Earmaster, une application parfaite pour travailler l’oreille (Interview)

Vous avez des difficultés pour entendre les partitions ou pour savoir retrouver une mélodie à l’oreille ? Je vous présente aujourd’hui une application parfaite pour cela : Earmaster.

Pour PC, Mac et Ipad, ce logiciel est un superbe outil pour devenir un instrumentiste musicien, c’est à dire “qui a de l’oreille” ! Même si elle ne remplace pas un professeur, elle permet de pratiquer au quotidien ce qui a été vu en cours, avec pour vous la certitude que vous êtes sur la bonne voie. Vous pourrez “voir” vos progrès.

Quentin Nicollet, de l’équipe au Danemark nous explique tout ce qu’il faut savoir sur cette application. 

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Interview de Philippe Kaczmarek sur sa méthode de piano

J’ai eu la chance de rencontrer il y a quelques temps maintenant Philippe Kaczmarek du Tout Petit Conservatoire à Paris, au salon Musicora. Avec lui c’est le retour d’une interview comme j’aime les faire pour vous présenter un personnage, un auteur, une méthode et tout autre outil ou personne qui pourrait vous aider dans votre apprentissage. Mais ici il s’agit de vos enfants ou petits-enfants qui auraient entre 4 et 7 ans. Afin qu’ils apprennent à jouer du piano en mode ludique et créatif avant de se lancer plus en profondeur si vous remarquez des prédispositions.

Il nous présente ici sa Toute Petite Méthode de Piano, co-écrite avec Monique Gauché et éditée par ses soins. En dehors de la multitude de ses publications, vous pouvez retrouver son Tout Petit Conservatoire à Paris (19e) pour y inscrire vos enfants.

Sans plus attendre, voici plus d’explications en vidéo :

Vous pouvez retrouver la méthode de piano de Philippe Kaczmarek et toutes ses publications d’éveil musical ici :

http://www.ma-toute-petite-methode-de…

http://www.letoutpetitconservatoire.com/

Madame Pylinska et le secret de Chopin d’Eric-Emmanuel Schmitt

Image livre Madame Pylinska et le secret de Chopin Schmitt

Madame Pylinska et le secret de Chopin

D’Eric-Emmanuel Schmitt

Aux éditions Albin Michel

 

En cette période estivale pendant laquelle certains d’entre vous partent se reposer loin de leur quotidien, parlons lecture. Quoi de mieux pour “déconnecter” qu’un bon livre et une chaise longue à l’ombre d’un arbre ou d’un parasol ?

Lors d’une rencontre organisée à Bordeaux avec les élèves, j’ai entendu parler d’un livre qui m’a intriguée. Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde pour une de mes élèves et amie qui l’a dévoré. Enthousiasmée, elle me me l’a ensuite offert ! Ce livre m’a beaucoup plu donc voici un petit article en attendant peut-être une interview de son créateur…

Eric-Emmanuel Schmitt est l’auteur de nombreux romans, nouvelles, pièces de théâtre, et réalisateur de films français et belge depuis quelques années. Il parle ici à la première personne d’un aspect de sa vie que nous ne connaissons pas tous : sa rencontre et sa relation avec la musique et le piano.

 

Ce meuble porteur d’affect :

Le contexte de départ du livre est assez inattendu vu qu’il dépeint le piano comme un intrus et un ennemi dans sa propre maison. Mais de manière assez subtile, l’auteur exprime ici un aspect tout à fait réel de la présence du piano dans un intérieur : lourdeur, place prise qui semble énorme à un enfant, bruyant et imposant. Il n’est pas rare d’avoir tendance à personnaliser un piano. De lui donner des intentions. Sa présence n’est jamais anodine dans une maison. Même oublié dans un coin, il porte un message, une histoire familiale, un désir non assouvi ou abandonné. Selon l’histoire de chacun, il peut être enchanteur et porteur de joie comme il peut plomber littéralement l’atmosphère. Il peut d’ailleurs être l’un ou l’autre à certaines périodes de la vie.

Mais revenons au départ de ce livre. L’auteur ne porte donc pas particulièrement le piano dans son cœur, mais un jour une personne vient chez lui et joue du Chopin. Et là c’est le choc ! Il veut apprendre à jouer, et en particulier à jouer Chopin.

Passant rapidement sur ses débuts, toute l’histoire de ce livre relativement court est centré sur sa rencontre et sa formation quasiment initiatique avec une femme, professeur d’origine polonaise : madame Pylinska.

 

Un professeur bien étrange :

 

Cette femme rassemble à première vue tout ce qui peut rendre antipathique un professeur de piano pour la plupart des gens. Dès le premier contact, elle se met en colère lorsque son futur élève lui annonce vouloir travailler une heure par jour, ce qui peut sembler déjà énorme à tout un chacun.

« Vous nous faites insulte ! » Dit-Elle.

Mais il est vrai que cela rappelle beaucoup de nouveaux élèves qui voudraient jouer du grand répertoire en passant totalement sur la réalité des faits : ceux qui jouent réellement ce répertoire y passent des milliers d’heures depuis des années. Ils s’étonnent que ça ne rendent pas chez eux ce qu’ils entendent à la radio ou sur Internet.

L’engouement qui a rendu le piano fort populaire depuis le 19ème siècle a son revers de la médaille s’il n’est pas suivi d’information sur la complexité de son répertoire. C’est ce qu’essaie de faire Madame Pylinska à sa manière. Il peut être tendant d’être critique sur cette vision “traditionnelle” de la pratique de cet instrument. Il est tout à fait vrai que la pédagogie musicale a encore beaucoup de progrès à faire sur le plan de la communication, mais on ne peut pas non plus nier les grands pianistes qui en sortent. Parfois ce sont plus des « virtuoses » que des musiciens, mais ils ont accès cependant au grand répertoire. Ils sont bien en capacité de le jouer.

 

Je ne serais moi-même pas très honnête si je prétendais que tout ceci n’est pas réel. Ayant moi-même travaillé entre deux et cinq heures par jour pendant toute mon adolescence et mes jeunes années d’adulte, certains professeurs n’ont pas été tendres avec moi. J’ai déjà eu l’occasion d’en parler sur ce blog, j’ai découvert après que beaucoup de manières de faire étaient perfectibles, mais l’aurais-je découvert si je n’avais pas eu les outils pour le faire et les résistances pour me pousser à les chercher ?

 

Ce livre m’amène à une réflexion sur la pédagogie induite couramment par une foule d’œuvres littéraires et cinématographiques quand il s’agit d’art. L’éternel combat entre technique, rationnel contre artistique et ineffable. De nombreux artistes sont issus d’enfance difficile :

  • “Le piano absolu”, auto-biographie du pianiste Lang Lang
  • L’histoire de l’enfance de Wolfgang enseigné par son père Léopold Mozart
  • Le film Whiplash, parlant des début d’un batteur avec l’enseignement brutal et cruel de son professeur…
  • etc… les exemples ne manquent pas…

On peut se rebeller contre ces fortes personnalités comme un futur soldat pourrait se rebeller contre son chef quand il le pousse dans ses retranchements, mais peut-on nier les nombreux faits qui sont là ? Les personnages qui en ressortent ?… Bon évidement former un combattant est sans commune mesure avec le fait de former des musiciens. Il faut aussi savoir raison garder !

J’ai bien conscience que tout ceci va à l’encontre de la tendance actuelle rebelle d’une humanité comme en adolescence. Bienveillance, pensée positive, développement personnel et bien d’autres courants de pensée prêchent la douceur, le calme, l’empathie (moi la première). Mais ne sommes-nous pas en chemin en train de perdre une certaine puissance, une certaine ambition et de la grandeur ?

Ce livre a soulevé à nouveau pour moi plusieurs questionnements :

  • La pédagogie bienveillante c’est quoi ? Sommes-nous réellement non-violent quand nous cherchons la bienveillance à tout prix ?
  • L’intransigeance est-il un manque de bienveillance ?

Je n’en sais rien. Très sincèrement. Mais je préfère me poser la question régulièrement afin de ne pas perdre de vue que les choses sont parfois plus complexes qu’on ne le souhaiterait. Ce qui semble bon et “bien pensant” n’est pas forcément si bon qu’on voudrait le penser par facilité.

Entendons-nous bien ! Je ne dis pas qu’il faut revenir aux méthodes violentes d’apprentissage. Clairement pour moi c’est un non franc et massif. Mais je pense que l’on doit créer petit à petit, d’ajustement en ajustement une nouvelle manière d’enseigner sans renier nos racines et les manières de faire des anciens. Et retrouver aussi plus de spontanéité dans l’enseignement.

Je ne peux m’empêcher de respecter cette femme qui finalement, sous ses apparence de professeur classique revêche et perchée, a la bienveillance d’éveiller son élève non à une technique pianistique vide de sens dont il ne fera rien pour sa propre vie, mais plutôt à son propre talent à travers sa pratique du piano et de Chopin. Comme elle le dit : “trouve la porte…”

Elle est plus qu’un professeur de piano formé à la musicologie, la physiologie, la psychologie, la pédagogie et autres mots en “…gie”. Elle est ce qu’on appelle un maître, un mentor comme disent les anglo-saxons.

 

Piano et sensualité retrouvée :

 

Un élément très important à mes yeux dans l’apprentissage du piano est abordé dans ce livre : la sensualité, le développement à l’extrême du sens du touché, l’ouverture à la conscience corporelle et son rapport à la nature. Ça ne pouvait d’ailleurs en être autrement, cet ouvrage étant un véritable hymne à la mémoire de Chopin.

Quoi de plus sensuelle que la musique de ce compositeur !

Chopin au piano

Je ne vais pas aller dans les détails ici afin ne pas vous couper le plaisir de la découverte lors de votre lecture. Je vous laisse découvrir au fil du livre les petits exercices qui ne manqueront pas de vous surprendre… à vous de les tester s’ils vous parlent 🙂 .

 

Citations à méditer :

Je vous laisse maintenant avec quelques citations significatives de ce beau livre :

“Virtuoses…

– ce n’est pas un gros mot !

– je vous apprends à devenir un artiste, pas un Narcisse. Dirigez la lumière sur la musique et non sur vous.”

“C’est la musique qui impose sa réalité à l’esprit. Elle demeure pure. Elle n’exprime pas des sentiments, elle les provoque…

Elle brandit les partitions.

-Ses titres, quasi mathématiques, s’avèrent plus honnêtes et plus mystérieux : ils ne nomment pas les émotions, celle-ci naîtront de la musique. Si la musique narre, à quoi bon la musique ? Abordant l’ineffable, elle ne dit que ce qui n’a jamais été dit nulle part.”

“Madame Pylinska, quel est le secret de Chopin ?

– II y a des secrets qu’il ne faut pas percer mais fréquenter : leur compagnie vous rend meilleur.”

“La mélodie doit se dérouler en ruban. Oui, je sais, un piano se résume à des marteaux en feutre qui tapent les cordes, c’est d’abord un instrument à percussion, mais n’en profitez pas pour le convertir en tambour ! Vous frappez, vous ne chantez pas. Chez vous, les coups succèdent aux coups.”

Après quoi elle fait écouter à son élève la Callas. Ce n’est pas sans me rappeler le livre d’Alexandre Taraud « Montrez-moi vos mains » dans lequel il exprime une fascination tout aussi forte pour les chanteurs qui soutiennent particulièrement les sons d’une ligne mélodique et qui ont une forte présence scénique (Barbara)…

“Écris ! Écris toujours en pensant à ce que t’as appris Chopin. Écris piano fermé, ne haranguent pas les foules. Ne parle qu’à moi, qu’à lui, qu’à elle. Demeure dans l’intime. Ne dépasse pas le cercle d’amis. Un créateur ne compose pas pour la masse, il s’adresse à un individu… Imite-le. N’écris pas en faisant du bruit, s’il te plaît, plutôt en faisant du silence. Concentre celui que tu vises, invite le à rentrer dans la nuance. Les plus beaux sons d’un texte ne sont pas les plus puissants, mais les plus doux.”

Parallèle entre l’écrivain et le compositeur. A l’instar de Taraud qui fait régulièrement le parallèle avec le théâtre. J’ai retrouvé également ce parallèle dans le livre “Mémoire d’empreinte” de Brigitte Bouthinon-Dumas.

“J’ose m’estimer bon professeur pour la raison que vous dites : je ne manque pas d’intransigeance.”

Si cet article vous a plu, partagez-le à vos amis. Merci à vous de m’avoir lu jusqu’ici.

Bonne lecture !

La théorie musicale pour les autodidactes de Will Metz

La théorie musicale de Will Metz

La théorie musicale pour les autodidactes
de Will Metz

Ingénieur de formation, Will Metz a un esprit très pragmatique dans cette toute nouvelle théorie de la musique, destinée aux musiciens autodidactes. Je suis personnellement toujours attirée par les musiciens qui n’ont pas fait que de la musique dans leur vie. Cela me permet souvent à leur contact d’accéder à une vision et un état d’esprit de recul dans ce domaine souvent en proie au sensible et à l’émotion. Ce qui est normal et naturel pour le mélomane auditeur n’est pas suffisant à mon sens pour le musicien pratiquant, car il est actif et créateur de la musique et non sous son emprise…

Will Metz fait preuve de beaucoup de bon sens, et j’adore ça. Il fait preuve de pédagogie en rassurant le lecteur en lui demandant de se concentrer sur ce dont il a besoin, lui en particulier au moment où il lit.

Une mise en forme pédagogique :

Le texte de cette théorie musicale est aéré, et la présentation très agréable. Quand je pense à mes 8 ans, et à ma théorie en noir et blanc, au texte incompréhensible et ennuyeux dans lequel j’ai du me plonger au conservatoire du 12ème arrondissement à Paris… ça me laisse songeuse sur l’évolution du monde musical. C’est de plus en plus le cas dans les ouvrages qui sortent actuellement et c’est une bonne nouvelle pour nous tous. Merci aux éditeurs !

  • Des couleurs douces et agréables.
  • Des schémas clairs et parlant pour mémoriser de manière visuelle les notions.
  • Des images pour éveiller notre attention et notre cerveau créatif
  • Une mise en valeur des notions importantes.
  • Bref… une très belle présentation. Et moi j’aime ce qui est beau… ET efficace.

 

Une différence de taille avec les autres théorie :

Cette théorie de la musique a une particularité qui la rend assez unique. Elle n’exige pas pour sa compréhension comme prérequis de savoir lire les notes, mais fait une place bien plus importante au solfège rythmique. Particulièrement intelligent ! Car si vous me suivez depuis quelques temps, vous n’êtes pas sans savoir que pour moi le rythme prime sur les notes en musique. C’est son fondement.

 

De la pédagogie que diable, de la pédagogie !

Dans cette théorie, on va à l’essentiel sans s’encombrer de pédantisme. Un ton humoristique détend régulièrement le lecteur et lui fait prendre du recul. On ne se prend pas au sérieux ici, et ça fait du bien. Des petites anecdotes sympathiques font appel encore une fois à notre imaginaire, puissant vecteur d’apprentissage.

Will Metz nous fait passer à l’action avec son régulier « comment vous entraîner ». Et il s’occupe des objections possibles du lecteur, ce que je n’ai jamais vu dans aucun ouvrage théorique à ce jour ! On sent donc une grande empathie de la part du lecteur. Merci monsieur !

Pour quel niveau ?

Cette théorie prend le lecteur au tout début de son apprentissage et va ensuite assez loin avec les modes, gammes par ton et blues. Tout ceci, je le rappelle, sans aucun besoin de connaissance en lecture de note. Les accords sont également abordés et présentés hors portée. Voici plus en détail ce qu’on y aborde :

  • Les bases :
    • Les notes
    • Les rythmes
  • La mélodie :
    • Les gammes
    • Les modes (dont tous les modes issus des gammes majeures, ainsi que mineures mélodiques et harmoniques)
  • La polyphonie :
    • Les intervalles harmoniques
    • Les accords de trois sons et leurs renversements
    • Les accords de quatre sons et leurs renversements
    • Les accords “enrichis” de 9ème, 11ème et 13ème.

Donc ambitieux et qualitatif.

Un volume 2 est annoncé pour élargir encore les notions avec l’harmonie, les rythmes et mesures plus complexes entre autres.

De la théorie à la pratique :

Bien sûr, toute la théorie du monde n’est rien sans une mise en application immédiate de ce que vous avez appris, et une évaluation des acquis par l’exercice. C’est pourquoi l’auteur a l’eu l’intelligence d’insérer en fin d’ouvrage une série d’exercices pratiques sur l’échelle diatonique et les altérations qu’elle implique.

Cependant, il ne faudra pas oublier que cela reste qu’une théorie. La musique ne peut pas s’appréhender efficacement et uniquement par l’intellect, mais surtout par la mise en mouvement du musicien et son expérience sensorielle. Ce n’est donc pas pour moi le meilleur moyen d’aborder la musique au début. Mais quand on arrive au stade où l’on a besoin de faire le tri avec ses acquis et d’avoir une vision rationnelle et globale de ses notions musicales, cette théorie est vraiment de qualité et intelligente.

Quatrième de couverture théorie de Will Metz

Et je vous laisse sur cette citation de Will Metz à méditer :

” Le monde de la musique est loin d’avoir dit son dernier mot, et tant qu’il y aura un public, il y aura une place pour en vivre. Cette place est à prendre ou à laisser. Elle appartient à ceux qui aiment et travaillent, pas à ceux qui croient en la chance et au don.”

 

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Comment travailler les rythmes irrationnels au piano

Il n’est pas rare au piano de se trouver face à des rythmes irrationnels, c’est à dire des rythmes dont les subdivisions ne correspondent pas à celles de l’autre main ou au nombre de temps de la mesure qui les accueille. C’est en particulier très courant chez Chopin ou Liszt.

Dans cette vidéo, je vous donne une piste de travail très efficace. Vous m’en direz des nouvelles :).

Pour visionner la vidéo d’où est issue la question de Rémi, cliquez-ici.

Comment ne pas noyer son morceau de pédale

Aujourd’hui je réponds à une question de Jeanne sur la pédale. Je donne une astuce pour ne plus noyer son morceau dans un nuage de pédale qui gâche tout. Vous pouvez vous aussi me poser votre question ici.

Voici les deux articles dont je parle dans cette vidéo :

Comment mettre la pédale de droite au piano

La pédale rythmique et enchaînée, explications en vidéo

 

Transcription texte de la vidéo :

Comment ne pas noyer son morceau de pédale !

 

 

Bonjour et bienvenue sur le blog https://apprendre-a-jouer-du-piano.com/.

 

Je vais répondre aujourd’hui à une autre question de lecteur qui se trouve en-dessous de ma vidéo qui s’appelle « Posez-moi vos questions ici »

Voilà, donc si vous avez une question, n’hésitez pas à me la poser en cherchant cette vidéo sur le blog. Pas sur ma chaîne, mais sur le blog https://apprendre-a-jouer-du-piano.com/.

 

Donc c’est parti.

 

Nous avons Jeanne qui me pose la question suivante :

« Personnellement, mon gros problème est la pédale. Pour la mettre correctement ça va, mais je ne sais jamais où la mettre au cours du morceau. Je suis tellement prise par ce que je joue que je mets la pédale n’importe où. J’ai tendance à me servir de la pédale comme bouée de sauvetage.

Difficulté ? Instinctivement j’appuie sur la pédale, ce qui noie tous les sons. Comment me sortir de ce défaut ? »

 

Alors tout d’abord Jeanne, c’est déjà très bien que vous ayez conscience que vous avez ce problème-là. Parce que la plupart du temps c’est inconscient.

Déjà, très bon point pour le départ.

 

Maintenant je vais vous donner une petite astuce pour travailler cela.

Auparavant, je voudrais m’assurer que vous savez bien où la mettre. Parce que je vois que vous me dites « Je ne sais jamais où la mettre au cours du morceau ».

 

Alors est-ce que vous ne savez pas où la mettre sur la partition ?

C’est ça que je ne sais pas.

 

Si vous ne savez pas où la mettre d’une manière générale, par rapport à une partition, comment et où mettre cette pédale, il faut vous référer aux articles que j’ai écris sur la pédale. Donc vous allez dans la section « Tous les articles ».

Ce sont 2 articles qui peuvent vous aider, qui s’appellent :

  • La pédale rythmique et enchaînée, explications en vidéo
  • Comment mettre la pédale de droite au piano

Ce sont 2 articles qui peuvent vraiment vous aider pour déjà savoir où mettre la pédale et comment le mettre en pratique.

 

 

Ensuite, vous parlez d’un défaut.

 

La première étape : Changez votre vision de l’application d’une pédale

Ce qu’il faut c’est que vous devez changiez la façon de voir la pédale.

Une pédale, une fois que vous l’avez mise en même temps que la première note de votre morceau, l’important n’est pas d’enfoncer. L’important n’est pas d’appuyer. Vous le dites vous-même « Instinctivement, j’appuie sur la pédale et je noie tous les sons ».

 

Alors maintenant vous allez changer votre façon de penser.

Vous allez vous dire « J’appuie en même temps que la première note, ça d’accord. Mais une fois que c’est parti, que le morceau est démarré, l’important est de soulever la pédale. »

Ce qui doit être actif c’est votre mouvement de soulever votre pédale, et non pas votre mouvement d’enfoncement.

Bien sûr vous allez renfoncer une fois que vous avez soulevé. Mais vous dites que vous noyez les sons.

Donc qu’est-ce qu’il manque ?

Ce n’est pas l’appui. Ce qui manque c’est le soulevé de pied. D’accord ?

Ça c’est une première chose. Une prise de conscience. Vous devez soulever votre pied pour effacer les sons et ne pas les noyer.

 

Maintenant, une petite astuce que je vous donne, un petit exercice.

Il est de jouer votre morceau avec le pied à côté de la pédale, en faisant le geste que vous devez faire pour jouer la pédale.

Donc vous allez jouer sans pédale, c’est-à-dire qu’on n’entendra pas, le piano ne gardera pas les sons, mais vous, vous travaillez le geste du pied à côté, pour 2 avantages :

 

  1. Prise de conscience de l’apport sonore de la pédale

Vous allez être privé du bonheur de cette pédale.

Vous allez donc pouvoir travailler plus vos doigts, c’est une chose qui est importante, mais ce n’est pas le sujet. Vous allez être privé du bonheur d’avoir cette pédale, donc vous allez avoir un besoin de la mettre à certains moments et de ne pas la mettre à d’autres moments.

Ça c’est très important parce qu’il faut que vous soyez consciente de ce qu’apporte la pédale.

Je ne connais pas votre passé, mais peut-être que vous avez tendance à la mettre un peu tout le temps et du coup vous ne savez pas vraiment distinguer à l’oreille quand elle y est et quand elle n’y est pas.

Ça c’est le premier avantage du fait de jouer sans pédale.

 

  1. Prise de conscience du geste de soulevé du pied

En même temps vous allez aussi travailler le geste du pied.

Qu’est-ce qui se passe quand vous mettez votre pied à côté ?

Si vous êtes le pied posé par terre, vous n’avez pas d’effort à faire. On est d’accord ?

Par contre vous allez avoir un effort à faire au moment où vous soulevez votre pied.

Et ça c’est le deuxième avantage. C’est-à-dire que vous allez consciemment soulever votre pied et après le laisser retomber inconsciemment, en tout cas sans effort.

L’effort est de soulever et pas de renfoncer, pas de reposer votre pied.

 

C’est ça qui doit se passer avec votre pédale.

Vous devez faire un effort pour soulever votre pied et faire retomber votre pied dans la pédale. C’est la petite astuce que je vous donne aujourd’hui.

 

Je vous le montre maintenant.

Je vais prendre l’exemple de la valse de Chopin en la mineur, qui est assez connue, celle-ci.

  • Là j’ai mis la pédale.

Vous avez vu, j’ai enfoncé la pédale au moment où il fallait.

  • Maintenant, ce que je fais, je vous montre. Vous mettez votre pied à côté.

Je vais faire le même geste mais en décalant mon pied un peu sur la droite. Donc vous avez le pied en l’air avant de partir.

Vous voyez ? J’ai fait le même geste mais en soulevant mon pied.

 

Voilà, faites ça et je vous garantis déjà que ça va aller beaucoup mieux pour votre problème de « noyer tous les sons dans la pédale ».

 

 

Si cette vidéo vous a plu, vous pouvez m’en faire part dans les commentaires sous le blog. Si vous êtes sur la chaîne je vous invite à vous abonner à ma chaîne et à cliquer sur le bouton « J’aime ».

 

Au revoir !

 

 

Le trac est-il une fatalité ?

Je réponds ici à la question d’un lecteur sur le trac, des mains qui tremblent et est-ce une fatalité. Quelques astuces pour qu’il ne vous empêche plus de jouer.

 

Transcription texte de la vidéo :

Le trac est-il une fatalité ?

 

 

Bonjour et bienvenue sur le blog www.apprendre-a-jouer-du-piano.com.

Je voulais aujourd’hui répondre à une question de Cheiffer, qui me disait ceci :

« Je voudrais savoir s’il est vrai que l’on doit vivre ou faire avec le trac ? Et si on peut le faire tout bonnement disparaitre ?

Croyant avoir tout essayé, je conclurais plutôt d’une façon fataliste, mais j’aimerais savoir s’il y a un espoir de voir un jour mes doigts s’arrêter de trembler en public. »

 

 

Le trac, il ne faut pas le considérer comme un ennemi.

Le trac nous permet d’être beaucoup plus concentré, d’être beaucoup plus attentif à ce qu’on fait, et très présent. Donc déjà il faut se retirer de l’idée que c’est un ennemi.

Maintenant il ne faut pas que ce soit un trac qui vous empêche justement de jouer.

 

Le trac se manifeste de plusieurs façons selon les personnes :

  • Les mains moites
  • Les doigts qui tremblent
  • Se sentir complètement épuisé
  • Se sentir énerver et ont tendance à jouer beaucoup trop vite
  • Le cœur qui bat

Toutes ces manifestations qui sont variantes en fonction des personnes et en fonction de l’historique de chacun.

 

Premièrement : on peut avoir eu de très mauvaises expériences dans son enfance.

Si on a été projeté sur une scène et qu’on n’était pas prêt, d’un seul coup on a eu un trac énorme et ça s’est mal passé.

Déjà, ces mauvaises expériences-là, je vous conseille éventuellement d’aller voir des personnes qui pratiquent des thérapies rapides pour un peu nettoyer la problématique sur le plan psychologique.

Ce n’est pas au prof de piano de régler ça en général.

Mais des fois, en 2 ou 3 séances ça se règle.

Ce genre de difficulté est inscrite dans toutes nos cellules. Parfois ça ne passe pas rien qu’en changeant un certain état d’esprit.

 

Deuxièmement : si on ne connait pas suffisamment son morceau.

Si on ne connait pas assez son morceau et qu’on n’est pas suffisamment à l’aise, bien sûr qu’on va avoir le trac.

On sait très bien au fond de nous qu’on ne sait pas assez bien le morceau, et que même chez soi on le voit de temps en temps. Donc forcément, devant quelqu’un c’est encore pire.

Donc plus vous allez maitriser votre morceau, mieux ce sera.

Plus vous allez maitriser votre clavier et être au fond en ayant trouvé un confort dans le clavier et mieux ce sera aussi.

C’est un travail de fond à faire :

  • La maitrise du morceau
  • La maitrise du clavier et du corps en rapport avec ce clavier

Il faut vraiment que vous trouviez un confort le reste du temps en dehors des prestations en public.

 

Troisièmement : il ne faut pas que ce soit une exception.

Si vous jouez une fois par an devant du monde, c’est obligé d’être complètement terrorisé. C’est trop rare.

Si vous voulez passer par-dessus ça, il va falloir multiplier les occasions de jouer en public.

  • « Tient, il y a quelqu’un qui vient à la maison dimanche, je vais essayer de lui jouer mon morceau. »
  • « Tient, il y a un piano dans le centre commercial de ma ville, maintenant je connais bien mon morceau, je vais aller le tenter dans le centre commercial. Ou dans les gares. »
  • « Tient, je vais aller tenter de jouer dans un magasin de piano pour voir si je me décompose d’aider quelqu’un qui passe. »

Il y a de multiples façons de jouer devant des pianos différents, parce que c’est un élément problématique aussi, c’est qu’à chaque fois on change de piano quand on joue devant quelqu’un, en tout cas la plupart du temps.

  • Changer plusieurs fois de pianos
  • Avoir l’habitude d’être dans des cadres différents
  • Avoir l’habitude d’être avec des personnes différentes

Je vous encourage à vraiment, quand vous avez du monde qui vient à la maison vous jouez des bouts de morceaux. Vous n’êtes pas obligé de jouer tous vos morceaux s’ils sont longs mais vous jouez, vous vous entrainez à jouer devant des personnes.

 

Quatrièmement : enregistrez-vous.

Ça vous met une petite pression quand même. Il n’y a que vous qui allez lire l’enregistrement mais quand même.

Le fait de vous enregistrer vous met une petite pression, il y a quelque chose qui écoute même si ce n’est pas une personne, c’est un objet qui prend en compte ce que vous êtes en train de faire.

Maintenant avec les téléphones c’est facile. Vous prenez le dictaphone et vous vous enregistrez. Et là, vous allez peut-être constater qu’en vous enregistrant vous n’êtes déjà pas à l’aise. Alors évidemment avec quelqu’un en plus c’est compliqué.

 

 

Ce n’est pas une fatalité les mains qui tremblent.

Maintenant je peux vraiment vous l’affirmer, puisque j’ai une élève qui, systématiquement, quand elle jouait, avait les doigts qui tremblaient terriblement. Ça se voyait même de loin.

C’était terrible et ça la mettait dans un malaise profond.

  • Elle a suivi quelques séances de thérapies, d’hypnose, je vous conseille aussi la kinésiologie.

J’ai constaté des bienfaits sur ces éléments physiques.

  • Elle a ensuite eu des projets pianistiques et s’est mis à jouer de plus en plus souvent devant des gens.
  • Elle a été notamment dans des maisons de retraite.

Elle joue une fois tous les mois. Elle a vraiment complètement résolu ses problèmes de tremblements.

 

Des fois ça peut revenir légèrement mais c’est complètement devenu épisodique.

Donc ce n’est pas une fatalité d’avoir un trac qui vous terrasse.

 

Je vous invite à poser la question à des maisons de retraite parce que souvent les personnes âgées sont très seules, manquent d’activités, sont délaissées bien souvent. Si ça vous dit, vous appelez les maisons de retraite dans votre région et vous leur demander s’il y a un piano, car c’est beaucoup plus courant qu’on ne le croit.

Et s’il y en a un, vous allez vous entrainer chez eux, à jouer. Ça vous entraine à jouer devant du monde.

 

Déjà, essayez ces petites choses-là.

 

Je voudrais maintenant vous poser la question à vous qui regardez cette vidéo.

  • Est-ce que vous n’auriez pas d’autres idées sur comment jouer devant du monde ?
  • Quelles sont vos astuces à vous pour jouer devant du monde ?
  • Du monde ça commence avec une personne.
  • Comment vous trouvez des astuces pour vous habituer à jouer devant du monde ?

Ecrivez-moi ça dans les commentaires en dessous de la vidéo sur le blog.

 

Si vous avez aimé cette vidéo, cliquez sur le bouton « J’aime » et abonnez-vous à la chaine.

 

Au revoir, à bientôt !

Le travail au piano

En cette semaine de la fête du travail, voici une réflexion spontanée sur un canapé : Le travail au piano. La motivation, la fainéantise, les objectifs etc…

 

Pour télécharger le fichier dont il est parlé dans cette vidéo, remplissez le formulaire sur la barre latérale à droite de ce que vous êtes en train de lire.

Transcription texte de la vidéo :

Le travail au piano

Réflexion du 1er Mai

 

 

Bonjour,

On est le 1er Mai. Je sais que je ne vais pas publier cette vidéo avant ce week-end mais je voulais vous faire une petite vidéo rapide sur le travail.

C’est la fête du travail, donc fêtons le travail !

 

Je voulais préciser un petit peu et vous poser la question : Pour vous, c’est quoi travailler le piano ?

 

Le travail induit un effort. Et cet effort on a tendance un petit peu à le fuir. Mais je pense que la plupart du temps les gens se disent qu’ils sont paresseux, qu’ils devraient travailler plus, qu’ils devraient avoir plus de volonté etc.

 

Moi je ne suis pas sûre que ce soit ça le problème.

Vous êtes motivé pour apprendre le piano. Mais ce qui pose problème souvent c’est que vous ne savez pas comment travailler.

C’est une chose effectivement de manquer de volonté. Ça arrive quand on a la flemme. Ça m’arrive régulièrement aussi de me dire « Oh j’ai pas envie de faire ci ou ça ».

Mais souvent, je me rends compte que la difficulté elle est surtout parce qu’on ne sait pas comment s’y prendre.

  • Par quoi commencer
  • Quoi faire
  • Comment faire

 

Ça c’était une première réflexion. On est beaucoup moins flemmard qu’on ne le pense.

 

Ensuite, je vais vous mettre dans le cadre d’un apprentissage de morceau.

  • C’est quoi travailler un morceau ?

C’est en fait l’apprendre.

  • Comment on apprend un morceau ?

Un petit peu comme si on apprenait une pièce de théâtre. On dit bien d’ailleurs répétition aussi au théâtre.

  • Il faut apprendre le texte.
  • Il faut donc en premier le lire.
  • Savoir quels sont les éléments.
  • Analyser un petit peu quels sont les passages qui vont poser problème.

Moi je vois souvent des gens qui se précipitent sur la partition, qui commencent déjà à jouer sans savoir où ils vont.

La première étape c’est quand même de lire votre morceau. De regarder quelles sont les difficultés. De voir s’il y a des doigtés à mettre. De les chercher. De les changer. De les gommer etc.

 

Je vous propose de changer le mot Travail par Répétition.

Dans le cadre d’un apprentissage d’un morceau, vous allez répéter. Et vous n’allez pas répéter 2 fois. Vous allez répéter jusqu’à ce que vous arriviez à un résultat.

  • Quel est ce résultat ?

C’est l’objectif que vous vous êtes donné. Si dans une séance de travail vous n’avez pas réussi votre objectif, très certainement que votre objectif était trop grand.

Donc il faut que vous cherchiez quel est votre objectif. Et en fonction de cet objectif, vous allez répéter le passage en question un certain nombre de fois, jusqu’à ce que vous y arriviez.

Normalement vous devriez y arriver. Si ce n’est pas le cas, vous allez vous dire que c’est trop gros, que vous avez pris trop de mesures, trop de notes, les deux mains alors que ce serait peut-être bien de travailler avec une seule main.

 

Gardez ça à l’esprit.

Votre travail doit être efficace. Si vous avez la sensation qu’il ne l’est pas, c’est que vous ne vous y prenez pas bien.

Je vous invite pour cela à relire mon bonus que je vous ai mis sur le blog, qui s’appelle « Les 10 principes fondamentaux pour apprendre un morceau ».

Relisez ce bonus. Il vous donne pleins d’astuces très très importantes pour travailler efficacement, donc de manière motivante.

Quand vous avez la sensation de progresser, bien sûr que vous allez avoir envie de travailler. C’est logique.

 

Donc ne restez pas dans une auto culpabilisation. « De toute façon j’ai pas de volonté. De toute façon j’y arrive pas parce que je suis pas bonne, parce que je suis trop débutant, parce que je suis nul ».

Ne vous remettez pas toute la faute sur vous, sur ce que vous êtes, mais plutôt sur ce que vous faites. D’accord ?

Vous aurez des résultats en fonction de ce que vous faites et de comment vous le faites, et non en fonction de ce que vous êtes.

Gardez bien ça à l’esprit.

 

Relisez ce bonus, toutes ces astuces qui sont entre autres :

  • Choisir le bon passage à travailler
  • Découper par petit morceau
  • Enchainer toujours au passage suivant

Toutes ces petites astuces que je vous donne dans le bonus, relisez-le.

 

On est la semaine de la fête du travail, donc profitez-en pour revoir ce qu’est le travail pour l’apprentissage d’un morceau.

 

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Au revoir !