Solfège ou tuto ?

Voici aujourd’hui un podcast sur une question récurrente, et qui fait beaucoup couler d’encre et de salive : celui du solfège. Faut-il faire du solfège ou suivre des tutoriels sur internet ?

Le format audio (ou podcast) est pour moi un moyen de vous parler en direct de manière simple de ce qui me tient à coeur, sans prendre trop de temps de préparation et de montage comme le fait la vidéo. Je parle un peu comme ça vient sur un sujet comme je le ferais dans une conversation avec vous en buvant un café. Si vous voulez suivre les prochaines publications de ce type, vous pouvez les suivre en plus du blog sur Itunes, en tapant apprendre à jouer du piano.

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Apprendre le piano par les chansons, interview de Cécile Emery

Les deux volume de la méthode Apprendre le piano par les chansons

La méthode Apprendre le piano par les chansons, en deux volumes

Voici une interview réalisée au salon Musicora 2017 de Cécile Emery, co-hauteur de la méthode Apprendre le piano par les chansons.

Cette méthode est particulièrement intéressante pour former l’oreille harmonique, apprendre à accompagner des chansons et se former globalement sur la musique tout en apprenant le piano. Elle est extrêmement complète sur les différents aspects musicaux et se base sur un répertoire très varié, allant de la musique de film à Schumann, en passant par la variété ou les chansons de répertoire traditionnel français et populaire. Elle s’adresse aux enfants (à côté de la méthode traditionnelle), ainsi qu’aux adultes débutants (ou reprenant) le piano et souhaitant se former musicalement sur des bases solides.

Je vous laisse découvrir…

Transcription la texte de la vidéo :

Marie-Cécile

Bonjour Cécile.

Cécile Emery

Bonjour.

Marie-Cécile

Je voulais vous parler aujourd’hui parce que j’ai découvert dernièrement par le groupe Facebook « L’art d’enseigner le piano », votre méthode qui s’appelle « Apprendre à jouer du piano par les chansons ».

Ça m’intéressait beaucoup de vous rencontrer parce que c’est vrai que je regrette souvent que les élèves n’aient pas d’oreille, ne chantent pas intérieurement quand ils jouent, donc le titre m’a interpelé. Voilà.

Donc vous êtes Cécile Emery, et professeur de piano ?

Cécile Emery

Je suis professeur de piano au conservatoire d’Amiens depuis de nombreuses années. Et depuis disons une dizaine d’années, je travaille en collaboration avec Bruno Puren. Nous avons rencontré un jury de DE, c’était une bonne occasion de parler de pédagogie. Et depuis ce moment-là nous avons animé des stages ensemble. Et petit à petit une idée est venue de faire une méthode en commun parce que lui est professeur d’accompagnement, et moi de piano.

Marie-Cécile

D’accord.

Cécile Emery

Nous avons joint nos efforts pour faire une méthode piano et accompagnement. C’est-à-dire que l’un des objectifs c’est d’apprendre à jouer du piano, mais pour s’accompagner, pour s’accompagner lorsqu’on chante, pour accompagner un autre instrument également. Ne pas rester tout seul dans son instrument.

Et puis petite à petit, cette organisation autour des chansons a fait qu’on a monté toute une pédagogie progressive où on inclut la technique de piano mais aussi le travail de l’oreille. On travaille beaucoup avec la transposition. On apprend assez rapidement l’improvisation.

C’est une méthode globale de formation musicale et piano.

Marie-Cécile

D’accord. Il y a combien de volumes ?

Cécile Emery

Il y a actuellement 2 volumes.

Un volume « Apprendre le Piano par les chansons & leur accompagnement Volume 1 », volume bleu, qui correspond aux 4 premières années de piano à peu près. Il couvre le premier cycle des conservatoires.  C’est un ouvrage qui correspond aussi aux recommençants adultes qui, grâce au site internet, peuvent avoir les exercices et compléments d’informations qu’ils ne trouveront peut-être pas dans la méthode.

Un second volume « Apprendre le Piano par les chansons & leur accompagnement Volume 2 », volume orange, à partir de la 5ème année qui correspond au milieu 2ème cycle et 3ème cycle.

Donc c’est pour les enfants et c’est pour les adultes aussi.

Marie-Cécile

Donc le site internet c’est https://apprendrelepianoparleschansons.com.

C’est aux éditions Fortin-Armiane.

Cécile Emery

C’est ça. Éditeur de chansons, de chansons françaises mais également de pédagogie, de violoncelles… Voilà ils ont 2 registres.

Donc nous on était à la jonction entre la pédagogie et les chansons.

Marie-Cécile

Comment vous ait venu l’idée de cette méthode ?

Cécile Emery

Petit à petit je me suis aperçue que les élèves, comme vous l’avez dit tout à l’heure très justement, n’entendent pas assez ce qu’ils jouent, n’anticipent pas assez ce qu’ils vont jouer. Et je pense que l’éducation de l’oreille c’est une chose absolument primordiale dans l’éducation musicale, dans l’éducation pour le piano, la guitare, tout instrument. Il faut débloquer cette oreille, il faut entendre ce qu’on va jouer avant de le jouer.

C’est « avant de jouer c’est bien d’entendre jouer ». Ça ça me semble très important. C’est parti de ça.

On va développer les 2 lignes.

La mélodie. On la mémorise.

La ligne verticale. L’harmonie. À reconnaitre la couleur, les accords, aussi travailler la polyphonie, qui est une difficulté du piano.

Au cours des 10 chapitres de la méthode on aborde à peu près tous les sujets, les thèmes techniques, les façons de jouer.

Les mains ensembles, l’initiation à la polyphonie, la phase musicale, le jeu essencifie, les accords, le jeu rebondissant, les appuis, appuis et allègements, l’indépendance des mains, la polyphonie, le piano rythmé, et les déplacements. À chaque fois on met une thématique par chapitre.

Marie-Cécile

D’accord, tout ça sur le premier volume hein ?

Cécile Emery

Tout ça sur le premier volume.

Marie-Cécile

Donc il y a 2 volumes, mais j’ai cru comprendre qu’il y a du projet.

Cécile Emery

Nous avons un projet oui de volume intermédiaire. Je ne sais pas encore comment nous l’appellerons. Sans doute « Manuel pratique à l’usage ».

Alors là ce sera très ciblé, début de 2ème cycle, pour donner les clés d’organisation de travail, de méthode de travail, comment déchiffrer, comment accompagner une mélodie, comment s’organiser pour travailler. Enfin des choses très très concrètes mais toujours à base de chansons et d’exercices techniques.

On mélange toujours les 2.

Le répertoire, les chansons, les musiques de films aussi. Tous les styles.

Et puis le répertoire classique puisque le but c’est quand même d’amener les enfants et les élèves en général vers la grande musique, comme Schubert.

Marie-Cécile

Au niveau des âges vous l’avez dit vous l’avez dit tout à l’heure, cette méthode peut s’adresser à des enfants, à des petits, ou même des adultes.

Cécile Emery

Oui, moi je commence avec pour mes élèves de 6-7 ans. Comme c’est une méthode qui est assez dense puisque le cahier couvre 4 années, il faut intercaler d’autres morceaux, d’autres petites partitions, le professeur est libre de garder tout à fait ses méthodes habituelles, que ce soit la méthode rose ou une autre, et de l’intercaler au milieu du chapitre. C’est là le bien nécessaire.

Marie-Cécile

Donc là pour une formation vraiment complète. Ce n’est pas qu’une méthode de piano. C’est une méthode aussi, d’après ce que je comprends, globale, de formation musicale globale.

Cécile Emery

Voilà. C’est une nouvelle façon d’appréhender la musique qui semble assez importante je trouve à l’heure actuelle, où les enfants viennent au piano pour pouvoir jouer des choses qu’ils ont entendu à la radio ou sur internet, donc ils ont besoin d’avoir cette formation de l’harmonie et de l’oreille.

Marie-Cécile

Oui bien sûr. Donc au niveau de la progression le volume 1 est pour tout ce qui est du 1er cycle, et volume 2 plutôt à partir de la 5ème année voire plus.

Cécile Emery

Oui voire 3ème cycle. Moi je fais souvent travailler avec 3ème cycle. Après on pioche un peu à droite et à gauche. On prend suivant les thèmes qu’on veut aborder.

Si on a envie de travailler par exemple sur un chapitre un petit peu pointu, on va directement au chapitre 5. Si on veut travailler la polyphonie, là j’ai mis un exercice à chanter à 3 élèves différents. Et on peut le faire 1 au piano, 2 autres qui chantent, ou inverser.

C’est une façon aussi de travailler la pédagogie de groupe, qu’on peut travailler avec une classe de 15 élèves.

Marie-Cécile

Voilà c’est ce que vous m’avez dit tout à l’heure c’est possible effectivement de travailler à plusieurs.

Cécile Emery

Oui voilà. Un qui chante, ou même qui joue au violon, pendant que l’autre joue. C’est une méthode qui donne des idées aux professeurs.

Marie-Cécile

Oui, pour faire le lien entre les classes éventuellement dans les écoles de musique.

Cécile Emery

Absolument.

Marie-Cécile

Ça c’est un bon moyen parce que des fois on ne sait pas trop quoi faire pour intégrer les autres instrumentistes.

Est-ce que ça peut être travaillé par quelqu’un qui est sans professeur ou est-ce que ce n’est pas trop conseillé ?

Cécile Emery

Avec un adulte qui veut commencer tout seul oui. Je crois que c’est possible avec l’aide du site. Il peut aller compléter son enseignement sur le site par les exercices, par les conseils. On a mis beaucoup de conseils de travail, d’organisation.

Donc là je crois que c’est tout à fait possible. Il y a même des exercices de lecture de notes pour ceux qui prennent à la base.

Pour un enfant de 7-8 ans je crois que le professeur est indispensable.

Marie-Cécile

Et oui. On est d’accord. Donc au niveau du répertoire il y a un peu de tout d’après ce que j’ai vu.

Cécile Emery

Alors il y a un peu de tout. Si je prends le 1er volume on passe de Adèle à Bach, en passant par Bartók, Led Zeppelin, Harry Potter, musiques de films, Les choristes, Titanic, Chostakovitch…

Marie-Cécile

C’est vraiment très très varié. Films, variétés.

Cécile Emery

Mais on a à chaque fois cherché des belles chansons, des beaux textes. On n’a pas pris des choses qui ne nous plaisaient pas. C’est notre avis, ça ne peut pas plaire à tout le monde, mais ce sont des choses qu’on a vraiment choisies.

Marie-Cécile

Les notions solfégiques elles sont expliquées ?

Cécile Emery

Alors les notions solfégiques sont expliquées au début.

Il y a 2 pages qui s’appellent « La musique » et « Le corps et l’esprit ».

Le corps à gauche et l’esprit à droite.

Sur la page de gauche, avec quelques exercices de bases, de techniques.

Et puis sur la page de droite, l’esprit : les transpositions, les tons, demi tons, très symboliques, mais l’élève peut se référer à ces 2 pages du début à tout moment.

Ce sont les mêmes mots qui seront employés par la suite.

Marie-Cécile

Est-ce qu’il y a aussi des exercices techniques ?

Cécile Emery

Alors à chaque chapitre il y a des exercices techniques. On commence toujours l’exercice partout. Pour apprendre à faire un petit peu tout ce qu’il faut savoir faire au piano. Au début c’est très simple.

Jeu déplié, jeu détaché, savoir se déplacer, bouger son pouce d’une note sur l’autre.

À chaque chapitre on a un exercice qui correspond. Là le chapitre 2 ce sont « Les mains ensembles ». On va avoir des exercices d’appui. Sentir le poids du bras au bout de ses doigts. Et puis on a des exercices très basiques de 5 doigts. Des exercices digitaux.

Marie-Cécile

Très bien. On peut se la procurer où ?

Cécile Emery

On peut se la procurer dans tous les magasins de musique. À Paris il y en a dans à peu près tous les magasins de musique, et en province ça commence bien. On peut se la procurer chez l’éditeur également sur www.armiane.fr.

On peut aussi se la procurer sur le site de la méthode https://apprendrelepianoparleschansons.com/.

Marie-Cécile

D’accord. Et bien merci beaucoup Cécile Emery.

Cécile Emery

De rien.

Marie-Cécile

On rappelle aussi que c’est Bruno Puren qui est professeur au conservatoire du Mans, qui vous a aidé dans la création de cette méthode.

Merci beaucoup !

Cécile Emery

Merci à vous.

Marie-Cécile

Au revoir.

Merci à Cécile Emery pour sa gentillesse et le temps qu’elle nous a consacré.

Pourquoi est-il interdit de faire des photocopies de partitions ?

 

Voici un article sur un sujet un peu spécial, que j’ai tenu à écrire car il repose sur un principe qui me tient coeur : que les personnes soit payées pour leur travail pour pouvoir en vivre. Que vous soyez musicien professionnel ou amateur, vous devez savoir qu’il est interdit de faire des photocopies (et tout type de reproduction que ce soit) de partitions sans autorisations. Je me doute que vous êtes nombreux à en avoir entendu parler, mais savez-vous exactement quelle est la législation à ce sujet ? 

Ayant lu ou entendu un peu tout et n’importe quoi à ce sujet dans mon entourage et sur la toile, je me suis dit qu’il était urgent d’écrire un article pour aller au fond de la question. Cependant je rappelle que je suis pianiste et non légiste. Donc il se peut que j’ai moi-même mal compris certaines données. N’hésitez pas à me signaler une erreur ou préciser les informations dans les commentaires.

La législation à ce sujet relève du Code de la propriété intellectuelle. Son but est de protéger les “oeuvres de l’esprit” du vol de propriété. Autrement dit, cela empêche n’importe qui de s’attribuer une oeuvre intellectuelle, et/ou d’en tirer un profit financier. Pour parler de manière encore plus explicite, cela permet aux auteurs de pouvoir vivre de leur travail, comme il semble normal pour tout un chacun…

Pour cela, les légistes de notre pays ont créé le principe d’oeuvre protégée, afin de permettre aux auteurs de vivre de leur travail durant leur vivant, et à leurs héritiers d’en percevoir quelques bénéfices après leur décès. Ce “salaire” est appelé le droit d’auteur. Si vous voulez en savoir plus sur l’histoire du droit d’auteur, voici une vidéo qui vous explique ça. Sinon passez à la suite directement.

Qu’est-ce qu’une oeuvre protégée :

Une oeuvre protégée, est une oeuvre (donc ici une musique) qui a été déposée auprès des organismes habilités par son auteur ou ses proches. A partir de ce moment, en France, elle le sera pendant 70 ans après l’année de la mort du compositeur, auxquelles on ajoutera des années par période de guerres comprises dans ces 70 ans.

Pendant toute cette période, pour la photocopier ou la jouer dans un lieu public, il va falloir demander l’autorisation à l’auteur ou à ces ayant droit (toute personne ayant le droit de percevoir de l’argent car elle a contribué à sa création ou sa publication).

Par exemple, le Clair de lune de Debussy est maintenant passé dans le domaine public depuis 2004. Voici le calcul : Claude Debussy étant mort en 1918, on compte à partir du 1er janvier 1919. On ajoute 70 ans, ça nous met au 1er janvier 1989. On ajoute ensuite des années de guerre prévues par la loi (mais non connues de moi pour le moment), ça nous amène au 1er janvier 2004.

Arrivée à la fin de cette période, c’est à dire la 85ème année pour les oeuvres publiées avant la première guerre mondiale, l’oeuvre est dite “tombée dans le domaine publique” (pourquoi ce mot tomber… quelle chute ? :)) Vous pourrez donc la jouer à loisir où bon vous semble. En revanche, et c’est là où ça se corse, ce n’est pas parce qu’une oeuvre est tombée dans le domaine publique que vous avez le droit de la photocopier. Car il y a d’autres acteurs du monde des partitions qui réclament le respect de leur travail. Le plus connu est l’éditeur.

Qui c’est cette bête là ? Rappelez-vous, il s’agit par exemple de Henry Lemoine, Salabert et autres noms que l’on peut lire en bas des partitions que vous achetez en magasin. Il s’agit d’entreprises qui saisissent le texte pour rendre la lecture fluide, rajoute des précisions pour aider à les jouer (comme les doigtés par exemple), et les fabriquent en masse pour pouvoir les livrer ensuite aux magasins de musique physiques ou dématérialisés. J’entends par ce dernier terme les “e-magasins” sur internet qui respectent la législation comme Di-Arezzo, Diam ou La flûte de pan pour le classique ou Noviscore plutôt orienté variétés.

Pour revenir à notre oeuvre tombée dans le domaine publique, vous avez en revanche le droit de recopier l’oeuvre à la main ou avec un logiciel d’écriture, et même de la photocopier ensuite. Il en existe une multitude d’outil informatique pour éditer soi-même comme par exemple Musescore (gratuit), EncoreFinale ou Sibélius. Des applications pour tablette font également ça assez bien comme NotateMe et Notion.

Le cas d’oeuvres musicales écrites par plusieurs auteurs :

Il existe des oeuvres musicales ayant plusieurs “créateurs” : l’auteur et le compositeur par exemple. C’est souvent le cas des chansons ou des opéras. L’auteur (appelé aussi poète ou écrivin) en écrit le texte que l’on prononce en francais, anglais ou autre. Le compositeur écrit la musique. Dans le cas de la variété, la composition peut se répartir entre le “mélodiste” qui à eu l’idée de l’air, et l’arrangeur qui a créé les accompagnements de cet air. Dans le cas donc de plusieurs créateurs associés pour créer la musique, le calcul se fait à partir de la mort du dernier survivant.

 

Comment faire des photocopies de partitions et être dans la légalité :

Distinguer le lieu public du lieu privé :

En tant que particulier, vous n’avez donc pas le droit de photocopier de partitions protégées, et ce même s’il s’agit d’une partition dont vous possédez l’original. Cependant, vous pouvez le faire à titre privé, à votre domicile. Mais la photocopie doit rester chez vous, ou dans un autre espace privé. Vous ne pouvez pas l’emporter dans un lieu public. Un lieu public concrètement est une école, un conservatoire, une association, une salle de concert ou de spectacle, ou la rue (sauf si elle se trouve dans votre sac qui est légalement un espace privé).

Vous ne pouvez-donc sortir et exposer dans ce type de lieu de photocopies d’oeuvres protégées, et/ou les jouer sans autorisation. Et oui je sais c’est dur… mais c’est dur aussi pour un auteur d’avoir du mal à finir ses fins de mois, parce que le fruit de son travail n’est pas un objet matériel. Imaginez qu’on puisse “photocopier” des machines à laver… les ingénieurs qui les conçoivent et les ouvriers qui les fabriquent auraient du soucis à se faire non ?

En revanche, votre domicile est un espace privé dans lequel l’état n’a pas son mot à dire. Dans certaines limites bien sûr, car il est interdit de tuer son mari ou son frère même s’il est à l’intérieur de votre domicile :)).

Achetez des partitions originales

Image Laurent Wangermez

Un organisme d’état qui gère la reproduction :

Il existe un organisme mandaté par l’état qui se charge de gérer la reprographie d’oeuvre musicale. Il s’agit de la SEAM, en toute lettre “Société des éditeurs et auteurs de musique”. C’est ce qu’on appelle une SPRD, soit une “société de perception et de répartition des droits d’auteur”. Oui je sais, un peu barbare à lire… Pour capter un peu plus ce que c’est, sachez que la SACEM qui est un peu plus connue en est aussi une. Mais elle s’occupe de son coté des droits de représentation. En clair du fameux droit de jouer en public une oeuvre. Vous pouvez trouver sur leur site un répertoire des oeuvres protégées bien utile. Mais il n’est pas exhaustif.

Pour revenir à la SEAM, elle offre donc la possibilité d’utiliser les oeuvres protégées pendant une durée limitée d’un an, sous forme de ce que l’on appelle une licence. Elles sont réservées à certains organismes ayant besoin de travailler sur ces partitions pour leur bon fonctionnement, comme par exemple les conservatoires ou école de musique. Un particulier ne peut obtenir ce type de licence.

Les timbres de la seam

Vous avez peut-être déjà aperçu ces petits timbres sur lesquels se trouve le logo de la SEAM, et apposé sur chaque photocopie. C’est la preuve que la personne qui vous a donné ces photocopies avait le droit de vous les confier pour les travailler à ce moment là, et ce jusqu’à l’expiration de la période indiquée sur le timbre. Vous n’avez donc vous-même pas le droit de garder ces reproductions après l’écoulement de cette période.

En résumé, si vous voulez photocopier :

  • Si vous faites partie ou représentez un organisme de formation musicale ou un ensemble se produisant sur scène, c’est à la SEAM qu’il faut s’adresser pour les oeuvres éditées, ou à l’auteur dans le cas d’oeuvres non éditées.
  • Si vous êtes un particulier, vous ne pouvez pas le faire dans un cadre public. Donc vous n’aurez pas d’autorisation. Mais ce que vous faites chez vous ne regarde que vous.
  • Si vous voulez jouer l’oeuvre en public, c’est à la SACEM qu’il faut s’adresser.

 

Pour ne plus avoir besoin de photocopier la partition de vos amis pianistes :

Evidemment la meilleur des solutions est d’acheter la partition et de travailler dessus ! Cela encourage les artistes à continuer de nous faire voyager et rêver. L’acte d’achat est un acte militant qui leur apporte toute la reconnaissance dont ils ont bien besoin dans une société centrée sur l’acquisition de biens matériels qui s’entassent inutilement dans nos placards.

Oui mais alors, me direz-vous, comment peut-on faire pour pratiquer le piano en développant sa culture musicale ? Oui vous avez entièrement raison, c’est important de fureter dans l’immense répertoire du piano. Et s’il faut tout acheter ça représente une petite fortune tout de même ! Et bien rassurez-vous, il y a un outil extraordinaire qui est né il y a une vingtaine d’année : Internet. Même s’il est aussi malheureusement l’occasion de beaucoup de diffusion dans la plus grande illégalité, il permet aussi d’avoir accès à de véritable bibliothèque en ligne d’oeuvres “élevées” dans le domaine public.

Sites de partitions passées dans le domaine public :

Voici donc la bonne nouvelle. Il existe des sites internet sur lesquels vous pouvez télécharger des partitions passées dans le domaine public. En voici quelques uns. Si vous en connaissez d’autres, s’il vous plait mettez en les liens dans les commentaires en bas de cet article et je les rajouterai ici.

photocopie partitions

  • IMSLP, une mine d’or ! et vous pouvez même y écouter des fichiers audio
  • Mutopia, partitions classiques pour instruments et orchestre
  • ChoralWiki, pour des partitions de chant choral.

Il vous suffit de télécharger les partitions sur votre tablette ou votre ordinateur (ne négligez surtout pas l’anti-virus comme Avast par exemple), de les imprimer ou les basculer sur une application spéciale partition comme indiqué dans cet article. Après cela, vous n’avez plus aucunes excuses pour ne pas faire régulièrement la découverte de perles musicale et par là même travailler votre lecture à vue au piano. Votre progression rapide au piano dépend beaucoup du nombre de morceaux que vous aurez travaillés, joués et même juste déchiffrés dans votre vie.

Voilà, j’espère que cet article aura démêlé pour vous cette question. De mon coté dès qu’il s’agit de textes officiels et de lois, je suis prise d’angoisse de ne pas comprendre et d’ennui mortel. Alors mon souhait le plus cher est que je vous avoir rendu tout cela accessible et le moins ennuyeux à lire possible. J’attends de savoir dans les commentaires si ce fût le cas…

Et puisque vous avez lu jusque là, vous méritez bien un petit dessin animé :).

 

Bon piano !

 

Un moyen de renouer avec le plaisir de jouer

Depuis 20 ans que j’enseigne le piano, j’ai constaté que les pianistes, quel que soit leur niveau, sont nombreux à ne plus se souvenir de ce qu’ils ont joué par le passé. Et vous ?

Est-ce que ça vous rappelle quelque chose ? Vous êtes avec des amis, il y a un piano. Vous aimeriez bien jouer quelque chose, mais vous vous sentez dans l’incapacité de jouer le moindre morceau. Vos amis ont du mal à comprendre cela, sachant que vous faites du piano depuis des années. Vous pouvez à la rigueur retrouver quelques mesures du morceau que vous êtes en train de travailler, mais souvent même pas jusqu’au bout. Et surtout, où sont passé tous ces morceaux qui vous ont accompagné dans votre apprentissage ? Ceux que vous avez su parfaitement à un moment de votre vie et que vous avez adoré.

Le plaisir des retrouvailles avec vos morceaux :

Et bien j’ai une très bonne nouvelle pour vous. Ils sont là, dans votre cerveau, tout près à être réveillés, nettoyés des poussières de l’oubli. Si si je vous assure ! Je vous entends déjà vous dire :” oui mais pas moi. Je n’ai pas une bonne mémoire. C’est impossible”. Et bien je peux vous assurer que si vous l’avez aimé et eu dans les doigts à un moment, il reviendra très vite si vous allez le chercher.

Seulement voilà, c’est le bazar dans vos partitions n’est-ce pas ? Il y a des piles sur ou à coté du piano, mélangées à la méthode du petit si vous avez des enfants, ou à la facture d’EDF. Ou alors, si vous êtes un adepte de la photocopie, ou du morceau trouvé sur internet et imprimé un soir d’enthousiasme musical, vous avez certainement des piles de feuilles en vrac et en grand danger d’écroulement. C’est même tombé une fois, et n’ayant pas le temps de classer, vous avez tout remis comme ça en disant “bon on verra plus tard”. Bref, vous n’avez la plupart du temps de disponible que le morceau que vous êtes en train de travailler. Et les morceaux que vous avez appris autrefois sont même peut-être resté chez papa et maman à 300km de là.

Alors voilà où je veux en venir : Prévoyez un temps pour retrouver tous les morceaux que vous avez adoré et regroupez-les dans un contenant commun. Cela sera votre trésor à vous. Votre propre “journal intime pianistique”. Votre auto-bio-recueil de morceaux.

Passons maintenant à la pratique. Vous avez plusieurs possibilité de rassembler tout ça, selon vos habitudes concernant les documents et papiers en général. Je vous propose maintenant quelques pistes.

Deux possibilités d’assemblage :

1-Pour les adeptes de papeteries et fournitures scolaires :

Photocopiez une à une vos partitions et assemblez-les. Plusieurs options s’offre à vous :

  • dans un trieur. C’est une bonne solution de départ pour les plus pressés d’entre vous. Mais dès que vous aurez plus d’une dizaine de morceaux, ça va vite devenir ingérable…

 

Un trieur de partition

 

  • dans un cahier 24/32 sur lequel vous pourrez coller les photocopies. C’est une bonne solution quand on n’a pas trop de temps. On risque juste au bout de quelques années de se retrouver avec beaucoup de cahiers ;).

 

Des cahiers grand format pour coller ses partitions

 

  • ou reliez toutes les photocopies avec une perforelieuse pour les relier avec des spirales. Il faudra juste bien réfléchir aux tournes. Et l’idéal est d’imprimer les partitions en recto-verso. Il faut avoir une imprimante qui offre cette possibilité et savoir le faire. Mais l’avantage de cette option, est que vous pouvez ajouter ou retirer des morceaux quand vous le voulez. Vous pouvez même, si ça vous amuse vous faire vos propres page de garde et faire des recueils par année, ou par style, ou par compositeur. Bref, la meilleur des solutions je pense mais qui demande un peu de budget, du temps et quelques petites compétences en bureautique.

 

Ses propres partitions reliées

 

Je vous conseille en revanche d’oublier le porte-vue pour plusieurs raisons :

  • Vous ne pourrez pas écrire facilement un doigté ou une altération sans être obligé de sortir la feuille, puis la remettre avec difficulté…
  • Le plastique à tendance à refléter la lumière et vous pouvez être gêné à la lecture.
  • Le poids du plastique ajouté aux feuilles n’est pas négligeable.

 

Inconvénients de ces solutions à base de photocopies :

Au bout d’un moment, vous risquez de vous retrouver avec plusieurs cahiers ou dossiers reliés bien lourds. De plus, photocopier des partitions n’est pas simple, car le format standard des partitions est toujours plus grand que A4 et vous devez vous contorsionner au dessus de votre imprimante pour avoir tout sans risquer de couper les clés d’un coté ou les notes de l’autre (J’ai horreur de ça personnellement avec mon petit coté maniaque ;)).

Mais sachez que vous pouvez maintenant scanner les partitions avec une tablette beaucoup plus facilement qu’avec un scanner personnel et imprimer après d’une imprimante (voir plus bas).

Autre inconvénient et non des moindres, votre assemblage ne sera utilisable que dans votre sphère privée (voir le site de la SEAM) si vous ne voulez pas être dans l’illégalité. Vous n’avez pas légalement le droit de photocopier même des partitions que vous possédez pour les utiliser dans des lieux publics. C’est comme ça…

 

2-Pour les geek :

Ici je vais malheureusement être obliger au préalable d’avouer que je suis une adepte de la pomme, au risque de me faire mal voir par certains… je ne pourrai donc vous parler que de mon expérience sur Ipad, et je m’en excuse par avance. Je sais cependant que dans la plupart des cas, il existe les mêmes services sur tablette Androïd, donc si je dis “Ipad”, traduisez “tablette”.

Vous pouvez rassembler tous vos morceaux sur une tablette que vous pourrez emmener partout très facilement.

Première étape, scanner :

J’ai découvert dernièrement une super astuce : l’application Scannable. Vous la lancez, vous positionnez la tablette au dessus de votre partition… et au miracle ! la page apparait recadré, amélioré et adapté au format A4 sur l’écran.

Application Scannable

Si vous avez dix pages, il suffit de le faire successivement pour chaque page, et vous avez un magnifique PDF prêt à être envoyé sur Dropbox, Evernote, ICloud ou autres applications de partage. Bon pour que ça fonctionne bien, il faut veiller à avoir une bonne lumière. Et j’ai remarqué que si je levais la page en face de celle à scanner l’application détecte mieux les contours. Il ne faut pas forcément non plus rester trop statique, contrairement à ce que l’on pourrait croire naturellement…

Deuxième étape, basculer sur une application spécialisée de partitions :

Et après, connaissez vous les applications dédiées à la lecture de partition ? C’est génial. Il en existe maintenant une multitude. Mais celle que j’utilise personnellement est ForScore.

Application ForScore

Elle est très fluide. Une petite tape à droite de l’écran et hop ! la page est tournée. Bien plus facile que le papier qu’on n’arrive pas toujours à attraper rapidement. Il faudra en revanche tourner à chaque fin de page.

J’ai aussi eu l’occasion d’essayer Newzik, qui a l’énorme avantage de son coté de supporter les fichier de logiciel d’édition musicale comme Finale (.mus), si vous éditez vos partitions vous-même.

On peut aussi rajouter des éléments à la partition :

  • y écrire des doigtés ou annoter
  • gommer des indications.
  • recadrer
  • ajouter une altération qu’on a tendance à oublier systématiquement.

Mais il faudra pour cela vous équiper d’un stylet.

Et vous avez aussi la possibilité de tourner la page avec des petits appareils connectés en Bluetooth :

  • une pédale pour les pieds
  • une sorte de bouton que vous pouvez positionner où vous le souhaitez (pour le moment uniquement disponible pour Newzik à ma connaissance).

Un autre avantage de la partition sur tablette :

Vous pourrez aussi zoomer sur un passage précis pour vous concentrer sur un passage bien précis qui vous donne du fil à retordre. Cela permet de rester bien concentré sur l’endroit sans être tenté de continuer plus loin.

Le plaisir de vivre avec vos morceaux :

Bref, après avoir fait tout ça d’un coup ou petit à petit, imaginez un peu… tous vos morceaux à portée de main dans une tablette que vous pouvez glisser dans votre sac à main (pardon messieurs) ou de voyage. Mais surtout, et c’est là le plus gros intérêt, vous pourrez jouer régulièrement tous vos morceaux. Et là je parle bien de jouer pour le plaisir et non forcément de les travailler. Juste vous faire un petit moment de pur bonheur musical. Profiter de la satisfaction de savoir jouer du piano.

Alors oui, au début, vous aurez l’impression de devoir les retravailler, et c’est possible que vous en ayez vraiment besoin, mais faites-moi confiance, si déjà vous essayez régulièrement de les rejouer, ils vont sortir de l’oubli plus vite que vous ne pensez. Vous pourrez aussi facilement les lire dans votre lit (déconseillé pour le sommeil…) ou dans les transports en commun, pour faire du travail mental.

 

Le plaisir aussi du répertoire de déchiffrage :

En revoyant vos anciens morceaux dans vos partitions, vous risquez fort d’avoir envie en cours de route de faire un petit détour du coté des autres morceaux de la partition. Et c’est parfait ! faites faites ! Quoi de mieux que le déchiffrage pour progresser et prendre du plaisir à découvrir d’autres univers. Vous allez améliorer votre culture musicale et à long terme améliorer votre lecture, votre interprétation, votre connaissance des différents styles.

Et il se peut que vous tombiez amoureux de certains petits bijoux. Alors pourquoi pas vous constituer un petit répertoire de morceaux faciles pour vous mais bien agréables à jouer ! C’est ce que j’appelle un répertoire de déchiffrage. Les conditions de sélection seront :

  • ils VOUS plaisent à vous.
  • sont plus faciles que votre niveau technique actuel. Si vous avez la possibilité de vous classer dans une grille de niveaux, les morceaux doivent être deux ou trois niveaux en dessous.
  • Vous pouvez les lire et les jouer directement sans vraiment les travailler.

L’avantage de ce type de démarche, c’est que vous pourrez les améliorer rien qu’en les déchiffrant régulièrement. Nous ne sommes pas ici dans un travail de précision, mais dans une démarche de culture pianistique globale qui est certainement très profitable à long terme. Je déplore personnellement beaucoup la pauvreté du répertoire de certains apprentis musiciens qui jouent au grand maximum 4 ou 5 morceaux par an (voir moins). Ceci est bien sûr du souvent au manque de temps en cours et en dehors. Ayant déjà bien du mal à trouver des moments pour pratiquer, on se limite au travail visant la progression technique, en laissant de coté l’exploration du merveilleux et gigantesque répertoire du piano.

Je pense qu’avec cette possibilité d’avoir à disposition facilement une multitude de morceaux, vous ferez imperceptiblement plus de piano qu’auparavant. Déjà parce que vous ne ferez plus que “travailler”, mais “jouer” aussi du piano pour votre plaisir et éventuellement même celui de votre entourage. Bien sûr, il ne faudra pas que ça remplace votre travail journalier, mais le weekend ou les vacances sera pour vous une occasion de renouer avec la joie de jouer sans “prise de tête”.

N’oubliez pas bien sûr qu’il est indispensable d’acheter de temps en temps de nouvelles partitions comme vous achèteriez un bon bouquin pour les vacances, afin de renouveler vos sources. Et pour savoir quoi acheter, vous pouvez vous aider des pages de morceaux par niveau que j’ai créé sur ce site.

Je vous demande de partager cet article s’il vous a plu sur les réseaux sociaux ou par mail à vos amis.

NoteWorks, une application pour les petits et grands geeks musiciens

De nombreux enfants et adultes butent sur la lecture de note de partition, et prennent ça comme un pince-homme. Les parents ont bien du mal à motiver leurs enfants et à les aider, ne sachant pas eux-même lire les notes. Ceci est bien compréhensible, car la lecture solfégique est un processus qui demande une gymnastique au cerveau particulièrement contre-nature et couteuse en énergie. Alors on trouve toujours une bonne raison de repousser à plus tard son entrainement.

Je suis une grande fan d’application téléphone. Je trouve que pouvoir réviser quelque chose de n’importe où n’importe quand, dans un temps “perdu”, est vraiment intéressant alors que nous manquons tous tant de temps. J’ai déjà parlé de l’application NoteRush sur ce site, et vous avez été nombreux à apprécier. Et bien en voici une autre bien rigolote.

Avec cette application il n’y aura plus d’excuses, à part celle de ne pas avoir de SmartPhone ou de tablette. En effet, on la trouve à la fois sur l’Apple Store, et sur Android (par Google Play ou Amazon).

Application lecture de note

Icône sur tablette

Il s’agit de NoteWorks. Une application conçue comme un petit jeu vidéo, très conviviale et comportant de nombreux réglages qui permettent de l’adapter à tous les niveaux entre 0 et 7 ans de piano.

Une interface joyeuse et attractive :

En effet, une petite musique de fond guillerette vous accueille dès l’ouverture et vous met déjà dans une ambiance ludique. Elle est très colorée et un petit personnage croque les notes si vous avez donné la bonne réponse, ou qui les laissent aller “se brûler les ailes du coté gauche” si vous avez fait une erreur. Les enfants adorent, de 7 à 77 ans ! Un système de point et de niveaux permet d’évaluer son avancée, et de motiver les personnes attirés par une idée de performance.

Un intérêt bonus pour les plus avancés :

On entends également le son de la note sur piano à sa bonne octave (hauteur) juste après avoir répondu, ce qui présente l’intérêt pour les élèves plus confirmés de travailler leur oreille et notamment de vérifier la justesse de leur écoute interne.

Pour les débutants, cela peut certainement aussi les habituer aussi à ne pas concevoir une note sans notion de hauteur de son, ce qui est souvent le cas dans un apprentissage classique de la lecture de note.

De nombreux réglages :

21 Niveaux :

Les niveaux de 1 à 6 sont sans altérations. La progression se fait en écartant progressivement la zone travaillée, en commençant par un empans (une zone) de 5 notes. On a le choix d’apprendre les clés de sol et de fa de manière séparée, ou ensemble en partant du do centrale entre les deux portées et en écartant petit à petit. L’application peut donc suivre parfaitement une progression classique employée par la plupart des professeurs. A partir du niveau 7, se rajoute des altérations (les dièses et les bémols pour les touches noires), et toutes les tonalités majeures et leur relatifs sont passés en revue. Mais les altérations sont notés uniquement à l’armure (à la clé), donc on se retrouve bien en situation réelle de jeu comme face à une partition. Et ça, c’est d’un grand intérêt !

 

Une application modulable

Les préférences

 

Préférences (réglage généraux) :

  • Quatre clés proposées : Les clés de sol, fa, les deux assemblées dans la “grande portée” du pianiste (mais attention, uniquement sur tablette pour des questions évidentes de place sur l’écran) et les clés d’ut 4 et ut 3 (des clés utiles pour d’autres instruments que le piano ou pour les niveaux avancés chez les pianistes, notamment pour la transpositions rapide d’un morceau).
  • Trois façons de répondre : avec un clavier, ou les notes écrites en toute lettre selon le système français do ré mi etc ou international C D E etc. On a la possibilité de répondre par des notes altérées.
  • Elle peut aussi s’adapter à quelqu’un qui connait déjà ses notes et qui veut juste accélérer sa vitesse de lecture.
  • Bien que le concepteur soit anglophone d’après ce que j’ai compris, il est possible de régler la langue en français ou 11 autres langues. Délicate attention tout de même.
Interface sur Smart Phone

L’interface sur Smart Phone

Réglages des jeux :

Chaque partie peut avoir accès à différents réglages plus poussée comme :

  • La vitesse de présentation des notes. Quatre vitesses possibles
  • Avec aide ou sans aide. Si l’on met trop de temps à répondre, la réponse est indiquée en vert. Cela permet de rester dans une dynamique de lecture, sans se focaliser sur une note qui bloque.

 

Visuel de NoteWorks sur tablette

Interface sur tablette

 

Intérêt pour les parents et professeurs :

Cette application permet également d’ouvrir plusieurs sessions pour plusieurs joueurs. C’est d’un grand intérêt pour les enseignants qui peuvent donc garder la progression pour chaque élève d’un cours à l’autre sans être obligé de perdre du temps à modifier les réglages. Un grand avantage également pour les parents de plusieurs apprentis musicien.

 

En ouvrant NoteWorks

Jeu en fonction de la progression ou réglage ponctuel.

Et sinon, on peut créer également un “jeu sur mesure” à n’importe quel moment sur la session en cours pour un musicien qui passe par là de manière ponctuelle ou si l’on veut soit-même essayer un autre niveau que celui en cours.

 

Un regret :

Un seul regret pour moi, est qu’il manque la lecture des notes à plusieurs lignes supplémentaires sur la grande portée. En effet, sur ce mode de jeu, les notes ne vont pas plus loin que le si en dessous de la clé de fa et le si au dessus de la clé de sol. Mais ce défaut est largement compensé par le fait que le mode de jeu pour les clés seules vont jusqu’à 3 lignes supplémentaires au dessus et en dessous. Donc il est tout à fait possible de s’entrainer tout de même pour ces notes souvent négligées.

Une application ludique pour apprendre les notes de musique

Icône sur téléphone

Bref, je pense que vous avez compris maintenant les atouts de cette application que vous pourrez acquérir pour quelques euros. Je l’adore, comme tous les outils actuels qui peuvent nous faciliter l’apprentissage et nous rendre les choses ludiques.

Si cet article vous a intéressé, vous m’aiderez beaucoup en le partageant sur les réseaux sociaux. J’aimerai pouvoir atteindre le plus de monde possible pour informer, enseigner et partager sur la musique et le piano.

La formation musicale en conservatoire, interview de Didier Courty

Comment enseigner la formation musicale, chanter et entendre juste, l’oreille absolue et relative, enseigner le rythme et la lecture de note. Autant de questions cruciales pour tout enseignant ou étudiant en musique. Je les pose à mon professeur de formation musicale au CRR de St Maur des Faussés.

Didier Courty est un enseignant qui sait se poser des questions et qui se donne beaucoup pour ses élèves. J’ai énormément de considération pour lui, car je lui dois beaucoup. J’ai enfin compris l’intérêt du “solfège” au cours des années passées dans sa classe. Il sait rire, plaisanter, ou se fâcher quand il faut secouer le cocotier. Mais surtout il donne du sens à sa matière avec un lien constant entre la théorie, l’écoute des oeuvres et l’instrument pratiqué. Il a une vision globale de la “formation musicale”.

Vous trouverez plus bas des liens vers les ouvrages cités, ainsi que des références que j’ai jugé utile.

Bonne écoute ! et abonnez vous à la chaîne Youtube pour être tenu au courant des prochaines publications de ce type !

La méthode de référence pour plusieurs générations d’étudiants :

 

Le livre de lecture de note de Michel Ricquier :

 

La méthode de Marie-Claude Arbaretaz :

 

Une interview pour découvrir Marie-Claude Arbaretaz, la musicienne derrière la pédagogue.

Comment jouer du piano sans s’arrêter

Je réponds aujourd’hui à la question : “merci de donner des astuces (conseils) pour jouer une partition sans s’arrêter!”.

Transcription texte de cette vidéo :

Bonjour !

C’est Marie-Cécile du blog  https://apprendre-a-jouer-du-piano.com/.

Aujourd’hui je vais répondre à une question qui m’a été posée dernièrement sur le blog.

« Est-ce que tu aurais des trucs ou des astuces pour jouer sans s’arrêter ? »

Alors cette question est un petit peu vague. Je ne connais pas le contexte donc je vais essayer d’y répondre en fonction de différents contextes un petit peu rapidement, et j’espère que dans le lot il y aura le contexte voulu.

Parce que je ne sais pas si c’est en déchiffrant ? Est-ce que c’est en jouant un morceau qu’on a déjà travaillé ? Est-ce que c’est en jouant en public par exemple ?

Je ne sais pas.

Donc je vais répondre un peu dans tous ces cas de figure.

  1. Au déchiffrage

Si on déchiffre et qu’on s’arrête tout le temps.

  • Il faut travailler en comptant les temps.

C’est un bon moyen d’être toujours dans un flot de rythmes pour avoir l’habitude d’avancer. Et le fait de compter ça oblige à avancer tout le temps.

C’est la pulsation qui va permettre de ne pas s’arrêter. D’accord ?

Donc de sentir une pulsation interne. Il faut compter, compter, compter.

Il faut que le fait de compter soit prioritaire par rapport au fait de jouer. C’est pas grave si au début il y a peu de notes au piano. L’important c’est de tenir tout le temps le fait de compter et d’avancer, avancer, avancer, avancer, avec l’œil sur la partition.

Bien sûr il faut savoir repérer ses temps.

  • Il faut lire un petit peu en avance.

Par exemple on joue un temps et on est déjà en train de lire le temps suivant. Ou, on joue une mesure et on est déjà en train de lire la mesure suivante. Pour les plus avancés.

  • Il faut viser le premier temps de chaque mesure.

Par exemple, « Je ne sais plus très bien… troisième temps… quatrième temps… qu’est-ce qui se passe ? ». Je me retrouve au premier temps d’après.

Ça permet d’avancer.

Toujours le même principe en fait. Il ne faut pas tout jouer quand on déchiffre. Il faut avancer et être là, toujours au premier temps suivant, ou au premier temps de la mesure suivante.

Mais toujours priorité au rythme. C’est ce qui permet de toujours avancer.

  • Il faut travailler la lecture de notes.

Après il y a un travail de fond quand même qui est la lecture de notes. Parce que moi je vois beaucoup d’élèves qui s’arrêtent pendant qu’ils sont en train de jouer pour une malheureuse note qu’ils ne savent toujours pas, et que ça fait des années qu’ils ne la savent toujours pas.

Par exemple, en général, sur les lignes supplémentaires. Vous voyez une ligne, deux lignes supplémentaires au-dessus ou en-dessous ? En général on ne sait pas. Alors bon. On s’arrête à ce moment-là.

Donc ça c’est un travail de fond, de lecture des notes.

Ça c’était dans le cas où on déchiffre.

  1. Sur le morceau travaillé

Maintenant, si on joue un morceau qu’on a déjà travaillé quelques fois, et qu’on continue encore à s’arrêter, certainement c’est qu’on n’a pas assez travaillé. Ça c’est la réponse un peu basique que réponde beaucoup de professeurs.

  • Avec partition

Si ce n’est pas le cas et qu’on a déjà pas mal travaillé et que c’est toujours par exemple au même endroit.

  • Isoler le passage en question

Si c’est toujours au même endroit, il va falloir s’arrêter à cet endroit-là et travailler juste cet endroit-là. Les deux ou trois notes. En général il n’y a pas beaucoup de notes qui posent problème.

Mais juste cet endroit-là, les deux ou trois notes qui posent problème sur cette mesure.

Si on ne s’arrête pas toujours au même endroit, mais régulièrement dans la partition.

Alors ça c’est très courant, et souvent chez les gens qui tronçonnent et qui travaillent des morceaux, donc ça c’est très bien de travailler des morceaux du morceau. Mais il faut aussi enchainer ces fameux morceaux travaillés.

  • Travailler en tuilage

Il y a une astuce qui est vraiment très très utile. C’est quand vous travaillez, vous travaillez toujours en rajoutant la note qui suit le passage travaillé.

Donc si vous travaillez par exemple deux mesures, vous jouez ces deux mesures plus la première note de la troisième mesure. Comme ça, après, quand vous travaillerez la troisième mesure avec la quatrième vous aurez déjà fait le lien.

Sinon il faut travailler tous les bouts et après il faut travailler toutes les transitions. Donc ça vous fait perdre beaucoup de temps.

Ça c’est une chose que je vous conseille dans beaucoup de cas et très souvent sur le blog.

  • Sans partition

Après, si vous connaissez déjà beaucoup votre morceau et que vous souhaitez le jouer sans partition.

Alors là en général ça veut dire que vous avez un trou de mémoire.

Pour les problèmes de trous de mémoire il y a beaucoup de choses à dire. Mais si j’avais que quelques petites choses à dire :

  • Il faut travailler la main gauche toute seule par exemple, par cœur.
  • Il faut aussi travailler les mains ensembles très, très, très lentement, par cœur.

C’est-à-dire sans élan. Note à note. Parce que si vous êtes capable, sans élan, de jouer votre morceau par cœur, ça veut dire que vraiment vous le savez. Il n’y a vraiment pas de risque.

Voilà ça c’est des petites astuces pour quand on jour sans partition.

  • Travail mental

Après il y a aussi le travail mental, qui est très important.

C’est-à-dire pas toujours travailler au piano.

  • Imaginez avec la partition

Travaillez aussi en dehors du piano, avec votre partition que vous regardez, et que vous essayez de jouer mentalement. C’est-à-dire que vous imaginez que vous êtes en train de jouer, tout en regardant la partition.

Ça peut être assez flou, c’est pas grave.

  • Vous pouvez entendre juste le son.
  • Vous pouvez avoir des sensations dans certains passages.
  • Vous pouvez avoir la partition qui défile.

Tout ça est utile. Vous pouvez avec un petit mix de tout ça, c’est pas grave. C’est quand même très très utile.

  • Imaginez sans la partition

Après quand vous connaissez bien le morceau, vous pouvez le faire carrément par cœur, sans la partition, en image mentale.

Vous imaginez que vous jouez.

Alors là ça veut dire vraiment que vous connaissez bien le morceau.

Mais même principe. C’est pas grave si c’est flou. Vous vous imaginez en train de le faire. Voilà.

C’est très très très utile.

Après qu’est-ce qui se passe ?

C’est que quand vous jouez de nouveau sur le piano, vous pouvez faire appel à cette image mentale un tout petit peu en avance. Donc vous êtes toujours en avance par rapport à ce que vous êtes en train de jouer. Ça vous permet d’être toujours dans un flux qui ne s’arrête pas.

Ça c’est vraiment la grande clé pour ne pas s’arrêter. C’est être toujours en avance par rapport aux doigts. En avance mentalement.

Comme ça, si vous avez un petit trou de mémoire ou quelque chose qui vous gêne, vous avez un petit peu de marge avant que vos doigts arrivent à ce moment-là.

Bon c’est un peu imagé la façon dont je vous le dis, mais c’est tout à fait ça.

  1. Travail de fond

Ensuite, je pourrais parler d’un travail de fond très très utile. Un travail rythmique.

Il faut absolument travailler le rythme.

Le rythme est le moteur de tout instrumentiste. Si vous êtes bon en rythme, vous aurez vraiment un atout énorme pour ne plus vous arrêter.

C’est vraiment le moteur de la musique.

Sans le rythme il n’y a pas de musique. Parce qu’il n’y a pas de temps. La musique est un art qui se déroule dans le temps. D’accord ?

Donc travaillez votre rythme avec partition et sans partition.

Juste corporellement. Les deux sont importants.

  1. En public

Maintenant, si vous êtes devant un public, là il y a un problème de trac.

Le trac je ne peux pas parler de ça en une vidéo, parce que la vidéo serait vraiment trop longue sinon.

Le trac c’est un problème :

  • De confiance en soi.
  • De confiance en son travail.

Est-ce qu’on a confiance dans le travail qu’on a fait.  Est-ce qu’on se sent solide ou pas.

Donc il y a un travail de fond vraiment à faire derrière. Souvent une grosse partie du trac peut être complètement améliorée rien que par un bon travail au préalable du morceau.

Mais après il y a un problème de confiance en soi. De respiration. Savoir gérer son corps.

Je n’avance pas plus sur ce sujet-là.

Après ce qu’il faut bien comprendre c’est que quand vous jouez en public, et que vous avez suffisamment travaillé, vous avez confiance en vous, il y a besoin de tout oublier et de se faire plaisir. D’entendre la musique à l’avance dans un plaisir énorme. De se dire « Han je vais entendre ça au bout de mes doigts et je vais pouvoir l’offrir au public, oh que ça va être chouette ! »

Comment voulez-vous après vous arrêter ?

C’est pas possible parce que le plaisir vous pousse.

Voilà ça c’est vraiment important.

En gros j’ai essayé de balayer toutes les situations qui ne me sont passées à l’esprit. Il y en a peut-être d’autres. Ce n’est pas exhaustif.

Si ça vous a plu et que ça vous a aidé, partagez la vidéo, cliquez sur le petit pouce « j’aime », ou alors « je n’aime pas » si ça ne vous a pas beaucoup aidé, pourquoi pas.

Abonnez-vous à ma chaîne et à bientôt !

Interview de Nathalie Béra-Tagrine sur sa méthode de piano

Le 22 avril 2017, j’ai eu l’immense honneur de pouvoir interviewer Nathalie Bera-Tagrine dans son studio de musique à Paris. Les informations que vous allez trouver dans cette vidéo sont extrêmement précieuses pour les professeurs qui utilisent sa méthode de piano, la méthode Tagrine, aux éditions Van de Velde. Une mine de petites perles pédagogique ! Prenez le temps !

Si vous êtes apprentis pianiste ou parent de petit pianiste, vous pouvez aussi y trouver des informations utiles, mais cette vidéo s’adresse plutôt à des enseignants.

La durée d’1h30 suppose que vous preniez le temps, avec l’ouvrage sous les yeux éventuellement… Les minutages ci-dessous vous permettront de l’écouter en plusieurs fois. Bonne découverte !

Vous pouvez aussi aller lire mon article sur la méthode Tagrine.

Pour être tenu au courant d’autres interviews de ce type ou tout autre contenu intéressant pour les enseignants, inscrivez-vous à la newsletter en bas de cette page.

Détail de ce que vous pouvez trouver dans la vidéo :

Le volume 1 n’étant pas en ma possession en ce moment, je n’ai pu mettre les numéros des pages que pour le volume 2.

Présentation générale :

Jusqu’à 08:19 Nathalie BT présente son parcours

08:20 Genèse et présentation de la méthode Tagrine (éditions Van de Velde)

12:20 Présentation des Pièces récréatives (éditions Van de Velde)

Volume 1 et divagations pédagogiques :

13:40 Présentation du Volume 1 de la méthode Tagrine, les premiers morceaux en mains alternées.

19:20 Valse de l’Elegant Chat (4 mains)

20:00 Présentation des Exercices Tagrine de la p.17, exercices de tenue, levées, legato, tenue de la main

27:38 enseignement, composition,

30:04 équilibre prof-concertiste, enseignement et développement pianistique personnel.

33:40 retour à la méthode, comment prendre les premiers morceaux.

34:45 Les mains ensemble avec La rencontre.

39:15 alterner la méthode avec quoi ?

40:50 exercice

44:00 passage du pouce. Par dessus, ou par dessous

48:35 Hommage à Bach.

51:50 compter

Volume 2 :

54:15 Volume 2

55:20 Chat nostalgique p.31

57:10 Lier les accords entre eux (toujours sur le Chat Nostalgique)

58:55 Les doubles croches p.39

59:10 Câlineries p.43

59:40 Le Défilé p.45

01:00:00 Polichinelle p.47 et Trois jeunes tambours p.49

1:01:00 Piano Bar p.56

01:02:00 Auprès de ma blonde p.60

01:02:00 L’épopée  p.63

01:04:08 l’Exilé p.66

01:06:55 les deux voix, Meunier tu dors p.74

01:07:40 Nostalgie p.77

01:08:40 Poliouchka Poli p.82

01:09:15 Là-haut sur la montagne p.86

01:09:23 Nuits de Moscou p.89

01:09:55 Le chat est énervé p.92 (Toccatina de Tchaïkovski)

01:11:15 Cours de danse p.97

01:12:14 Combien de temps pour la méthode ?

01:13:20 Les heures du matin de Czerny (n°5 sur les trilles)

01:14:55 le 3 pour 2 p.98

01:14:40 Souvenir d’enfance p.101 les arpèges (référence à Schuman)

01:20:02 Grande Valse p.104

01:21:15 Les Danseurs russes p.108

01:21:47 Sicilienne p.112

01:23:02 le Cat’s p.116

01:23:41 Katioucha p.120

01:24:00 Hommage à Mozart p.124

01:25:10 L’orage p.129

01:25:22 Le temps des fleurs p.133

Témoignage Le piano et moi

Je laisse aujourd’hui la parole à une de mes élèves particulièrement passionnée que j’ai vu évolué au fil des années de manière spectaculaire. Il y a encore quelques années, elle présentait de gros blocages dans sa pratique et sa manière d’aborder l’instrument. Maintenant, elle a tellement progressé qu’elle utilise même le piano au sein de son propre travail :

Quand Marie-Cécile m’a demandé de répondre à cette question par écrit : « Quelle place occupe le piano dans ta vie et que t’a-t-il apporté ? », la réponse la plus simple est celle-ci : il suffit de regarder la place qu’il occupe dans la pièce principale de la maison ! S’il n’était pas là, il y aurait un grand vide… tant là où je vis que « là » où je me sens vivante. Le piano, et la musique à travers lui, m’apporte une complétude, surtout les jours en creux.

Je ne serais pas celle que je suis aujourd’hui si je n’avais pas grandi enfant puis évolué adulte avec lui. C’est une évidence.

Laurence petite

La petite Laurence bien appliquée

Tout a commencé par la chance d’avoir des parents qui m’ont fait le cadeau de placer le piano sur mon chemin à l’âge de sept ans. Je m’y suis engagée, avançant pas à pas pendant dix ans non stop, avec la jubilation des progrès accomplis à force de persévérance.

Puis ma relation au piano est devenue chaotique, avec des silences et des reprises. Pour rester en lien au piano, sans doute faut-il le désirer encore plus intensément que pour tout autre instrument. Car c’est un « poids lourd » ! De l’achat aux déménagements, de la place qu’il occupe au sol à la puissance du son qu’il émet. La pratique demande aussi un investissement en temps et argent avec le coût des cours. Mais le plaisir et le bonheur qu’il procure en échange n’a pas de prix. Apprendre à jouer du piano, c’est expérimenter le goût de l’effort, la discipline, la ténacité et l’humilité.

Osez reprendre le piano adulte

Le piano, c’est accepter l’éphémère. Des heures, des jours, des semaines et des mois de travail pour parvenir à jouer des morceaux voués à s’étioler s’ils ne sont pas entretenus, comme un jardin en friche toujours prêt à rejaillir à force de travail, même après de nombreuses années d’abandon. Ma motivation m’a fait faire des bonds depuis ma reprise il y a dix ans, avec une clé inattendue apportée par Marie-Cécile : l’improvisation.

Le piano, c’est aussi s’exposer aux autres, à travers un sens qui suscite l’émotion. Jouer, c’est être écouté, se confronter à la peur du jugement, à la crainte de ne pas être à la hauteur, c’est accepter les fausses notes et renoncer à la perfection.

Le piano, c’est ainsi un fabuleux moyen de travailler sur soi. La pratique a ouvert une porte sur mes forces, mes failles et mes zones d’ombre qui s’éclairent pièce après pièce.

Jouer du piano en groupe

Le piano, c’est enfin une formidable opportunité d’échanger autour de ce qui unit et réunit les pianistes et les apprentis pianistes. Grâce aux rencontres proposées par Marie-Cécile, j’ai tissé des liens profonds d’amitié sans lesquels je ne serais pas à 50 ans celle que je suis.

Le piano est une voie vers la joie. 

Laurence Saulais, le 4 juillet 2017

Interview d’Alain Stoffen du jeu Drôles de Notes

Voici aujourd’hui une interview d’Alain Stoffen qui nous parle de son super jeu de cartes Drôles de Notes, pour apprendre les notes de musique en s’amusant en famille. Cette entrevue a été réalisée au salon Musicora en avril 2017. Je m’excuse par avance pour la mauvaise qualité de la prise de son. Je ne savais pas à ce moment là comment faire mieux… Pour découvrir le jeu.

Transcription texte de la vidéo :

Marie-Cécile 

Bonjour Alain Stoffen. Je suis très contente de te retrouver aujourd’hui à Musicora. On est accueilli par le stand Qobuz aujourd’hui. Donc merci beaucoup Qobuz.

Je voudrais qu’on parle un petit peu de ton jeu, parce que j’en ai déjà parlé sur mon blog. J’ai fait un article que vous pouvez retrouver sur https://apprendre-a-jouer-du-piano.com/apprendre-a-lire-les-notes-en-samusant-en-famille/.

Pour présenter un petit peu ton jeu, j’aimerais que tu en parles. Comment t’ais venu cette idée de faire un jeu de société sur l’apprentissage des notes ? Quel a été ton but ?

Alain

L’idée de faire un jeu de société forcément c’était pas difficile à comprendre, parce que je sors d’une famille où on a une culture de jeux de société. Donc depuis tout petit, à chaque fois qu’il y a une réunion de famille, on est autour de jeux de société la plupart du temps. On passe des soirées absolument inoubliables à enchaîner des parties endiablées.

Et comme ça fait très longtemps que j’enseigne le piano, et forcément comme tout prof on a tous constaté que le solfège n’est pas forcément ce qui fait sauter de joie les enfants et même les adultes.

Ça fait très longtemps que moi, ce qui me tient à cœur en tant que prof, c’est de proposer une pédagogie où le plaisir est vraiment central. Donc forcément plaisir, jeu, solfège ça a fait un mélange dans ma tête. Et puis assez rapidement j’ai commencé à développer des petits jeux ludiques pour apprendre le solfège de façon sympathique.

Dans la foulée, petit à petit, je suis arrivé à dire « Maintenant je vais faire un jeu de société, mais un jeu de société où le jeu est tellement sympa, où les gamins sont tellement éclatés et pris par le jeu qu’ils en oublient l’apprentissage du solfège, et que l’apprentissage se fasse naturellement. »

Et c’est vrai que comme la majeure partie de mes élèves adorent jouer, adorent faire des petits boogies, des petits morceaux sympas, apprendre l’improvisation. Mais dès qu’il faut lire une note, c’est vraiment la croix et la bannière.

Du coup pour moi ça a été évident. Il fallait absolument un outil en premier pour justement apprendre à lire les notes. D’où « Drôles de Notes ».

Marie-Cécile

Voilà, donc le jeu s’appelle « Drôles de Notes », tu viens de le dire. Il est conçu pour apprendre la clé de Sol et la clé de Fa, jusqu’à 2 lignes supplémentaires il me semble.

Alain

Voilà c’est ça. En Clé de Sol on part du Do donc première ligne supplémentaire en-dessous de la portée que la portée jusqu’au Do deuxième ligne supplémentaire au-dessus de la portée.

Et en Clé de Fa, c’est pareil, c’est-à-dire qu’on part du Do deuxième ligne supplémentaire en-dessous de la portée, jusqu’au Do première ligne supplémentaire au-dessus de la portée.

Donc déjà à partir du moment où les enfants maîtrisent parfaitement ces notes-là, ils ont déjà un énorme confort. Et c’était le but du jeu.

Marie-Cécile

C’est un jeu où on a plusieurs niveaux de difficultés. C’est ça qui est l’avantage. On n’est pas obligé de déjà savoir lire ces notes. Au contraire, on apprend avec le jeu, progressivement, je crois que le premier niveau il y a 5 notes ?

Alain

Oui 5 notes. C’est-à-dire que pour moi le challenge était double.

Je voulais quelque chose qui soit extrêmement ludique, mais en plus je voulais aussi que les gens qui partent de zéro puissent aussi apprendre en partant de zéro.

Parce que c’était important.

Et en plus, ce qui est encore plus important, comme c’est un jeu, un outil pédagogique que j’avais destiné pour les familles, il fallait que les parents, que les grands-parents puissent aussi jouer. Et là plupart du temps, l’objection des parents c’est « Oui oui je veux bien mais je ne connais rien à la musique. Donc du coup je peux pas aider mon enfant. »

Alors que moi je voulais absolument que les parents puissent accompagner leurs enfants, ou pour les grands-parents leurs petits enfants dans cet apprentissage de la musique. Donc il fallait qu’ils puissent aussi, même s’ils partaient de zéro, prendre en main le jeu.

Parce que l’adulte dans le jeu va voir « le rôle de pédagogue ». C’est lui qui va guider l’enfant. Et comment faire en sorte que les parents puissent guider l’enfant s’ils ne connaissent pas la lecture des notes ?

Donc du coup on part à zéro. Il y a 4 niveaux d’apprentissage.

On part avec 5 notes au départ, aussi bien en Clé de Sol qu’en Clé de Fa.

En plus dans le petit manuel pédagogique qui accompagne le jeu il y a des anti-sèches. Donc au départ on peut tricher et utiliser des anti-sèches.

Ce qui est très sympa c’est que le « Drôles de Notes », on enseigne des petites parties qui sont très courtes, très dynamiques, très vivantes.

Il suffit de 2 ou 3 petites parties qui peuvent durer 2 ou 3 minutes, donc en 10 minutes on fixe très rapidement les 5 premières notes, on n’a plus besoin des anti-sèches, aussi bien pour les enfants que pour les parents. Après ils peuvent partir vraiment dans des petites stratégies du jeu.

Le but du jeu, j’ai avantagé les enfants, parce que les dés sont un peu pipés dans le sens où les enfants, dans le jeu, vont disposer de certains atouts dont ne disposent pas l’adulte. Du coup c’est pratiquement tout le temps l’enfant qui va gagner.

L’idée pour l’enfant, le but pour l’enfant, c’est de flanquer la super pâtée à l’adulte. Et ça ils adorent. Donc du coup ça c’est l’aspect motivation.

Marie-Cécile

Ça je confirme ! Ils adorent !

Alain

Moi en fait, quand je joue avec mes élèves, ce qui est très drôle, c’est que c’est rare que je gagne. Donc du coup mes élèves trouvent ça absolument aberrant de ma part d’avoir créé un jeu en tant que prof, où moi en tant que prof je perds.

Ce qui est très drôle, parce que j’ai plusieurs petits élèves qui sont dans la même classe, et comme je l’ai dit, le but pour l’enfant c’est de flanquer la pâtée, la raclée, à l’adulte.

Le jeu est basé sur le même principe que le Uno. Donc on a un certain nombre de cartes, il faut s’en débarrasser le plus vite possible. Celui qui perd, donc forcément l’adulte la plupart du temps, va avoir un certain nombre de cartes et va, en fonction des cartes qu’il va encore avoir en main, avoir des points de pénalités.

Donc l’enfant va essayer vraiment de faire en sorte que l’adulte est un maximum de points de pénalités et pour ça il a des petites cartes bonus, des cartes maudites, avec lesquelles il va vraiment pouvoir alourdir les points de pénalités.

Et ce qui est très drôle dans mes élèves quand j’étais dans ma phase test, parce que pendant un an je l’ai testé pour pouvoir complètement le paramétrer, il y avait 2 gamins qui étaient dans la même classe, qui avaient cours le même jour. Donc moi avec mes élèves je joue toujours 10 minutes ou un quart d’heure en début de cours.

Leur idée c’était vraiment de dire « Tiens voilà toi hier t’as eu un cours avec Alain, tu lui as flanqué 800 points de pénalités, et ben moi j’en ai fait 950 ! » Du coup ils faisaient la course tu vois, à qui aller en fait me flanquer la plus grande raclée.

Marie-Cécile

Oui j’ai constaté aussi la même chose.

Alain

Après il y a des profs qui ont dit « Voilà il faut, pour les parents ou les profs, monter une cellule psychologique parce qu’on fait que perdre ».

Mais en fait l’idée, en tant qu’adulte, en tant que prof, il faut jouer le jeu parce que ça permet vraiment de faire en sorte que les gamins sont tellement pris par le jeu, qu’ils vont développer en permanence des petites stratégies pour gagner, et en cherchant des petites stratégies, parce que ce jeu se joue à jeu ouvert.

D’habitude dans les jeux de cartes, on n’a pas le droit de regarder le jeu des autres parce que du coup on triche. Là on peut tricher parce qu’on joue à jeu ouvert. Donc tout le monde voit le jeu de l’autre adversaire.

Donc un gamin qui a envie vraiment de gêner l’adulte, de bloquer l’adulte dans son jeu, il va regarder les cartes qu’il a dans son jeu, il va regarder les cartes que l’adulte a dans son jeu, donc du coup en permanence, pour élaborer des petites stratégies, la gymnastique de lecture va être en permanence active. Donc il lit en permanence.

Du coup l’acquisition des notes se fait extrêmement rapidement.

Marie-Cécile

Oui, c’est vraiment un mode ludique effectivement. J’ai un petit Louis, si Louis tu me regardes, qui est très très très content de me mettre des points de pénalités à chaque fois.

Alain

Oui ils adorent !

Marie-Cécile

Voilà. Au tout début, les premiers cours, ils ne lisent pas forcément. Ils regardent juste la note. Mais en fait, petit à petit, ils sont obligés, quand ils apprennent le jeu, il y a une phase un petit peu plus tranquille où on n’est pas obligé d’utiliser toutes les cartes, les cartes maudites etc.

Donc on apprend petit à petit, et après on passe à quelque chose où automatiquement ils ont envie de savoir quel est le nom de la note, puisqu’ils sont obligés par le jeu lui-même.

Alain

Oui, c’est-à-dire que plus ils vont maitriser les notes, plus ils vont pouvoir élaborer des stratégies justement pour bloquer l’adulte. Et ça c’est vraiment l’élément clé de ce jeu.

C’est vrai que la pédagogie en tant qu’elle je l’ai développé depuis très longtemps. Après je voulais que le jeu soit tellement top et que les gamins soient vraiment pris par le jeu, soient motivés à fond, que développer la mécanique du jeu ça a été vraiment été la partie la plus importante parce que c’est vraiment ça qui donne le succès du jeu.

Aujourd’hui j’en ai vendu énormément et les retours sont super top. C’est vrai que tous les parents, tous les profs, tous les grands-parents, quand ils me contactent ils sont unanimes. Les gens adorent flanquer une pâtée aux adultes et en plus ils apprennent à lire les notes à une vitesse absolument incroyable.

Marie-Cécile

Oui c’est ça oui. Et donc ça peut être utilisé soit en cours, soit à la maison.

Alain

Oui. Initialement moi je l’ai créé comme étant un outil pédagogique à utiliser au sein des familles, parce qu’on joue soit un adulte contre un enfant, ou un adulte contre deux enfants, donc du coup en petit comité.

Mais c’est vrai qu’il y a beaucoup de profs qui l’utilisent au sein des cours. C’est vrai que quand on est prof particulier, forcément on est dans cette relation en tête à tête.

Marie-Cécile

Et on a un petit peu plus de temps aussi.

Alain

Voilà. C’est plus pratique. Après c’est vrai que quand on est cours d’FM, quand on a une classe devant soi, c’est un tout petit peu plus difficile à mettre en place.

Marie-Cécile

Oui tout à fait. Et ce jeu on peut le trouver actuellement par ton site ? On peut le trouver sur Amazon ? On peut le trouver où en fait ?

Alain

Le jeu est disponible sur le site http://droles-de-notes.com/.

Marie-Cécile

Très bien donc on le commande directement comme ça, on le reçoit par La Poste.

Alain

Ouais. Moi je traite les commandes en direct. Donc ça arrive chez moi, je passe tout de suite faire le petit colis, je le dépose à La Poste qui est juste à côté de ma maison donc c’est très rapide, et normalement, si vous êtes en France métropolitaine, vous avez le jeu sous 48H.

Marie-Cécile

Pour les francophones qui nous écouteraient, mais qui ne sont pas en France, pour l’instant c’est pas encore distribué à l’extérieur de la France ?


Alain

Si si. Ce qui est très bien c’est que je suis très copain avec les gens de La Poste et surtout celui qui s’occupe des comptes professionnels du coup il m’a très bien conseillé. Et les frais de port qui sont sur le site, qui sont de 5 euros, en fait c’est un prix unique pour toutes les destinations du monde entier. Parce que j’ai déjà eu des commandes d’Australie, du Canada, de la Guadeloupe, de la Martinique.

Marie-Cécile

Voilà donc aucun problème, n’importe où dans le monde on peut commander le jeu.

Alain

Exactement.

Marie-Cécile

D’accord. Très bien.

Merci beaucoup !

Alain

Merci Marie-Cécile !

Marie-Cécile

Et puis n’hésitez pas, c’est vraiment chouette, les petits enfants sont ravis de jouer. Ils cherchent des stratégies, ils regardent, ils inventent.

Moi je sais que mes petits élèves inventent même des nouvelles règles. J’en ai un qui, dernièrement, ne trouvait pas juste du tout que je n’ai pas droit aux cartes maudites. Alors il m’a obligé à prendre des cartes maudites.

Voilà ! C’est très très drôle.

Alain

Moi j’ai aussi un de mes petits élèves, et il est d’ailleurs sur une de mes vidéos sur mon site, parce que sur mon site il y a une page témoignages avec plusieurs de mes gamins, d’autres gamins, et des profs qui ont laissé leurs témoignages.

Et il y a un gamin notamment qui a, derrière mon dos, après il me l’a montré, il a créé un petit bouquin avec des dessins etc, qui explique, qui était destiné aux autres joueurs, où il apprenait toutes ces astuces et il voulait communiquer et partager toutes ses astuces pour gagner et pour tricher contre le prof. C’était « Le petit manuel du tricheur de Drôles de Notes » il l’avait appelé.

Marie-Cécile

Ah oui voilà, ça pousse la créativité.

Alain

Ouais, exactement. C’était le but.

Marie-Cécile

Merci beaucoup Alain et à bientôt !

Alain

Je t’en prie. À bientôt, tchao !