Comment jouer du piano sans s’arrêter

Je réponds aujourd’hui à la question : « merci de donner des astuces (conseils) pour jouer une partition sans s’arrêter! ».

Bientôt la transcription texte  de cette vidéo ici.

Interview de Nathalie Béra-Tagrine sur sa méthode de piano

Le 22 avril 2017, j’ai eu l’immense honneur de pouvoir interviewer Nathalie Bera-Tagrine dans son studio de musique à Paris. Les informations que vous allez trouver dans cette vidéo sont extrêmement précieuses pour les professeurs qui utilisent sa méthode de piano, la méthode Tagrine, aux éditions Van de Velde. Une mine de petites perles pédagogique ! Prenez le temps !

Si vous êtes apprentis pianiste ou parent de petit pianiste, vous pouvez aussi y trouver des informations utiles, mais cette vidéo s’adresse plutôt à des enseignants.

La durée d’1h30 suppose que vous preniez le temps, avec l’ouvrage sous les yeux éventuellement… Les minutages ci-dessous vous permettront de l’écouter en plusieurs fois. Bonne découverte !

Vous pouvez aussi aller lire mon article sur la méthode Tagrine.

Pour être tenu au courant d’autres interviews de ce type ou tout autre contenu intéressant pour les enseignants, inscrivez-vous à la newsletter en bas de cette page.

Détail de ce que vous pouvez trouver dans la vidéo :

Le volume 1 n’étant pas en ma possession en ce moment, je n’ai pu mettre les numéros des pages que pour le volume 2.

Présentation générale :

Jusqu’à 08:19 Nathalie BT présente son parcours

08:20 Genèse et présentation de la méthode Tagrine (éditions Van de Velde)

12:20 Présentation des Pièces récréatives (éditions Van de Velde)

Volume 1 et divagations pédagogiques :

13:40 Présentation du Volume 1 de la méthode Tagrine, les premiers morceaux en mains alternées.

19:20 Valse de l’Elegant Chat (4 mains)

20:00 Présentation des Exercices Tagrine de la p.17, exercices de tenue, levées, legato, tenue de la main

27:38 enseignement, composition,

30:04 équilibre prof-concertiste, enseignement et développement pianistique personnel.

33:40 retour à la méthode, comment prendre les premiers morceaux.

34:45 Les mains ensemble avec La rencontre.

39:15 alterner la méthode avec quoi ?

40:50 exercice

44:00 passage du pouce. Par dessus, ou par dessous

48:35 Hommage à Bach.

51:50 compter

Volume 2 :

54:15 Volume 2

55:20 Chat nostalgique p.31

57:10 Lier les accords entre eux (toujours sur le Chat Nostalgique)

58:55 Les doubles croches p.39

59:10 Câlineries p.43

59:40 Le Défilé p.45

01:00:00 Polichinelle p.47 et Trois jeunes tambours p.49

1:01:00 Piano Bar p.56

01:02:00 Auprès de ma blonde p.60

01:02:00 L’épopée  p.63

01:04:08 l’Exilé p.66

01:06:55 les deux voix, Meunier tu dors p.74

01:07:40 Nostalgie p.77

01:08:40 Poliouchka Poli p.82

01:09:15 Là-haut sur la montagne p.86

01:09:23 Nuits de Moscou p.89

01:09:55 Le chat est énervé p.92 (Toccatina de Tchaïkovski)

01:11:15 Cours de danse p.97

01:12:14 Combien de temps pour la méthode ?

01:13:20 Les heures du matin de Czerny (n°5 sur les trilles)

01:14:55 le 3 pour 2 p.98

01:14:40 Souvenir d’enfance p.101 les arpèges (référence à Schuman)

01:20:02 Grande Valse p.104

01:21:15 Les Danseurs russes p.108

01:21:47 Sicilienne p.112

01:23:02 le Cat’s p.116

01:23:41 Katioucha p.120

01:24:00 Hommage à Mozart p.124

01:25:10 L’orage p.129

01:25:22 Le temps des fleurs p.133

Témoignage Le piano et moi

Je laisse aujourd’hui la parole à une de mes élèves particulièrement passionnée que j’ai vu évolué au fil des années de manière spectaculaire. Il y a encore quelques années, elle présentait de gros blocages dans sa pratique et sa manière d’aborder l’instrument. Maintenant, elle a tellement progressé qu’elle utilise même le piano au sein de son propre travail :

Quand Marie-Cécile m’a demandé de répondre à cette question par écrit : « Quelle place occupe le piano dans ta vie et que t’a-t-il apporté ? », la réponse la plus simple est celle-ci : il suffit de regarder la place qu’il occupe dans la pièce principale de la maison ! S’il n’était pas là, il y aurait un grand vide… tant là où je vis que « là » où je me sens vivante. Le piano, et la musique à travers lui, m’apporte une complétude, surtout les jours en creux.

Je ne serais pas celle que je suis aujourd’hui si je n’avais pas grandi enfant puis évolué adulte avec lui. C’est une évidence.

Tout a commencé par la chance d’avoir des parents qui m’ont fait le cadeau de placer le piano sur mon chemin à l’âge de sept ans. Je m’y suis engagée, avançant pas à pas pendant dix ans non stop, avec la jubilation des progrès accomplis à force de persévérance.

Puis ma relation au piano est devenue chaotique, avec des silences et des reprises. Pour rester en lien au piano, sans doute faut-il le désirer encore plus intensément que pour tout autre instrument. Car c’est un « poids lourd » ! De l’achat aux déménagements, de la place qu’il occupe au sol à la puissance du son qu’il émet. La pratique demande aussi un investissement en temps et argent avec le coût des cours. Mais le plaisir et le bonheur qu’il procure en échange n’a pas de prix. Apprendre à jouer du piano, c’est expérimenter le goût de l’effort, la discipline, la ténacité et l’humilité.

Osez reprendre le piano adulte

Le piano, c’est accepter l’éphémère. Des heures, des jours, des semaines et des mois de travail pour parvenir à jouer des morceaux voués à s’étioler s’ils ne sont pas entretenus, comme un jardin en friche toujours prêt à rejaillir à force de travail, même après de nombreuses années d’abandon. Ma motivation m’a fait faire des bonds depuis ma reprise il y a dix ans, avec une clé inattendue apportée par Marie-Cécile : l’improvisation.

Le piano, c’est aussi s’exposer aux autres, à travers un sens qui suscite l’émotion. Jouer, c’est être écouté, se confronter à la peur du jugement, à la crainte de ne pas être à la hauteur, c’est accepter les fausses notes et renoncer à la perfection.

Le piano, c’est ainsi un fabuleux moyen de travailler sur soi. La pratique a ouvert une porte sur mes forces, mes failles et mes zones d’ombre qui s’éclairent pièce après pièce.

Jouer du piano en groupe

Le piano, c’est enfin une formidable opportunité d’échanger autour de ce qui unit et réunit les pianistes et les apprentis pianistes. Grâce aux rencontres proposées par Marie-Cécile, j’ai tissé des liens profonds d’amitié sans lesquels je ne serais pas à 50 ans celle que je suis.

Le piano est une voie vers la joie. 

Laurence Saulais, le 4 juillet 2017

Interview d’Alain Stoffen du jeu Drôles de Notes

Voici aujourd’hui une interview d’Alain Stoffen qui nous parle de son super jeu de cartes Drôles de Notes, pour apprendre les notes de musique en s’amusant en famille. Cette entrevue a été réalisée au salon Musicora en avril 2017. Je m’excuse par avance pour la mauvaise qualité de la prise de son. Je ne savais pas à ce moment là comment faire mieux… Pour découvrir le jeu.

Transcription texte de la vidéo :

Marie-Cécile 

Bonjour Alain Stoffen. Je suis très contente de te retrouver aujourd’hui à Musicora. On est accueilli par le stand Qobuz aujourd’hui. Donc merci beaucoup Qobuz.

Je voudrais qu’on parle un petit peu de ton jeu, parce que j’en ai déjà parlé sur mon blog. J’ai fait un article que vous pouvez retrouver sur http://apprendre-a-jouer-du-piano.com/apprendre-a-lire-les-notes-en-samusant-en-famille/.

Pour présenter un petit peu ton jeu, j’aimerais que tu en parles. Comment t’ais venu cette idée de faire un jeu de société sur l’apprentissage des notes ? Quel a été ton but ?

Alain

L’idée de faire un jeu de société forcément c’était pas difficile à comprendre, parce que je sors d’une famille où on a une culture de jeux de société. Donc depuis tout petit, à chaque fois qu’il y a une réunion de famille, on est autour de jeux de société la plupart du temps. On passe des soirées absolument inoubliables à enchaîner des parties endiablées.

Et comme ça fait très longtemps que j’enseigne le piano, et forcément comme tout prof on a tous constaté que le solfège n’est pas forcément ce qui fait sauter de joie les enfants et même les adultes.

Ça fait très longtemps que moi, ce qui me tient à cœur en tant que prof, c’est de proposer une pédagogie où le plaisir est vraiment central. Donc forcément plaisir, jeu, solfège ça a fait un mélange dans ma tête. Et puis assez rapidement j’ai commencé à développer des petits jeux ludiques pour apprendre le solfège de façon sympathique.

Dans la foulée, petit à petit, je suis arrivé à dire « Maintenant je vais faire un jeu de société, mais un jeu de société où le jeu est tellement sympa, où les gamins sont tellement éclatés et pris par le jeu qu’ils en oublient l’apprentissage du solfège, et que l’apprentissage se fasse naturellement. »

Et c’est vrai que comme la majeure partie de mes élèves adorent jouer, adorent faire des petits boogies, des petits morceaux sympas, apprendre l’improvisation. Mais dès qu’il faut lire une note, c’est vraiment la croix et la bannière.

Du coup pour moi ça a été évident. Il fallait absolument un outil en premier pour justement apprendre à lire les notes. D’où « Drôles de Notes ».

Marie-Cécile

Voilà, donc le jeu s’appelle « Drôles de Notes », tu viens de le dire. Il est conçu pour apprendre la clé de Sol et la clé de Fa, jusqu’à 2 lignes supplémentaires il me semble.

Alain

Voilà c’est ça. En Clé de Sol on part du Do donc première ligne supplémentaire en-dessous de la portée que la portée jusqu’au Do deuxième ligne supplémentaire au-dessus de la portée.

Et en Clé de Fa, c’est pareil, c’est-à-dire qu’on part du Do deuxième ligne supplémentaire en-dessous de la portée, jusqu’au Do première ligne supplémentaire au-dessus de la portée.

Donc déjà à partir du moment où les enfants maîtrisent parfaitement ces notes-là, ils ont déjà un énorme confort. Et c’était le but du jeu.

Marie-Cécile

C’est un jeu où on a plusieurs niveaux de difficultés. C’est ça qui est l’avantage. On n’est pas obligé de déjà savoir lire ces notes. Au contraire, on apprend avec le jeu, progressivement, je crois que le premier niveau il y a 5 notes ?

Alain

Oui 5 notes. C’est-à-dire que pour moi le challenge était double.

Je voulais quelque chose qui soit extrêmement ludique, mais en plus je voulais aussi que les gens qui partent de zéro puissent aussi apprendre en partant de zéro.

Parce que c’était important.

Et en plus, ce qui est encore plus important, comme c’est un jeu, un outil pédagogique que j’avais destiné pour les familles, il fallait que les parents, que les grands-parents puissent aussi jouer. Et là plupart du temps, l’objection des parents c’est « Oui oui je veux bien mais je ne connais rien à la musique. Donc du coup je peux pas aider mon enfant. »

Alors que moi je voulais absolument que les parents puissent accompagner leurs enfants, ou pour les grands-parents leurs petits enfants dans cet apprentissage de la musique. Donc il fallait qu’ils puissent aussi, même s’ils partaient de zéro, prendre en main le jeu.

Parce que l’adulte dans le jeu va voir « le rôle de pédagogue ». C’est lui qui va guider l’enfant. Et comment faire en sorte que les parents puissent guider l’enfant s’ils ne connaissent pas la lecture des notes ?

Donc du coup on part à zéro. Il y a 4 niveaux d’apprentissage.

On part avec 5 notes au départ, aussi bien en Clé de Sol qu’en Clé de Fa.

En plus dans le petit manuel pédagogique qui accompagne le jeu il y a des anti-sèches. Donc au départ on peut tricher et utiliser des anti-sèches.

Ce qui est très sympa c’est que le « Drôles de Notes », on enseigne des petites parties qui sont très courtes, très dynamiques, très vivantes.

Il suffit de 2 ou 3 petites parties qui peuvent durer 2 ou 3 minutes, donc en 10 minutes on fixe très rapidement les 5 premières notes, on n’a plus besoin des anti-sèches, aussi bien pour les enfants que pour les parents. Après ils peuvent partir vraiment dans des petites stratégies du jeu.

Le but du jeu, j’ai avantagé les enfants, parce que les dés sont un peu pipés dans le sens où les enfants, dans le jeu, vont disposer de certains atouts dont ne disposent pas l’adulte. Du coup c’est pratiquement tout le temps l’enfant qui va gagner.

L’idée pour l’enfant, le but pour l’enfant, c’est de flanquer la super pâtée à l’adulte. Et ça ils adorent. Donc du coup ça c’est l’aspect motivation.

Marie-Cécile

Ça je confirme ! Ils adorent !

Alain

Moi en fait, quand je joue avec mes élèves, ce qui est très drôle, c’est que c’est rare que je gagne. Donc du coup mes élèves trouvent ça absolument aberrant de ma part d’avoir créé un jeu en tant que prof, où moi en tant que prof je perds.

Ce qui est très drôle, parce que j’ai plusieurs petits élèves qui sont dans la même classe, et comme je l’ai dit, le but pour l’enfant c’est de flanquer la pâtée, la raclée, à l’adulte.

Le jeu est basé sur le même principe que le Uno. Donc on a un certain nombre de cartes, il faut s’en débarrasser le plus vite possible. Celui qui perd, donc forcément l’adulte la plupart du temps, va avoir un certain nombre de cartes et va, en fonction des cartes qu’il va encore avoir en main, avoir des points de pénalités.

Donc l’enfant va essayer vraiment de faire en sorte que l’adulte est un maximum de points de pénalités et pour ça il a des petites cartes bonus, des cartes maudites, avec lesquelles il va vraiment pouvoir alourdir les points de pénalités.

Et ce qui est très drôle dans mes élèves quand j’étais dans ma phase test, parce que pendant un an je l’ai testé pour pouvoir complètement le paramétrer, il y avait 2 gamins qui étaient dans la même classe, qui avaient cours le même jour. Donc moi avec mes élèves je joue toujours 10 minutes ou un quart d’heure en début de cours.

Leur idée c’était vraiment de dire « Tiens voilà toi hier t’as eu un cours avec Alain, tu lui as flanqué 800 points de pénalités, et ben moi j’en ai fait 950 ! » Du coup ils faisaient la course tu vois, à qui aller en fait me flanquer la plus grande raclée.

Marie-Cécile

Oui j’ai constaté aussi la même chose.

Alain

Après il y a des profs qui ont dit « Voilà il faut, pour les parents ou les profs, monter une cellule psychologique parce qu’on fait que perdre ».

Mais en fait l’idée, en tant qu’adulte, en tant que prof, il faut jouer le jeu parce que ça permet vraiment de faire en sorte que les gamins sont tellement pris par le jeu, qu’ils vont développer en permanence des petites stratégies pour gagner, et en cherchant des petites stratégies, parce que ce jeu se joue à jeu ouvert.

D’habitude dans les jeux de cartes, on n’a pas le droit de regarder le jeu des autres parce que du coup on triche. Là on peut tricher parce qu’on joue à jeu ouvert. Donc tout le monde voit le jeu de l’autre adversaire.

Donc un gamin qui a envie vraiment de gêner l’adulte, de bloquer l’adulte dans son jeu, il va regarder les cartes qu’il a dans son jeu, il va regarder les cartes que l’adulte a dans son jeu, donc du coup en permanence, pour élaborer des petites stratégies, la gymnastique de lecture va être en permanence active. Donc il lit en permanence.

Du coup l’acquisition des notes se fait extrêmement rapidement.

Marie-Cécile

Oui, c’est vraiment un mode ludique effectivement. J’ai un petit Louis, si Louis tu me regardes, qui est très très très content de me mettre des points de pénalités à chaque fois.

Alain

Oui ils adorent !

Marie-Cécile

Voilà. Au tout début, les premiers cours, ils ne lisent pas forcément. Ils regardent juste la note. Mais en fait, petit à petit, ils sont obligés, quand ils apprennent le jeu, il y a une phase un petit peu plus tranquille où on n’est pas obligé d’utiliser toutes les cartes, les cartes maudites etc.

Donc on apprend petit à petit, et après on passe à quelque chose où automatiquement ils ont envie de savoir quel est le nom de la note, puisqu’ils sont obligés par le jeu lui-même.

Alain

Oui, c’est-à-dire que plus ils vont maitriser les notes, plus ils vont pouvoir élaborer des stratégies justement pour bloquer l’adulte. Et ça c’est vraiment l’élément clé de ce jeu.

C’est vrai que la pédagogie en tant qu’elle je l’ai développé depuis très longtemps. Après je voulais que le jeu soit tellement top et que les gamins soient vraiment pris par le jeu, soient motivés à fond, que développer la mécanique du jeu ça a été vraiment été la partie la plus importante parce que c’est vraiment ça qui donne le succès du jeu.

Aujourd’hui j’en ai vendu énormément et les retours sont super top. C’est vrai que tous les parents, tous les profs, tous les grands-parents, quand ils me contactent ils sont unanimes. Les gens adorent flanquer une pâtée aux adultes et en plus ils apprennent à lire les notes à une vitesse absolument incroyable.

Marie-Cécile

Oui c’est ça oui. Et donc ça peut être utilisé soit en cours, soit à la maison.

Alain

Oui. Initialement moi je l’ai créé comme étant un outil pédagogique à utiliser au sein des familles, parce qu’on joue soit un adulte contre un enfant, ou un adulte contre deux enfants, donc du coup en petit comité.

Mais c’est vrai qu’il y a beaucoup de profs qui l’utilisent au sein des cours. C’est vrai que quand on est prof particulier, forcément on est dans cette relation en tête à tête.

Marie-Cécile

Et on a un petit peu plus de temps aussi.

Alain

Voilà. C’est plus pratique. Après c’est vrai que quand on est cours d’FM, quand on a une classe devant soi, c’est un tout petit peu plus difficile à mettre en place.

Marie-Cécile

Oui tout à fait. Et ce jeu on peut le trouver actuellement par ton site ? On peut le trouver sur Amazon ? On peut le trouver où en fait ?

Alain

Le jeu est disponible sur le site http://droles-de-notes.com/.

Marie-Cécile

Très bien donc on le commande directement comme ça, on le reçoit par La Poste.

Alain

Ouais. Moi je traite les commandes en direct. Donc ça arrive chez moi, je passe tout de suite faire le petit colis, je le dépose à La Poste qui est juste à côté de ma maison donc c’est très rapide, et normalement, si vous êtes en France métropolitaine, vous avez le jeu sous 48H.

Marie-Cécile

Pour les francophones qui nous écouteraient, mais qui ne sont pas en France, pour l’instant c’est pas encore distribué à l’extérieur de la France ?


Alain

Si si. Ce qui est très bien c’est que je suis très copain avec les gens de La Poste et surtout celui qui s’occupe des comptes professionnels du coup il m’a très bien conseillé. Et les frais de port qui sont sur le site, qui sont de 5 euros, en fait c’est un prix unique pour toutes les destinations du monde entier. Parce que j’ai déjà eu des commandes d’Australie, du Canada, de la Guadeloupe, de la Martinique.

Marie-Cécile

Voilà donc aucun problème, n’importe où dans le monde on peut commander le jeu.

Alain

Exactement.

Marie-Cécile

D’accord. Très bien.

Merci beaucoup !

Alain

Merci Marie-Cécile !

Marie-Cécile

Et puis n’hésitez pas, c’est vraiment chouette, les petits enfants sont ravis de jouer. Ils cherchent des stratégies, ils regardent, ils inventent.

Moi je sais que mes petits élèves inventent même des nouvelles règles. J’en ai un qui, dernièrement, ne trouvait pas juste du tout que je n’ai pas droit aux cartes maudites. Alors il m’a obligé à prendre des cartes maudites.

Voilà ! C’est très très drôle.

Alain

Moi j’ai aussi un de mes petits élèves, et il est d’ailleurs sur une de mes vidéos sur mon site, parce que sur mon site il y a une page témoignages avec plusieurs de mes gamins, d’autres gamins, et des profs qui ont laissé leurs témoignages.

Et il y a un gamin notamment qui a, derrière mon dos, après il me l’a montré, il a créé un petit bouquin avec des dessins etc, qui explique, qui était destiné aux autres joueurs, où il apprenait toutes ces astuces et il voulait communiquer et partager toutes ses astuces pour gagner et pour tricher contre le prof. C’était « Le petit manuel du tricheur de Drôles de Notes » il l’avait appelé.

Marie-Cécile

Ah oui voilà, ça pousse la créativité.

Alain

Ouais, exactement. C’était le but.

Marie-Cécile

Merci beaucoup Alain et à bientôt !

Alain

Je t’en prie. À bientôt, tchao !

Montrez-moi vos mains d’Alexandre Tharaud

 

Ce livre est présenté en trois parties :

« Naissance », son histoire, une sorte de biographie.

« Désir », ce qu’il se passe avant le concert

« Feu », le concert

Cependant, on peut sentir comme un fil conducteur tout au long du livre : le récit d’une journée type précédant un concert, en commençant par la nuit, le réveil, le matin, le repas du midi, l’après-midi, le pré-concert, le concert, le post-concert.

Alexandre Tharaud se livre ici de manière très intime. Il nous raconte, à la manière de petits tableaux impressionnistes, son parcourt de vie aux débuts parfois difficiles et son quotidien de soliste.

Il est très instructif pour quelqu’un qui pratique le piano. En effet, confronté à la scène tous les jours de sa vie, Alexandre Tharaud s’est trouvé confronté à toutes les difficultés que nous rencontrons tous, mais de manière démultipliée. Il les a contournées, il les a abattues, il a trouvé des solutions. Il n’a pas le choix, dans cette vie qui est la sienne.

On n’y découvre au fil des pages un Alexandre très sensible. Il a dû se construire une discipline très stricte, et chercher des solutions aux difficultés qu’il rencontrait.  C’est un travailleur acharné, un solitaire de vocation. Mais on sent une grande générosité dans sa manière de nous offrir sa musique, ainsi que sa vie dans ce livre.

Il nous parle ici sans filtre, il nous dévoile beaucoup de ses angoisses, de sa fragilité. Peu de pianistes à ma connaissance, ont osé être d’une si grande honnêteté.

Il nous raconte ses cauchemars qui, je l’avoue, m’ont rappelé beaucoup des miens. Notamment le grand classique de monter sur scène en ne sachant absolument pas ce qu’il faut jouer… atroce je vous assure !!

Ce livre m’a inspiré, m’a conforté dans ma vision de la pratique du piano. En voici quelques exemples :

  • La pratique du piano suppose un entretien physique approprié. Prendre soin de son corps. Faire du sport, se muscler, se ressourcer, prendre l’air.
  • Jouer du piano, c’est jouer avec tout son corps, et être à son écoute autant qu’à l’écoute du son. C’est aussi développer son éveil, sa disponibilité, sa sensibilité.
  • L’apprentissage du piano et de sa pratique ne se fait pas uniquement en prenant des cours et en travaillant, mais aussi en écoutant les enregistrements des grands pianistes, en allant au concert, en se nourrissant de personnes inspirantes.
  • Jouer en public n’est pas ce que l’on croit. Et ça s’apprend.

On apprend dans ce livre que la vie (si on ne le savait pas encore) d’un pianiste de renommée internationale est loin d’être de tout repos. Combien de pianistes se lancent à l’assaut d’une telle vie sans vraiment connaitre la réalité d’un tel métier… Mais Alexandre Tharaud ne se plaint pas, bien au contraire. Il aime cette vie et en assume tous les aspects difficiles. Il éprouve une grande gratitude envers son public qu’il respecte profondément.

J’entendais un jour Alexandre Tharaud dans une interview dire qu’il n’était pas un écrivain. Je trouve cependant personnellement que l’écriture est très fluide, avec beaucoup petites pointes d’humour qui rendent la lecture très facile et agréable.

Alexandre Tharaud en bis à Bordeaux

Rentrons maintenant plus en profondeur dans le livre.

Travail et loisir

C’est un grand déchiffreur, un véritable « boulimique » de partition, il nous confie qu’il s’impose de se priver de partitions pour s’éviter de passer plus de temps à déchiffrer qu’à travailler ses concerts. Cela rejoint tout à fait ce que je dis régulièrement, qu’il est important de bien séparer le travail pianistique du loisir pianistique si l’on vise un certain niveau.

Un pianiste professionnel ne « s’amuse » pas toute la journée. Il travaille dur chaque jour, même ceux durant lesquels il n’en a pas forcément envie. Ce n’est pas parce qu’on fait de sa passion son métier, qu’il n’y a pas de jours sans motivation.

« Un seul projet, travailler, me remettre en question chaque jour. »

Il a trouvé des moyens de bien séparer sa vie personnelle de son travail. Ce n’est plus un secret pour personne qu’AT n’a plus de piano chez lui depuis plusieurs années. Mais il va même plus loin encore, il y a très peu de trace de la musique dans son propre appartement.

« Mon appartement n’est pas celui d’un pianiste. Peu de musique… et surtout pas de piano… »

Les métiers autour du pianiste soliste

Nous découvrons tous les métiers qui soutiennent ces pianistes sous les feux de la rampe. Tous ces métiers sans qui un pianiste ne serait rien ! Il est vrai que le public a trop souvent tendance à oublier que le concert suppose une équipe. L’accordeur de piano, le facteur de piano, le constructeur du piano, l’attaché(e) de presse, l’assistant(e), la maison de disques, l’agent, le producteur, l’organisateur du concert.

Il rend hommage aux accordeurs, sans qui le concert ne pourrait avoir lieu. Il regrette que le nom de l’accordeur ne soit jamais inscrit au programme. J’ai souvent pensé à cela. En effet, pourquoi le modèle du piano et le nom de l’accordeur ne sont-ils pas (au même titre que le preneur de son, le réalisateur etc.) mentionné sus les jaquettes de disque ou sur les programmes de concert ? C’est nier complètement l’importance primordiale pour le pianiste de l’instrument sur lequel il joue. AT dévoile le travail indispensable de préparation du piano avant chaque concert, et la collaboration étroite entre accordeur et pianiste soliste.

Réglage du piano avant le concert

Réglage avant le concert

Image de Loïc Lafontaine

Origines du piano, de sa facture et du récital

Les férus d’histoire seront comblés par notamment l’histoire du piano, de sa facture, des pianistes-compositeurs et leur rapport à la scène. Tout ceci racontée de manière très agréable et accessible.

On apprend par exemple que Chopin fut mime, que Dussek fut le premier à se placer de profil par rapport au public, que le mot « récital » est apparut pour la première fois en Angleterre suite à un concert de Franz Liszt.

En tant qu’amoureuse de l’origine des mots et des expressions, j’avoue avoir été particulièrement servie dans ce livre. On y trouve beaucoup d’explications sur le vocabulaire du concert en francophonie, mais aussi la différence qu’il peut y avoir dans les différentes langues et cultures. 

On n’y apprend également beaucoup de petites anecdotes croustillantes.

Une chose a particulièrement attiré mon attention : il nous raconte que dans les débuts du piano, on ne disait pas « on joue » du piano, mais « on dit », « on la (le) récite ».

Le terme d’interprétation également n’est apparu qu’à partir du moment où le pianiste n’est plus lui-même compositeur ou improvisateur. 

« les pianistes, de faux chanteurs qui racontent des histoires. »

« le pianiste est né du chanteur, le soliste est né de son narcissisme, l’interprète est né de la disparition (des pianistes créateurs compositeurs). »

Alexandre Tharaud en concert à Bordeaux

Le concert à travers le temps, l’espace, les coutumes et les langues 

On y fait également un tour du monde des grandes salles de la planète et de l’acoustique qui leur est propre. Très intéressant pour quelqu’un qui n’a pas eu encore l’occasion de pratiquer le « tourisme concertant ».

Des petits passages savoureux comme ce qu’on peut dire à un artiste avant qu’il rentre sur scène pour lui porter chance dans les différents pays. J’ai appris pourquoi on avait l’habitude en France de dire « merde » pour porter chance à quelqu’un ! Cela m’a bien fait rire. Mais je vous laisse la surprise…

Vous vous êtes peut-être déjà demandé quelle est l’origine des applaudissements ?

« l’homme trop éloigné d’un ami pour l’enlacer, reproduit le geste de ces deux mains lui ajoutant le son. Ici encore la musique naissait du silence.»

Toutes les coutumes du concert sont donc passées en revue : les applaudissements, le bis, le bouquet, la séance de dédicaces et les différences entre les cultures.

J’ai adoré sa petite histoire du côté cour et côté cœur, qui m’a permis enfin de mémoriser ce que cela signifie.

Il semble regretter le côté festif et joyeux du concert d’autrefois ou du concert de musique populaire.

L’instrument

Il regrette également que nous soyons les seuls les instrumentistes a ignorer quasiment tout de notre instrument. En effet, qui sait réellement ce qui se passe derrière le meuble du piano ? Ce que c’est qu’un double échappement, ou encore la différence entre la table d’harmonie et le cadre…

On y apprend donc une foule d’éléments intéressants sur l’acoustique des pianos et leurs différentes marques.

Piano démonté

Image de Loïc Lafontaine

Confidences

Alexandre Tharaud raconte ses débuts difficiles au Madigan et dans les petites salles parisienne où il y rodait ses programmes, souvent dans la plus grande indifférence.

C’est un fin gastronome. Et oui, il adore manger contrairement à ce que sa physiologie pourrait faire croire. C’est ceci dit une tendance assez commune chez les musiciens.

Ce n’est cependant pas un mondain. Il n’est donc pas très fan de cocktails ou soirée de gala. Il serait plus dîner entre amis ou méditation solitaire dans son hôtel.

Il est chez lui sur scène, dans les théâtres, depuis son enfance. Il est d’ailleurs très peu souvent à son domicile à Paris et ne s’y sent pas autant chez lui que dans ses tournées. Pour lui il semble presque que la vraie vie soit plus réelle sur une scène que dans le quotidien à l’extérieur.

Théâtres et salles européennes

Alexandre Tharaud est attentif à ses fragilités. Son corps, son sommeil et sa mémoire lui ont posé de nombreux problèmes au cours de sa carrière et il a été dans l’obligation de trouver des solutions. Il pratique régulièrement la natation, la technique Alexander et s’aide de l’homéopathie, et d’une grande discipline de vie.

« j’ai cultivé l’écoute. » dit-il quand il parle de son propre corps.

Ce n’est plus un secret pour personne qu’il a décidé de ne plus jouer de mémoire. Il raconte ce qui l’a poussé à ce choix courageux à une époque où personne n’a encore osé sauter le pas.

« Le trou de mémoire n’est rien en soi, il n’y a pas mort d’homme. Mais la peur par anticipation, suivi du choc psychologique qu’elle induit, eux, sont dévastateurs. »

Il est vrai que pourquoi s’imposer quelque chose parce que tout le monde de fait et que c’est la coutume, si cela vous empêche d’avancer. Il a ouvert d’ailleurs par cette décision la voie à de nombreux pianistes qui se sont libérés depuis de ce fardeau.

Réflexion musicale

Alexandre Tharaud offre une réflexion sur l’écoute du temps chez le musicien et d’autant plus un soliste. Pour lui celui-ci vit en permanence dans l’anticipation de son désir.

« Le pianiste, entouré de chiffres, compte et comptabilise… nombre de musiciens sont enfants de mathématiciens, physiciens. Pas de hasard. Au conservatoire m’avez appris à faire mentalement le tour du piano avant de commencer à jouer ne pas me précipiter. »

C’est étonnant ce parallèle qu’il fait entre temps et chiffres. Comme si pour profiter du temps il fallait le comptabiliser, le mettre dans un cadre, le délimiter, le rendre quantifiable.

« Au piano, on peut aussi s’amuser à compter avant de jouer la première note, ou au cours d’un point d’orgue, un long silence, après le dernier accord, pour travailler la résonance, ce mystère qui suit la musique. Préparer un concert, c’est autant envisager le silence que le son. On néglige trop souvent les respirations. Les jeunes musiciens se déstabilisent face a leur propre silence, celui de l’auditoire, de l’écoute. Le regard muet les interroge encore une chose que le soliste doit réfléchir tout au long de sa vie et travailler dans l’anticipation… »

« Il compte ses pas, ses notes, son temps. »

 « ( la vie du musicien )… rythmée de secondes et de chiffres qui le consolident et l’arriment à la terre. »

« Le pianiste tripote son temps, tout le temps. »

Sa vie de musicien soliste

« Sol–iste. Les quatre dernières lettres se réfèrent à la pratique. Un ébéniste pratique le bois. Pianiste le piano. Le soliste pratique sa solitude. Un artisan il a sculpte, la poli, la fait vivre. »

« Seul pour mieux partager. »

Alexandre Tharaud vis une vie de solitaire. Mais cette solitude lui convient. Il regrette seulement la difficultés à garder des amis pour un concertiste physiquement absent quasiment en permanence. En perpétuel déplacement, il parle de ses valises comme de petites maisons qui le suivent partout. Il affirme aimer profondément cette vie.

«Voyager c’est avancer, voir du paysage.»

Voyage perpétuel du pianiste virtuose

«J’ai conscience de l’incroyable chance de pratiquer ce métier et de recevoir tant en retour. Chaque soir, de mon lit, je remercie le public. Dans la pénombre il arrive aux larmes d’en témoigner. »

Il exprime les difficultés les écueils de ce métier, mais il ne se plaint pas. Il clame que contrairement à ce que l’on pourrait croire, non, il n’est pas fatigué à la fin des concerts, non, il ne laisse pas mourrir de faim et que non, il ne voudrait pas faire autre chose que ce qu’il fait pour le moment.

« Ce métier exige abnégation et sacrifices. Le danger c’est de vivre en bulle. De ne plus avoir aucune distance avec son jeu, en oubliant de parler à l’auditeur. »

Il recommande de sortir de son cadre, de destiner sa musique à quelqu’un, la parler, la dire.

« Aller à la rencontre… Sortir… Découvrir le répertoire explorer la musique de notre époque. Partager la scène avec d’autres artistes dans le mode d’expression diffèrent. Ne pas s’emprisonner. »

Influences

AT nous parle des concerts qui ont changé sa vie. Il a été extrêmement marqué notamment par la chanteuse Barbara.

« Le plus merveilleux héritage qu’elle m’a laissé : ne rien cacher, mettre tout sur table, jusqu’à sa peau. Nos failles sont notre identité, notre chance. »

« Barbara m’offrait un champ plus large qu’un professeur de piano ne m’avait jamais proposé. »

Les chanteurs d’une manière générale ont été pour lui d’une grande influence sur son travail du phrasé. Son père était chanteur, ainsi que sa sœur qui est une soprano colorature.

« Les chanteurs me conseillaient sur le phrasé, la qualité du son, la diction, me chantait un intervalle en exemple. Pour attraper une note aiguë un chanteur prends le temps de l’atteindre. Je l’imitais et trouvais naturellement un phrasé plus lyrique chopinien… Mes leçons de piano se trouvaient là plus qu’ailleurs. Dans les théâtres. »

« J’ai appris des chanteurs, bien davantage qu’auprès de nombreux instrumentiste. »

Ayant commencé par la danse, Alexandre Tharaud vit la musique avec son corps. Sa mère est danseuse. C’est certainement ce qui me le rend si sympathique, car nous avons cela en commun. Un danseur vit la musique dans son propre corps. Il en ressens les vibrations et ça le met en mouvement.

Cela me rappelle quelqu’un qui m’a dit dans ma jeunesse, que le clavier est la scène sur laquelle les mains dansent.

« Je joue avec le corps de ma mère et la voix de mon père. »

Préparation du concert

Image de Loïc Lafontaine

Gestion du concert

Alexandre Tharaud nous parle de sa préparation dans la journée du concert.

« Pas question de gambader… Se concentrer, éviter de focaliser sur le concert, au contraire le regarder venir, l’accueillir doucement. S’occuper du corps. Reposer l’esprit et le corps. »

Il nous emmène avec lui dans sa loge, les coulisses, le dessous de scène, la salle vide et pleine, son acoustique. Nous découvrons ce que je vis un artiste sur le chemin entre sa loge et le piano au moment où il joue la première note.

Salle de concert vide avant un concert

Il parle bien sûr du trac

« la plupart du temps je n’ai pas peur. Seul un léger trac m’accompagne. »

Alexandre Tharaud pratique cependant la technique Alexander bien connu des comédiens et chanteurs. Cette technique parmi tant d’autres permet de prendre conscience de chaque partie de son corps, de l’observer, de se détendre. Elle est aussi connue pour aider à une meilleure gestion du trac.

« Vouloir réussir sur scène est un non-sens. Bien entendu, on préfère plaire que décevoir… Je propose d’écouter la rencontre et de s’en nourrir. »

« Le trac n’est pas un problème pour peu qu’on en ait une conscience aiguë. Lié au regard de l’autre ou à l’instant précis au cours duquel on est censé réussir. Réussirent quoi ?… Il n’y a rien à réussir. Que devrait-on réussir, sinon plaire… »

« Un concert commencé sur les chapeaux de roue ne tient pas sur la longueur, mieux vaut une entrée sur le fil, imparfaite, il y aura plus de chemin à parcourir. »

Méditons cela, nous qui fonçons tête baissée dans nos morceaux… C’est finalement comme un marathon ou une randonnée en montagne. Mieux vaut ne pas se griller les ailes dès le début.

On apprend que nous, public, changeons l’acoustique d’une salle. Nous découvrons ce qu’un soliste perçoit de nous sur scène, les lumières, les bruits qui lui parviennent.

Quelques anecdotes et portraits de personnages, acteurs du concert, m’ont beaucoup fait rire, car cela m’a rappelé effectivement des personnes que j’ai pu croiser moi-même. Par exemple l’auditrice fan des premiers rangs, le tourneur de pages, le régisseur.

Sa petite « leçon pour tousseur » est particulièrement savoureuse, et pleine d’empathie.

Contrairement à ce que l’ont pourrait croire, on apprend que l’auditeur a un rôle à jouer dans le concert.

« Nous jouons ensemble. »

Le concert vu par du point de vue du pianiste soliste

Les œuvres, les compositeurs

La rencontre entre un interprète et une œuvre me fait penser finalement à n’importe quelle autre situation de rencontre. Parfois ça colle tout de suite, d’autres fois c’est plus difficile. La relation se construit petit à petit. Alexandre Tharaud en parle comme d’une relation de couple.

« Une œuvre trop jouée stagne… perd vite de sa substance… Ne pas hésiter à changer,… explorer de nouvelles issues, écouter d’autres versions pour se régénérer, surtout ne pas tourner en rond. »

Il parle aussi des différents compositeurs, de sa relation avec eux et de la façon dont chacun prend son chemin au contact du public. Des regards originaux et passionnant sur Bach, Mozart, Beethoven, Chopin, Rachmaninov, Ravel et Éric Satie…

Le public

Jouer en public

La phrase suivante m’a particulièrement parlée.

« Ne pas chercher à faire comprendre. L’interprète est un médium, pas un professeur. »

En effet à l’âge de 16 ans, essayant d’apprendre une œuvre de Beethoven, j’ai dit à mon professeur que je n’arrivais pas à comprendre l’oeuvre. Elle m’a répondu qu’il n’y avait pas à comprendre. Et a ajouté : « joue ». Alors il est vrai qu’elle a peut-être manqué à ce moment là de diplomatie, mais je comprends maintenant ce qu’elle a essayé de me faire passer comme message. On m’avait cependant tellement répété qu’il était important d’analyser une œuvre que je croyais qu’en la disséquant je la jouerais mieux. Je me disais que si je n’arrivais pas à comprendre et apprécier Beethoven, peut-être qu’en l’analysant je réglerais le problème…

Depuis j’ai compris que la musique souvent n’avait pas besoin de nous. En tout cas pas autant qu’on le croit… le rôle de l’interprète, finalement est beaucoup plus « simple », dans le sens « humble ».

« À mon sens, vouloir faire comprendre à l’auditeur revient à ne pas le respecter. »

Je dis souvent à mes élèves, qu’il est important de ne pas vouloir « faire sentir » à l’auditeur ce qu’il devrait sentir de notre point de vue. J’ai remarqué que beaucoup de pianistes, en particulier dans les passages qu’ils adorent, sur-joue ce passage là comme pour dire : « écoutez ! Mais écoutez comme c’est beau ! » Le corps en avant avec de grands mouvements… mais il n’y a pas besoin de tout cela. La musique parle d’elle même. Je dirais que nous l’incarnons, la prononçons, lui donnons vie, mais que c’est à l’auditeur de l’accueillir selon son propre vécu…

Quelques phrases à méditer à ce sujet :

« Le respecter, c’est ne rien lui cacher. »

« Le métier d’interprète c’est aussi ça, lever toutes les barrières entre la musique et son auditeur. »

« Si je suis disponible, mon jeu exprime cette disponibilité. Je ne cherche rien. Surtout pas a impressionner. Je suis là simplement à l’écoute du public et de son silence. Je l’accepte tout entier sereinement.»

« Si les bruits nous gênent, c’est que notre bruit intérieur nous gêne. »

Il dédie chaque concert à une personne qui lui est cher.

Là aussi une chose que j’ai remarquée. Il est plus facile d’imaginer jouer (parler) à quelqu’un en particulier, plutôt que de jouer (parler) à une foule. Toute personne s’adressant à une audience le sent un jour ou l’autre : on est plus pertinent, si l’on pense à s’adresser à une personne unique.

« Je joue pour chacun, chacune. »

Les mains du pianiste

Le toucher du pianiste

AT entretien avec le piano un rapport d’une grande sensualité. Sa vision du toucher du pianiste est là encore à coté de la croyance commune…

« Je ressens l’instrument en véritable extension de mon corps.»

« Le pianiste touche, sa vie entière. »

« Qu’est-ce que le toucher ?…

Par quel beau toucher, j’entends je suis touché. »

Il insiste régulièrement sur le fait qu’il ne joue pas qu’avec ses mains, mais avec tout son corps, toutes ces cellules. Toute sa chair. Au titre même du livre « Montrez-moi vos mains » Alexandre Tharaud répond au lecteur « je veux bien vous les montrer… mais elles n’ont rien d’extraordinaire… »

Il est vrai que de nombreuses personnes attribuent aux mains des pianistes des pouvoirs, des vertus, des dons particuliers. Tout cela est si loin de la réalité et fait beaucoup de tort aux apprentis pianistes qui se créent avec cette croyances de faux problèmes.

Voilà, j’espère que cet article vous aura donné envie de lire ce livre. Je le conseille à tout pianiste quelque soit son niveau afin de se débarrasser des croyances limitantes qu’il pourrait avoir adoptées durant son parcours. Etre pianiste n’est souvent pas ce que l’on croit…

Si cet article vous a plu, je vous serais extrêmement reconnaissante de le partager à vos amis sur les réseaux sociaux, ou par mail.

Alexandre Tharaud

Morceaux choisis, citations inspirantes :

« Prononcer chaque note en éveil permanent. »

« Le son sort du ventre, pas des muscles. »

« On s’attache terriblement à une partition … (pour le pianiste) elle est alors son principal ancrage physique avec le concert à venir. Une compagne de scène. »

À propos des pianos sur lesquels il joue :

« En vieux couple ne pas se laisser submerger sous le poids de l’autre. 550 kg tout de même. Elle est où l’éloignement imposer crée de la frustration et attise le désir, ainsi les retrouvailles deviennent-elles des célébrations. Je me jette dessus avec gourmandise, nous travaillons ensemble comme des fous. »

« La puissance ne dépend rien de la masse corporelle. »

« Quand l’inspiration me manque, je repense aux conseils de Madame Taccon (son premier professeur de piano), imprimés au plus profond de moi… 

  • Faire parler le piano, prononcer, donner un sens à chaque phrase, surprendre, se surprendre, en état d’éveil permanent. 
  • Il faut faire parler le piano, mettre des syllabes sur chacune des notes. 
  • Le bras est un tuyau, l’eau doit passer du ventre au clavier sans aucune crispation ne l’entrave. »

« Un pianiste fou, ça plaît énormément. Pourtant c’est un artiste dévasté. »

« Ma génération est orpheline. Nous jouons comme des orphelins. Le cordon ombilical s’est coupé, il ne réside plus que dans les enregistrements. Plus personne sur cette terre ne les a connu (les descendant des premiers pianistes compositeurs). À nous d’imaginer la descendance, au-delà des témoignages sonores. À nous de renouveler le répertoire. À nous d’ouvrir de nouvelles perspectives, avec nos pianos, notre voix, notre langue, si éloignés des leurs. »

Ma dédicace d'Alexandre Tharaud

Pratiquer ou non les mains séparées ?

Pour répondre à la question de Céline, j’ai fait cette vidéo sur l’intérêt réel du travail mains séparées. Il n’est pas là où l’on croit la plupart du temps. Cette « habitude » du mains séparées est souvent mal employée. Soyez attentif car c’est fondamental !

 

Transcription texte de la vidéo :

Bonjour, c’est Marie-Cécile du blog http://apprendre-a-jouer-du-piano.com/.

 

Je vous ai préparé une vidéo pour répondre à la question de Céline du blog http://la-musique-et-vous.com/, que je vous invite d’ailleurs à aller visiter.

Je suis très énervée parce que j’ai tourné cette vidéo avec un nouveau micro, et je n’ai pas vérifié s’il était bien enclenché dans mon téléphone. Ce qui fait qu’en fait il n’a pas fonctionné.

Donc je m’excuse à l’avance du son qui n’est pas très bon. Mais voilà c’est comme ça. C’est comme dans tout, quand on démarre on fait des bêtises.

Donc voilà ma vidéo, et pardon pour le son.

 

 

Donc sa question est :

« Une question pour mon loustic de 7 ans qui a commencé le piano en octobre. Comment faire pour l’encourager à jouer les mains séparées ? Il veut trop souvent jouer les deux mains ensemble dès le début et s’énerve de ne pas réussir du premier coup. D’ailleurs, jusqu’à quel point c’est important de pratiquer les mains séparées ? »

 

Je ne peux pas répondre en 3 minutes à ça. Donc tant pis. Ce sera plus de 3 minutes.

 

 

Comment faire pour l’encourager à jouer les mains séparées ?

Alors ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’en général quand on a un problème comme ça il y a un désir derrière. Et ce désir, pour un enfant, c’est de jouer mains ensemble.

Pourquoi ?

Parce qu’ils ne se posent pas 36 000 questions les enfants. Ils ont vu des gens jouer mains ensembles du piano. Ils n’ont jamais vu personne normalement, sauf si ce sont des enfants de pianistes, jouer du piano avec une seule main.

Donc c’est tout à fait normal qu’ils aient envie de faire pareil parce que ce qu’ils veulent c’est jouer du piano.

Et ça part d’une chose à laquelle je vous demande de réfléchir. Au piano on joue les deux mains. Donc arrêtez de jouer tout le temps mains séparées. D’accord ?

On reviendra là-dessus plus tard.

 

Donc je reviens sur le désir de cet enfant qui est tout le temps de jouer mains ensembles.

Moi je pense que c’est intéressant justement de profiter de ce moment où ils sont motivés pour jouer mains ensembles pour leur faire beaucoup déchiffrer mains ensembles des morceaux. Mais du coup il faut qu’ils soient très très très très simples.

Et moi dans les débuts bien sûr il est évident que comme on apprend à lire et à jouer du piano en même temps, s’il ne connait pas bien la clé de Fa et la clé de Sol, ça va être difficile de mettre mains ensembles.

Donc ce que je fais, c’est que je les mets beaucoup sur des morceaux en mains alternées. C’est-à-dire que le morceau, de lui-même, est déjà écrit pour la main gauche, puis ça passe à la main droite, puis ça repasse à la main gauche.

Donc naturellement il va alterner ses mains. Et il va naturellement aussi apprendre à lire les 2 clés, la grande portée. C’est-à-dire assembler les 2 clés tout de suite.

Je pense que c’est primordial ça.

Je trouve que ce désir de jouer mains ensembles est parfait pour le début.

 

 

Faire déchiffrer mains ensembles des morceaux simples.

 

  • D’un côté lui faire travailler sa lecture et son déchiffrage mains ensembles.

Comme ça il a l’impression, il a la sensation de faire comme les pianistes. Faire prendre conscience du projet à long terme.

  • D’un autre côté lui expliquer que là, pour ce morceau-là, qui demande la clé de Sol et la clé de Fa simultanément, il va falloir qu’il travaille à ce moment-là en séparant les mains.

Mais vraiment moi je conseille de travailler le déchiffrage dès le départ. Parce que c’est ce qui va permettre justement de ne pas être tout le temps obligé de passer par ce stade de mains séparées.

Ce que je conseille, c’est de jouer mains alternées. Je l’ai déjà dit dans d’autres articles.

 

Ce qu’il faut bien que vous compreniez, c’est que le piano est un instrument polyphonique. Donc vous avez plusieurs personnages à gérer en même temps.

  • Vous avez la mélodie. Souvent la main droite.
  • Vous avez parfois l’accompagnement. À la main gauche.
    • L’accompagnement est souvent composé d’une basse.
    • Du complément de l’accord.

Ce qui fait déjà 2 choses à gérer à la main gauche.

 

 

Main droite :

Peut-être même qu’après quand vous arrivez dans des morceaux plus compliqués vous allez avoir un contrechant qui va se passer avec le pouce, l’index et le majeur, le chant avec l’annulaire et l’auriculaire.

Main gauche :

Plus un contrechant, avec le pouce et l’index, de temps en temps pendant que la main gauche va faire des aller-retours à la basse etc.

 

Donc on est 5-6-12 au piano. D’accord ?

On peut mettre 10 en gros. Mais ça vient petit à petit.

Mais on est dans un instrument qui est polyphonique. Donc il va falloir que vous entrainiez votre oreille polyphonique et votre coordination. Ça on en a déjà parlé.

Mais si vous êtes tout le temps en train de séparer tout, vous allez pas travailler l’oreille avec les mains séparées.

 

Ce qu’il faut c’est : vous alternez les mains.

  • Vous jouez une mesure de la main gauche. Vous écoutez bien. Vous essayez de mémoriser ce que ça dit.
  • Puis vous jouez la main droite de cette même mesure et vous mémorisez ce qu’elle dit.
  • Et après vous mettez mains ensembles en essayant de continuer à entendre l’autre, surtout la main gauche. Il faut que vous essayiez essentiellement de porter attention sur votre main gauche.

 

Qu’est-ce qui se passe au piano ?

On se concentre sur la main droite, pour plusieurs raisons.

  • C’est plus facile à retenir. La mélodie on l’aime. On la retient plus facilement.
  • Elle est souvent beaucoup plus conjointe. C’est donc plus facile à concevoir.
  • C’est dans une zone, souvent, au niveau de l’oreille, qui est facile à entendre.
  • Une zone qu’on peut chanter.
  • Elle a tous les avantages la main droite avec sa mélodie.

 

Par contre la pauvre main gauche.

  • Elle fait des allers-retours tout le temps.
  • C’est dans des graves, donc on ne peut pas vraiment chanter ça.
  • Il y a souvent des sauts. C’est rarement conjoint.
  • Il y a beaucoup plus de sons.

À la rigueur s’il y a une main à séparer, c’est vraiment la gauche. Vous devez écouter votre main gauche. Et quand vous remettez mains ensembles vous continuez à écouter votre main gauche.

Comme ça vous travaillez votre oreille polyphonique.

 

Pour en revenir à ce petit loustic.

Bien sûr ce qui est difficile au début, pour les enfants, on est sur des morceaux, en général, qu’ils peuvent lire, qui sont « lents ». Ça ne les attire pas des masses.

C’est pas ce qu’on entend à la radio. C’est un peu le problème.

 

Il faut alterner les moments où ils vont essayer de jouer les mains ensembles mais sur des morceaux qui ne sont pas très enthousiasmants, et puis d’autres moments où on va leur proposer un projet.

C’est-à-dire « Je vais arriver à jouer ce morceau-là mais pas tout de suite. » Je vais lui proposer de travailler la main gauche de cette mesure-là, la main droite de la même mesure, et je mets mains ensemble tout de suite. Et je lui dis « Voilà, c’est difficile. On va peut-être refaire main gauche, puis main droite, et on remet mains ensembles. »

 

Travaillez par petit morceau mains séparées, et après vous remettez mains ensembles tout de suite, pour voir tout de suite ce que ça va donner. Que votre mémoire auditive entende la gauche, la droite, on met ensemble. La gauche, la droite, on met ensemble.

Vous remarquez que je commence toujours par la gauche.

 

Utilité du travail mains séparées

Maintenant, les mains séparées, c’est-à-dire uniquement une main pendant un certain temps, c’est très efficace pour une chose.

Pour les passages techniquement difficiles à une main.

Je pense à des « traits » à faire à la main droite, très rapide, là évidemment vous allez travailler votre main droite toute seule. Mais il ne faudra pas tarder à mettre la main gauche.

Il faut essayer régulièrement de mettre la main gauche. Comme vous pouvez, c’est pas beau, c’est pas bien fait, mais Rome ne s’est pas faite en un jour.

 

Alors maintenant vous allez me dire « Oui mais moi je n’arrive pas à coordonner mes deux mains quand je suis mains ensembles. C’est trop difficile. »

 

Oui. Comme je l’ai dit dans ma dernière vidéo, la coordination c’est vraiment le gros problème du pianiste.

J’ai déjà répondu à ce problème de coordination dans un autre article et une vidéo.

Je vais résumer ça aujourd’hui en 2 mots.

  • Il faut du travail.
  • Il faut du temps.

Un an, deux ans, je compte plutôt en années pour la coordination. C’est long.

 

Retrouvez l’article sur la coordination :

http://apprendre-a-jouer-du-piano.com/comment-ameliorer-lindependance-et-la-coordination-des-mains/

Retrouvez la vidéo sur la coordination : https://www.youtube.com/watch?v=uc_mER93w1A&feature=youtu.be

 

 

Donc je résume :

  • Ne jouez pas les mains séparées.
  • Ne lisez pas les mains séparées.
  • Travaillez votre lecture à part dans les premiers temps.
  • Travaillez votre lecture verticale.
  • Travaillez votre déchiffrage mains ensembles tout de suite, le plus vite possible.

Sinon tant pis, ça ne sera pas beau. Ça ne sera pas bien.

 

Mais !

  • Travaillez les passages difficiles, les passages compliqués, en petit morceau, mains séparées.
  • La main gauche toute seule, la main droite toute seule, de ce petit morceau.
  • Le passage difficile uniquement.

 

 

Voilà ! Si cette vidéo vous a plu, je vous invite à vous inscrire à ma chaine, et à partager autour de vous avec vos amis pianistes.

https://www.youtube.com/channel/UC9WKeSyfajhE-337rs0bO2Q

 

Au revoir !

Les bases à connaître pour démarrer la lecture de rythme.

 

Pour jouer son morceau préféré, nous devons lire les bonnes notes oui… mais avec le bon rythme aussi ! Car il n’y a rien qui déforme le plus la musique que de fausser son rythme. Et pour cela, il est important d’identifier les éléments d’écriture d’une partition qui correspondent au rythme, comprendre le caractère rythmique global du morceau, et savoir exécuter les différents rythmes en faisant appel à sa mémoire. Il est clair que la première fois que vous voyez une cellule rythmique, vous ne savez pas comment elle doit sonner. Vous avez besoin qu’on vous montre. Mais une fois travaillée, vous pouvez la reconnaître et la reproduire.

Mais c’est quoi une “cellule rythmique” ?Confus

Alors pour que vous compreniez bien, il faut que vous distinguiez une valeur de durée, d’un rythme ou cellule rythmique.

  • Une indication de durée est la ronde, la blanche, la noire par exemple
  • Un rythme ou une cellule rythmique est un ensemble de durées assemblées pour former une sorte de “mot” rythmique.

 

Quelques exemples de cellules rythmique à connaitre :

Noire deux croches

Demi soupir croche

Croche pointée double noire

Mais il en existe beaucoup d’autres…

 

Dans cet article cependant, nous n’allons pas commencer les cellules rythmiques. Nous allons plutôt nous attarder sur la signification des signes qui nous indiquent le “contexte” rythmique d’un morceau. Ils ont souvent un point commun : des lignes verticales…

Deux plans de lecture du rythme :

Il est important quand on démarre de distinguer deux niveaux de lecture :

  • La mesure : vous devez apprendre à vous mettre dans un contexte d’appui tout 2, 3 et 4 temps. Cet appui est appelé temps fort.
  • Le temps dans lequel s’insère les différentes cellules rythmiques.

 

Voici ces deux éléments en détails.

 

Le premier élément rythmique global du morceau : la mesure.

Toute musique est composée rythmiquement d’appuis et de levées. Les appuis sont appelés les temps forts et les levées les temps faibles. Pour mieux comprendre, pensez à quand vous écoutez une musique entraînante, dansante. Vous avez en général envie de taper du pied à intervalles réguliers. Ces moments sont ce qu’on appelle les temps fort.

L’exemple le plus simple à comprendre est celui de la valse. Les danseurs posent leurs pieds tous les trois temps. La valse comporte une succession permanente de temps fort suivie de deux temps faibles. On a envie de compter 1-2-3-1-2-3-1-2-3-1-2-3 etc… Donc une valse va comporter des mesures de trois temps.

 

 

 

C’est également sur les temps forts que changent la plupart du temps les harmonies (accords) du morceau. Regardez et écoutez encore la valse de Chopin ci-dessus. A chaque basse n’avez-vous pas envie de taper du pied ou de hocher la tête ?

On doit donc savoir tous les combien de temps nous avons les temps forts avant de commencer à jouer. Pour cela on regarde les chiffres indicateurs de mesure.

 

Les chiffres indicateurs de mesure :

Pour connaitre le caractère global du morceau sur le plan rythmique et bien appliquer le rythme ensuite, il est fondamental de regarder cet élément en premier. Ils se trouvent toujours au début de la première mesure du morceau.

Chiffres indicateurs de mesure

 

Ils indiquent donc la contenance d’une mesure dans la partition. Et on peut en déduire le nombre de temps ensuite.

Pour bien comprendre ces chiffres, il faut comprendre que le chiffre du haut compte quelque chose, alors que le chiffre du bas est employé comme symbole.

le chiffre du haut indique “COMBIEN”…

le chiffre du bas indique “DE QUOI”…

…par mesure.

 

Je commence par le chiffre du bas pour faciliter la compréhension.

Chiffre du bas, un symbole :

  • Le chiffre 1 symbolise la ronde
  • Le chiffre 2 symbolise la blanche
  • Le chiffre 4 symbolise la noire
  • Le chiffre 8 symbolise croche
  • Le chiffre 16 symbolise la double croche

C’est à savoir par cœur et puis c’est tout ! Clignement d'œil

 

Remarque : vous n’aurez donc jamais en bas de 6 ou de 9 par exemple.

Attention  ! cette valeur trouvée sur le chiffre du bas n’est pas toujours la valeur du temps…

Chiffre du haut :

Il vous indique combien il y a de … (durée que vous avez trouvé au chiffre du bas) par mesure.

 

 

Quelques exemples :

Exemple chiffre indicateur

 

Dans ce cas, le 4 du bas représentant la noire, il y a l’équivalent en durée de 4 noires dans chaque mesure de ce morceau.

 

 

 

Exemple chiffre indicateur de mesure

 

Dans ce cas, le 4 du bas représentant la noire, il y a l’équivalent en durée de trois noires dans chaque mesure de ce morceau.

 

 

 

Mesure à 6-8

 

Dans ce cas, le 8 du bas représentant la croche, il y a l’équivalent en durée de six croches dans chaque mesure de ce morceau.

Dans ce cas précis ou le chiffre huit se trouve en bas, vous êtes dans la plupart des cas en ternaire et donc il faudra diviser le chiffre du haut par trois pour trouver le nombre de temps (article à venir). Donc ici vous aurez deux temps par mesures…

 

Je sais c’est pas évident ! Courage ! Sourire

Mais concrètement sur le papier c’est quoi une mesure ? c’est tout l’espace que l’on trouve entre les barres qui traversent verticalement les portées à espace régulier. Ces barres s’appellent logiquement les barres de mesure. Dans l’exemple ci-dessous, nous avons donc 8 mesures.

 

Barres de mesure

Les barres de mesure :

Les barres de mesure permettent plusieurs choses :

  • Visualiser d’un coup d’œil où se positionnent les temps forts d’un morceau, car ce sont tous les premiers temps qui suivent une barre de mesure.
  • Poser un cadre, une structure de lecture afin de la faciliter.
  • Quand on est à plusieurs sur des partitions différentes, d’indiquer plus facilement un endroit précis où reprendre lors de répétitions. En effet, on peut dire par exemple “on reprend à la mesure 6”, et tout le monde peut reprendre sans crainte de cacophonie.

Les rythmes eux-même :

La hampe :

C’est le trait vertical qui part de la tête de note vers le haut pour toutes les notes situées dans la partie basse de la porté ou vers le bas pour toutes les notes vers le haut. Ceci dans un esprit d’optimisation de l’espace entre les différentes portées afin de pouvoir en mettre un maximum par page.

Les hampes

Vous remarquerez que la note sur la ligne du milieu peut posséder une hampe vers haut ou le bas. Ce n’est pas une règle absolue cependant et d’autres éléments rentrent en ligne de compte.

Ces hampes donc permettent d’indiquer le rythme en y accrochant le crochet ou la ligature (voir ce mot plus bas) des différents types de croches.

Croches et hampes

Dans le cas de la blanche, c’est uniquement la tête de note qui la différencie de la noire. Voir la dernière note de l’image ci-dessous.

Hampes et ligatures

 

Une rondeRemarque : L’unique cas dans lequel une tête de notes est sans hampe est celui de la ronde.

 

 

 

 

Différents niveaux de valeurs rythmiques

les ligatures :

Cet élément est extrêmement pratique. Il apparait à partir des croches dans le tableau des valeurs ci-dessus. Une croche seule possède un crochet, mais dès qu’elles sont deux ou plus, ce crochet devient ligature. Il permet de :

  • repérer d’un seul coup d’œil toutes les croches (ou doubles ou triples croches) comprises dans un temps, et par là même de repérer ce temps. Dans l’image ci-dessous par exemple, on peut repérer trois groupes, donc certainement trois temps. Mais ce n’est pas toujours le cas, nous le verrons.
  • d’avoir un indice pour savoir si le morceau est en binaire ou en ternaire. Nous verrons cela dans un prochain article.

Ce sont donc les traits horizontaux et épais qui regroupent les hampes des croches entre elles, et par temps. Elles indiquent le degré de multiplication de la vitesse par rapport à la noire.

Les ligatures

  • Les croches ont donc toujours une ligature accrochée à leur hampe
  • Les doubles croches deux ligatures accrochée à leur hampe
  • Les triples croches trois ligatures accrochée à leur hampe
  • etc…

Dans l’exemple ci-dessus, les quatre premières notes sont donc des doubles croches, la suivante une croche (pointée mais je parlerai de cela plus bas), la suivante une double croche et les deux dernières des croches.

Attention ! la ligature est remplacée par un crochet lorsqu’une croche est seule dans le temps, quand elle est par exemple précédée ou suivie d’un silence !

Le crochet d'une croche

 

Les points, mais pas n’importe lesquels :

Un point situé à droite d’une tête de note est un indicateur rythmique. Il permet de prolonger la valeur rythmique d’une note. En effet, notre écriture musicale comporte un inconvénient. Avez-vous remarqué dans la pyramide des rythmes ci-dessus que lorsque qu’on passe d’une ronde à une blanche, puis d’une blanche à une noire etc… on double la vitesse ? Donc on passe de la vitesse 1 à 2 fois plus vite. Oui mais alors comment fait-on pour écrire quand on veut passer à 1 fois et demi plus rapide seulement ?

Et bien c’est là qu’intervient le point. Il prolonge la durée d’une moitié.

Une noire par exemple que l’on voudrait plus longue, pas autant qu’une blanche mais à “mi-chemin”, est une noire pointée.

Le point de prolongation

Attention, ils ne sont pas à confondre avec le point au dessus ou en dessous de la tête de note. Ce point là est une indication de ponctuation. Il indique que l’on doit couper la résonnance du son immédiatement après son attaque. C’est le piqué ou staccato !

 

Et bien voilà ! Bravo d’avoir lu jusque là ! Vous êtes prêt maintenant à lire les rythmes comme un champion. Si cet article vous a plu, je vous serais très reconnaissante de le partagez autour de vous.

Des exercices pour améliorer la coordination des mains au piano.

Problème de coordination au piano

 

 

Voici ma réponse à la question d’Henri posée ici, en vidéo. Pour des informations plus poussées sur le sujet, lisez aussi mon article sur la coordination et comment l’améliorer. Vous pouvez vous aussi me poser vos questions dans le champs des commentaires en dessous de cette page.

Vous pouvez vous aussi me poser vos questions dans le champs des commentaires en dessous de cette page.

 

Transcription texte de la vidéo :

 

Des exercices pour améliorer la coordination des mains au piano.

 

Bonjour et bienvenue sur le blog www.apprendre-a-jouer-du-piano.com.

 

Alors comme promis, je réponds à la première question qui m’a été posée en-dessous de la vidéo que vous pouvez aller retrouver sur ce lien http://apprendre-a-jouer-du-piano.com/posez-moi-vos-questions-ici/,  si vous avez vous-même des questions.

 

C’est une question d’Henri :

« Ma question est au sujet de la coordination des deux mains. J’ai essayé mais pas moyen. Le cerveau fait des nœuds et les doigts s’emmêlent. Y a-t-il des exercices simples pour y arriver ? »

« Pourquoi cette question dès la première question ! C’est le piano ça. C’est justement le problème. »

 

Non plus sérieusement Henri merci beaucoup d’avoir posé cette question.

Je vais tenter d’y répondre bien sûr, je suis là pour ça.

J’ai un article qui a été écrit, sur ce sujet, que j’ai essayé de faire le plus complet possible. Vous pouvez aller le visiter ici http://apprendre-a-jouer-du-piano.com/comment-ameliorer-lindependance-et-la-coordination-des-mains/.

 

Maintenant c’est une question difficile à répondre, parce que je ne sais pas bien à quel niveau vous êtes Henri. Je vais supposer que vous êtes plutôt dans les débutants. Mais c’est vrai qu’il y a plein d’exercices possibles en fonction de votre niveau.

Donc je vais supposer que vous êtes plutôt dans les premières années, entre 1 à 3 ans de piano.

« Écoutez Henri. C’est pas compliqué, il suffit de travailler mains séparées. Voyons ! Je vous l’ai dit mille fois ! »

 

Non. C’est plus complexe que ça. Et c’est plus nuancé que ça.

  • Alors il faut travailler mains séparées. Mais moi je vais plutôt employer, le plus souvent possible, le terme de mains alternées.

C’est-à-dire qu’il faut alterner très très souvent les deux mains.

Il ne faut absolument pas, mais absolument pas, que vous restiez une semaine sur la main gauche et une semaine sur la main droite. Ou alors, pas tout le morceau la main gauche, ou tout le morceau la main droite. Ça non plus ce n’est pas utile, ça va vous faire perdre un temps monstrueux.

Donc ce qu’il faut faire c’est alterner régulièrement les mains.

Il y a plusieurs raisons pour cela :

  • Pour que la mélodie et ce que vous entendez restent dans votre mémoire immédiate au niveau de l’oreille et au niveau du geste. Ça c’est une première chose.
  • Ensuite il ne faut pas fatiguer les mains. Et c’est vrai que si on reste longtemps sur une main, il y en a une qui va se refroidir et l’autre qui ne va pas se reposer.

 

Ensuite, une petite remarque pour les débutants.

Vous pouvez effectivement alterner les mains et faire juste par petits morceaux comme je l’ai dit dans un autre article. Par petits morceaux, par mesure, ou par deux mesures, sur tout le morceau. Vous pouvez alterner les mains un peu sur tout le morceau.

 

En revanche, pour vous qui êtes un petit peu plus avancé.

Même à partir de la deuxième ou troisième année, il va falloir se concentrer uniquement sur les passages qui sont plus difficiles, les passages que vous avez du mal à faire. Sinon ce n’est pas très utile de séparer les mains.

Il vaut mieux que vous vous entrainiez à les faire mains ensembles. Parce que c’est une des difficultés du piano. Donc c’est ça.  Il y a un moment où il faut s’y coller.

Donc ça c’est une méthode générale on va dire.

 

Maintenant plus spécifiquement.

  • Si vous avez plusieurs voix.

Vous savez, quand vous avez par exemple la main gauche qui fait une petite mélodie et la main droite qui fait une autre petite mélodie et ça s’entremêle.

Là il y a plein de façons de travailler, mais ce qui me vient là :

  • C’est chanter une des deux voix par exemple pendant que vous jouez l’autre.
  • Ou alors vous jouez tout et vous chantez une des voix.
  • Et puis après, vous changez de voix pour prendre d’une autre. Vous dites le nom des notes et vous essayez de le chanter.
  • Si c’est difficile pour vous de chanter, vous dites juste le nom des notes. Et en rythme bien sûr.

 

  • S’il y a plusieurs rythmes.

La difficulté c’est souvent parce qu’on a une main qui fait un rythme et une autre main qui fait un rythme. Après il y a plein d’autres cas de figure mais j’en parlerai dans d’autres vidéos.

  • À ce moment-là vous pouvez faire ce que l’on appelle de la polyrythmie.
  • Vous faites sur vos genoux.
  • Puis vous pouvez le faire sur le couvercle avec vos doigts. C’est-à-dire que là vous ne serez pas gêné par le son et vous serez beaucoup plus attentif à la sensation que vous avez de vos doigts.

 

  • Un autre cas de figure. Si vous avez une mélodie à droite, et que vous avez à la main gauche un accompagnement.

Travaillez la main gauche seule, en chantant la main droite avec le nom des notes.

 

Maintenant si c’est encore difficile.

Alors là il faut bien que vous compreniez que la coordination, au plus profond, c’est une question de détente. Donc :

  • Vous pouvez faire de la sophrologie.
  • Vous pouvez faire du yoga.
  • Vous pouvez faire plein d’activités.

Parce que si vous êtes quelqu’un d’un petit peu nerveux, souvent la coordination est difficile à cause de ça.

« Je vais y arriver »

  • Il y a un autre exercice qui s’appelle le Cross Crawl. Je vous en ai déjà parlé justement dans l’autre article sur la coordination, je vais vous montrer maintenant comment on fait, en vrai, en vidéo.
  • Ensuite, vous pouvez compter tout haut les temps pendant que vous jouez. Comme si vous déclamiez les numéros sur scène.
  • Vous pouvez aussi nommer le nom des notes.
  • Vous pouvez nommer les doigtées.
  • Vous pouvez taper la pulsation d’une main et jouer l’autre main., ou le rythme d’une main et jouer l’autre main en réel sur le piano.
  • Vous pouvez aussi échanger les mains. C’est-à-dire jouer la main gauche avec la main droite, et la main droite avec la main gauche.

 

Une autre chose parfois qui débloque beaucoup.

Il ne faut pas le faire trop souvent parce que sinon ça abime les oreilles.

Vous vous mettez un casque sur les oreilles et vous mettez une musique assez forte, qui n’a rien à voir. Par exemple du RAP, du Hip-Hop, de la Zumba, ce que vous voulez, bien fort. Et vous essayez de jouer le passage en question.

Ça marche vraiment super bien pour débloquer les passages qui ne passent toujours pas après avoir travaillé.

 

Dernière petite précision.

C’est vrai qu’à partir d’un certain âge on apprend moins vite. C’est plus compliqué et on peut avoir des difficultés à ce niveau. Ce n’est pas une bonne excuse.

Le cerveau continue à évoluer même après 65 ans. Il évolue tout le temps, jusqu’au bout, jusqu’à la fin. J’ai personnellement des élèves qui ont un certain âge et ils progressent quand même. Ils sont plus lents bien sûr qu’un enfant, mais ça progresse toujours. D’accord ?

Donc il faut que vous soyez patient.

 

Voilà, j’espère que cette vidéo vous aura aidé. Maintenant c’est à vous d’agir. C’est à vous de travailler. C’est à vous d’appliquer.

 

Merci, à bientôt sur le blog !

 

Les 6 habitudes qui vous empêchent d’apprendre votre morceau rapidement

 

Durant mes années de pratique personnelle du piano et d’enseignement, j’ai repéré quelques mauvaises habitudes de travail qui reviennent tout le temps si l’on n’y prend pas garde. Les voici :

 

1-Reprendre toujours au début et jouer tout :

C’est l’erreur de travail la plus courante et la plus insidieuse. Nous tombons tous régulièrement dans le panneau. Nous avons tendance à confondre le fait de jouer et le fait de travailler.

Jouer du piano c’est : commencer à jouer à partir du début et aller jusqu’à la fin.
Travailler le piano c’est : répéter des passages dans un but précis d’amélioration.

 

Arrêtez de reprendre tout le temps votre morceau par le début ! S’il vous plaît arrêtez ça !!!! Vous perdez un temps précieux. Allez aux passages difficiles et qui sont à améliorer, allez aux endroits qui vous font peur. Pour les repérer plus facilement, vous pouvez vous enregistrer. Et dans la plupart des cas vous vous rendrez-compte en cours de route qu’ils ne sont pas aussi difficiles que vous le croyez.

Alors bien sûr, il vaut mieux « jouer » du piano que de ne pas y toucher pendant des jours et des jours. Mais à ce moment là, sachez que vous « travaillez » votre plaisir de jouer, votre endurance de jeu ou votre déchiffrage (si vous ne connaissez pas bien le morceau), ce qui sont de bonnes choses aussi, mais que vous n’améliorerez pas votre morceau. Et si vous avez une échéance comme un cours avec votre professeur, ou une prestation publique comme un examen ou une audition, vous n’avancerez pas vers cet objectif. Soyez-en conscient.

Travailler pour une prestation publique

Image Loïc Lafontaine

2-Jouer tout de suite sans prendre un temps de réflexion.

Il est très utile pour que vous soyez efficace de prendre un petit temps de réflexion avant de vous mettre à travailler au piano sur votre morceau. Posez-vous les questions suivantes par exemple :

  • Quel est le passage je dois travailler en priorité ?
  • Ai-je des nuances ou des indications de phrasé que je n’aurais pas vu ?
  • Que m’a indiqué mon professeur au dernier cours, si vous en prenez ?

Combien de fois vois-je des élèves avec la même erreur de texte, d’articulation, ou de phrasé pendant des semaines. La plupart du temps les professeurs signalent une erreur sur la partition ou un petit carnet en entourant le passage ou en mettant un signe ou une couleur particulière. Prenez donc le temps de repérer ces passages. Si la remarque n’est plus d’actualité, gommez-la. Vous avez tout à gagner que votre partition soit la plus clair et la plus propre possible.

Annotations professeur de piano

 

Combien de fois ai-je vu des partitions maculées de remarques violemment griffonnées de partout dans lesquelles on ne peut presque plus distinguer le texte musical ! Ceci dit, il est vrai que pour un professeur c’est exténuant de répéter des semaines la même chose ! Pas étonnant que certains perdent patience, surtout si vous tombez le jour ou il s’est levé du mauvais pied Confus.

 

3-Laisser la page vierge, ne pas écrire de doigtés :

Cette remarque est un peu dans la même lignée de ce que je viens de dire plus haut. Écrivez ce qui vous aide, et gommer ce dont vous n’avez plus besoin. Un élément en particulier est essentiel à écrire : le doigté. Mais pas à toutes les notes. Voici quelques endroits où il est très utiles de les indiquer :

  • Au début de chaque phrase musicale
  • Au début de chaque ligne
  • Au début de chaque page
  • À chaque changement de forme de main ou de position de bras
  • Lorsque la main est en position élargie (c’est à dire quand vous l’ouvrez et que vous avez plusieurs touches blanches entre les doigts).
  • Pensez également à recopier les doigtés lors d’une répétition à l’identique d’un passage.
  • A tout endroit où vous avez régulièrement une hésitation.
Je rappelle qu’il est important d’avoir toujours un crayon à papier et une gomme à coté de votre piano et qu’ils doivent ne servir qu’à cela… parole d’experte en perte…

 

 

4-Travailler les passages sans rajouter la note du passage suivant.

C’est à dire s’arrêter de jouer à la fin de la mesure, ou de la ligne ou de la page sans rajouter la première note de la suite. Vous serez dans l’incapacité d’enchaîner les différentes parties, et votre discours musical sera haché. Ceci va vous obliger ensuite à travailler toutes les transitions une à une. Traversez plutôt la barre de mesure, allez à la ligne suivante ou tournez la page, et jouez la ou les premières notes.

Une petite astuce toute simple si le passage travaillé se termine en fin de ligne ou de page : écrivez la note ou l’accord du passage suivant à cette fin de ligne ou fin de page (ou aux barres de reprises). Vous appliquerez plus facilement ce principe de continuité. (voir image en dessous en bas à droite)

 

Ceci va vous faire gagner un temps précieux.

 

Repère en fin de page

5-Travailler juste avant le cours suivant, au dernier moment.

Cette remarque est bien sûr pour les personnes qui prennent des cours. La plupart du temps, je sais que les élèves travaillent plutôt les jours qui précèdent le cours, voyant l’échéance arriver. Après le cours, on se dit : « il y a le temps, on verra plus tard”. C’est une erreur qui a beaucoup d’inconvénients. Mais le plus gênant est que vous ne ravivez pas immédiatement la mémoire de ce qui a été dit, donc vous allez oublier la plupart des choses qui ont été dites. Vos devez appliquer de suite les conseils qui vous ont été donnés, afin de profiter pleinement du contenu du cours quand c’est encore frais dans votre mémoire. Et vous verrez que c’est beaucoup plus facile dans ce sens au bout du compte. Si vous ne pouvez pas jouer de suite, prenez un temps rapide pour noter ce dont vous vous souvenez immédiatement, ou dans les heures qui suivent le cours. Quelques mots clés suffisent. De cette manière, vous optimiser au maximum votre investissement en temps et en argent de vos cours. Et la patience de votre prof Sourire. Tout le monde est gagnant.

La leçon de piano de Matisse

La leçon de piano de Matisse, 1917

Mais cette remarque est également valable si vous suivez des tutoriels ou des cours en lignes. Ne tardez pas à appliquer concrètement. Ne regardez pas les cours, si ce n’est pas pour appliquer ce qu’il y est demandé de faire.

 

6-Choisir des morceaux trop difficiles :

Il est courant que des amateurs (dans le sens “qui aiment”) de piano se lancent dans l’apprentissage de morceaux d’un niveau technique et/ou de lecture beaucoup trop éloigné du leur. Il est bon de se mettre parfois des chalenges en travaillant des morceaux plus difficile que votre niveau, surtout si vous l’adorez, mais dans certaines proportions raisonnables.

Vous pouvez cependant parfois vous faire plaisir et travaillez uniquement le passage, le thème que vous adorez, mais vous risquez d’être frustré si vous le faites trop souvent. Jouer un morceau d’un bout à l’autre est tellement plus satisfaisant !

Comment savoir si votre morceau est faisable pour votre niveau si vous n’avez pas de professeur ? Honnêtement, c’est compliqué… Mais si vous mettez plus de deux mois à savoir bien le jouer, il est certainement trop difficile pour vous… pour le moment.

Si vous ne savez pas quel morceau choisir, pensez à aller voir mes listes par niveau et leur vidéos sélectionnées.

 

Et voilà ! Si vous arrivez à éradiquer déjà ces 6 mauvaises façons de procéder, vous serez déjà beaucoup plus efficace ! Et vous pourrez vous féliciter, car la plupart des pianistes les utilisent pendant des années, voir toute leur vie, sans avoir même conscience qu’elles sont une perte de temps énorme !

Mais bien sûr, n’oubliez pas de vous faire plaisir aussi en rejouant d’anciens morceaux du début à la fin. Ou de déchiffrer des morceaux faciles en les téléchargeant gratuitement sur ISLMP ou en achetant des partitions faciles et attractives. Le piano c’est aussi et surtout dans le but de “jouer”. Alterner le plaisir du travail efficace et le plaisir du jeu sans “prise de tête”. Tout dépend du temps dont vous disposez. Il est certainement judicieux pour la plupart d’entre vous de réserver la détente au piano pour le weekend…

Bon piano !

André Manoukian nous parle !

C’est avec beaucoup de joie que je vous offre ce moment partagé avec André Manoukian, le dimanche 30 avril 2017, après le concert « De l’Orient à l’Occident » donné à Musicora à Paris. Avec beaucoup de simplicité et de gentillesse il m’a accordé du temps, alors qu’il était attendu par ses amis pour se restaurer… Merci à lui !

André Manoukian est un pianiste français de jazz et très polyvalent. Il est également compositeur, auteur et même acteur. Il est bien connu du grand public pour sa participation à l’émission de télévision « La nouvelle star » sur M6 puis C8 (anciennement D8), ainsi qu’à « La vie secrète des chansons« . Il a créé dernièrement le festival de jazz Cosmojazz à Chamonix. Il intervient actuellement sur France Inter dans l’émission « Les routes de la musique » sur l’histoire de la musique, tous les samedi à 17h, dans laquelle il nous donne de merveilleuses petites leçons de piano à sa manière (voir sélection en dessous de la vidéo). Il est au coté de Jean-François Zygel dans « La grande nuit du piano« .

Pour en savoir plus sur André Manoukian et apprendre de lui, je vous propose une petite sélection de ses « leçons de piano » sur France Inter :

Les notes qui s’aiment.

La grande note commune.

Le silence c’est de la musique.

L’improvisation.

L’ extase ou sortir de la gamme.

Quand les textes chantent.

Continuer la lecture