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Progressez au piano grâce à la psychologie de la performance

Lors d’un évènement international rassemblant plusieurs centaines de personnes à Bruxelles, je rencontrais un homme qui a tout de suite retenu mon attention par le sujet qu’il traite : comment améliorer l’apprentissage par les découvertes scientifiques de ces dernières années. Il s’agit de Roman Buchta, un passionné de neurosciences cognitives et de psychologie comportementale. Il aide les musiciens a jouer aussi bien devant un public que quand ils sont seuls via des outils à la pointe du coaching et de la thérapie brève.

Depuis, nous avons gardé le contact et il y a quelques semaines, il m’a proposé d’écrire pour les passionnés du piano que vous êtes. C’est donc avec joie aujourd’hui que je lui laisse la plume pour que vous puissiez profiter de ces conseils judicieux. Bonne lecture !

Piano et performance

 

Cela vous arrive de travailler votre piano pendant des heures ?
De répéter encore et encore les mêmes passages ?

De vous exercer avec acharnement pour enfin pouvoir jouer les morceaux dont vous rêvez ?

Pourtant malgré ce travail et votre envie de progresser au piano, vous êtes encore loin du niveau de Kissin ou de Sokolof.

Quand vous les voyez jouer, vous vous dites intérieurement, mais comment font-ils pour être aussi incroyablement bon ?

Ou peut-être que vous êtes du genre à jouer du piano uniquement quand cela vous chante. Vous souhaitez juste prendre du plaisir ! Et surtout pas transformer cette passion en deuxième travail. Un seul c’est suffisant, non ?

Ceci étant dit, vous seriez vraiment heureux de pouvoir jouer aussi bien que ces virtuoses du piano. Peut-être même que vous vendriez père et mère pour cela.

Le plus frustrant, c’est que ces prodiges n’ont pas plus d’heures que vous dans une journée. 24, comme vous.

Pour ma part, je sais ce que c’est de ne pas progresser autant qu’on le désire. D’être frustré de ne pas faire jaillir de l’instrument toute la musique qui nous habite. De ne pas être un de ses élus extrêmement talentueux.

Mais est-ce uniquement une histoire de talent ? Y a-t-il d’autres ingrédients ?
Si je vous disais que des chercheurs se sont posés la même question ;
et qu’ils ont découvert ce que les apprenants d’exception font différemment des autres.

Ça vous intéresserait de découvrir les conclusions de leur recherches ?
De connaître les secrets de ceux qui s’exercent mieux que les autres ?
De vous en servir pour progresser au piano plus rapidement ?

Bienvenue dans cet univers fascinant de la psychologie de la performance !

 

Pourquoi c’est crucial de  savoir comment davantage progresser au piano ?

Gagner du temps quand vous travaillez le piano

Si nous habitons sur la même planète je parie que vous n’avez pas du temps à revendre. Surtout pas à gâcher.

Les minutes et les heures que vous passez pour progresser au piano sont précieuses. Vous pourriez vous en servir pour vous occuper de vos enfants, petits-enfants, aller voir votre famille, vos parents…

Imaginez le scénario suivant. Vous avez besoin d’une voiture. Vous vous rendez chez un concessionnaire et celui-ci vous présente deux modèles dans une gamme de prix qui vous correspond.

Les deux modèles sont aussi beau l’un que l’autre. Mais l’un des deux consomme plus de carburant et avance deux fois moins vite en moyenne. Par ailleurs, ces deux modèles de voitures sont parfaitement similaires.

Dans ces conditions, quelle voiture allez-vous choisir ?

Que ce soit pour la planète ou pour votre portefeuille, la question ne se pose même pas.vous choisirez le modèle qui a les meilleures caractéristiques.
Je me trompe ?

C’est la même chose en ce qui concerne l’apprentissage.
Et c’est tout l’intérêt des recherches en neurosciences et en psychologie comportementale.

Ces travaux vous permettent de savoir ce qui fonctionne grâce à des expériences concrètes. Ainsi, vous pourrez baser votre travail sur des méthodes dont l’efficacité a été prouvée, sans passer votre vie à chercher à les découvrir par vous-même. Pas besoin de réinventer la roue !

 

Démystifier les pianistes d’exception

Admirer des musiciens a du bon.
Cela vous met des étoiles dans les yeux. Leur musique vous touche, vous subjugue et vous donne envie d’en jouer.
C’est probablement cela qui vous a amené à commencer l’apprentissage du piano.

Mais attention !
Ce qui est bon peut aussi être mauvais.

Si vous ne travaillez pas efficacement votre instrument, vous progresserez peu.
Petit à petit vous commencerez à vous dire :
“Je suis moins doué que tel ou tel pianiste, je ne pourrai jamais aussi bien jouer inutile de rêver.”

Pour une partie de votre esprit qu’on appelle l’inconscient ces propos ne sont pas des paroles en l’air. Et si votre inconscient les entends trop régulièrement, il va tâcher de les transformer en réalité.

Sachant que certains hôpitaux opèrent de la thyroïde des patients sous hypnose,
que ces patients cicatrisent bien plus vite et bien mieux que les patients opérés sous anesthésie classique. Il devient difficile de douter de la puissance de la partie inconsciente de votre esprit.

Quoi que vous en pensiez, une chose est sûr. Pas un seul des pianistes que vous adorez et admirez n’a passé son temps à se répéter intérieurement “Je ne deviendrai jamais un pianiste d’exception, je n’ai pas assez de ta talent, c’est trop tard”.

Alors, pourquoi vous, vous feriez cette erreur ?

 

Renforcez votre motivation pour progresser au piano

Selon vous, quel est l’ingrédient le plus important pour renforcer votre détermination à progresser au piano ?

La MO-TI-VA-TI-ON.
Et de quoi se nourrit votre motivation ?

De PRO-GRES !

D’après vous, combien de pianistes laissent leur piano prendre la poussière parce qu’ils sont déçus de ne pas assez progresser.

Une quantité inimaginable.
Ils sont aussi nombreux que les étoiles dans notre galaxie.

Tout ça parce que ces passionnés du piano utilisent des méthodes de travail qui ne portent pas leurs fruits.

Ils répètent en boucle des exercices au piano et au fur et à mesure du temps qui passe, leur motivation se transforme en une douloureuse frustration.

Pour éviter que d’autres musiciens ne partagent cette triste destinée, je vous propose de découvrir les différences entre les façons de travailler des experts et de ceux qui progressent moins.

 

Les apprenants d’exception contre les autres:  qu’est-ce qui différencie leur façon de s’exercer ?

À l’université de New York, des chercheurs ont étudié les habitudes d’entraînement des basketteurs de haut niveau.

Leur objectif ?
Découvrir s’il existe des différences entre les manières de s’entraîner des meilleurs tireurs de panier à 3 points et celles des moins bons tireurs.

Atteindre la performance

Première différence:  les basketteurs qui apprennent plus vite définissent des objectifs de travail plus précis

Les chercheurs ont découvert que pendant leur entraînement, les meilleurs basketteurs définissent des buts plus précis à propos des objectifs qu’ils souhaitent atteindre et il se concentrent dessus avant chaque lancer.

C’est basketteurs se disent : ”je vais faire 5 lancers sans que le ballon ne touche l’anneau “ ou “Je vais faire attention à sentir le poids de mon corps dans mes pieds sur le sol pendant les10 prochains paniers. »

Les moins bons tireurs se donnent des buts plus vagues comme :

“Je vais tenter de faire des beaux lancers” ou “ je vais réussir 7 paniers d’affilés”

Deuxième différence:  les basketteurs qui apprennent plus vite définissent des objectifs de travail plus précis

Comme les tireurs les moins adroits, les meilleurs ont parfois ratés des paniers.

Cependant, les scientifiques ont été frappés de voir à quel point  les manières d’analyser ces tirs ratés étaient différentes entre les deux groupes de basketteurs.

Les moins bons tireurs ne consacraient pas beaucoup d’énergie à chercher la raison de leurs échecs. Ils se contentaient d’attribuer leur tirs ratés à des facteurs généraux  comme le manque d’attention où le manque de précision.

Les meilleurs tireurs, eux, pensaient que leurs lancers ratés étaient le fruit de défauts techniques. Ils cherchaient à découvrir pourquoi ils avaient échoué avec la même minutie qu’un contrôleur fiscal qui épluche les comptes d’une entreprise aux pratiques douteuses !

S’ils avaient raté leur tir, c’était peut-être parce qu’il n’avait pas visé 2 centimètres au-dessus de l’anneau ou parce qu’ils avaient trop fléchis le genou arrière, etc.

Grâce à ces analyses détaillées, les meilleurs tireurs déterminaient des objectifs de plus en plus précis. Ainsi, de lancers ratés en analyse, les buts qu’ils se fixaient étaient toujours plus affinés. Et les progrès qui en découlaient plus subtils…

Progresser ce que l’on fait compte plus que ce que l’on sait

J’entends certains d’entre vous pensez et se dire:
Les joueurs de plus faible niveau progressent peut-être moins parce qu’ils ont moins de connaissances…

Les chercheurs se sont posés la même question.
En effet, cela pourrait expliquer pourquoi les joueurs de faible niveau analysaient moins leurs échecs et se fixaient des objectifs moins précis !

Pour éliminer le doute, les scientifiques ont distribués des questionnaires à tous les joueurs pour déterminer leur niveau de connaissance, sur les différentes aspects techniques du panier à 3 points.

Et devinez ce qu’ils ont découvert ?

Qu’il n’y avait strictement aucune différence entre le groupe des meilleurs et  le groupe des moins bons. Leur niveau de connaissance était similaire.

C’est fou, n’est-ce pas?

Tous ces joueurs ont le même niveau de connaissance en basket. Ce qui change c’est l’usage qu’ils en font.

Les excellents tireurs utilisent leur savoir comme une ressource précieuse.
Grâce à elle, ils établissent des plans, étudient leur tentative et orientent leur entraînement vers toujours plus d’efficience.

D’une étude sur le basket à l’apprentissage du piano

Les 2 différences clés pour  progresser au piano

Concernant le piano, vous pouvez en déduire que les principes qui peuvent vous aider à systématiquement progresser au piano se situent sur deux plans.

D’une part, ils se trouvent dans les connaissances pratiques et théoriques de l’instrument, du solfège, de l’harmonie, etc.

D’où l’avantage énorme d’apprendre grâce à une personne passionnée de méthode d’apprentissage comme Marie-Cécile !
Une pianiste qui réfléchit à comment vous transmettre les connaissances qui vous sont utiles et dont vous avez besoin, de la façon la plus judicieuse et pertinente qui soit.

D’autre part, cette différence entre les pianistes qui parviennent a beaucoup progresser au piano et les autres, résident dans leur manière d’utiliser les connaissances qu’ils possèdent.

Comme le disait Michel Audiard :
“Un intellectuel assis va moins loin qu’un con qui marche”

Conseils pratiques pour progresser au piano

Ce qui est génial, c’est que c’est vous et personne d’autre qui contrôlez ces deux aspects.

Vous pourriez par exemple :

1) Analyser vos séances de travail les plus prolifiques (celles qui donnent les progrès les plus rapides, les plus durables…)
2) Identifier ce qui les rend fructueuses
3) Focaliser sur les aspects les plus efficaces et tenter de les généraliser dans toutes vos séances de travail

Par ailleurs, vous pouvez prendre plus de temps pour étudier la cause de vos erreurs ou difficultés au lieu de les répéter en boucle.

1) Dès qu’un passage vous pose problème, arrêtez-vous
2) Chercher à comprendre ce qui bloque
3) Une fois que vous avez découvert l’origine du problème, inventez des solutions et  testez-les

Et bien sûr,  vous pouvez décider de prendre des cours pour booster votre apprentissage et davantage progresser au piano.

Conclusion

Ne dites plus jamais que vous ne pouvez pas atteindre le niveau technique dont vous rêvez. C’est inutile comme de se plaindre d’avoir crever un pneu au lieu de commencer à changer la roue.

D’autant que, contrairement à ce que beaucoup de musiciens pensent, l’excellence n’est pas qu’une histoire de talent.

Les musiciens d’excellence, les sportifs d’élites, sont avant tout des passionnés qui s’entraînent très efficacement.

Les pianistes que vous admirez n’échappent probablement pas à la règle. Ces musiciens définissent des objectifs très précis et analysent leurs erreurs avec autant de soin qu’un archéologue qui déterre les restes d’une momie inconnue.

Vous pouvez vous exercer aussi bien qu’eux !
Ce n’est pas évident parce que cela vous demande d’être patient et de réfléchir en profondeur.
Le plus grand challenge sera peut-être de vous empêcher de répéter en boucle des passages qui bloquent, pour faire une pause et les analyser.

Personnellement, c’est ce que j’ai vécu.
Et oui ! Le cerveau humain est paresseux.
Se creuser la tête coûte plus d’énergie que de répéter bêtement les mêmes gestes !

Mais si vous appliquer c’est 2 points clés dans votre travail, vous allez faire grandir votre capacité à progresser au piano.
Et vous savez comment c’est dans votre corps quand vous remarquez que vous avez progressé ?  C’est un bon sentiment, n’est-ce pas ?

Alors, comment allez-vous appliquer ses 2 principes clés dans vos séances de travail pour progresser au piano ?

Enfin, si vous souhaitez éliminer les erreurs qui ruinent 90 % de vos progrès au piano, cliquez ici.

Et si vous aimeriez mieux jouer en public (et comprendre pourquoi vous utilisez votre cerveau à l’envers quand vous jouez devant un auditoire), je vous conseille de cliquer-là.

Avec confiance et motivation 😉

Roman de Ouimusique

Recherches utilisées pour trouver cet article :piano avec marie cécile, Exercices pratiques au piano

Comment ne pas perdre tous ses moyens en jouant devant son professeur

Aujourd’hui il est question de ne plus perdre ses moyens devant son professeur, ses amis. De pouvoir enfin jouer à l’extérieur de chez soi sans être complètement perdu au point de ne plus reconnaitre le clavier.

Earmaster, une application parfaite pour travailler l’oreille (Interview)

Vous avez des difficultés pour entendre les partitions ou pour savoir retrouver une mélodie à l’oreille ? Je vous présente aujourd’hui une application parfaite pour cela : Earmaster.

Pour PC, Mac et Ipad, ce logiciel est un superbe outil pour devenir un instrumentiste musicien, c’est à dire “qui a de l’oreille” ! Même si elle ne remplace pas un professeur, elle permet de pratiquer au quotidien ce qui a été vu en cours, avec pour vous la certitude que vous êtes sur la bonne voie. Vous pourrez “voir” vos progrès.

Quentin Nicollet, de l’équipe au Danemark nous explique tout ce qu’il faut savoir sur cette application. 

 

 

Earmaster, une application pour travailler l’oreille

 

 

Marie-Cécile

Bonjour Quentin Nicollet je suis très contente de t’avoir aujourd’hui en ligne pour une interview pour mon blog https://apprendre-a-jouer-du-piano.com/ et ma chaine YouTube. Tu es de chez EarMaster, donc tu t’occupes de cette application et en ce moment tu es au Danemark c’est ça ?

 

Quentin Nicollet

Voilà tout à fait. Bonjour Marie-Cécile. Donc oui au Danemark dans les bureaux d’EarMaster. On est sur la côte Nord Baltique, il faut beau aujourd’hui on a de la chance ! Et puis je vais vous parler effectivement de l’appli EarMaster, qui est sur PC, Mac et IPad.

 

Marie-Cécile

C’est vraiment vraiment une belle opportunité parce que je connais cette application depuis un certain temps mais c’est vrai que je n’ai jamais eu l’occasion de vraiment me plonger dedans et d’en parler de manière plus précise à mes lecteurs. C’est chose faite, c’est parti !

EarMaster c’est un logiciel et une application en même temps. Un logiciel sur ordinateur, et aussi une application pour mobile. C’est ça ?

 

Quentin Nicollet

Voilà. Pour l’instant ça se décline en d’autres versions. Sur PC, Mac comme tu l’as dit, sur IPad et puis on va continuer le développement pour d’autres plateformes dont IPhone, on va essayer.

La tâche est un peu ardue parce que l’écran est tout petit. Et on a plein de choses à lancer, on a une partition à partager, on a un piano, une guitare et pas mal de choses à montrer à l’écran donc on bosse dur pour réagencer un peu le tout mais on va essayer car c’est très demandé.

Bien sûr tout ce qui est Android, tablettes comme téléphones on aimerait aussi supporter ça. La tâche est rendue aussi ardue par d’autres aspects. Ce n’est pas oublié, c’est en projet.

 

Marie-Cécile

D’accord. Donc pour l’instant pour ce qui est de l’application c’est uniquement sur IPad pour le moment ?

 

Quentin Nicollet

Voilà tout à fait.

 

Marie-Cécile

Mais ça va venir, donc on attend ça avec impatience !

Selon toi, quels sont les avantages d’une application numérique comme ça ? Moi j’ai ma petite idée déjà.

 

Quentin Nicollet

Il y en a beaucoup en fait.

  • Déjà le fait d’avoir une évaluation instantanée.

EarMaster c’est surtout travail de l’oreille, formation de l’oreille. En général on a besoin d’un partenaire d’entrainement qui va nous jouer par exemple des accords, des intervalles. On va essayer de les identifier à l’oreille, on va y répondre et le partenaire va nous dire si c’est ça ou pas.

On peu s’entrainer en solo mais à ce moment-là on n’est pas sûr de savoir si on reconnait vraiment les notes qu’on entend de façon correcte.

L’avantage de l’application c’est qu’elle va nous dire tout de suite si on s’entraine dans le vrai en fait, si on fait des erreurs ou pas.

On va avoir un retour immédiat de la justesse par exemple quand on chante, ou alors de la précision rythmique quand on joue des rythmes.

  • Un autre avantage c’est la motivation.

Parce qu’il y a un aspect ludique dans l’application. Par exemple, on est noté à chaque question avec des étoiles, du type on a 4 étoiles sur 5. Ça donne envie de se surpasser. On voit ses scores, on a un pourcentage, on essaie de faire encore mieux. Et à la fin ça devient ludique.

Par exemple, je discutais avec le conservatoire régional de Perpignan, qui utilise EarMaster. Le prof de formation musicale avec qui je suis en contact m’a dit : « C’est la première fois que j’ai un élève qui fait 4 heures de formation musicale d’un coup, sans s’arrêter. » C’est génial parce qu’ils avaient du mal à motiver leurs élèves à faire de la formation musicale parce qu’il y a pas mal d’élèves qui trouvent ça rébarbatif et au final, avec l’application, il y a forcément des défauts, ça ne peut pas être parfait, mais ça permet en tout cas de motiver ses élèves et du coup ils sont excités par la formation musicale, ce qui n’était pas forcément évident à la base.

Voilà donc ça c’était un autre avantage d’une application comme ça.

 

Marie-Cécile

C’est vrai que c’est très important pour les élèves.

Moi je remarque que dans mon enseignement c’est très important qu’ils aient un retour immédiat de ce qu’ils sont en train de faire. Et ça c’est ce que j’apprécie chez EarMaster. C’est notamment pour tout ce qui est travail de l’oreille et de la voix. C’est qu’on peut voir à l’écran de manière visuelle où se trouve la voix par rapport aux notes qui sont réellement écrites sur la partition. Et ça, ça permet d’avoir un retour vraiment immédiat qu’un professeur ne peut pas donner. Humainement ce n’est pas possible ou alors il faudrait vraiment qu’on se mette à la hauteur de la voix et ce ne serait pas précis.

Donc ça je trouve que c’est vraiment un bon atout.

Et effectivement le côté un peu « gamifié », où on peut avoir des petites étoiles ou des choses comme ça, ça permet en plus d’avoir des récompenses. Et même pour ceux qui ne croient pas que c’est important, sans s’en rendre compte.

C’est pour tout type de public ? Ou est ce que c’est que pour adulte ? Est-ce que c’est pour enfant ? Ça s’adresse à qui ?

 

Quentin Nicollet

Alors c’est vrai que le graphisme n’est pas pour les tous petits enfants. Les couleurs sont dans des tons de bleu – gris. Le public principal est, on va dire, grands ados et adultes.

Après c’est bien sûr possible d’utiliser ça par des enfants de 7 ou 8 ans mais la plupart des utilisateurs sont jeunes adultes.

 

Marie-Cécile

D’accord. Et par rapport au niveau musical ? Comment ça se passe ?

 

Quentin Nicollet

Alors ça couvre les 3 cycles, principalement les cycles 1 et 2 quand même. Ce qui manque un petit peu à l’application et ce qu’on va ajouter dans les prochaines années, c’est tout ce qui est analyse musicale, tous les aspects musicologiques de la formation musicale, la dynamique.

Par contre, tout ce qui est travail de l’oreille, lecture et chant, c’est pour tous les niveaux.

On a aussi un cours de jazz qui va assez loin sur l’harmonie et donc des rythmes swings. Ça va quand même assez loin aussi.

 

Marie-Cécile

Donc il y a différents styles de musiques du coup.

 

Quentin Nicollet

Le développeur principal de l’application, qui s’appelle Hans, est un fan de jazz. Donc c’est vrai que l’application reflète un peu son goût pour le jazz. Donc il y a pas mal de chansons et d’exercices sur du jazz.

Mais on est en train de développer tout l’aspect classique, de plus en plus. On va rajouter des chorales pour faire des exercices sur des chorals de Bach par exemple.

On va rajouter le chiffrage classique aussi. On a pas mal de choses en projets pour étendre un peu la variété des exercices.

 

Marie-Cécile

Whoua ! Ce doit être du boulot !

 

Quentin Nicollet

Oui on a de grandes ambitions !

 

Marie-Cécile

Au niveau des instruments pratiqués, quels sont les différents types de réponses ? Comment on répond aux exercices ?

 

Quentin Nicollet

A la base le logiciel ne requière qu’un clavier, une souris et un micro pour les exercices de chant. On axe pas mal les exercices sur l’interactivité par le chant.

Parce que c’est ce qui permet d’internaliser un peu, surtout pour le travail de l’oreille. Parce que l’entendre c’est une chose, mais il faut aussi sentir la note. Et pour ça le chant aide vraiment à comprendre les notes, à comprendre la musique.

Donc le micro est très important.

Dans le logiciel à l’écran, on a un piano sur lequel on peut cliquer avec la souris, ou alors sur son IPad on peut toucher les notes avec le doigt, jouer les mélodies ou les intervalles, les gammes, qu’on a entendu.

Il y a aussi une guitare à l’écran. Un violon. Un violoncelle. Une mandoline. Il y a plusieurs styles d’instruments qu’on peut voir s’afficher à l’écran.

On a aussi ce qu’on appelle un clavier fonctionnel, un fichier fonction en fait. Par exemple cet intervalle-là c’était tierce majeure.

 

Marie-Cécile

D’accord, donc n’importe quel instrumentiste ou chanteur peut utiliser cette application. Ce n’est pas un instrument particulier ou une pratique particulière.

 

Quentin Nicollet

Non. Même un flûtiste peut jouer des notes devant le micro par exemple. Il y a simplement des réglages de transposition.

 

Marie-Cécile

D’accord c’est ouvert à tout le monde. Au niveau du micro, est-ce qu’il faut un micro particulier ou est-ce qu’on peut prendre le micro de son ordinateur ?

 

Quentin Nicollet

Je dirais limite la plus basse qualité sera le mieux tel que le micro intégré à la webcam dans l’ordinateur, c’est parfait.

 

Marie-Cécile

D’accord, pas besoin de matériel en particulier.

 

Quentin Nicollet

Ça réduit la bande passante donc le logiciel a moins de mal à discerner les notes. Vraiment il n’y a pas besoin d’investir dans un matériel professionnel.

 

Marie-Cécile

D’accord, donc ça c’est bon à savoir. Parce qu’effectivement on pourrait éventuellement s’acheter un bon micro pour la chose…

 

Quentin Nicollet

Non en fait il n’y a pas besoin.

 

Marie-Cécile

Et pour l’IPad ? C’est pareil ?

 

Quentin Nicollet

Il y a le micro intégré tout à fait.

 

Marie-Cécile

Est-ce qu’on y trouve des cours aussi ? Ou est-ce qu’on trouve uniquement des exercices ?

 

Quentin Nicollet

Alors il y a les 2.

  • On a un cours débutant qui est une nouveauté de la version 7.

Cours débutant qui va du niveau 0, c’est-à-dire répéter une note pour l’entendre, ensuite battre la pulsation, jusqu’à un niveau plus avancé où on commence à attaquer l’harmonie etc. Ce cours-là est un cours complet que l’on peut suivre soit pour apprendre les bases de la théorie, soit pour réviser.

  • Ensuite on a des cours séparés pour la formation de l’oreille principalement, qu’on appelle des ateliers.

Il y a 14 ateliers, tout style. Il y a 9 ateliers pour le jazz. Ce sera par exemple des ateliers de lecture de rythmes. Des ateliers de dictées rythmiques ou dictées mélodiques. Des ateliers de reconnaissances des gammes à l’oreille.

Et ensuite bien sûr la possibilité de configurer les exercices par soi-même.

 

Marie-Cécile

D’accord, donc ça c’est intéressant, ça veut dire que si l’élève remarque qu’il a besoin de travailler tel ou tel aspect il peut s’en créer des supplémentaires.

 

Quentin Nicollet

Tout à fait voilà. S’il a du mal sur certains aspects de sa formation auditive, il pourra configurer un exercice pour vraiment s’entrainer dessus à fond.

 

Marie-Cécile

Donc c’est lecture de notes mais liée à la hauteur du son. Ça c’est intéressant parce qu’il y a vraiment un travail en parallèle des deux. Lecture de rythmes, là on répond en frappant dans ses mains d’après ce que j’ai compris ?

 

Quentin Nicollet

Oui. Dans la version précédente on avait une option pour brancher un micro pour le rythme. Donc on pouvait battre des notes devant un micro. Cette option-là on l’a enlevé parce qu’on a remarqué que les utilisateurs devaient faire trop de paramétrages de micro. On est en train de la retravailler pour la rendre beaucoup plus simple à utiliser.

En ce qui concerne les exercices de chant, pour l’instant il n’y a pas besoin de configurer. On commence l’exercice et tout est automatique.

On aimerait faire ça pour les rythmes aussi. Donc pour l’instant pour les rythmes on tape sur la barre d’espace du clavier de l’ordinateur ou alors sur la souris, et sur IPad on tape sur l’écran.

 

Marie-Cécile

Très bien. Il y a aussi un travail sur les intervalles, sur les constructions harmoniques, toutes ces choses-là. Il y a aussi des parties cours et aussi une mise en pratique tout de suite.

 

Quentin Nicollet

Voilà exactement. La partie cours théorique pure est très succinct. Le logiciel n’a pas l’ambition d’apprendre la théorie ou de remplacer le formateur musical.

Le but est vraiment de mettre en pratique ses connaissances. Il y a du débrief théorique pour rappeler la théorie et ensuite c’est exercices vraiment.

C’est ça le cœur du logiciel. C’est vraiment des exercices.

 

Marie-Cécile

Oui donc ça vient vraiment compléter le professeur et non pas le remplacer. Donc merci pour nous !

C’est vrai que c’est important parce qu’au jour le jour, l’élève peut vraiment pratiquer en sachant s’il est dans la bonne direction.

Moi j’ai souvent des élèves qui me disent « Mais moi je voudrais bien travailler en dehors mais je ne sais pas si ce que je fais c’est bien, ou si c’est juste. Donc peut-être que ce que j’apprends est faux. ». Là c’est vraiment l’avantage d’avoir ce retour au quotidien et de remplacer le professeur au quotidien mais pas pour ce qui est de l’enseignement de fond.

 

Quentin Nicollet

Ça me fait plaisir que tu dises ça parce que c’est vraiment un des points sur lequel on essaie d’insister le plus possible avec EarMaster. C’est justement cette possibilité pour les élèves d’avoir même à la maison un retour sur ce qu’ils font.

 

Marie-Cécile

Du coup il y a pas mal d’écoles qui l’ont bien compris puisque visiblement on a une possibilité de s’inscrire en tant qu’école et d’y inscrire ses élèves. Donc il y a pas mal d’écoles je crois de par le monde qui sont inscrites ?

 

Quentin Nicollet

Oui tout à fait. On a un réseau d’écoles qui grandit. On propose une licence qui permet aux professeurs de prendre le contrôle du logiciel, pour faire leurs propres cours, faire leurs propres suivis.

Les élèves ensuite utilisent les exercices faits par le professeur à la maison ou à l’école, et le professeur peut suivre un peu les résultats et les progrès des élèves dans le logiciel.

Donc on a pas mal d’écoles qui utilisent ce système-là, à l’étranger et en France aussi de plus en plus. Comme le CRR de Perpignan, des écoles de Jazz comme Fleischmann, des écoles privées, des écoles de musique municipales, des universités. Un petit peu tout en fait.

 

Marie-Cécile

D’accord. D’ailleurs on n’a pas eu l’occasion d’en parler, j’ai des lecteurs un petit peu de par le monde, en francophonie bien sûr, mais au niveau de la disponibilité, c’est disponible partout ?

 

Quentin Nicollet

Via notre site oui déjà. Et ensuite on a des revendeurs, dans certains pays on a des distributeurs. Là où il y a le plus en boutique c’est en Allemagne et aux Etats-Unis puisqu’on a des distributeurs assez gros. En France les magasins dans les grandes villes, il y a par exemple chez Woodbrass à Paris, Bellecour Musiques à Lyon par exemple. Sans ça, sur notre site earmaster.com on peut le commander en ligne.

 

Marie-Cécile

On a donc la possibilité de le commander un petit peu de partout sur le site en tout cas.

 

Quentin Nicollet

Voilà tout à fait.

 

Marie-Cécile

Maintenant j’aimerais juste savoir un petit peu l’historique de cette application. D’où elle vient ? Qui l’a créé ?

 

Quentin Nicollet

C’est une petite histoire qui en dit long sur l’origine du logiciel.

Hans Lavdal Jakobsen, un danois ingénieur en robotique qui avait des ambitions de faire une carrière musicale.

Il voulait se présenter au Conservatoire de Copenhague.

A l’examen d’entrée il y avait une énorme partie sur le travail de l’oreille. Il avait une oreille qui n’était pas très affutée et il a trouvé un ami pour s’entrainer. Résultat des courses, ça a été difficile de faire des rencards et de s’entrainer suffisamment.

Il n’a pas réussi son examen. Un petit peu frustré et un petit peu triste, il s’est dit « Si j’avais eu un logiciel qui aurait pu m’entrainer comme ça, 24h/24 avant l’examen, peut-être que j’aurais eu mes chances. »

Du coup, avec ses études d’ingénierie en poche il s’est mis à programmer un petit logiciel sur DOS (c’était un vieux système, dans les années 80, en noir et blanc et très basique). Ça a fait la première version EarMaster.

Tous ses camarades qui faisaient de la musique lui ont demandé la copie du logiciel. Il s’est dit que ça intéressait du monde.

Il a contacté la société Roland qui fait des claviers etc en Scandinavie pour leur demander s’ils étaient intéressés.

Du coup ils l’ont distribué dans toute la Scandinavie. Et de fil en aiguille c’est devenu un grand succès dans les pays scandinaves, Suède, Norvège, Danemark.

Du coup il a internationalisé ça, l’a fait traduire en plusieurs langues et le succès grandit.

Et aujourd’hui on est où on est, avec vraiment pas mal de milliers d’utilisateurs, l’école Berklee à boston qui donne le logiciel à tous ses élèves, 4 000 élèves, et on continue de grandir on va dire.

 

Marie-Cécile

Oui donc tu as parlé tout à l’heure de la possibilité pour les professeurs de créer des exercices et donc d’inscrire leurs propres élèves à l’application avec des tarifs particuliers.

Est-ce que tu peux nous en dire plus par rapport à ça ?

 

Quentin Nicollet

On propose un site qui permet aux écoles d’ajouter leurs élèves et professeurs et de distribuer des licences. Ça va permettre aux élèves et aux profs d’utiliser le logiciel chez eux, sur leur ordinateur ou leur IPad. Et tout ça est à un prix assez compétitif.

Ça va de 3 euros par an et par utilisateur à 10 € par an et par utilisateur.

Il y a un tarif dégressif.

Ça va permettre aux professeurs de créer des exercices pour les élèves et de les envoyer aux élèves afin qu’ils les reçoivent chez eux, tranquillement installés ils font leurs exercices, leurs devoirs, et leurs résultats sont chargés directement dans l’ordinateur du prof qui peut faire le suivi.

  • Ça permet de travailler à distance.
  • Ça permet aux élèves de s’entrainer pendant les vacances scolaires, quand ils sont en déplacements.
  • Ça permet surtout aussi aux profs de suivre un peu ce que les élèves font chez eux, consulter leur taux de réussite etc.

 

Marie-Cécile

Donc c’est ouvert à tout type d’enseignants, du professeur particulier, indépendant, aux grosses écoles de musique.

 

Quentin Nicollet

Tout à fait.

 

Marie-Cécile

Au niveau tarif, pour un particulier ?

 

Quentin Nicollet

  • Pour un particulier, l’application sur ordinateur c’est 60€ une fois pour toute.

C’est un achat unique et on conserve la licence autant qu’on veut. On peut installer le logiciel sur 2 ordinateurs personnels.

  • On a une licence familiale pour 3 personnes qui coûte 100€.
  • La licence Cloud, pour les écoles de musique, comme je te disais, ça va de 3€ à 10€ par an par utilisateur.

Ça fait 50 centimes d’euros par mois environ pour les écoles. Ça reste quand même relativement bas.

 

Marie-Cécile

Et bien très bien ! Je pense qu’on a fait un petit peu le tour de cette merveilleuse application.

Maintenant, si des personnes sont intéressées et veulent se procurer ce logiciel ou cette application, comment elles s’y prennent ?

 

Quentin Nicollet

En allant sur https://www.earmaster.com/fr/. Le site est en 3 langues et le logiciel en de nombreuses langues. Sur l’App store aussi, en tapant EarMaster ou solfège, je crois qu’on est en première position.

 

Marie-Cécile

On travaille les mêmes exercices sur les 2 supports ?

 

Quentin Nicollet

Oui. Il y a un cours qui n’est pas inclus dans la version d’IPad pour l’instant mais qui va venir.

Mais c’est un cours pour le système d’examen canadien qui s’appelle RCM, aussi bien au Canada qu’aux Etats-Unis. Il est très bien fait mais il n’est qu’en anglais. Donc pour les utilisateurs francophones ce n’est pas une perte on va dire.

En revanche, ce qui va se passer c’est qu’on va ajouter des cours pour les cycles français, on est en train de développer ça, cycles 1, 2 et 3. Ça va faire partie des nouveautés pour les mois à venir et ce sera gratuit.

Donc on peut acheter l’application tout de suite, ça viendra ensuite en ajout.

 

Marie-Cécile

Donc adapté vraiment aux niveaux des conservatoires et écoles de musiques.

 

Quentin Nicollet

Exactement. On a une collaboratrice française qui est en train de préparer tout ça, qui est prof de formation musicale à la base. Les cours qu’il y a en ce moment ce sont des professeurs danois et américains qui les ont conçus. Qui fonctionnent très bien et qui sont bien traduits en français. Ça marche très bien. Mais c’est une traduction qui ne plait pas forcément aux plus classiques. Ça fonctionne très bien pour les gens qui étudient le jazz ou la variété, le rock. Pour les classiques purs et durs parfois ça ne plait pas trop.

C’est pour ça qu’on est en train de faire une mise à jour qui occupe vraiment la tradition française.

 

Marie-Cécile

Et pour ceux qui parlent anglais et qui le comprennent bien, ils peuvent aller sur la chaine EarMaster je suppose ?

 

Quentin Nicollet

Non c’est la chaine eartraining. On a pas mal de vidéos. Comme tu l’as dit, la plupart en anglais, et quelques-unes en français. On fait de nouvelles vidéos de temps en temps, dès qu’on peut.

On est très pris par le développement parce que notre priorité numéro 1 est d’avoir une application parfaite, donc on met vraiment toutes nos ressources dedans.

 

Marie-Cécile

Oui ça je comprends très bien, j’ai un petit peu la même priorité pour mes méthodes effectivement. C’est vrai que j’ai pas mal de lecteurs expatriés, donc en général ils parlent anglais. Donc ce n’est pas un problème pour eux je pense, pour la plupart.

Et bien merci beaucoup pour toutes ces informations et longue vie à cette application !

 

Quentin Nicollet

Merci à toi.

 

Marie-Cécile

N’hésitez pas, si vous êtes intéressés, à prendre contact ou à aller sur le site https://www.earmaster.com/fr/ et on se retrouve bientôt pour une autre interview.

Aurevoir à tous !

 

Quentin Nicollet

Au revoir !

Recherches utilisées pour trouver cet article :earmaster pour tablette, application pour avoir l\oreille musical, application apprendre piano enfant, Piano: bosser les gamme a loreille

Très joyeux Noël à tous !

J’ai mis ma robe des concerts… pour vous ! 😀

Profitez bien des gens que vous aimez et de ces instants précieux au coeur de l’hiver. A l’année prochaine pour de belles surprises !

Réflexion sur le trac, changer d’état d’esprit

Avez-vous déjà vécu l’expérience de vouloir jouer un morceau à des amis ou en public et de vous sentir mal, les mains moites et tremblantes, et une envie de fuir le plus loin possible ? Il s’agit bien sûr de ce que l’on appelle le trac. Mais ce mot est un peu un terme “fourre-tout” qui veut tout et rien dire. On en parle à la fois trop et pas assez et de la bonne manière. Je partage dans ce podcast mes réflexions sur le sujet.

Voici le lien vers mon article sur le livre d’Alexandre Tharaud “Montrez-moi vos mains”.

Bonne écoute.

PS: je réintroduis aujourd’hui l’introduction et la conclusion en musique 😉

 

Transcription texte du podcast :

Bonjour, c’est Marie-Cécile.

Je voulais vous parler parce que j’ai eu quelques petites questions la semaine dernière à ce sujet du trac.

 

C’est quelque chose qui fait beaucoup parler et à la fois on n’en parle pas. A la fois c’est un peu tabou.

C’est un peu ça le problème.

C’est qu’il prend une place très importante dans notre cerveau mais on n’ose pas en parler.

  • On se dit que si on en parle on va le renforcer.
  • On se dit que de toute façon c’est impossible de faire autrement.

 

Alors à la fois c’est vrai et faux.

  • C’est sûr que si on en fait une montagne, qu’on en fait quelque chose d’insurmontable, ça va l’être.
  • Mais c’est vrai que c’est important de le prendre en compte et de savoir qu’en fait effectivement on ne peut pas l’éliminer.

 

Personne vraiment ne peut affirmer qu’il n’a pas le trac quand il monte sur scène.

Ça m’est arrivé une fois d’entendre une personne qui m’a dit « Mais non moi j’ai pas le trac ». Mais maintenant que je connais mieux cette personne je sais qu’en fait ce qu’il veut dire c’est qu’il est tellement à l’aise avec son instrument, qu’il est tellement dans la joie et le bonheur de jouer que du coup, qu’il l’est ou pas ça n’a pas d’importance.

Donc forcément il peut avoir une espèce d’émotion avant de monter sur scène mais on ne peut plus l’appeler trac.

 

 

C’est ça que je voudrais vous exprimer un petit peu dans ce podcast.

Qu’est-ce que vous mettez derrière ce mot trac ?

Si vous mettez le fait de trembler comme une feuille, d’avoir envie de vomir, de vouloir fuir le plus loin possible avant de jouer, effectivement, ça, vous allez pouvoir le travailler et à ce moment-là il y a un moment, si vous vous en occupez vraiment, que vous le prenez en compte et que vous travaillez sur le long terme, oui ça vous pourrez l’éliminer.

Je peux vous l’affirmer.

 

En revanche, cet espèce de petit chatouillis au ventre, cette espèce de petite angoisse qu’on peut avoir dans la journée ou la veille du soir où on joue, cette espèce d’émotion, d’énergie interne, je vous conseille de la garder.

 

J’ai beaucoup entendu parler et j’ai moi-même expérimenté la chose, quand on essaie d’éliminer complètement le trac et de se détendre complètement, de prendre même des médicaments pour ne pas se liquéfier et pour se détendre, souvent ça s’inverse.

On devient complètement mou et on n’exprime plus rien sur scène.

Je n’ai jamais pris de médicament chimique, mais ça m’est arrivé de prendre des plantes, de l’homéopathie, de travailler de manière très très poussée le fait de me détendre car je suis quelqu’un d’assez extrême.

Et là, d’arriver sur scène et d’être dans l’incapacité de faire quelque chose de bien. Tellement j’étais ramollie. Ah oui j’étais bien, mais alors voilà, je me serais presque assise en regardant le public en disant « On est bien là hein ? »

Bon ce n’est pas ce qui s’est passé. Vous voyez ce que je veux dire. J’ai joué, mais mon jeu était blanc, n’exprimait rien. Ouais j’étais bien. Voilà.

 

Sur scène il se passe un truc. Un truc magique.

Vous êtes là pour exprimer quelque chose aux gens. Et ça passe par de l’énergie. Et donc c’est important de garder cette énergie.

Et le trac de quelqu’un qui a l’habitude, de quelqu’un qui se sent bien sur scène et qui a envie vraiment de se faire plaisir, c’est un trac qui est devenu un ami.

C’est une énergie qui déploie tout. Qui multiplie tout.

 

Si pour vous le piano :

  • C’est un vrai bonheur
  • C’est une joie
  • C’est une envie de partager

Le trac va multiplier ça et du coup il devient votre meilleur ami.

Si pour vous le piano :

  • C’est un calvaire
  • C’est du travail pur
  • Si pour vous la musique c’est que ça
  • Si pour vous le public est un ennemi, quelqu’un d’hostile qui vous veut du mal

Le trac va multiplier ça.

 

C’est un amplificateur en fait le trac.

En soi, le trac c’est pas mauvais du tout. Tout dépend de comment vous vivez la scène, la musique, votre instrument et surtout votre corps.

 

Là je vais arriver à un point qui pour moi est crucial.

Pour arriver à gérer le trac :

  • Essayez en priorité à gérer votre corps.
  • Essayez de gérer votre énergie.
    • Dans la vie de tous les jours, quel est votre rapport avec vous ?
    • Est-ce que vous vous en êtes occupé ?
    • Est-ce que vous avez travaillé dessus ?
    • Est-ce que vous avez travaillé la posture à l’instrument ?
    • Est-ce que jouer de votre instrument vous fait mal ?
    • Est-ce que vous êtes bien physiquement en jouant ?

 

Ça c’est pour moi un des points essentiels pour arriver à gérer le trac.

C’est votre bien-être de manière générale à l’instrument et en rapport avec la musique.

Vous pouvez vous aider de choses en plus.

  • Des plantes
  • De l’homéopathie

Ces choses-là vont vous aider. Mais si vous êtes déjà en chemin. Elles vont vous permettre de faciliter la chose mais ça ne va pas remplacer. C’est-à-dire que si vous êtes quelqu’un de vraiment très traqueur, vous ne pourrez pas surmonter ça juste avec des pansements. Des petites choses qui se rajoutent.

Il faut travailler le fond.

Et le fond c’est le plaisir de jouer. Le plaisir d’entendre le son de ce que vous jouez et de faire partager à votre public.

 

Alors bien sûr vous n’avez pas tous un enjeu quand vous voulez jouer, et la plupart d’entre vous je pense êtes plutôt là pour avoir le plaisir de jouer devant des gens sans vous planter, sans trembler comme une feuille.

 

Je vais vous donner quelques petits conseils par rapport à ça.

Quand vous jouez devant des amis par exemple.

Si c’est la première fois que vous tentez de jouer votre morceau en entier il ne faut pas vous étonner de vous tromper.

  • Est-ce que vous avez l’habitude de jouer votre morceau de A à Z déjà ?

Ça c’est quand même la première étape.

Avec ou sans partition d’ailleurs.

Là je ne vais pas aborder le problème du « par cœur » parce que sinon le podcast serait vraiment trop long.

Mais déjà, arrivez à jouer votre morceau en entier.

Il faut s’habituer petit à petit à jouer en public. Il faut y aller graduellement.

 

La première chose : pouvoir jouer devant soi-même.

Mais vous savez, on a une capacité à se raconter des bobards, mais vraiment ! C’est-à-dire qu’on se dit « Mais moi j’y arrive très bien chez moi. » Et en fait c’est pas vrai. C’est vraiment pas vrai.

Moi j’ai un nombre d’élèves qui m’affirment que chez eux ils y arrivent très bien de A à Z. Je suis sûre, mais vraiment sûre, que si j’avais pu être là pour les enregistrer et en leur repassant l’enregistrement, j’aurais pu leur dire « Tu vois là, tu t’es un petit peu trompé. C’était pas parfait. »

Mais comme vous êtes avec vous-même vous ne vous en rendez pas compte. Et quand je dis « vous », attention je suis inclus dans l’histoire hein.

On a tous cette capacité de se raconter des histoires quand on est tout seul.

 

Pour pallier à ça :

 

  1. L’enregistrement.

Il y a une chose qui est vraiment efficace. C’est s’enregistrer.

Prenez l’habitude chez vous de vous enregistrer.

Maintenant en plus avec les téléphones c’est tellement facile. Vous prenez une petite application si ça n’y est pas déjà. Mais je suis sûre que dans votre téléphone vous avez un menu pour vous enregistrer, ne serait-ce que le dictaphone.

Hop ! Vous vous enregistrez. Ça vous met une petite pression en plus. C’est même plus déjà comme si vous jouiez en mode tranquille avec vous-même.

 

Donc vraiment pour moi la première étape pour s’habituer petit à petit à jouer devant un public, devant du monde, c’est s’enregistrer.

  • Vous vous enregistrez tous les jours.
  • Chaque enregistrement est une étape de plus vers un meilleur enregistrement.

C’est-à-dire que ce n’est pas l’enregistrement de votre vile premier.

Le premier vous n’avez pas l’habitude, vous allez vous tromper.

Et bien oui vous vous trompez. C’est pas grave.

Le suivant peut être encore pire et ainsi de suite.

Et si vous en faites un bon un jour, vous allez voir, le lendemain vous risquez d’en faire un mauvais parce que vous vous serez dit « Oh bah comme hier il était bon, alors là aujourd’hui il va être vraiment top ! »

Et bien non justement.

Et c’est pareil pour une prestation d’ailleurs en public.

C’est pareil avant de venir à un cours.

Souvent les élèves jouent très très bien, sont vraiment contents d’eux. Ils arrivent au cours et ils me disent « J’ai super bien joué donc là ça va être top ! » et là je me dis dans ma tête « C’est bien, tu t’es bien mis la pression, maintenant vas-y mon gars. »

Et ça ne rate pas. Ça ne rate pas !

Quand j’entends ça, la personne se met à jouer, et là c’est partie « Oh mince, mais là je me suis pas trompé hier. Oh j’y arrive pas. »

Le discours est parti et on se plante. Bon.

 

Pour l’enregistrement c’est pareil.

Il y a des jours où vous allez enregistrer très bien votre morceau et le lendemain ce sera moins bien. C’est pas grave.

En fait il faut avoir une vision à long terme pour travailler le trac.

 

 

  1. Jouer devant un ami.

Jouez devant quelqu’un de bienveillant.

Vous savez que ce n’est pas un problème si vous faites des fausses notes. Vous savez que c’est quelqu’un en qui vous avez confiance.

Une personne. Une !

Un soir comme ça, vous êtes détendu, hop vous jouez devant cette personne, vous lui proposez bien sûr. Il faut que ça lui fasse envie. C’est pas la peine de forcer les gens.

Si c’est un ami proche, si c’est quelqu’un qui vous apprécie, normalement c’est quelqu’un qui est content de vous entendre.

Sinon il faut peut-être se poser des questions…

 

  • Vous allez augmenter petit à petit le nombre de personnes.

La fois d’après ça peut être un petit groupe d’amis, je ne sais pas, 2 ou 3 personnes.

  • Après ça peut être lors d’une soirée où il y a beaucoup plus de personnes.
  • Après ça peut être dans des endroits bruyants, publics.

Comme dans des gares, dans des magasins de piano, dans des centres commerciaux.

Là les gens ne sont pas là pour vous écouter forcément. Ils s’arrêtent si ça leur plait sinon ils passent.

Et c’est bruyant donc les gens ne sont pas centrés sur vous. Ça c’est donc encore une étape.

  • Après c’est les auditions dans les écoles de musique.

 

Je pense que la plupart d’entre vous ne cherchez pas à faire des concerts donc c’est pas le but ici.

Je pense que ce que vous aimeriez beaucoup c’est pouvoir jouer devant vos amis, tout simplement, et pouvoir leur montrer quand même ce que vous savez faire.

 

 

  1. Montrer ce que vous savez faire

C’est un peu le problème souvent.

Les gens savent que vous savez faire du piano. Que vous savez jouer du piano depuis très longtemps. Et vous demandent souvent « Oui mais pourquoi tu ne veux pas jouer ? » ou encore « Oh quand même, fais pas ta chochotte ! », et vous-même vous vous dites à l’intérieur « C’est quand même dommage, ça fait 20 ans, 15 ans, 5 ans, 1 an que je joue du piano et j’arrive pas à montrer à ces gens le moindre morceau. De jouer devant eux pour leur montrer un petit peu ce que je sais faire. »

 

Justement il y a quelque chose d’un peu pervers là-dedans.

 

En tant que musicien, vous n’êtes pas là pour montrer ce que vous savez faire.

Vous êtes là pour prendre du plaisir et le partager avec des gens.

Ça c’est vraiment important.

  • C’est la différence entre la réussite et le partage.
  • C’est la différence entre la performance et la joie de vivre.

Vous voyez ce que je veux dire ?

Il faut vraiment changer ça dans votre tête. Vous n’êtes pas là pour montrer aux gens que vous savez faire quelque chose, ou un résultat par rapport aux mois ou aux années de pratique que vous avez.

Vous êtes là juste pour vous faire plaisir et pour partager.

 

A n’importe quel niveau c’est vraiment ça l’enjeu je pense.

Même quelqu’un comme Alexandre Tharaud, qui a écrit un livre dernièrement dont j’ai écrit un article, je vous mettrais le lien en-dessous, dit qu’il faut changer ça, l’idée de la réussite.

L’important c’est de plaire au public. C’est de plaire au jury si vous passez des examens.

Lui il fait des concerts tous les jours. C’est son métier.

 

Donc je pense qu’à n’importe quel niveau on parle de ça.

 

Alors bien sûr, du coup, ça suppose quand même que vous soyez à l’aise et que pour vous la musique soit un plaisir.

Et ça c’est encore une autre histoire et je ne vais pas rentrer là-dedans maintenant parce que ça fait déjà 18 minutes que je parle et je ne voudrais pas que le podcast soit trop long.

Si pour vous au départ c’est quelque chose de très difficile et compliqué, jouer devant quelqu’un c’est trop tôt déjà.

 

Pour commencer essayez de prendre du plaisir, d’avoir des morceaux qui vous plaisent à vous-même. Parce que vous êtes la première personne concernée à la base.

Et après vous pourrez partager.

Mais vous ne pourrez partager que si votre vase est plein.

 

Je vais finir là-dessus. Je n’ai pas tout dit. Je reviendrais sur ce sujet peut-être dans des articles un petit peu plus synthétiques.

Mais là je voulais juste partager avec vous ces idées en vrac qui, je pense, sont fondamentales.

 

Après il y a d’autres petites techniques que je pourrais vous donner prochainement, mais qui pour moi sont des petites choses périphériques et qui sont là pour vous aider.

Mais s’il n’y a pas le fond, c’est à dire le plaisir et le partage du son, la présence à son corps, le bonheur d’être là, le reste ne fera pas effet ou sera vraiment très faible.

 

Voilà je vous laisse là-dessus, je vous souhaite une très bonne journée et on se retrouve bientôt.

Au revoir.