours, la partition est offerte. Partition intégrale, et extrait de partitions annotées qui résument le cours. Vous avez également accès à un fichier MIDI.
  • Le Mag du piano : Des interviews, entretiens et vidéos de grands pianistes, des documents et archives sur le piano et les pianistes et des conseils pour acheter et entretenir son piano.

 

 

Mais on ne peut pas apprendre le piano par internet !…

C’est vrai ! Vous ne pourrez pas complètement apprendre le piano sur un site internet. Et je vous recommande fortement, dès que vous en ressentirez le besoin et que vous en aurez les ressources temporelles et financières, de chercher un professeur de piano près de chez vous afin d’avoir un retour personnalisé et un rendez-vous régulier qui vous challenge.

Cependant, vous aurez à ce moment là accumulé déjà beaucoup de connaissances et énormément dégrossi le terrain de votre apprentissage ! Vous aurez acquis des habitudes de travail qui permettra à votre professeur de se concentrer sur l’essentiel : la musique. Je pense qu’internet est un excellent moyen de faire passer les connaissances en faisant gagner beaucoup de temps (et donc de l’argent) dans les cours en présentiel. Vous pouvez écouter, réécouter autant de fois que vous le souhaitez les cours sans déranger personne, ce qui fait gagner du temps et de l’effort au professeur, et vous n’avez pas la pression vous-même de comprendre et d’intégrer rapidement ce qui est dit sous peine de payer encore plus de cours. Pour moi, tout le monde y gagne…

 

Pour terminer, voici un résumé des avantages et inconvénients de l’enseignement du piano sur ce site :

Avantages :

  • Possibilité de suivre les cours à votre rythme et à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Liberté totale de travail.
  • Les partitions sont souvent fournies en PDF vierge, ou même doigtées par le professeur.
  • Vous pouvez écouter la plupart des œuvres et même les voir jouées pour certaines.
  • Vous pouvez suivre les cours à partir de votre Ipad, Iphone ou tablette tactile Android. Cela permet de les visionner où que l’on se trouve (à condition bien sûr d’avoir accès à internet) et même du pupitre de votre piano pour appliquer immédiatement les consignes.
  • Aucune attente particulière de la part d’un professeur. Pas de pression.
  • Accès à l’enseignement et la vision de plusieurs professeurs. Possibilité de repérer ce qui est commun entre tous et ce qui diffère. Permet de voir ce qui est relatif aux personnes et ce qui est en revanche commun à tous, donc indispensable.

Inconvénients :

  • Vous n’avez aucune contrainte temporelle pour arriver à un résultat. Et tout le monde sait qu’il y a dans ce cas une fort risque de procrastination et de non application des conseils. Le cours régulier à une heure précise et fixée chaque semaine est un moyen de vous motiver à avancer malgré vos baisses de régime.
  • Vous risquez parfois de faire des erreurs de compréhension et de partir dans une mauvaise direction. Rien ne pourra remplacer la qualité d’une présence humaine d’un professionnel à vos cotés…

 

J’espère que cet article vous aura intéressé et renseigné suffisamment sur les possibilité de ce site. N’hésitez pas à me poser des questions s’il vous en reste dans les commentaires ci-dessous.

Si vous souhaitez en savoir plus ou vous inscrire, cliquez ici ou sur l’image ci-dessous.

je-joue-du-piano

Avertissement : Par soucis de transparence, je vous informe que pour tout abonnement sur ce site en passant par les liens ci-dessus, je recevrai une commission qui n’augmentera en rien pour vous le prix d’achat des cours.

Comment enrichir ses compositions ou improvisations au piano avec les renversements d’accord.

 

Je laisse aujourd’hui la parole à Bruno qui va nous expliquer comment varier et enrichir une succession d’accords au piano. Nous écrivant de Montréal au Québec, plusieurs expressions peuvent vous sembler étranges ou maladroites, mais c’est simplement comme cela qu’on parle outre-atlantique ! Et ça fait du bien un peu de voyager pas vrai ? Par exemple, on dit “la” doigté et non le comme en France ! Rire Merci Bruno !

 

 

Transcription texte de la vidéo :

 

Bien le bonjour!

Je suis Bruno du blog ComposerSimplement et je vous souhaite la bienvenue dans cette nouvelle vidéo!

Pour Marie-Cécile et le blog Apprendre à jouer du piano, j’ai décidé de faire une vidéo invité sur les renversements d’accords.

Il n’y a pas longtemps, M-C avait commencé à parler des intervalles et des accords à 3 notes. En même temps, je lui ai proposé de faire un article sur les renversements d’accords. Et elle a accepté, d’où la raison pourquoi je fais cette vidéo!

Qu’est-ce qu’un renversement d’accord? C’est une technique qu’on utilise pour modifier les accords pour les jouer différemment pour obtenir une sonorité différente et plusieurs de variétés pour les accords.

J’ai mon piano devant moi. Je mets mes écouteurs, tourne la caméra et je vais vous montrer c’est quoi un renversement d’accord!

Pour cet exemple, je vais utiliser un accord de Do Majeur. C’est vraiment très de base. Donc, la fondamentale est Do, la tierce est Mi et la quinte est Sol. On met ça ensemble et ça donne un accord de Do Majeur. Ce que je viens de vous montrer est l’état fondamental de l’accord. Quand on fait un renversement, il y a des notes qui sont jouées un octave plus haut ou plus bas. Dans cet exemple c’est Mi-Sol-Do, la différence est que la note de Do est jouée un octave plus haut.

Dans ce deuxième exemple, la note de Do et celle de Mi seront joués un octave plus haut. Donc, ça ressemble à Sol-Do-Mi. Et voilà! L’état fondamental, le 1er renversement et le 2e renversement.

Quand vous faites des progressions d’accords, c’est bon d’utiliser cette technique parce que ça va rajouter plus de variété parce que sinon, ça va toujours jouer la même doigté et ça va être monotone. Écoutez la progression que je vais jouer. C’est C-F-C-G (Accords de Do-Fa-Do-Sol). Mais avez-vous remarqué ma doigté? Elle n’a pas bougé! La fameuse technique de patte d’ours!! Quand je vous dis que ça rend la musique monotone! Je vais appliquer les renversements d’accords ici, mais sans trop bouger ma main. Et voilà! Quand vous faites des renversements dans vos progressions, ça rajoute plus de variété!

C’était ce que j’avais à vous présenter et oui, ça l’a été assez court! C’est sûr que M-C vous a montré les accords à 3 notes et les intervalles, c’est plus familier pour que je vous parle des renversements, surtout quand vous composez votre musique au piano! Mais ça peut s’appliquer dans d’autres instruments, comme la guitare par exemple, mais j’ai montré ça au piano parce que bon « Apprendre à jouer du piano »!! Aussi, parce que je trouve ça plus simple pour vous repérer au niveau des intervalles. C’est sûr que j’ai parlé seulement des accords à 3 notes, mais il existe aussi des renversements pour les accords à 4 et à 5 notes. Ça devient beaucoup plus complexe, mais en même temps, ça varie plus avec plus de couleur, mais malheureusement, mon but est de rester le plus simple possible et c’est pour ça que les accords à 3 notes sont toujours gagnants!

Donc, j’espère que vous avez aimé cette vidéo! Écrivez-moi vos commentaires en dessous. Je suis curieux de vous entendre sur les renversements d’accords. Est-ce quelque chose que vous utilisez beaucoup? Est-ce que vous composez votre musique avec ça? Écrivez-moi vos commentaires et ça va me faire plaisir d’y répondre.

Donc, c’était la vidéo « Les Renversements d’accords ». Je suis Bruno du blog ComposerSimplement et je vous dis portez-vous bien!

Posez-moi vos questions ici

Je vous propose de me posez sur le blog toutes vos questions en rapport avec la pratique du piano en dessous de cette vidéo.

Descendez en-dessous du formulaire pour poster vos questions en commentaire.

 

Transcription texte de la vidéo :

 

Bonjour, c’est Marie-Cécile !

 

Je voulais vous proposer une nouvelle façon de faire des vidéos.

Des vidéos un petit peu plus courtes que ce que j’ai fait jusqu’à présent, mais surtout des vidéos qui vous sont adressées en réponses à des questions que vous vous poseriez.

Donc ça va être à vous de travailler.

Vous allez pouvoir écrire vos questions en dessous de cette vidéo. Pas n’importe où, vraiment en dessous de cette vidéo, sur le blog. Je sélectionnerai une question par semaine et j’y répondrai en vidéo.

 

Tous les sujets sont abordables. Que ce soit :

  • Un problème ou une question sur le rythme.
  • Une question sur les notes, la lecture de notes.
  • La théorie.
  • Les problèmes techniques en général.
  • Les difficultés d’organisation, pour trouver du temps pour jouer du piano.

Tout ce qui vous empêche au quotidien dans votre pratique.

 

Surtout n’hésitez pas. Il n’y a pas de questions idiotes. Évidemment tant que ça a un rapport avec le piano, avec le sujet du blog. Il n’y a pas de questions idiotes.

Je sélectionnerai les questions qui pourraient servir aux plus grands nombres et j’y répondrai par des vidéos assez courtes, de 2 ou 3 minutes, une fois par semaine ou peut-être un petit peu plus souvent en fonction de l’envie, de l’inspiration.

 

Foncez maintenant, c’est à vous de travailler.

À vos clics, à vos petits claviers et c’est parti pour les questions !

 

Au revoir.

Un exercice de base essentiel pour préparer le rythme

Voici un exercice que je fais souvent faire dans mes propres cours de piano. Il fait travailler le passage d’une pulsation donnée à son double de vitesse, puis à son triple. C’est LA difficulté fondamentale de tout travail sur le rythme : changer de niveau de valeur rythmique de manière précise (comme passer d’un étage à un autre sur le tableau ci-dessous).

Les valeurs ryhtmiques

Les différents niveaux de valeurs rythmiques

Vous pouvez écouter en cliquant sur le bouton Play en haut à gauche, ou télécharger le MP3 en cliquant sur ce lien.

 

Voici la transcription texte du podcast :

 

Bonjour, c’est Marie-Cécile, du blog Apprendre à jouer du piano.

 

Je voulais vous enregistrer aujourd’hui le premier podcast consacré au rythme.

Je pense que je ferais souvent ce format pour le rythme, car c’est le format à mon avis idéal. Vous n’êtes pas encombré par l’image et vous pouvez vous concentrer sur ce que vous écoutez.

 

Ce premier exercice est un petit exercice que j’ai souvent donné quand je donnais des cours de formation musicale, qui est un exercice à faire sans partition, uniquement avec le métronome.

 

Donc vous prenez votre métronome, vous le réglez sur 50. Ce qui donne cette vitesse-là :

1—1—1—1—1

Vous augmentez le son pour pouvoir être bien dans l’écoute.

 

Comme à chaque fois qu’on travaille avec le métronome, moi ce que je vous conseille c’est de ne pas le regarder. Mais plutôt le mettre à côté de vous, ou derrière vous, ou avec votre main vous le mettez derrière votre tête. En tout cas, ne le regardez pas.

Parce que sinon vous risquez d’avoir envie de l’attendre. Il ne faut pas que vous cherchiez à attendre le métronome, sinon c’est vite insupportable et ce n’est pas le but.

Ce qu’il faut c’est que vous rentriez dans le même rythme que lui.

 

Un métronome ça s’accompagne.

C’est comme si vous essayez de prendre un train en marche qui ne va pas trop vite bien sûr, vous commencez à courir à côté de lui. Vous essayez déjà de vous mettre à la même vitesse de lui. Et après vous allez vous accrocher dessus.

Le métronome c’est pareil. D’abord vous allez l’écouter. Et puis vous allez essayer vous-même de frapper une pulsation ou de compter une pulsation à la même vitesse, en tout cas de faire un mouvement physique à la même vitesse que lui.

Tant que vous n’êtes pas capable vous-même d’être un métronome à l’intérieur et d’être à la même vitesse que le métronome extérieur, c’est même pas la peine de commencer quoi que ce soit comme autre exercice.

 

Voilà pourquoi souvent on conseille de compter, avant de partir, 2 temps, ou 4 temps.

Ce qui finalement correspond à une mesure entière.

On vous demande de compter 2 à 3 mesures :

  • Avant de partir dans un morceau
  • Avant de déchiffrer
  • Avant de faire un exercice
  • Avant de lire la lecture de notes

Il est bon de compter un certain nombre de pulsation avant de partir. Comme ça vous vous mettez vraiment dans le même rythme que le métronome lui-même ou que la pulsation qui est demandée.

Voilà donc ça c’était une petite introduction.

 

Pour cet exercice que je voudrais vous faire faire, vous mettez votre métronome à 50.

Vous l’écoutez bien. Vous rentrez dans le même rythme que lui. Au besoin vous balancez un peu à la même vitesse.

Ce qu’il faut bien comprendre c’est que votre corps fasse un geste en même temps que le métronome pour que vous rentriez physiquement dans le rythme.

 

  • Maintenant je commence l’exercice. Vous allez dire 1 en même temps que lui.

1—1—1—1—1—1—1

 

  • Après, ce qu’il va falloir faire, c’est découper cette pulsation que vous donne le métronome. Ce tempo que vous donne le métronome. Vous allez le découper en deux. Vous allez créer un débit, une pulsation 2 fois plus rapide. Vous allez donc compter 1–2 dans chaque pulsation.

Mais attention, ne regroupez pas le 1–2 au début de chaque pulsation. Parce qu’il faut que l’on arrive à quelque chose d’aussi régulier qu’un métronome lui-même.

Ça donne donc ceci. Vous rentrez dans le rythme. Vous vous balancez. Ou avec votre pied vous tapez. Ou vous tapez dans vos mains.

1–2–1–2–1–2–1–2–1–2–1–2–1–2

Vous voyez, je suis régulière.

 

Évitez de faire 1-2—1-2—1-2—1-2. Ou alors 1—2-1—1—2-1—2-1.

Vous entendez, je ne suis pas régulière dans ce que je compte.

Donc c’est vraiment 1–2–1–2–1–2–1–2–1–2.

Là vous venez de passer à un débit, ou à une pulsation 2 fois plus rapide.

Ça va vous aider par exemple à trouver la vitesse des croches si votre pulsation est la noire.

 

  • La suite de l’exercice c’est de diviser maintenant la pulsation en 3.

Donc même principe, vous allez compter 1-2-3 dedans. Mais sans regrouper. En faisant quelque chose de régulier.

1-2-3-1-2-3-1-2-3-1-2-3-1-2-3-1-2-3-1-2-3.

 

Vous voyez, vous entendez, je ne dis pas 1-2-3—1-2-3—1-2-3—1-2-3—1-2-3—1-2-3.

 

Faites-le en même temps que moi.

On va recommencer. 1—2

1-2-3-1-2-3-1-2-3-1-2-3-1-2-3.

 

Rentrez vraiment dans ce 3.

Quand vous êtes à l’aise avec les deux, c’est-à-dire le fait de diviser le temps par 2 ou diviser le temps par 3, vous allez essayer de faire l’un et puis l’autre à la suite.

Si c’est la première fois que vous écoutez cet exercice, coupez ici, ce n’est pas la peine d’aller plus loin. Mais vous allez revenir plus tard et là vous le ferez en même temps que moi.

 

  • Maintenant que vous avez bien travailler le fait de diviser votre temps par 2 ou par 3, c’est parti pour mixer les deux. 1—2—3—4

1–2–1–2–1–2–1-2-3-1-2-3-1-2-3-1-2-3-1-2-3-1–2–1–2–1–2–1–2–1–2-1-2-3-1-2-3-1-2-3-1-2-3.

 

Donc ça c’est un exercice que je donne souvent parce que c’est vraiment la base du rythme, d’être capable de diviser une pulsation par deux ou par trois.

  • Si vous êtes capable de diviser par deux, vous pouvez diviser par quatre ou par huit.
  • Si vous êtes capable de diviser par trois, vous êtes capable de diviser par six également.
  • Donc vous êtes capable de faire du ternaire, du binaire. Si vous connaissez ces mots vous voyez ce que je veux dire. Sinon ce n’est pas grave oubliez tout de suite ce que je viens de dire.

 

Voilà, faites régulièrement cet exercice et on en reparlera quand on parlera des rythmes de croches, triolets, quatre doubles, tous ces rythmes qu’il va falloir que vous appreniez.

Je vous souhaite une bonne après-midi, une bonne soirée, selon où vous en êtes et je vous dis à bientôt sur le blog http://apprendre-a-jouer-du-piano.com.

Au revoir.

 

Enseigner le piano aujourd’hui

 

Enseigner le piano aujourd'hui

Un livre de Stéphane Gendron, aux éditions Delatour France.

 

Ce livre est le témoignage d’un professeur de piano dans une école de musique. Une sorte d’état des lieux de l’enseignement tel qu’il est pratiqué dans ce type de structures, un guide pour les parents, des propositions et pistes pour les enseignants, des explications franches et claires pour les élus et tous les acteurs plus ou moins proches de la pédagogie musicale en France.

L’auteur fait preuve dans ce livre d’un grand esprit d’ouverture, une volonté de décloisonner l’enseignement musical, avec même quelques pointes d’humour. J’ai souris et même rit plusieurs fois au cours de sa lecture.

La bibliographie de l’auteur révèle qu’il ne s’est pas intéressé qu’à la musique et à son enseignement. Voilà qui me plaît particulièrement ! Comment peut-on être créatif et dispenser un enseignement riche et ouvert, sans avoir été sensibilisés à d’autres aspects du monde moderne dans lequel nous vivons ainsi qu’à ses racines ? De nombreux grands musiciens et pédagogues on eux-même souvent revendiqué leurs besoins élargir leur champ d’horizon sur d’autres intérêts.

On ressent dans ce livre que monsieur Stéphane Gendron a le souci d’intégrer l’enseignement musical dans le monde d’aujourd’hui, sans sacrifier la qualité. Son titre le démontre. Il est pour moi indispensable d’avoir cette démarche à l’heure actuelle, si nous ne voulons pas scier la branche sur laquelle nous sommes assis et tuer dans l’œuf la musique comme source d’ouverture et de joie pour les futurs générations. Nous ne savons ce que le monde sera dans 20 ans, mais il est certain qu’il aura énormément changé. À nous de nous adapter, et vite ! Cessons d’avoir des regrets, tournons-nous vers l’avenir, car il nous réserve certainement de bien belles surprises.

Les chapitres un à cinq sont ceux qu’il considèrent comme présentant les fondamentaux. Le chapitre six est consacré aux conditions du face-à-face du cours de piano. Les chapitres sept à dix sont ce qu’il considère comme les principes secondaires.

Dans le résumé qui suit, mes propres remarques sont en italique.

1- piano d’hier et d’aujourd’hui :

Ce premier chapitre est une présentation globale du piano en tant qu’instrument. On y retrouve son histoire depuis ses origines au temps des clavicordes. Plusieurs aspects y sont développés, comme la difficulté de le classer au sein de seule et unique famille d’instrument. Il apparaît tour à tour dans la famille des cordes, des percussions et des claviers. On pourrait donc résumer en disant qu’il s’agit d’un instrument à cordes frappées actionné par un clavier. Ce classement a d’ailleurs souvent été controversé au fil des époques et en fonction des pianistes ou compositeurs, le mécanisme étant caché et comportant des éléments appartenant à ces trois familles.

L’histoire est également raconté sous l’angle de son image sociale au fil des siècles. Il est expliqué en finesse ce qui le rend si attrayant et soit disant d’abord “facile”. L’image du piano au cours des siècles d’évolution de notre société. Suis une petite histoire de sa popularité du début du 19ème jusqu’à aujourd’hui. Et bien sûr, Stéphane Gendron se devait de terminer ce tour d’horizon de l’instrument par l’avènement des pianos numériques. Il pèse le pour et le contre d’un choix préférant le numérique à l’acoustique, les avantages et les inconvénients pour les débutants sur le plan financier à plus ou moins long terme, mais surtout pour un apprentissage de qualité.

 

2- Les motivations :

D’où vient le désir, la motivation d’apprendre le piano ? Plusieurs aspects rentrent bien sûr en ligne de compte, comme les conditions de la découverte de cet instrument, les dimensions psychologiques d’une attirance, le contexte familial. Il est rappelé que sans instrument, la motivation retombe très vite. La diversité des contextes (films, concerts, copains…) dans lesquels on peut rencontrer l’instrument est primordiale. L’identification à un camarade jouant de cet instrument est souvent source de désir à un âge où la personnalité se construit à travers l’entourage. Les parents, qu’ils l’admettent ou non, consciemment ou inconsciemment, sont de toute façon déterminants dans ce choix. Il peut même arriver que l’appel de la musique saute des générations. Certaines personnes donnent également à la musique des vertus apaisantes et quasiment thérapeutique. Et enfin, la dimension de dépassement, d’accomplissement et de défi chez l’adulte débutant est courante, avec la sensation de prendre sa vie en main et le besoin de renouveau de la maturité.

 

3-Le répertoire et l’écoute :

Il est rappelé dans ce chapitre, l’immensité du répertoire du piano. L’avènement d’Internet donne accès direct à cette abondance au travers de vidéos et de sites de partitions, avec son lot d’avantages et d’inconvénients. Il est exposé ce que cela change dans le rapport à l’œuvre chez les élèves, et comment nous pouvons le guider. Le fait de pouvoir voir et revoir autant de fois que l’on veut des interprétations peut faire croire qu’il suffit de reproduire des gestes pour jouer, oubliant complètement l’aspect d’analyse et de réflexion. Il est ensuite expliqué les limites de la transmission orale (virtuelle ou réelle) dans l’apprentissage de la musique dite savante (ou complexe) et qui utilise le support écrit.

Je vois effectivement de mon côté beaucoup de personnes persuadées, ayant une bonne mémoire visuelle de pouvoir apprendre des pièces du grand répertoire comme des nocturnes de Chopin, voir La Campanella de Liszt, uniquement par tutoriel… Ils n’ont tout simplement pas la moindre idée de la complexité que peut atteindre ce type d’œuvre.

 

Il est expliqué qu’il existe deux conceptions de la musique peu compatibles :

  • La musique qui se transmet oralement, avec des possibilités de modification
  • La musique écrite, fixée sur le papier pour être jouée comme l’auteur l’a souhaité. Il s’agit ici d’un patrimoine musical.

Les conservatoires sont, comme leur nom l’indique des lieux de conservation de ce patrimoine. Ils ne se cantonnent pas cependant à la musique dite classique, puisse que le jazz (devenu très complexe également) y tient une place à part entière dans la plupart des cas.

Mais le contexte et le public des écoles de musique est très différent. Les enseignants y viennent parfois d’horizons très divers. Le répertoire qu’on y travaille peut être plus éclectique, ce qui engendre une réciprocité élève-professeur plus forte. Il est important dans ce cadre, pour Stéphane Gendron, d’accompagner les élèves dans leur choix de répertoire en respectant leur goûts musicaux, leur culture et leur sensibilité. Attention cependant de ne pas partir du principe qu’ils sont tous pareils et qu’ils ne peuvent pas s’ouvrir à un répertoire qui leur est inconnu. Tout est question d’équilibre. Nous avons la chance de disposer d’un instrument au répertoire si varié, qu’il permet énormément de parcours différents.

Il serait temps en tout cas pour l’auteur de lâcher la croyance qu’il faille obligatoirement passer par une formation “classique” pour devenir un musicien accompli.

 

4-Les méthodes la méthode :

Dans ce chapitre on trouvera une rapide histoire des méthodes d’enseignement du piano à partir du 18ème siècle. Elles reflètent souvent les idées de leur époque. Les méthodes actives, apparues au début du 20ème siècle n’échappent pas à cette remarque, reflétant la libération face à une éducation jugée trop stricte. Elles effectuent un tournant fondamental dans les manières d’enseigner. L’enfant y est encouragé à devenir plus actif.

Les plus connues sont énumérés et expliquées brièvement une par une. On y trouvera notamment :

  • La méthode Dalcroze, qui met l’accent sur la conscience du corps.
  • La pédagogie Kodaly, essentiellement vocale.
  • La méthode Orff, qui met l’accent sur le développement de l’enfant, et non son seul savoir.
  • La méthode Willems, qui travaille par imprégnation, afin d’apprendre de façon naturelle, chez l’adulte comme chez l’enfant.
  • La méthode Martenot, fondée sur le principe que tout ce passe par le corps est fortement ancrée. On y part de l’expérience corporelle, au travers d’exercices très progressif.
  • La pédagogie Marie Jaëll, fondée sur la motricité, le sensoriel et la conscience. Un grand travail sur la main et le geste (extrêmement intéressant pour les pianistes en difficultés physiques !)
  • La méthode Vivaldi, inspirée de la méthode Kodaly, et prenant comme support un répertoire traditionnel, folklorique.

 

Cet exposé est intéressant pour les professeurs de piano qui en entendent souvent parler sans véritablement avoir les ressources temporelles et financière leur permettant d’apprendre véritablement à quoi cela correspond. Libre à chacun après de se pencher plus profondément sur l’une ou l’autre. Plusieurs de ces méthodes sont toujours pratiquées et transmises par des fondations ou associations. Il s’agit ci-dessus de résumés très condensés, donc forcément incomplets. Si vous pratiquez ces méthodes, je serais ravie que vous nous en parliez plus précisément dans les commentaires ci-dessous.

Je vous encourage à aller lire des ouvrages ou rencontrer des personnes spécialisées dans ces différentes approches, qui sont toujours enrichissantes si on ne les considèrent pas comme des vérités uniques et absolues…

 

 

Pour Stéphane Gendron, il n’y a pas de “bonnes” ou “mauvaises” méthodes (manuels) en soi. Il explique piocher en fonction de l’élève dans différents ouvrages, afin d’offrir un maximum de diversité dans le répertoire, et de s’adapter à son évolution. Il faut savoir sortir de la méthode habituelle avec discernement.

Et comme avec le mot méthode, on peut aussi évoquer la façon d’enseigner, l’auteur explique ensuite son évolution et un bref condensé de ce qu’il pratique durant ses cours, en faisant la synthèse de ce qu’il a appris de différentes méthodes spécifiques énumérées plus haut.

Ce chapitre ce termine en rappelant que tout cela n’est rien sans la relation humaine qui se tisse entre l’élève et son professeur. La relation à l’instrument est complètement liée à la qualité de l’échange avec celui qui le représente, ainsi qu’à l’image qu’il donne de sa propre pratique de musicien. Il semble important de développer l’autonomie face à l’œuvre. Et l’auteur préfère partir des difficultés du morceau pour travailler la technique.

 

5-Le langage est l’écriture de la musique :

Il y est exposé la difficulté de la notation musicale, les questions que cela soulèvent parfois et les difficultés rencontrés souvent chez les élèves. Les signes, les symboles, les mots en langues étrangères ou éloignés du sens familiers sont autant d’écueils sur lesquels les apprentis pianistes peuvent buter ou même faire perdurer longtemps un incompréhension.

Beaucoup de choses très intéressantes dans ce chapitre, sur l’histoire de la notation. Il m’est arrivé de tomber sur des petites perles que je ne connaissais pas encore ! Merci à l’auteur de n’être pas parti du principe que nous connaissions forcément tout.

Ce chapitre fini par quelques perles d’élèves qu’un professeur peut entendre parfois.

 

L’auteur avait noté sur des petits carnets tout long de sa vie d’enseignant un certain nombre de perles d’élèves. Il en retranscrit quelques unes tout au long du livre et certaines sont particulièrement savoureuses et résonnent familièrement à l’oreille du professeur de piano que je suis. J’avoue me sentir moins seul ! Sourire

 

 

6-Cours particuliers et pratiques collectives :

Vient ensuite un état des lieux et un guide de ce qui se pratique comme type de cours dans les écoles de musique et conservatoire. Le cours particulier, hérité de l’enseignement réservé aux classes dominantes du 19ème siécle, est encore la norme dans beaucoup d’écoles. Mais étant aussi héritières d’une tradition de musique collective dans les régions, un compromis y est souvent cherché en essayant de s’adapter aussi au rythme de vie des familles.

On trouve souvent la triade :

  1. formation musicale (solfège)
  2. cours d’instrument
  3. pratique collective

 

Pratique collective

 

La principale difficulté est d’insérer tout ceci dans les plannings souvent bien chargés de nos petits. Nous constatons souvent de la fatigue (la réforme à 4 jours et demi pour moi n’y a pas changé grand chose…), et une difficulté à travailler régulièrement l’instrument. De plus la multiplication des offres d’activité extra-scolaires font souvent assimiler la musique au mode de fonctionnement d’un club sportif (attention, aucun jugement de valeur ici, juste un constat de fonctionnement) ou d’un TAP origami. Il est commun de déduire que, comme ces activités, on peut pratiquer la musique uniquement pendant le cours. Ce qui est pas possible. Le cours a une fonction d’accompagnement et de suivi de la pratique à domicile.

Je déplore régulièrement me trouver dans la position d’un répétiteur et non d’un professeur… à faire travailler l’élève en cours. Je ne cesse de répéter que le cours n’est pas la pratique. Mais ceci n’est pas nouveau, je me souviens de conversations à ce sujet entre mon professeur et ma mère lorsque j’étais enfant.

Vient ensuite une énumération de différentes possibilités de sortir de l’unique solution du cours particulier. Beaucoup de formules intéressantes, comme la pédagogie de groupe, les cours chevauchés, l’invitation d’autres instrumentistes pendant une partie du cours de piano pour de la musique de chambre ou de l’accompagnement ou les classes croisées. Elles permettent de consacrer plus de temps à l’élève, de décloisonner la dualité professeur/élève, et de redonner un nouveau souffle en cas de motivation défaillante.

Je suis tout à fait ouverte à ces propositions. Mais pour moi il faut cependant que le professeur soit formé et s’organise pour ce type de cours. Sinon cela risque fort de tourner à la pagaille…Un livre intéressant à ce sujet, mais épuisé : Une pratique de la pédagogie de groupe dans l’enseignement instrumental, d’Arlette Biget aux éditions Cité de la musique 2001. Je ferai un article sur ce livre dans les mois qui viennent.

Stéphane Gendron parle ensuite du rôle du professeur et quelles sont les limites de son enseignement. Il propose ensuite un petit code de déontologie en dix points, particulièrement intéressant, sorte de point de départ de réflexion, devant s’adapter au contexte professionnel et d’exercice de chacun, et être pouvant être corrigé et aménagé en fonction.

Il m’a semblé intéressant, avec la permission de l’auteur bien sûr, de vous le mettre intégralement ici :

Code de déontologie en dix points du professeur d’instrument.

  1.  » Le professeur d’instrument doit, dans le cadre de ses fonctions, s’engager à faire le nécessaire pour l’épanouissement musical de ses élèves. Il se doit de faire preuve de diligence et de disponibilité envers eux.
  2. Le professeur d’instrument doit s’interdire toute discrimination à l’égard des élèves en vertu des différences de culture, ethnie, couleur, religion, sexe, capacité mentale ou physique, âge, statut socio-économique et de toute autre préférence ou caractéristique personnelle, différence ou statut. Il ne doit aucunement négliger les élèves qui rencontrent des difficultés dans leurs apprentissages.
  3. Le professeur d’instrument ne doit user d’aucune violence à l’endroit des élèves, qu’elle soit de nature physique, psychique ou verbale. Il ne doit aucunement faire preuve de vulgarité dans ses manières ou ses propos.
  4. Le professeur d’instrument doit faire preuve d’une discrétion rigoureuse à l’égard des tiers, concernant les faits portés à sa connaissance par les élèves et leurs familles.
  5. Le professeur d’instrument s’engage à exercer son activité sans contracter aucun lien économique avec les élèves.
  6. Le professeur d’instrument ne peut et ne doit enseigner dans un état susceptible de compromettre la qualité de son enseignement (maladie, ébriété, addiction diverses). Il doit faire preuve d’une conduite irréprochable envers les élèves, que ce soit sur le plan physique ou morale.
  7. Le professeur d’instrument doit être conscient des limites de ses compétences et ne peut s’engager dans des enseignements auxquelles il n’est pas lui-même préparé. Par conséquent, il ne doit faire valoir aucune fausse représentation envers sa compétence.
  8. Le professeur d’instruments est responsable de l’application de ses méthodes de travail et de la nature des relations qu’il entretient avec les personnes.
  9. Ils importent aux professeurs d’instrument de faire connaître ou de rappeler à son organisme employeur les conditions indispensables à la qualité de son travail, ainsi que les moyens qui lui sont nécessaires.
  10. Le professeur d’instruments doit avoir le souci de perfectionner ses techniques professionnelles durant sa carrière et de collaborer au progrès de sa profession. « 

 

7-La créativité :

Dans ce chapitre, il est question d’expérimentation pour le professeur et pour les élèves. Pour lui les enseignants sont des expérimentateurs. Et l’auteur regrette qu’on n’ai pas suffisamment d’opportunité pour partager les expériences de chacun.

 

Je déplore également cela. Voilà pourquoi, ayant cherché sans succès un lieu d’échange, j’ai créé le groupe Facebook dont je rêvais. Ce groupe s’appelle L’art d’enseigner le piano, et est composé actuellement de 560 membres francophones de part le monde et issus de formation et de structures diverses (indépendants, écoles municipales, conservatoires régionaux, départementaux et communaux, pôles sup, associations etc…). Si vous êtes enseignant du piano, vous y êtes le bienvenu !

 

Il est important de développer la créativité et l’imagination en premier lieu chez les petits. Puis encourager l’invention chez les plus grand. Et enfin respecter ce temps de l’adolescence où le rapport à la norme se modifie. Il est alors intéressant de développer la créativité par d’autres formes qui peut être la composition par exemple.

L’auteur termine ce chapitre par une phrase qui m’a marquée, car elle va à l’encontre des idées communes à ce sujet : “toute incitation à la créativité rend les enfants réceptifs aux créations venues de l’extérieur”. Il cite ensuite Célestin Freinet : “Ce n’est que lorsqu’on a produit soi-même qu’on est en mesure de s’enrichir de l’expérience des autres”.

 

8-La pratique à domicile (le travail à la maison) :

Tout au long de son livre, et plus particulièrement dans le ce chapitre, l’auteur insiste sur l’importance de la relation avec les parents d’élèves. L’information et le rappel régulier des conditions d’un bon apprentissage est essentiel. En tant que professeur, nous sommes régulièrement confrontés à des familles qui ne savent pas que la musique se pratique en dehors des cours et non pendant le cours. Il est donc essentiel de les en informer, et de le rappeler régulièrement, dans cette société tournée vers le loisir. Aider les familles à s’organiser pour faire une place à cette activité sur le plan temporel et spatiale au domicile de l’élève et créer ainsi les conditions nécessaires.

Un petit passage dans ce chapitre particulièrement savoureux pour un professeur, qui raconte quelques excuses données par les élèves pour leur manque de travail. J’avoue que cela me rappelle beaucoup de choses ! et j’ai bien ri.

Sont énumérés ensuite des pistes de méthode travail qui peut être proposé aux élèves. Il est expliqué que les bonnes pratiques ne sont pas les plus naturelles, comme le fait de travailler par fragments en veillant au lien avec la suite, de prendre en priorité les passages délicats et de prendre un tempo adapté, plutôt lent… Il est rappelé également, que le travail les mains séparées n’est pas la plus pertinente (mais en l’absence d’une bonne lecture, il est parfois difficile de s’en passer…) Il s’agit d’une période transitoire, pour travailler au plus vite sur l’équilibre, l’association et l’intégration des deux mains (sur ce point, l’auteur rejoint la vision de Brigitte Bouthinon-Dumas dans son livre Mémoire d’empreintes). Il est aussi rappelé les difficultés que peuvent poser le “par cœur” trop rapide dans l’apprentissage d’un morceau, encore et toujours en lien avec des lacunes de lecture et de déchiffrage.

 

9-Les auditions concerts et examens :

Pour ce chapitre, il est question de sortir le pianiste de son isolement naturel. Il est expliqué que  les auditions et concerts permettent de donner du sens à la pratique individuelle. Le rôle du professeur est ici essentiel pour préparer à laisser chanter, respirer la musique malgré l’appréhension, sans foncer tête baissé en « exécutant » le discourt. La confiance en soi au cours de ces événements se construit petit à petit avec son soutien. Mais l’élève s’engage également à tenir sa part du contrat… C’est également un moment de partage, parfois fort en émotion, où l’on doit rester attentif au besoin de distance ou de proximité de chaque enfant vis à vis de l’enseignant.

Il est rappelé qu’il est important de multiplier les occasions de jouer en public. On peut cependant commencer doucement à la maison devant quelques personnes, puis devant plus de monde en quatre mains ou avec un autre instrument.

 

Audition à Quatre-Mains

 

L’enfant peut découvrir lors de ces auditions deux choses que l’auteur considère comme essentielle :

  • l’émotion provoquée dans le public n’est pas une question de perfection.
  • Il existe de multiples façons d’écouter, regarder, ressentir.

Il est également rare à notre époque d’assister à la musique en direct. Il s’agit donc d’une expérience essentielle pour beaucoup.

Là encore, sont énumérées quelques formules intéressantes et déclinaison d’événements au sein d’une école de musique :

  • Les auditions/concerts au domicile des familles
  • Les auditions/concerts pour les établissements sociaux et médico-sociaux
  • Les auditions/concerts dans les établissements scolaires.
  • Les projets collaboratifs entre différents acteurs culturels d’un territoire donné, pour mixer orchestres, chant, danse, théâtre, ou autres…

Il est également expliqué le système des cycles, adopté par quasiment toutes les écoles de musique à l’heure actuelle. Puis pour terminer, la situation de l’évaluation ou examen ainsi que les évolutions notables dans les écoles de musique.

 

10-Plaidoyer pour une formation ouverte :

Comment créer des musiciens qui ne soit pas que des musiciens techniciens, mais des personnes ouvertes et développant leur intelligence musicale. Les parents sont les premiers éducateurs  culturels de leurs enfants avec le support des contes et les chansons enfantines. Puis, la multitude de dessins animés et de disques offre une possibilité d’enrichissement considérablement de l’environnement musical. Encore faut-il bien sûr que l’enfant y soit exposé dans son milieu familial. Il est intéressant pour l’enseignant de partir du « répertoire » qu’ils ont intégré. Et en faisant le lien avec le piano, ils comprennent d’eux même que la musique est indissociable des autres formes d’art comme le théâtre, la poésie, la danse, le cinéma.

Les grands compositeurs ont souvent eux-même exprimé le besoin de « sortir » de la musique. Schumann disait : »Reposez-vous souvent de vos études de piano par la lecture de bons poètes. Promenez-vous dans la campagne, dans les champs ». D’autres ont même ouvertement revendiqué leurs source d’inspiration visuelle ou littéraire. Ne ratons jamais une occasion de faire référence au cinéma que les élèves apprécient en général beaucoup, et qui offre beaucoup de possibilité. Puis plus tard, il est intéressant de montrer les analogies entre le style musical d’une époque et son style architectural, ou pictural. Ils seront plus en capacité d’appréhender les différents courants esthétiques dont sont issus chaque oeuvre.

Le répertoire extrêmement varié que nous offre le piano nous permet d’ouvrir de multiples passerelles vers les musiques d’Extrême-Orient, d’Asie, des pays de l’Est, américaines, celtiques, etc… Développer l’intérêt pour les différents styles comme le jazz, le blues, le ragtime , les musiques latines et cubaines (salsa, bossa nova, mambo, cha-cha-cha…) et démontrer leur l’influence sur les compositeurs, permet de faire de nos élèves des musiciens complets et ouverts aux cultures mondiales liées au piano.

Enfin, l’instrument pratiqué peut-être aussi l’occasion pour eux de découvrir d’autres métiers de la musique, comme la facture de piano, les accordeurs, les métiers du son. Mais n’oublions pas également les professions alliant musique et soin médicaux, ou psychologique. C’est un souhait cher à Stéphane Gendron que les écoles de musique établissent des passerelles régulières vers ces métiers parfois méconnus. 

Cela permet en outre d’ouvrir l’école de musique sur les différents structures qui existent dans une commune, notamment créer du lien avec l’éducation nationale, les écoles, associations diverses, artisanat musical, centres médicaux et sociaux. Tout ceci n’est pas nouveau, mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. Il nous faut nous ouvrir à une conception ouverte et ambitieuse de la musique !

 

 

En conclusion je dirais que cet ouvrage est extrêmement intéressant pour tous les acteurs de l’enseignement instrumental, pianistiques ou autre. Il fait un bilan, une sorte de carte générale de ce qui peut se faire. C’est une mine d’idées pédagogiques. Et une source d’information également pour les parents et les élèves adultes.

 

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