Faut-il faire des exercices techniques pour progresser en piano

Il est plutôt sain de se poser la question…

Est-ce utile ou est-ce une perte de temps de travailler sa technique sur des exercices ? dans cette vidéo, je réponds à cette question que se posent tous les pianistes un jour ou l’autre.

 

Chaîne intéressante sur le sujet :

Atelier du geste pianistique.

 

 

Faut-il faire des exercices techniques ?

 

 

Bonjour et bienvenue sur le blog Apprendre à jouer du piano.

Je voulais répondre aujourd’hui à des questions régulières que je reçois par e-mail ou dans les commentaires des vidéos ou sous les articles du blog.

 

Souvent on me pose la question :

« Est-ce que c’est utile de faire des exercices ? »

 

Alors c’est une très bonne question comme d’habitude. Et c’est une question qui est délicate et c’est pour ça que j’ai tant tardé à y répondre parce qu’on peut en tirer des conclusions par rapport à ma façon de penser la musique ou ma façon de penser la technique de manière générale.

Donc je vais essayer d’y répondre de manière succincte mais sachez qu’on peut toujours revenir pour préciser ce que je vais dire.

 

 

C’est quoi un exercice ?

Quelque soit le domaine, on isole une formule, on isole un élément d’un sujet et on va s’exercer dessus pour devenir familier avec cet élément.

 

C’est quoi la technique ?

La technique pianistique vise à pouvoir traduire au mieux les œuvres qu’on joue. Donc il faut toujours garder à l’esprit cela.

Qu’est-ce qu’on vise ?

  • On vise un son
  • On vise une impression musicale
  • On vise la musique

Et c’est ça qui est toujours très délicat, c’est comment isoler des choses, comment les prendre à part, comment réfléchir, intellectualiser un élément qu’on n’arrive pas forcément à jouer, sans lui faire perdre de sa saveur.

C’est ça qui est toute la problématique du travail technique ou de l’exercice technique.

Gardez toujours bien ça à l’esprit dans ce que je vais vous dire.

 

D’abord, je vais certainement vous décevoir, je suis ni pour ni contre.

Ça dépend de vous. De vos objectifs. De ce que vous recherchez.

Moi j’ai des périodes où je travaille ma technique de manière isolée, et j’ai des périodes où je ne travaille que des morceaux et je travaille ma technique dans les morceaux.

Il y a des arguments pour et des arguments contre.

 

Petite anecdote pour moi :

J’ai commencé de manière très classique, comme vous maintenant, ce qui me suivent depuis un certain temps le savent, dans les conservatoires. On me faisait travailler le HANON. J’ai commencé l’exercice technique avec le HANON qu’on connait bien, avec :

  • Les gammes
  • Les techniques
  • Les arpèges
  • Les trilles
  • Les octaves
  • Les octaves en gamme

J’avais donc travaillé un petit peu tout ça. Et ce qui s’est passé c’est qu’au début ça ne me dérangeait pas trop, je dirais même que ça m’arrangeait parce que je pouvais faire des formules, je pouvais bouger mes doigts sans forcément savoir lire.

Donc je comprenais la formule et après je le faisais de manière instinctive. Donc c’était très drôle parce que ma mère avait cru que ça me ferait travailler ma lecture et pas du tout. Moi j’étais bien contente « Elle croit que je lis, en fait je lis pas du tout ». Donc je faisais semblant de lire, je regardais, et ma mère disait « C’est bien, tu lis bien ! ». Et je ne lisais rien du tout. Je faisais tout en transposant à l’oreille.

Donc voilà pour la petite anecdote.

Plus tard, ce qui a été délicat pour moi c’est qu’à partir du moment où j’ai commencé à augmenter le temps de travail, ça commençait à devenir compliqué de tout faire.

Je me suis mise à travailler de manière trop automatique et en écoutant rien, et je faisais ça comme on pourrait de la gymnastique sans aucune conscience physique. Je me vidais complètement de ma conscience tactile.

Donc ça c’est une chose sur laquelle je voudrais vraiment attirer votre attention.

Faire des exercices pour faire des exercices en pensant à autre chose, en écoutant rien de ce qu’on fait, juste en bougeant ses doigts et sans comprendre le geste qu’on fait, c’est complètement inutile.

Il vaut mieux faire des morceaux à la place.

Moi pendant toute cette période, il se passait une chose étrange. Plus je jouais, moins j’étais échauffée.

C’est-à-dire plus je me glaçais.

Alors depuis j’ai travaillé un petit peu tout ce qui est énergétique et je me suis rendu compte que quand on se refroidit, c’est que l’énergie s’en va.

Pour moi, faire des exercices ça faisait l’inverse de ce qu’on voulait, c’est-à-dire s’échauffer.

Du coup j’ai complètement laissé tomber aussi pour cette raison-là.

  • Parce que j’avais peu de temps
  • Parce que ça faisait l’inverse de ce que je voulais que ça fasse

 

 

Pourquoi faire des exercices ?

  • En premier, c’est pour s’échauffer, éventuellement quand on a les doigts froids.

Mais il y a plein de façons de s’échauffer. On peut se mettre les mains sur une bouillotte. On peut se mettre les mains sous l’eau chaude. C’est une autre façon de s’échauffer. Alors ça n’échauffe pas de manière profonde mais ça permet d’avoir les mains beaucoup plus chaudes.

Si vous cherchez l’échauffement, est-ce que ça vous chauffe vraiment, est-ce que vous ne pourriez pas faire ça un petit peu plus rapidement peut-être, en vous réchauffant, en vous mettant un gros pull ou en vous mettant les mains sur le radiateur.

 

  • La deuxième chose, qui pour moi est beaucoup plus intéressante, et qui est une des raisons pour lesquelles parfois je propose des exercices, c’est de pouvoir bouger sur le clavier en essayant de comprendre un geste qui va être reproductible dans pleins de morceaux différents.

Et bouger dans un contexte aussi de tonalité. C’est-à-dire sentir et mettre dans sa main les différents claviers qu’on peut avoir par tonalité.

Pour moi il y a 24 claviers. Il n’y a pas un seul clavier. Parce que ça dépend dans quelle tonalité on est.

On peut avoir des mouvements qui sont différents en fonction des tonalités dans lesquelles on a les morceaux.

Ça permet donc de travailler, d’isoler, comme tout exercice, un élément physique qu’on a du mal à appréhender dans les morceaux, et en plus de le multiplier à l’infini dans tous les morceaux. Ça permet de faire un raccourci, c’est-à-dire qu’une fois que vous avez compris les gammes par exemple, dans tous les morceaux dans lesquels vous aurez des gammes vous pouvez gagner du temps.

Une fois que vous avez compris le geste de l’octave répétée, vous pouvez, dans tous les morceaux dans lesquels il y aura des octaves répétées, gagner du temps et savoir que ça c’est une octave répétée.

Donc ça permet de prendre des raccourcis. De gagner du temps.

 

 

C’est quoi les exercices d’une manière générale ?

Il y a :

  • Les gammes
  • Les arpèges
  • Les doubles notes
  • Les tierces
  • Les sixtes
  • Les sixtes à une main
  • Les gammes par tierces
  • Les gammes par sixte
  • Les octaves
  • En gamme
  • En arpège
  • Les trilles
  • Les trémolos
  • Le Hanon
  • Le Déliateur
  • Philipp
  • Dohnanyi

Tous ces exercices-là sont ni bons ni mauvais. C’est juste savoir ce que vous cherchez. Quel est votre but en travaillant ces exercices ?

Si c’est juste pour vous exercer mais vous exercer dans l’absolu, pour moi ça ne sert à rien.

Est-ce que vous cherchez :

  • Un délié
  • De l’indépendance
  • A vous adapter à une tonalité

Il y a toujours besoin d’un but.

 

Je vais quand même préciser une chose pour tout ce qui est Hanon, Déliateur, toute cette période où on a fait des exercices qui étaient essentiellement en do majeur.

Attention, ils ne sont bon, à mon avis en tout cas, que si vous les transposez dans d’autres tonalités.

Ne les laissez pas en do majeur, c’est vraiment bête, c’est même néfaste parce que vous allez apprendre à rester uniquement sur le bord des touches en do majeur. Et do majeur dans les morceaux, dans le répertoire, on doit bien être dans les 5% et encore. Même dans les morceaux en do majeur vous passez régulièrement en sol majeur, en fa majeur, donc dans d’autres tonalités.

Rester pendant des mois et des mois sur des exercices en do majeur, alors là, oubliez. Mais vraiment oubliez s’il vous plait. Parce que là c’est tout à fait néfaste.

Vous n’apprenez pas du tout les gestes d’avancée dans le clavier au niveau des touches noires, les gestes de préparation des touches noires. Vous apprenez des mauvaises positions.

 

Il existe aussi les études :

  • Czerny

J’en utilise certains parce que je les aime bien musicalement tout simplement.

  • Moszkowski

Ceux-là sont plus avancés.

  • Burgmüller

J’aime plus ceux-là.

J’utilise environ 5% de chaque méthode, de chaque livret.

 

Il existe aussi des exercices :

  • Brahms

Les exercices sont intéressants aussi.

  • Dohnanyi

Je les aime beaucoup parce qu’il y en a beaucoup de biens.

  • Philipp

Il y a pas mal d’exercices d’indépendance des doigts.

 

Qu’est-ce que vous cherchez ? Toujours pareil. Quel est le but derrière ?

Ne prenez pas, parce que je vous ai fait une liste, tel ou tel exercice en disant « Elle a dit que c’était bien, on y va ». Non non.

Qu’est-ce que vous cherchez ?

 

Et en dehors des études, quoi de mieux que la musique pour travailler sa technique.

Vous avez tout ce qui est :

  • Musique baroque
  • Musique classique

Vous avez énormément de gammes, d’arpèges, des formules qui reviennent beaucoup. Donc travaillez vos techniques dedans.

  • Les inventions de Bach, quoi de mieux pour travailler le légato ou le perlé.
  • Quoi de mieux d’une Etude de Chopin pour travailler le phrasé.

Parce que la technique c’est quoi ?

En quoi travailler son phrasé c’est pas de la technique ? Et bien si. C’est une technique. Vous apprenez un geste pour pouvoir traduire un phrasé. Donc c’est aussi de la technique ça.

Ne restez pas uniquement à l’exercice des doigts. Non.

 

Ça me fait penser du coup à comment le faire.

Il y a une chose qui pour moi est une évidence, ne le faites pas de manière sourde, c’est-à-dire sans écouter ce que vous faites et en jouant fort.

L’exercice n’est pas forcément à jouer forté en se bouchant les oreilles parce que c’est moche. Non.

Ecoutez.

Si vous faites le premier exercice que j’avais travaillé avec Nathalie Tagrine, elle le faisait travailler comme si on faisait des vocalises. C’est tout à fait ça.

Vous pouvez le faire avec des rythmes et des ponctuations différentes. Amusez-vous avec ça. Mais soyez actif et cherchez un son particulier.

N’oubliez pas aussi que si c’est un élément physique que vous voulez travailler, une certaine souplesse, ou la position même, vous pouvez aussi travailler en dehors du piano des exercices qui sont purement physiques.

Vous voulez prendre conscience de vos épaules, travaillez vos épaules. C’est de la technique ça aussi.

Vous voulez travailler la souplesse du poignet, vous cherchez des exercices pour la souplesse du poignet, sur YouTube ou autre plateforme.

Vous voulez travailler l’articulation du doigt, il y a des exercices comme je vous ai mis sur ma chaine qui sont préparatoires.

 

Dès que vous êtes au piano, cherchez un son particulier. Variez les nuances. Variez les articulations. Pour que ce soit le plus possible tiré vers la musique.

Et surtout, je vous le rappelle, ne jouez pas trop fort.

C’est tout à fait utile de travailler des exercices pianissimo en faisant crescendo. C’est difficile de jouer piano. Ça aussi c’est de la technique.

Vous voyez c’est inégal ce que je fais.

 

 

C’est important, toujours, de chercher un son, de chercher à apprendre quelque chose. Vous n’êtes pas en train de penser au poulet qui est en train de cuire.

 

Il faut être bien guidé par rapport aux différentes formules qui existent de l’écriture pianistique. Il faut être informé sur le geste à faire pour telle ou telle situation. D’accord ?

Il y a beaucoup de choses qui pourraient être évitées, de blessures ou de douleurs qui pourraient être évitées tout simplement en étant bien informé sur le geste à produire pour faire telle ou telle formule.

 

 

Donc là je vous invite à vous rapprocher de vos professeurs respectifs ou de lire des livres, ou de regarder des chaines intéressantes sur le sujet.

Je vous mettrais éventuellement des liens en-dessous. Cherchez sur le blog, je vous mets souvent, quand j’ai des personnes que je trouve intéressantes, des liens sur le blog.

 

 

Moi personnellement j’aime bien travailler les gammes parce que je trouve que finalement c’est toujours la base. Et s’il y a qu’un seul exercice à garder c’est quand même bien celui-là.

Je l’ai fait tout le temps de manière différente. J’essaie de fuir la routine. Un jour je vais les faire en crescendo. Le lendemain je vais les faire en descendant et en remontant au lieu de monter et descendre. Je vais varier les mouvements, comme mouvement contraire. Je vais varier énormément les différentes dispositions et les différentes façons de les jouer.

Et il m’arrive tout à fait de mixer improvisation et exercices.

C’est-à-dire que si je veux travailler les tierces, ça peut m’arriver, j’étais sur mi bémol mineur… ce n’est pas du tout de la musique, ce n’est pas bien écrit, mais c’est juste que j’essaie de créer quelque chose, de faire autre chose à la main droite, je fais des sixtes. Je m’amuse un petit peu et je cherche un son particulier.

Je mixe improvisation, je m’amuse avec les différentes caractéristiques musicales qui peuvent exister dans les morceaux.

 

 

Petit cas particulier

Si vous êtes débutant, l’exercice pour le débutant apporte un intérêt certain, c’est que si vous arrivez à avoir une bonne mémoire gestuelle, vous pouvez assez vite travailler la vitesse sans forcément savoir lire.

Comme je vous le disais tout à l’heure pour moi, effectivement l’exercice comme Hanon ou Déliateur peuvent vous permettre de commencer à travailler un petit peu dans la vitesse mais des formules qui se répètent.

C’est compliqué de travailler la vitesse tout de suite sur les morceaux, parce que vous avez le frein qui est le déchiffrage.

Pour les débutants je trouve que c’est pas mal d’en avoir 2 ou 3 et de rouler dessus pour que vos doigts fonctionnent et commencent à prendre l’habitude d’articuler, de fonctionner un petit peu plus rapidement que sur un morceau que vous êtes en train de travailler.

 

Si ça vous barbe prodigieusement, que vous ne voyez absolument pas l’intérêt, que vous n’êtes pas guidé pour le faire, ne le faites pas.

Faites-le que quand vous voyez un intérêt.

Moi je pense que quand même dans les premières années l’urgence est d’apprendre comment est faite la musique, ce qu’est une tonalité, ce qu’est un accord, ce qu’est une tierce, ce qu’est une sixte. Passez plutôt du temps dessus si vraiment vous ne voyez pas l’intérêt de l’exercice et que vous n’êtes pas guidé pour ça, penchez-vous plutôt, achetez les livres ou des méthodes pour ça. Penchez-vous plutôt sur comment est faite la musique, ouvrez vos oreilles, travaillez vos oreilles.

C’est quand même bien plus important au départ. Il y a beaucoup de choses à connaitre. Travaillez vos morceaux, beaucoup de morceaux, c’est beaucoup plus utile que de passer une demi-heure vos exercices mais quel dommage ! Vous perdez plein de temps. Cette demi-heure-là vous l’auriez utilisé pour apprendre la musique, des choses qui sont beaucoup plus enthousiasmantes au début.

 

Et après éventuellement vous reviendrez justement sur ces éléments-là que vous avez appris. Maintenant que vous connaissez par exemple le mode majeur, pourquoi pas travailler les gammes majeures.

A mon sens c’est plus intéressant de passer par là.

 

N’oubliez pas que la musique c’est la créativité, c’est former son oreille. Un musicien en premier doit former son oreille.

Ne perdez pas ça de vue.

Bien sûr qu’il faut travailler sa technique. Nous avons un répertoire absolument gigantesque, d’une variété extraordinaire, pourquoi ne pas en profiter pour travailler dans les œuvres tous ces éléments-là.

Et si vous sentez qu’il y a quelque chose qui accroche, demandez-vous si vous connaissez bien le geste qu’il faut faire, et si vous le connaissez bien, vous allez de vous-même voir l’intérêt de travailler une gamme si dans telle ou telle œuvre de Chopin vous voyez des gammes que vous n’arrivez pas à faire.

Là travaillez les gammes.

A ce moment-là vous allez voir de vous-même l’intérêt. Donc c’est beaucoup plus intéressant.

 

 

 

Si cette vidéo vous a plu, partagez-là sur les réseaux sociaux. Et n’oubliez pas qu’il vaut mieux faire beaucoup de piano que de trainer sur les réseaux sociaux.

 

Au revoir ! Et à bientôt sur le blog !

 

Bon piano !

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7 erreurs à ne pas commettre pour bien mémoriser un morceau

Avez-vous des difficultés à mémoriser vos morceaux ?

Vous regrettez peut-être ce temps où vous appreniez sans effort durant votre jeunesse ou votre enfance. Et oui, ça rentrait « comme dans du beurre ». Vous n’aviez même pas besoin d’apprendre. Vous travailliez le morceau et vous quittiez des yeux la partition a un certain stade d’apprentissage. Mais ce temps est révolu. C’est un fait.
La bonne nouvelle est que l’adulte peut toujours compenser ses manques par des stratégies ! Avant c’était donné. Maintenant c’est à vous d’aller conquérir cette mémoire. Et en faisant cela, sachez qu’elle en sera d’autant plus solide.
Maintenant, il y a certaines choses à ne pas faire, certaines erreurs que je vois couramment chez les personnes que j’accompagne. Je vous en ai sélectionné 6 que je vous dévoile ci-dessous.

Quelques remarques :

  • je me place ici dans le cadre de l’apprentissage d’un morceau de votre niveau technique ou plus encore. Mais certains principes sont à appliquer aussi lors de morceaux faciles pour vous.
  • Je m’adresse ici à des pianistes qui ont déjà un minimum d’un an ou deux de piano derrière eux, ou qui ont commencé petit et reprennent à l’âge adulte.

 

1 – Exiger de vous de savoir sans apprendre :

Vous allez me dire « bah oui c’est évident » mais pourtant… c’est exactement l’idée qui se cache sournoisement derrière les agissement de la plupart des pianistes inexpérimentés.

Les pianistes ayant commencé il y a plusieurs années ou dans leur enfance s’accrochent à cette mythologie qu’autrefois ils mémorisaient sans effort. Et voudrait que ça revienne ou que cela continue de la même manière. Bien sûr c’était certainement le cas, je ne dis pas le contraire. Mais maintenant, vous avez évolué musicalement et pianistiquement et vous devez donc structurer votre apprentissage avec ces nouvelles compétences. Cette “bonne mémoire” d’autrefois était une mémoire très certainement uniquement basée sur le sensoriel et kinesthésique (mémoire des mouvements et positions de vos bras et mains dans l’espace).

Cette mémoire automatique ne fonctionne que si vous avez de l’élan (un certain tempo) et que rien ne vient vous troubler ou vous déranger… et c’est peut-être même encore le cas pour vous aujourd’hui. Vous êtes bien incapable de dire quelle note vous jouez sans le soutien de votre piano sous les doigts. Et si on vous demande de jouer par coeur mais très lentement c’est la panne totale ! Il s’agit d’une mémoire bien dangereuse lorsqu’elle n’a pas l’appui des autres mémoires, comme par exemple l’analytique, la visuelle, l’harmonique etc…

Plus vous avez de connaissances, rythmiques, mélodiques, harmoniques, analytiques, plus vous allez pouvoir vous en servir pour vous approprier le morceau que vous voulez apprendre et mémoriser. C’est souvent comme ça dans la vie. Au début c’est donné, puis nous devons allez plus loin dès que nous avons des outils plus avancés.
Et cette mémoire là sera à toute épreuve. Beaucoup plus que la toute première je vous l’assure.

Que serait-il arrivé à votre avis autrefois si quelque chose vous avait troublé en plein milieu ?

Auriez-vous continué de jouer sans faillir ?

Et puis soyez honnête avec vous même aussi. Etait-ce les mêmes morceaux ou des morceaux plus faciles et moins complexes que ceux d’aujourd’hui ? … je vous laisse répondre vous-même.

Le problème principal avec cette exigence, c’est qu’elle vous décourage de manière évidente. Vous vous demandez l’impossible. Et donc vous avez ensuite une bonne excuse toute prête à prendre le relais : “ma mémoire n’est plus ce qu’elle était ma bonne dame…”. Affaire bouclée. Frustration garantie.

 

2 – Négliger le rythme :

Je vois cela régulièrement. Des personnes qui apprennent la succession des notes mais en négligeant le paramètre indispensable à toute mémorisation, le rythme. En effet il n’y a pas de musique sans rythme, sans organisation temporelle.

Si vous apprenez uniquement les notes, sans vous en rendre compte, vous allez créer un rythme (même s’il est très basique comme des notes régulières par exemple). Vous ne pouvez faire autrement, car vous jouez des notes successivement dans le temps. Ce rythme (même si ça n’en est pas vraiment un) va être mémorisé à votre insu par votre oreille. Sans que vous vous en rendiez-compte vous apprenez un morceau qui n’existe que pour vous.

Le rythme donne son identité, son caractère à la musique. Donc si vous le modifiez, vous lui donnez une autre identité. Vous devrez ensuite ré-apprendre « un autre morceau » une deuxième fois. Ce qui veut aussi dire désapprendre votre premier travail d’apprentissage.

Cette erreur est très courante dans les premières années. Elle est la plupart du temps commise lors de l’apprentissage de la main gauche seule, ou d’une partie accompagnante isolée. Il est rare en revanche que le rythme de la mélodie soit déformé vu que c’est souvent cette dernière qui vous a attiré vers le morceau. Vous l’avez donc déjà mémorisé. Mais attention aux transitions et aux parties moins attractives et connues. Ce qui m’amène naturellement à l’erreur suivante.

 

3 – Négliger la main gauche :

Là aussi (et je m’inclue dans cette erreur) je vois cela très régulièrement. Nous nous accrochons naturellement à notre mémoire mélodique d’un côté et la main gauche suit uniquement par mémoire sensorielle et gestuelle. Mais gare au moindre doute… à la moindre fausse note ! Et la c’est la panique : “c’est quoi la prochaine basse ???” C’est le trou. On ne sait pas. Pourquoi ? Parce qu’on n’en a jamais pris vraiment conscience. Parce qu’on ne l’a jamais vraiment écouté, ni analysée.

 

 

 

 

Apprendre la main gauche seule de manière systématique sur tout le morceau en l’isolant totalement du reste est une perte de temps et d’énergie. Mais il est pour moi très utile de se demander régulièrement de jouer par cœur la main gauche du passage que vous travaillez pour en prendre conscience. Vous pouvez aussi jouer les deux mains en écoutant votre main gauche, en la regardant, quitte à troubler complètement votre main droite. Acceptez que celle-ci devienne temporairement très approximative. On ne peut pas tout faire en même temps !

 

4 – Vouloir apprendre de trop gros passage à la fois :

Là c’est une question de simple bon sens. Vous ne pouvez pas avaler l’éléphant d’un coup. Il vous faut le manger bouchée après bouchée, comme dit le proverbe.

« Un éléphant, ça se mange une seule bouchée à la fois »

Donc dans notre cas c’est phrase musicale par phrase musicale, ou mot musical par mot musical. Découpez, découpez ! Toujours musicalement, mais découpez. Les liaisons peuvent être de bonnes indications pour cela. Les notes longues ou silences entre ces liaisons sont souvent synonymes de pause dans le discours. Donc ce sont des endroits parfaits pour vous arrêter et reprendre aux pauses précédentes.

 

4- Vouloir apprendre par cœur trop tard :

Vous êtes nombreux à vouloir d’abord apprendre à jouer votre morceau en regardant la partition, puis apprendre par cœur dans un deuxième temps en fermant brusquement la partition.
Pour moi vous devez en profiter dès les premiers jours d’apprentissage du morceau pour exercer votre mémoire regarder vos doigt en travaillant chaque passages. Vous devez parfois même chercher « c’est quoi après déjà » et tâtonner quelques instant à l’oreille pour trouver les notes sur votre piano.
Je parle bien sûr de ces moments où vous effectuez un travail de précision sur quelques notes, une ou deux mesures comme indiqué dans le point précédent.
C’est le moment idéal, alors que vous ne savez pas encore le jouer techniquement pour chercher à améliorer votre jeu tout en regardant vos doigts. Car vous faites d’une pierre deux coups. Vous travaillez votre technique tout en mémorisant votre morceau. Votre mémoire automatique n’a pas encore commencé à se mettre en place.

Ça ne veut pas dire de se passer déjà de la partition. Elle est bien toujours là en face de vous et vous devez être capable de dire exactement où se trouve le passage que vous êtes en train de travailler. Vous vous y référez en permanence en faisant des aller et retour avec vos yeux entre la partition et vos doigts sur le clavier. Vérifier si ce que vous jouez est juste. Les consignes sont dessus. N’inventez pas autre chose :).

Lorsque vous travaillez un morceau pour l’apprendre, vous n’êtes pas en train de chercher à améliorer votre déchiffrage. Ne mélangez pas tout !

 

5 – Vouloir savoir jouer tout le morceau par cœur trop tôt :

Alors là vous vous dites « elle est folle ou quoi ? Elle vient de me dire qu’il fallait apprendre tout de suite par cœur … »

Oui oui tout à fait je l’ai dit. Mais ça ne veut pas dire qu’il faut exiger de vous de pouvoir jouer le morceau par cœur dans son intégralité dès le premier apprentissage sans erreur ni coup d’œil vers la partition.

Ce que j’appelle le premier apprentissage est la première période sans arrêt sur laquelle vous vous concentrez sur l’apprentissage d’un morceau.
Pour beaucoup de spécialistes de la mémoire, il y a un ingrédient indispensable à la mémorisation : l’oubli. C’est contre-intuitif mais c’est une réalité du fonctionnement de la mémoire.

Lorsque vous faites exprès d’oublier quelque chose et que vous vous demandez de réapprendre cette même chose plus tard, votre cerveau se dit « c’est important puisqu’on revient dessus, donc il faut le mettre en mémoire à long terme ». Bon c’est un brin romancé comme histoire, mais c’est fondé sur des principes réels de la mémoire.
La première fois que vous oubliez un morceau vous l’oubliez à toute vitesse. La deuxième fois, moins rapidement, la troisième beaucoup moins et ainsi de suite, comme sur le schéma ci-dessous.

Ce que nous pouvons donc déduire de cela est que pour qu’un morceau soit inscrit de manière profonde dans votre mémoire, il faut l’avoir appris puis oublié plusieurs fois !
Et oui c’est un fait. Il faut savoir lâcher prise pour mieux y revenir.

Donc qu’attendez-vous pour oublier ?

Donc reprenez d’anciens morceaux du passé. Bonne nouvelle ! Ce ne sera pas votre premier apprentissage ! Construisez un répertoire sur vos investissements du passé. Vous avez un trésor dans votre cerveau. Vos heures de travail du passé ne sont pas perdues. Il faut juste en retrouver l’accès. Défricher devant la porte de vos acquis.

 

6 – Ne vouloir apprendre qu’un seul morceau par cœur :

La mémoire est comme les muscles. Ça s’entraîne.

Imaginez que toute votre scolarité on vous ai demandé d’apprendre qu’une seule leçon, une seule poésie… ça vous paraît plutôt impensable n’est ce pas ? Et bien c’est ce que vous demandez a votre cerveau si vous ne voulez mémoriser que peu de morceaux dans votre vie.

Plus vous en apprendrez, plus ceux auxquels vous tenez tout particulièrement pourront compter sur une mémoire exercée donc performante. Chaque morceau appris renforce votre capacité à mémoriser, donc vous aide à consolider vos morceaux fétiches, ceux que vous voulez qui constituent votre répertoire personnel.

Enfant c’est notre travail de mémoriser. Mais qu’en est-il de l’adulte ? ça remonte à quand la dernière fois que vous avez dû apprendre quelque chose par coeur ?

 

7 – N’essayer le par coeur qu’au tempo final :

Il n’est pas rare que je demande aux personnes que j’accompagne (et à moi-même aussi d’ailleurs) de jouer très lentement leur morceau. Que cela soit de mémoire ou pas d’ailleurs. C’est un test excellent que de ralentir considérablement le tempo pour testez votre mémoire. Si vous êtes capable de jouer votre morceau par coeur note à note (très très lent), je peux vous assurer que vous avez une assurance maximale contre le trou de mémoire.

 

Voilà. J’espère que cet article vous aidera à gouter les joies du jeu par coeur. Le plaisir de “tenir” un morceau dans ces mains, ces oreilles et disponible à tout moment. Si vous avez apprécié ce texte partagez-le avec vos amis pianistes, par mail ou sur les réseaux sociaux !

Merci d’avance de votre soutien et vos innombrables messages à chaque publication. 

 

 

Tournez vos pages de partitions numériques avec une pédale Bluetooth

Comme promis dans la dernière vidéo sur les partitions numériques, je vous explique dans cette vidéo :

  • comment j’appaire ma pédale Bluetooth
  • comment ça marche
  • comment s’y accoutumer
  • les avantages et inconvénients
  • quelques astuces

Pour vous procurer la même pédale bluetooth que moi. Mais ce n’est pas forcément la meilleure je vous le rappelle ! Renseignez-vous sur les différents modèles existants.

Cliquez sur ce lien pour en savoir un peu plus sur le fonctionnement et l’utilisation des trois pédales du piano.

Si vous voulez savoir comment ne pas noyer son morceaux de pédale. 

 

 

 

Apprendre à se servir d’une pédale Bluetooth

 

 

Bonjour et bienvenue sur le blog apprendre à jouer du piano.

 

Comme promis dans la dernière vidéo dans laquelle je vous présentais les outils que j’utilisais pour numériser mes partitions, je vous présente aujourd’hui l’outil idéal pour pouvoir tourner les pages quand vous avez des partitions numériques.

Sur les partitions numériques on doit tourner les pages 2 fois plus souvent puisque c’est par page.

 

Donc c’est cet outil-là. L’outil de pédale Bluetooth.

 

Alors moi j’ai cet outil-là. Je ne prétends pas m’y connaitre en pédales Bluetooth différentes puisque je n’en ai qu’une. C’est la première que j’achète.

Je ne dis pas que celle-là est la meilleure, je vous dis juste que c’est celle-là que j’utilise.

Je l’appaire à la tablette, donc je vous montre maintenant comment ça se passe.

 

 

Donc là il y a Power. Je mets sur On. Ça clignote.

Et je vais dans mon IPad sur Réglages, Bluetooth, en général au-dessous de Wifi. Le Bluetooth doit être coché bien sûr.

Vous voyez, elle s’est immédiatement appairée. Dès que je l’ai mise en tension.

Bien sûr la première fois elle va apparaître dans la liste Connexion aux autres appareils. Et après elle est gardée en mémoire, donc elle va rester dans la liste Connexion à mes appareils. Et dès que vous l’allumez, elle s’appaire sur l’IPad.

 

Je vais sur ForScore.

Voilà la 1ère ballade de Chopin.

Vous voyez, je vais appuyer sur cette pédale et ça tourne. Vous voyez ?

Maintenant, si je veux aller sur la page de gauche, j’appuie sur la pédale de gauche.

Je peux donc passer à droite ou à gauche en fonction de là où j’appuie.

Vous voyez, ça marche vraiment super bien.

 

Petit inconvénient possible

Il faut dans un premier temps, ce qui est important aussi, c’est vous trouver un moyen pour que la pédale ne glisse pas. Parce que c’est un des inconvénients possibles.

Moi elle a des petits plots en plastique, je ne sais pas ce qu’aura la vôtre. Mais même ces petits plots en plastique, si vous avez du parquet vitrifié ou des dalles de carrelage, ça va glisser.

Si vous avez de la moquette, à ce moment-là c’est l’idéal. Mais si vous avez un sol lisse, comme la plupart des gens, là il va falloir vous trouver un moyen pour que ça ne dérape pas.

Vous pouvez acheter de l’antidérapant, il y a plein de systèmes différents, je ne vais pas vous les énumérer.

Mais vous pouvez soit mettre de l’antidérapant, soit carrément mettre du scotch double face pour éviter que ça glisse. Je vous laisse choisir. Mais il faut trouver un moyen pour que ça ne glisse pas sur le sol.

 

Vous voyez, j’ai un parquet qui est glissant parce qu’il est vitrifié. Donc j’ai acheté un morceau de moquette, et en dessous j’ai mis de l’antidérapant. Je vais en sorte que ce soit sur la moquette antidérapante et comme ça je peux donc avoir mes deux pieds dessus sans que ça glisse, même si je tourne mon pied à gauche ou à droite.

Ça se passe comme je vous l’ai dit, je tourne la page en appuyant sur la pédale de gauche ou de droite.

 

Je fais la même chose si je me mets sous mon X, parce que j’ai un clavier électronique. Donc là c’est pareil. J’emmène mon petit carré antidérapant et ça me permet de ne pas avoir ni le pied qui glisse, ni la pédale qui glisse.

 

Maintenant, si je suis sur le piano droit, je mets également ma pédale ici. L’avantage du piano droit c’est que la pédale ne peut pas glisser. Et en général, de mon côté en tout cas, elle ne glisse jamais sur les côtés.

Je pense que pour la plupart d’entres vous vous avez des pianos droits, donc c’est quand même la bonne nouvelle, là elle tient vraiment très très bien. Il n’y a pas de soucis.

Par contre vous allez avoir quand même votre pied, tout dépend de votre semelle bien sûr, à force de bouger le pied, je recule, il n’y a rien à faire. Donc dans ces cas-là, il faudrait prendre la petite moquette antidérapante que je mettrais devant le piano. Pour éviter surtout que mon pied, en tournant, ne glisse pas.

C’est aussi si vous avez beaucoup de reprises. Si vous n’avez pas beaucoup de reprises vous ne risquez rien du tout en restant ici comme ça.

 

 

La pression à utiliser

Dans un premier temps, moi ce que je vous conseille c’est d’apprivoiser l’enfoncement de cette pédale. Sentir quelle pression il faut mettre.

Donc entraînez-vous à tourner des pages dans le vide, sans jouer du piano, pour sentir la juste pression.

 

La position du pied

Et moi ce que je vous conseille, c’est d’avoir toujours le pied dessus, parce que sinon vous risquez de ne pas la trouver en cours de jeu.

Il ne faut pas, quand vous êtes en train de jouer, que vous soyez obligé de faire « Alors il est où mon pied ? » et en même temps vous jouez. Vous allez complètement troubler votre jeu.

D’une manière générale on est appuyé sur les talons. De toute façon. Les 2 pieds sont appuyés sur les talons, le poids de votre jambe est sur les talons. Et les 2 pieds sont éveillés. C’est-à-dire que vous n’êtes pas en train de les laisser aller.

Il va falloir travailler la coordination de vos 2 pieds parce qu’ils vont faire un geste différent.

 

Vous voyez, ce qui est important, c’est de ne pas avoir une jambe pliée vers l’arrière ou relevée vers l’avant par rapport à l’autre.

Si je mets ma pédale en arrière par rapport à mon autre pied, je ne vais pas être bien. De toute façon c’est pas bien d’avoir le talon en dessous du genou qui rentre comme ça en dessous du genou. Il vaut mieux avoir les 2 jambes bien équilibrées et surtout le talon à la même distance que le genou.

 

Maintenant ce qui se passe au niveau du geste.

Vous allez avoir, au niveau du temps fort, on va être obligé de soulever son pied droit sur la pédale de droite. Si vous ne comprenez pas de quoi je parle, je vous renvoie à la vidéo de la chaîne qui parle du fonctionnement de la pédale. On doit soulever son pied au premier temps.

Ce qui se passe, c’est que sur cette pédale-là, le mieux est quand même d’enfoncer sur le temps fort. Ce qui va faire qu’on va avoir un geste inversé.

Donc c’est bien de le travailler d’abord sans pédale, qui sera donc comme ceci.

Quand vous avez bien appris ce geste en dehors, vous le faites avec la pédale, ce qui donne ceci.

Alors bien sûr il ne faudra pas le faire toutes les mesures parce que vous n’avez pas de pages toutes les mesures, mais pour vous entraîner il faut faire cet exercice-là en dehors du jeu.

Parce que bien sûr sinon vous serez trop gêné par d’autres éléments.

 

Ensuite, quand vous êtes à l’aise, il va falloir travailler la dernière mesure de chaque page.

Et ce qu’il faut, c’est que vous le fassiez toujours en rythme. C’est-à-dire ne vous dites pas « Je vais tourner la page vers la fin mais je sais pas trop où ». Moi je vous conseille de la changer toujours en suivant le rythme.

C’est-à-dire, l’idéal pour moi en tout cas, ça a été de le positionner sur le premier temps de la dernière mesure de la page, ou le premier temps de l’avant dernière mesure de la page, en fonction de la vitesse aussi de mon morceau.

  • Si le morceau est lent, dernière mesure vous tournez sur le premier temps.
  • Si le morceau est un peu plus rapide, vous prenez un peu d’avance et vous tournez 2 mesures avant.

C’est pareil pour la tourne de pages quand on demande à quelqu’un de tourner les pages, il y a toujours besoin d’être un petit peu à l’avance.

 

Travailler chaque tourne

Donc au début sur les premiers morceaux que vous allez travailler, je vous conseille de travailler vraiment chaque tourne. Au bout d’un certain temps on n’a moins besoin de travailler chaque tourne. Mais les premiers morceaux, les premiers mois, c’est important de travailler chaque page avec la page suivante.

 

Maintenant si vous avez des reprises, comment ça se passe ?

Il faut bien sûr tourner à gauche. Quand on tourne à gauche, quand on revient, il faut que le pied se décale sur la gauche.

Pour pouvoir revenir sur la page précédente, j’ai donc besoin de décaler mon pied. Ce qui fait qu’il faut que je prépare mon pied le plus tôt possible. Dès que j’ai tourné ma page précédente, et tout de suite je positionne mon pied.

Vous travaillez ça dans la continuité du geste de la tourne de page précédente. D’accord ?

Donc je tourne ma page puis je mets mon pied qui se prépare. Ça se travaille.

Et vous voyez j’ai tendance à avoir le talon qui, petit à petit, recule quand je fais ça. C’est pour ça que c’est très important d’avoir un sol qui ne soit pas glissant.

Ensuite, bien sûr, une fois que vous avez fait votre prise, vous remettez votre pied sur la page d’après. Parce que sinon vous risquez, à la fin de la page suivante, de vous tromper et de tourner la page en retour au lieu de tourner la page en avant.

Ça c’est vraiment quelque chose à laquelle il faut vous habituer dans les 2 sens.

 

Je récapitule :

  • En premier : travailler le geste pour passer la page
  • En second : travailler le geste pour préparer le pied sur la pédale
  • En troisième : travailler le geste pour préparer le pied dans l’autre sens

Ça fait 3 gestes à connaitre quand vous avez des reprises.

Quand vous n’avez pas de reprises c’est uniquement le geste pour passer la page.

 

Pour ce qui est de la pression, c’est vrai que c’est bien de garder le pied dessus, de ne pas trop lever, mais méfiez-vous. Parce que si vous vous laissez aller, vous risquez de tourner la page sans le vouloir. En cas de stress ou si avec votre autre pied vous avez des choses compliquées à faire, ou si c’est difficile techniquement, par stress vous pouvez appuyer et donc la page se tourne et c’est pas très drôle.

Il y a un petit temps d’adaptation. Donc travaillez le fait que votre pied va à gauche, il tourne la page, et il retourne tout de suite à droite, dès la première mesure.

Si vous faites des concerts, il va falloir faire attention la veille de bien charger votre pédale Bluetooth, parce que bien évidemment ça ne marche pas tout seul. Il faut la charger. Et puis ne la laissez pas allumée.

Moi j’ai fait cette bêtise une fois. J’ai laissé allumer ma pédale Bluetooth. Elle essayait de capter le Bluetooth d’autres appareils, et je l’ai trouvé déchargé le lendemain.

Donc vous la chargez et vous vous assurez qu’elle soit bien éteinte quand vous avez fini de la charger.

 

Là c’est pareil, quand vous jouez dans une salle que vous ne connaissez pas, emmenez toujours de l’antidérapant avec vous, ou du gros scotch de travaux, un moyen pour que votre pied ne glisse pas et que la pédale ne glisse pas.

 

 

Voilà, j’espère que cette vidéo vous aidera à vous mettre à la pédale Bluetooth.

Je vous mets en-dessous le lien vers ma propre pédale. Mais comme je vous le dis, ce n’est pas forcément la meilleure. J’ai pris celle-ci et je n’en ai pas essayé d’autres.

 

N’oubliez pas de vous abonner à la chaîne, d’aller faire un petit tour sur le blog pour voir des choses que vous auriez pu rater.

 

Bon piano et à bientôt !

Comment avoir toutes ses partitions avec soi et partout !

Lorsqu’on a joué beaucoup de morceaux dans sa vie, qu’on veut les reprendre pour se constituer un répertoire, il devient difficile d’avoir une vision d’ensemble et d’avoir tout avec soi tout le temps.

C’est là que les nouvelles technologies interviennent !

Nous avons la possibilité de scanner très facilement tous les morceaux de notre répertoire pour les avoir sur une tablette numérique. Je vous explique dans cette vidéo comment je fais concrètement, et avec quelles applications je travaille.

Voici ci dessous les liens vers les sites dont je parle :
Le site énorme de partition gratuite IMSLP
Scannable
Forscore
Newzik et des accessoires intéressants pour le passage du pianiste au numérique

 

Comment avoir toutes ses partitions avec soi et partout !

Votre partothèque mobile

 

 

Bonjour et bienvenue sur le blog apprendre-a-jouer-du-piano.com.

Aujourd’hui je voulais vous parler de cette possibilité maintenant extraordinaire de pouvoir avoir toute une bibliothèque sur un engin comme ceci que je ne nommerais pas.

 

Bien sûr, c’est grâce à des applications. Moi j’utilise :

  • ForScore
  • Newzik

Il y en a pleins d’autres mais moi j’utilise ces deux-là.

 

 

Pourquoi je vous parle de ça aujourd’hui ?

C’est parce que je m’y suis mise il y a quelques mois et j’ai donc scanné tout mon répertoire et je l’ai mis sur ma tablette.

Et maintenant, où que j’aille, j’ai mes partitions avec moi. Même si je pars en vacances. Même si je n’ai pas de piano. J’ai tout mon répertoire avec moi. J’ai aussi tout le répertoire de mes élèves. J’ai aussi tout le répertoire que j’aimerais aborder.

Ça me permet :

  • D’avoir une mobilité beaucoup plus facile, beaucoup plus rapide
  • De travailler mon piano un peu où que je sois, même si je n’ai pas de piano

Parce que je travaille aussi régulièrement mon piano juste en travaillant l’écoute et en jouant du piano dans ma tête.

Je vous conseille de le faire, c’est particulièrement efficace.

Bon bien sûr il faut avoir quelques années de piano parce qu’il faut que vous ayez déjà une mémoire de votre clavier et que vous connaissiez bien votre clavier avant d’avoir ce type de sensations.

 

 

Je voulais donc vous présenter ça et je sais qu’il y a quelques petites objections chez certaines personnes.

 

Le regret du papier

Ce n’est pas parce que j’ai tout mis sur ma tablette que maintenant je ne travaille pas sur partitions. Ce n’est pas du tout la même chose. Je travaille sur partition la plupart du temps.

Je travaille sur des partitions et j’ai aussi mes partitions que je photocopie parce que je ne travaille pas forcément sur la partition mais sur une photocopie à côté. J’ai le droit de faire la photocopie puisque j’ai la partition qui est achetée.

Je travaille sur papier pour pouvoir mettre mes doigtés.

Ça dépend des moments en fait.

Je choisis en fonction. L’un ne remplace pas l’autre à mon sens.

 

C’est trop petit

Effectivement, c’est plus petit qu’une page A4, mais sachez qu’on a la possibilité quand on l’oriente comme ceci de l’avoir exactement de la même taille qu’une feuille A4. Alors pas comme une partition classique, mais en tout cas avec une feuille A4.

Pour travailler, moi je trouve que ça me va très bien parce que je travaille en général des petits morceaux de la partition. Donc je me mets sur le petit morceau de la partition que je suis en train de travailler.

Ça me permet en plus du coup d’être complètement concentrée sur ce passage-là.

C’est vrai que cette histoire de taille est un souci qu’on peut régler en prenant des grandes tablettes.

Le fabriquant de la pomme en fait de la même grandeur pour les pros, de format A4. Vous pouvez donc avoir la même grandeur qu’une feuille de partition normale.

L’inconvénient à mon sens c’est que ça devient plus lourd à transporter. Et je trouve que la taille qui est juste un petit peu en-dessous suffit tout à fait.

Moi je ne travaille pas uniquement là-dessus sinon on finit par avoir les yeux qui tirent si on est trop en lecture et si on est trop dans le début de l’apprentissage.

Maintenant, rappelez-vous que sur une tablette on peut grossir. Et là du coup c’est même plus gros que sur une partition.

Donc si on a une mesure qui demande beaucoup de travail et beaucoup d’attention, on peut se concentrer uniquement sur celle-là. Et là pour moi c’est vraiment un bon atout parce qu’il est difficile parfois de se concentrer sur des passages quand on voit tout le reste à côté.

Si on est uniquement centré dessus et qu’on voit que celle-là, ça permet vraiment de vraiment plus se concentrer dessus.

 

Comment on passe les pages

Il suffit de tapoter comme ça l’écran en bas à droite. Et si on veut retourner, on tapote en bas à gauche.

Là il se trouve que j’ai qu’une seule page à la fois alors que sur ma partition normale j’ai évidemment 2 pages. Donc je vais être obligée de tourner la page plus souvent.

C’est vrai, mais on a maintenant des petites pédales.

Une pédale Bluetooth qu’on relie à la tablette. Si j’appuie à droite ça va tourner ma page à droite, et si j’appuie à gauche ça va tourner ma page à gauche.

Alors il faut un petit temps d’adaptation. Une vidéo arrive à ce sujet pour vous raconter comment j’ai fait pour apprendre tourner ma page avec mon pied gauche alors que mon pied droit fait un geste différent pour la pédale.

Et ça, au début je peux vous dire que c’est assez troublant. Mais c’est comme tout, ça s’apprend.

Et après on est vraiment libéré de la tourne de page.

Donc oui il faut la tourner plus souvent, par contre le pied permet de ne plus du tout avoir besoin des mains pour tourner la page. Je trouve ça assez chouette.

J’ai aussi la possibilité d’avoir les 2 pages en même temps qui s’affichent. Bien sûr c’est encore plus petit, mais l’avantage que j’y vois c’est de pouvoir travailler les enchaînements entre les pages.

Ce sont des choses qui, souvent quand on travaille, posent problème en fin de double page. Souvent on s’arrête à la fin de la double page et on travaille beaucoup moins souvent le lien avec la page d’après.

L’avantage là c’est que je peux soit le présenter avec les 2 premières pages, soit avec la 2ème et la 3ème page etc.

Donc je peux travailler les liens, ce qui n’est pas possible sur mon papier.

L’inconvénient, c’est pour les partitions qui ont beaucoup de reprises.

Là il faut vraiment beaucoup pédaler avec son pied gauche pour pouvoir passer les pages et parfois on a tendance à s’emmêler. Donc ça je pense qu’il y a un gros travail à faire si vous avez besoin de vous en servir.

Si vous jouez avec un groupe, un ensemble, on est obligé de tourner beaucoup les pages. Donc c’est très avantageux parce que vous n’avez pas forcément besoin de vous trimbaler avec toutes vos partitions. Par contre si vous avez beaucoup de reprises, là ça risque de vous faire tromper.

C’est un petit peu le revers de la médaille.

 

Comment on fait au niveau des doigtés

J’ai un stylet qui permet d’écrire directement dessus. On écrit vraiment très facilement et en plus on peut effacer aussi très facilement les doigtés, ou même les anciens doigtés qui ne nous plaisent pas.

Ce qui n’est pas possible sur une partition papier.

Donc je trouve ça vraiment chouette.

Si l’éditeur a mis un doigté dont je ne veux pas, je peux aussi l’effacer. Donc ça a une certaine souplesse le numérique que je trouve très appréciable. J’y vois vraiment beaucoup d’avantages.

 

  • On peut écrire les doigtés.
  • On peut travailler les passages les uns aux autres.

Au lieu de se transporter des camions de partitions, on a tout dedans.

 

Comment je fais pour scanner ?

J’utilise une application qui s’appelle Scannable, qui est une application qui est maintenant publiée par Evernotes d’après ce que j’ai compris.

Une fois scanné, je la recadre simplement, je valide, je la nomme, et je l’enregistre où je veux.

Et je peux donc la retrouver sur mon application ForScore.

Ça me garde la qualité et en plus, avec les 2 applications, je peux réduire les côtés et gagner sur les côtés.

Le gros avantage c’est qu’on peut faire des listes.

Maintenant j’ai 702 partitions. Je vous laisse imaginer ce que ça peut faire si je transporte tout en papier.

702 partitions qui sont sur mon mur dans mes étagères ainsi que celle que j’ai sur le site IMSLP, qui est un site de partitions libres de droit.

 

La classification

Elles peuvent être classées par différentes manières :

  • Par titre
  • Par date
  • Par auteur
  • Par difficulté
  • Par mots clés
  • Par étiquette

Bref, tous les avantages du numérique.

C’est vraiment un bon atout, après libre à nous après de faire attention de ne pas nous laisser complètement happer par le numérique.

Ne pas oublier qu’au niveau des yeux on est très centré sur une petite zone et que de temps en temps il faut étirer les yeux sur les côtés.

Et puis bien sûr si par ailleurs on regarde beaucoup de films sur la tablette, sur le téléphone etc, on peut se courber et qu’il faut de temps en temps redresser la tête etc.

Ça a des inconvénients comme toute amélioration, à nous de nous adapter et de ne pas oublier de rester humain.

 

 

J’espère que cette vidéo vous a plu et qu’elle a répondu aux questions éventuelles que vous pourriez avoir.

Travaillez bien votre piano, abonnez-vous à la chaîne et allez faire un petit tour sur le blog.

 

Allez, au revoir !

 

Vitesse et légèreté dans Rachmaninoff

Je réponds aujourd’hui à la préoccupation de Frédérique qui travaille le prélude op.3 n°2 de Rachmaninoff, et qui a du mal avec l’Agitato central…

Cela me donne l’occasion d’y parler encore du jeu dans la vitesse. Ah cette vitesse… elle nous donne bien du soucis quand on se focalise dessus ! C’est tellement frustrant d’essayer de se pousser sans succès, comme si on était devant un mur infranchissable !

Dans cette vidéo, je parle de :

  • Encore quelques fondamentaux sur le tempo rapide
  • Quelques conseils de travail spécifiques à ce prélude
  • Des exercices pour la main afin qu’elle gagne en souplesse pour s’adapter aux contraintes de cette écriture.

Et voici le morceau joué par Rachmaninoff lui-même !

 

Travailler le prélude op.3 n°2 de Rachmaninoff

 

 

Bonjour et bienvenue sur le blog apprendre-a-jouer-du-piano.com.

Dans cette nouvelle année 2019, si vous me regardez en janvier 2019, et sinon bienvenue tout court.

 

Aujourd’hui je voudrais répondre à une question de Frédérique.

Frédérique est en train de travailler le prélude op.3 n°2 de Rachmaninoff. Elle a visiblement des problèmes dans l’agitato, la partie centrale.

Je rappelle un petit peu ce que c’est que ce prélude. Il s’agit de celui-ci.

 

Donc c’est un prélude où effectivement il y a une partie centrale qui est assez rapide et justement Frédérique a des problèmes dans cette partie centrale pour aller vite.

 

Elle me dit :

« Je me retrouve très souvent en difficulté avec cet agitato. J’ai beaucoup de mal à augmenter la rapidité tout en restant légère dans mes doigts. »

 

Alors justement souvent ce problème dans cet agitato parce que justement la partie avant et après et très très lente, est très lourde, et d’un seul coup il faut changer complètement de façon de faire au niveau physique et donc de tonicité musculaire.

Je vous conseille Frédérique, pendant toute cette première partie, même si c’est très lent et très lourd, il ne faut pas vous endormir musculairement.

Il faut vous préparer progressivement, au fur et à mesure que la page avance, un petit peu comme les chats avant de sauter. Ils sont très lents. Ils avancent etc, mais à l’intérieur il y a quelque chose qui monte, qui monte, qui monte, et au moment de partir Plaf ! Ils partent comme des fous.

Là c’est pareil.

Vous êtes en train de jouer ça, et en même temps à l’intérieur il y a quelque chose qui monte, qui monte, qui monte musculairement.

 

Alors ce n’est pas une crispation. C’est quelque chose qui va devenir de plus en plus réveillée, de plus en plus éveillée de l’intérieur.

 

C’est difficile à expliquer comme ça en une vidéo…

 

Quand vous arrivez à l’agitato, il y a un travail à faire. Je pars du principe pour cet agitato que vous avez les capacités physiques et techniques d’y arriver. J’espère que vous ne vous êtes pas lancée dans ce morceau alors que c’est très loin du niveau que vous êtes capable d’atteindre.

Ça c’est toujours une chose importante à rappeler.

 

Maintenant je vais rappeler quelques principes que j’ai donné dans une des dernières vidéos de l’année dernière qui était par rapport à la rapidité.

 

Pour cet agitato j’aurais envie de rappeler qu’avant tout :

Il faut déjà entendre les notes au tempo.

Si déjà vous avez du mal à l’entendre tranquillement dans une chaise en regardant la partition, forcément que vos doigts ne devront pas aller plus vite que votre écoute interne.

Ça c’est une chose sur laquelle j’insiste régulièrement.

 

Maintenant, il faut aussi réduire les gestes.

Plus vous allez aller vite, plus il faut réduire les gestes et jouer proche du clavier.

Ce qui est difficile pour la plupart des gens, c’est que dès qu’on réduit les gestes ça devient mou et imprécis et on dit que ça savonne.

Donc c’est quelque chose qui n’est pas facile à acquérir mais il faut vous entrainer à réduire tout en restant précis et réveillé du bout des doigts.

 

Maintenant, ne soyez pas focalisé sur ce problème de vitesse, au contraire.

Vous pouvez, pour travailler la vitesse de cet agitato, le travailler extrêmement lent.

C’est contre intuitif parce qu’on se dit que pour aller vite il faut s’entrainer à aller vite. Oui tout à fait, c’est vrai. C’est évident et logique.

Mais si en parallèle vous ne travaillez pas aussi régulièrement extrêmement lent, vous allez petit à petit rendre les choses de plus en plus imprécises.

 

Donc pour moi :

  • Il faut alterner un travail rapide mais sur des petits passages qui vont devenir de plus en plus grands

Et entre chaque je me repose. Je n’oublie pas ma noire qui est tenue. Et je fais ça temps par temps.

Après je peux faire mesure par mesure. Je me repose. Je reprends.

Vous pouvez le travailler avec ou sans pédale. Sans pédale ça permet d’être bien à l’écoute de toutes les notes. Ecoutez bien les doubles. C’est ça votre débit interne.

Il y a quelque chose de rythmique à suivre.

Si je n’arrive pas à aller jusqu’au premier temps, peut-être qu’il faut que je fasse les 2 derniers temps. Et je me repose entre chaque.

Parce que ça permet de reprendre son souffle. La vitesse pose souvent un problème d’endurance, et l’endurance ça s’entraine.

Quelqu’un qui va faire un marathon demain ne va pas y aller directement. Il va augmenter progressivement le temps de course pour y arriver.

Là c’est pareil. C’est un marathon donc on va aller progressivement, faire de plus en plus de notes rapides.

Mais vous voyez, je suis déjà au tempo, ou quasiment. Je me mets le plus vite possible au tempo.

 

  • Par contre en parallèle je vais travailler lentement mais pas forcément fort.

J’écoute, même à l’avance comment vont sonner les notes, à l’avance. Je vais très lentement, à la base de l’écoute.

Je timbre. J’essaie de faire quelque chose de beau. Ce n’est pas un exercice sans musique.

Je vais extrêmement lent. Je peux même aller encore plus lent que ça.

Quand je dis lent, ça peut être extrêmement lent en prenant conscience de mon corps. Là je le fais en regardant la partition mais je pourrais très bien le faire par cœur après pour vérifier si mon par cœur est un vrai par cœur.

J’écoute à l’avance. J’essaie d’écouter à l’avance.

 

Maintenant, ce travail lent ne doit pas être mou.

Vous ne devez pas être comme ça en pensant à autre chose en se disant qu’on s’ennuie. « Qu’est-ce que c’est lent pff… Elle m’a demandé de jouer lentement mais alors qu’est-ce qu’on s’ennuie… pfiou… Je dors… »

Et musculairement mes coudes tombent etc. Non.

Je vais lentement, mais dedans ça va à toute vitesse. C’est-à-dire que je suis complètement réveillée. Mon doigt va toniquement au fond de la touche, même si c’est doux.

Je suis extrêmement réveillée. Et tout ce que je peux anticiper, de positionnement de doigts, je suis déjà positionnée sur la suite. Vous voyez ?

Hop, mon sol est positionné.

 

A la fois :

  • Vous êtes complètement réveillé physiquement.
  • Vous ne laissez pas tomber vos coudes.
  • Vous êtes suspendue. Vous êtes suspendue au plafond.
  • Vous écoutez.
  • Il se passe plein de choses pendant ce travail-là.
  • Vous n’êtes pas en train de dormir.
  • Vous anticipez toutes les nouvelles positions. Dès qu’il y a un déplacement mon doigt y va tout de suite.

Parce que c’est un travail lent mais où il va y avoir tous les gestes du rapide dedans. Quand vous voulez aller rapidement il faut anticiper tous les gestes.

Donc même lentement vous allez anticiper. Et ces gestes par contre d’anticipation vont être extrêmement rapides.

S’il y a un déplacement, je suis positionnée directement. Mes notes arrivent lentement, par contre mes doigts se préparent à l’avance et sont pas lents.

  • Vous devez être confortable sur chaque note dans ce travail-là.
  • Vous alternez avec des moments où vous allez travailler très vite.

Vous vous reposez.

On s’entraine vite, lent, mais réveillé, vite. Quelque part, vite je lâche plus que lentement. Je lâche prise beaucoup plus que lentement où je suis en train de tout surveiller, de tout regarder au lieu de penser à ce que je dois faire demain.

 

 

Là je me suis concentrée sur :

  • Entrainer la vitesse
  • Entrainer le confort
  • Garder ce confort dans la vitesse

 

 

Maintenant bien sûr ce morceau, cet agitato, il faut que vous le compreniez de l’intérieur.

  • Donc il faut travailler les voix séparées. Pas mains séparées.

Pour moi ce n’est pas très intéressant ici mais plutôt que la plainte avec la basse. J’ai retiré les croches du centre. Et je peux travailler mes croches toutes seules.

  • J’essaie qu’elles soient égales.

Quand je veux chercher à être égale j’essaie de me concentrer sur le petit bruit « tac » du marteau qui doit être toujours le même sur chaque corde.

Dans cette mesure-là, on est troublé par le haut. C’est une mesure qui n’est pas du tout facile, pas agréable.

Il faut donc vraiment travailler peut-être cette partie-là en aller-retour entre les notes.

 

Il y aurait beaucoup de choses à dire mais là je vous donne des petites choses quand j’y pense.

  • Les voix séparées
  • Les croches séparées

 

Autre chose, travailler par accord rapidement justement.

Parce qu’il faut que votre main ait une position en partant qu’il va falloir qu’elle adopte le plus tôt possible, dès que la première note, dès que la noire arrive, tous les doigts doivent être positionnés sur les notes suivantes.

Donc par accord.

Vous jouez toutes les notes comprises dans un temps.

Quand vous ne pouvez pas, parce que moi j’ai une grande main, mais quand vous ne pouvez pas vous faites un arpégé. Ce n’est pas grave.

Ne travaillez pas fort. N’épuisez pas vos bras non plus à jouer trop fort.

 

C’est plus une précision qu’une force qu’il faut avoir.

 

Je pense que ça peut être utile aussi que :

  • Vous travailliez votre technique un petit peu en dehors de ce morceau.
  • Travailler un petit peu vos gammes pour réveiller vos doigts.
  • Concentrez-vous sur le bout de votre petite phalange du bout du doigt qui doit vraiment accrocher la touche pour qu’ils soient bien réveillés.

 

Un petit exercice en dehors du piano auquel j’ai pensé.

Là-dedans il y a beaucoup de moments où vos doigts travaillent en latéralité. C’est-à-dire qu’ils doivent travailler comme ceci. Il y a beaucoup d’écartement l’air de rien dans cet agitato. La main se retrouve avec des positions comme ceci par exemple.

Donc il faut travailler les doigts en latéral.

Je vous conseille de mettre la main à plat et il faut que vos doigts aillent de gauche à droite comme ceci.

Vous essayez de travailler vos doigts en latéralité gauche – droite, le plus possible.

Vous pouvez aussi travailler l’écartement de vos doigts, l’étirement de vos doigts en respirant bien.

Faites attention, ce sont des petits os, des petits ligaments, des petits muscles. Donc il faut y aller doucement.

Etirez bien entre vos doigts. Etirez bien le pouce comme ceci. Etirez bien toute la main en vous mettant sur le coin d’un meuble. Bien étirer à l’intérieur de la paume. Il faut que votre main gagne le plus possible en souplesse et soit capable après en latéralité.

Après est-ce que vous arrivez à ce que vos doigts bougent comme ça ?

C’est extrêmement important dans cet agitato, notamment à la main droite bien sûr.

 

 

Donc voilà, je pense avoir fait le tour de ce que je pourrais dire si je vous avais en cours.

Bien sûr je ne vous connais pas Frédérique, donc il pourrait y avoir des choses sur lesquelles je passe à côté.

Il faut faire bien attention que ce morceau ne soit pas trop loin de votre niveau pour qu’il ne vous décourage pas.

D’accord ?

Faites attention parce que ça fait partie des tubes du piano classique. Donc je me méfie toujours quand quelqu’un me parle d’un tube, je me dis « Est-ce qu’il la prit parce qu’il aimait ce tube et qu’il n’a pas l’avis d’un professeur et ne sait pas si c’est de son niveau et s’est lancé comme ça ? Ou est-ce que réellement il a la possibilité et la capacité maintenant qui n’est pas trop loin du niveau du morceau et donc il va pouvoir se hisser à ce niveau-là »

 

Il faut bien comprendre que si vous êtes trop loin, c’est trop décourageant et vous ne pourrez pas. Alors que pendant ce temps-là vous pourriez faire d’autres morceaux plus faciles qui vous font travailler les mêmes éléments mais beaucoup plus de morceaux différents, et qui pourraient vous amener petit à petit à ce morceau-là.

 

Donc ne restez pas non plus des mois sur ce morceau-là. Si ça n’avance pas, lâchez-le, mettez-le de côté, faites une liste des morceaux que vous aimeriez absolument jouer, et mettez-vous sur d’autres morceaux qui vont faire travailler les mêmes éléments mais avec un niveau un peu plus facile, et changez. Changez de morceau. Mangez de la musique.

Il ne faut pas rester sur un ou deux morceaux dans l’année, mais au contraire multiplier les expériences musicales.

Et chacune des expériences va vous aider à monter progressivement vers là où vous voulez aller.

 

 

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Merci beaucoup, au revoir à tous !

 

Une astuce toute simple pour les traits de vélocité

Je vous donne ici une des mes astuces (même plusieurs… 🙂 je ne peux pas m’en empêcher) pour obtenir des traits de vélocité fluides, clairs et précis.

Je prends comme exemple un trait extrait de la première ballade de Chopin.

 

Une astuce toute simple pour les traits de vélocité

 

 

Bonjour à tous et bienvenue sur le blog www.apprendre-a-jouer-du-piano.com.

 

Aujourd’hui je voulais vous donner une astuce pour les traits de vélocité.

 

Alors je ne me suis pas beaucoup adressé jusqu’à présent aux personnes beaucoup plus avancées dans le piano, donc ça va venir un petit peu maintenant.

Les traits de vélocité qui sont le grand répertoire, souvent posent problème. Et quand on arrive dès la mesure qui précède en général on se dit « Ohlala… Bon bah je travaillerais ça demain ».

Il y a un moment, ce n’est pas à un moment d’ailleurs, il faut commencer par là. Il faut commencer dans les morceaux qui demandent beaucoup de vélocité. Il faut commencer par les passages difficiles bien sûr avant de trop s’amuser sur les passages faciles.

 

 

Pour ces traits de vélocité j’ai une petite astuce à vous donner.

 

Vous pourrez dire plein de choses mais là je vais vous donner juste une petite astuce.

 

Cette astuce est toute bête, toute simple. C’est de dire le nom des notes.

Vous prononcez à haute voix le nom des notes du passage en question.

 

Donc comme exemple, je vais vous prendre la première balade de Chopin, celle qui commence comme ceci.

Et sur la deuxième page, on a un passage à la fin du premier thème.

  • En premier je vais dire le nom des notes.
  • Je vais isoler bien sûr cette main droite.

Je vais la prendre toute seule parce que là bien sûr autant d’habitude il faut faire attention de ne pas trop mettre les mains ensembles, autant là c’est évident qu’il y a besoin de faire un petit travail de main droite seule.

 

Donc cette main droite, on va dire le nom des notes comme ceci :

La – si – la – sol – la – sol – la – mi – fa – fa – sol – fa – mi – mi – do – la – si – ré – la – si – sol – la – fa – la – do – si – fa – fa – mi – ré – fa – fa – fa – sol – fa – mi – do

Alors on pourrait croire que cet exercice est un peu inutile. De dire le nom des notes. Mais en fait essayez-le parce que c’est extrêmement efficace.

 

Vous pouvez prendre conscience par là de toutes les notes que vous jouez un peu à moitié. Vous verrez, c’est impressionnant. Les passages que vous ratez, les passages où vous avez du mal à jouer avec les doigts, vous aurez du mal à dire le nom des notes.

Comme par hasard.

 

 

Donc ce n’est pas qu’une question de lecture de notes, c’est une question de prendre conscience de chaque note.

 

Est-ce que vous prononcez au doigt chaque note même si c’est très rapide, vous allez le voir en disant le nom des notes.

Ça tombera exactement sur les mêmes.

La – si – la – sol – la – sol – la – sol – mi – fa – fa – sol – fa – mi – ré – sol – ré – do – si – sol – fa – ré – mi – fa – fa – la – sol – fa – mi – do

Donc ça, c’est un excellent test pour repérer les doigts qui ne fonctionnent pas bien ou les notes dont vous n’avez pas pris suffisamment conscience.

 

 

Autre chose que je sais parce que j’en ai discuté avec des orthophonistes.

 

Il faut savoir que le fait de prononcer des choses de manière très articulée au niveau de la bouche va influer sur l’articulation de vos doigts.

Les orthophonistes l’utilisent mais à l’envers pour les personnes qui ont du mal à prononcer au niveau de la bouche. Ils vont faire travailler les doigts pour améliorer la diction.

 

Pourquoi, nous, on ne l’utiliserait pas mais à l’envers ?

Le fait d’articuler toutes les notes à la bouche, est-ce que ça ne nous permettrait pas d’articuler mieux au niveau des doigts ?

En tout cas moi je le vis au jour le jour.

 

C’est une chose que j’utilise très très régulièrement quand un passage savonne.

Vous savez ? C’est-à-dire qu’on sent que les notes boulent. Pour que ce soit précis et que chaque note ait sa place et transporte le discours musical, on a besoin d’avoir conscience, même si ce n’est pas une hyperconscience sinon vous ne pourrez pas aller vite, on a besoin d’avoir conscience que de passer par chaque note et qu’il n’y ait aucune note qui casse le discours et l’intention musicale.

 

 

Le trait c’est toujours quelque chose qui doit s’étirer sans jamais être cassé.

 

Et toute note qui est mal articulée au niveau du doigt ou mal conçu au niveau de la tête ça fait une fuite. Ça casse l’étirement du discours. D’accord ?

Donc ça c’est une chose, un bon outil. Utilisez-le au maximum dans les semaines qui vont venir et vous m’en direz des nouvelles.

 

Alors ensuite notre main droite va un petit peu mieux. Elle commence à savoir un petit peu mieux ses notes.

 

 

Donc maintenant il ne faut pas oublier assez vite de rajouter la main gauche bien sûr.

 

Là si je rajoute ma main gauche, il va falloir que je le fasse par élément de main gauche pour pouvoir coordonner les deux. D’accord ?

Sinon je risque d’avoir l’une qui fait quelque chose et l’autre qui est décalée par rapport à elle.

 

Donc on va faire, pour ici, noire par noire. D’accord ?

On va aller d’une noire à une autre noire et on va se poser dessus. Et on va faire attention à l’oreille qu’au niveau des rencontres ça tombe ensemble.

Alors vous si ce n’est pas des noires ça peut être autre chose. Mais vous allez d’un élément de la main gauche à un autre élément de la main gauche. D’accord ?

Comme ça vous allez d’une rencontre à une autre rencontre.

Puis vous prenez cette rencontre sur laquelle vous venez de terminer et vous allez de cette rencontre à une autre rencontre de main droite main gauche. Et ainsi de suite.

 

La sol mi fa fa la sol mi fa fa la sol mi fa fa

Fa sol fa mi mi do la si ré do si

Si sol fa mi mi ré do fa

Si sol fa ré mi mi fa

Si sol fa ré mi mi fa

Là il est bon…

 

Fa fa la

Fa fa la sol fa mi ré do

Fa fa la sol fa mi ré do

 

 

Ensuite, il va falloir accrocher la mesure d’avant.

 

Vous voyez ?

C’est toujours pareil. On isole un élément. Et une fois qu’il est isolé et bien travaillé, il faut le raccrocher avec les autres éléments.

Donc si on isole la main droite, on rajoute la main gauche. C’est un autre élément.

Et maintenant on rajoute avant le passage. Parce que je ne sais pas si vous avez remarqué, mais on peut travailler très bien un passage et après on reprend le morceau et on est incapable de le faire correctement alors qu’on vient de le travailler.

C’est très rageant.

Il faut juste rajouter les mesures d’avant.

Donc la mesure d’avant et ensuite les 2 mesures d’avant, et ainsi de suite. Vous pouvez partir à reculons pour vraiment englober dans la carrure globale le passage entier.

 

 

J’oubliais ! En comptant tout haut les temps aussi.

1 2 1 2 1 2 1 2 1 2 1

Moi je pense que déjà avec ça vous avez beaucoup d’outils, on pourrait dire d’autres choses bien sûr, mais déjà prenez le temps de faire ça.

 

 

Donc cette astuce toute simple vous l’avez comprise.

 

C’est le fait de lire le nom des notes et ça c’est une chose à laquelle je tiens énormément. Que vous sachiez lire vos notes.

 

Ce n’est pas inutile.

On a la chance dans les pays francophones d’avoir un système d’écriture, une façon de nommer les notes qui est syllabique. Donc elle nous permet, avec des consonnes et des voyelles de vraiment prendre en compte chaque note.

Chaque note est attaquée avec la consonne. Ça parait tout bête comme ça. Mais on a cette chance par rapport aux anglo-saxons qui le font à partir d’une lettre, où ils disent « b » « c » etc. là aussi il y a des choses qui s’articule. Mais pour eux ce n’est pas vraiment une syllabe vous voyez ?

Nous on a des syllabes qui nous permettent de nommer chaque note et que plusieurs notes fassent des mots, même si ce sont des mots qui sont musicaux.

Utilisons ce système-là pour pouvoir nommer chaque note et lui donner toute l’attention dont elle a besoin.

 

 

Vous le savez, si vous me suivez depuis déjà un certain temps, la lecture de note pour moi est un sujet très important, qui est souvent négligé ces derniers temps parce que le solfège n’a pas bonne tresse.

Sauf qu’en fait ça dépend tout à fait comment on le fait. Ça n’a rien de si rébarbatif que ça. Ça demande un effort, c’est sûr, mais si c’est pris pas à pas, si on ne brûle aucune étape, ça se passe très bien. Il n’y a pas de raison.

 

Il y a besoin de fournir des efforts mais les efforts donnent du résultat derrière. Si y’a pas de résultat, c’est que l’étape n’est pas bonne, c’est que vous avez sauté des étapes.

C’est comme ça dans tout apprentissage au niveau du piano, et partout d’ailleurs.

Si votre effort ne produit pas de résultat c’est que la méthode et les différentes étapes ne sont pas bonnes.

Ne restez pas des années à faire des choses qui ne fonctionnent pas. Par pitié !

 

 

Donc si vous voulez en savoir plus au sujet de la lecture de notes, la lecture des accords, la lecture verticale et tout ce qui est déchiffrage, sachez que je donne une conférence demain soir à 18H.

Donc là, si vous regardez cette vidéo après le 2 décembre il faudra attendre la suivante. Mais là aujourd’hui on est le samedi 1er décembre 2018.

Vous avez la possibilité d’assister à une conférence au sujet de la lecture de notes mais pour les pianistes. D’accord ?

Je ne parle pas du solfège en général.

Je parle de la problématique de la lecture des notes spécialement pour les pianistes.

Il y a besoin d’un travail spécifique pour eux.

 

Si ça vous dit et s’il n’est pas trop tard pour vous, à demain ! Inscrivez-vous en suivant le lien qui est en-dessous.

Sinon vous attendez la prochaine.

 

Et si cette vidéo vous a plu, vous pouvez likez et la partager aux autres pianistes que vous connaissez.

 

Merci beaucoup, au revoir !

 

Earmaster, une application parfaite pour travailler l’oreille (Interview)

Vous avez des difficultés pour entendre les partitions ou pour savoir retrouver une mélodie à l’oreille ? Je vous présente aujourd’hui une application parfaite pour cela : Earmaster.

Pour PC, Mac et Ipad, ce logiciel est un superbe outil pour devenir un instrumentiste musicien, c’est à dire “qui a de l’oreille” ! Même si elle ne remplace pas un professeur, elle permet de pratiquer au quotidien ce qui a été vu en cours, avec pour vous la certitude que vous êtes sur la bonne voie. Vous pourrez “voir” vos progrès.

Quentin Nicollet, de l’équipe au Danemark nous explique tout ce qu’il faut savoir sur cette application. 

 

 

Earmaster, une application pour travailler l’oreille

 

 

Marie-Cécile

Bonjour Quentin Nicollet je suis très contente de t’avoir aujourd’hui en ligne pour une interview pour mon blog https://apprendre-a-jouer-du-piano.com/ et ma chaine YouTube. Tu es de chez EarMaster, donc tu t’occupes de cette application et en ce moment tu es au Danemark c’est ça ?

 

Quentin Nicollet

Voilà tout à fait. Bonjour Marie-Cécile. Donc oui au Danemark dans les bureaux d’EarMaster. On est sur la côte Nord Baltique, il faut beau aujourd’hui on a de la chance ! Et puis je vais vous parler effectivement de l’appli EarMaster, qui est sur PC, Mac et IPad.

 

Marie-Cécile

C’est vraiment vraiment une belle opportunité parce que je connais cette application depuis un certain temps mais c’est vrai que je n’ai jamais eu l’occasion de vraiment me plonger dedans et d’en parler de manière plus précise à mes lecteurs. C’est chose faite, c’est parti !

EarMaster c’est un logiciel et une application en même temps. Un logiciel sur ordinateur, et aussi une application pour mobile. C’est ça ?

 

Quentin Nicollet

Voilà. Pour l’instant ça se décline en d’autres versions. Sur PC, Mac comme tu l’as dit, sur IPad et puis on va continuer le développement pour d’autres plateformes dont IPhone, on va essayer.

La tâche est un peu ardue parce que l’écran est tout petit. Et on a plein de choses à lancer, on a une partition à partager, on a un piano, une guitare et pas mal de choses à montrer à l’écran donc on bosse dur pour réagencer un peu le tout mais on va essayer car c’est très demandé.

Bien sûr tout ce qui est Android, tablettes comme téléphones on aimerait aussi supporter ça. La tâche est rendue aussi ardue par d’autres aspects. Ce n’est pas oublié, c’est en projet.

 

Marie-Cécile

D’accord. Donc pour l’instant pour ce qui est de l’application c’est uniquement sur IPad pour le moment ?

 

Quentin Nicollet

Voilà tout à fait.

 

Marie-Cécile

Mais ça va venir, donc on attend ça avec impatience !

Selon toi, quels sont les avantages d’une application numérique comme ça ? Moi j’ai ma petite idée déjà.

 

Quentin Nicollet

Il y en a beaucoup en fait.

  • Déjà le fait d’avoir une évaluation instantanée.

EarMaster c’est surtout travail de l’oreille, formation de l’oreille. En général on a besoin d’un partenaire d’entrainement qui va nous jouer par exemple des accords, des intervalles. On va essayer de les identifier à l’oreille, on va y répondre et le partenaire va nous dire si c’est ça ou pas.

On peu s’entrainer en solo mais à ce moment-là on n’est pas sûr de savoir si on reconnait vraiment les notes qu’on entend de façon correcte.

L’avantage de l’application c’est qu’elle va nous dire tout de suite si on s’entraine dans le vrai en fait, si on fait des erreurs ou pas.

On va avoir un retour immédiat de la justesse par exemple quand on chante, ou alors de la précision rythmique quand on joue des rythmes.

  • Un autre avantage c’est la motivation.

Parce qu’il y a un aspect ludique dans l’application. Par exemple, on est noté à chaque question avec des étoiles, du type on a 4 étoiles sur 5. Ça donne envie de se surpasser. On voit ses scores, on a un pourcentage, on essaie de faire encore mieux. Et à la fin ça devient ludique.

Par exemple, je discutais avec le conservatoire régional de Perpignan, qui utilise EarMaster. Le prof de formation musicale avec qui je suis en contact m’a dit : « C’est la première fois que j’ai un élève qui fait 4 heures de formation musicale d’un coup, sans s’arrêter. » C’est génial parce qu’ils avaient du mal à motiver leurs élèves à faire de la formation musicale parce qu’il y a pas mal d’élèves qui trouvent ça rébarbatif et au final, avec l’application, il y a forcément des défauts, ça ne peut pas être parfait, mais ça permet en tout cas de motiver ses élèves et du coup ils sont excités par la formation musicale, ce qui n’était pas forcément évident à la base.

Voilà donc ça c’était un autre avantage d’une application comme ça.

 

Marie-Cécile

C’est vrai que c’est très important pour les élèves.

Moi je remarque que dans mon enseignement c’est très important qu’ils aient un retour immédiat de ce qu’ils sont en train de faire. Et ça c’est ce que j’apprécie chez EarMaster. C’est notamment pour tout ce qui est travail de l’oreille et de la voix. C’est qu’on peut voir à l’écran de manière visuelle où se trouve la voix par rapport aux notes qui sont réellement écrites sur la partition. Et ça, ça permet d’avoir un retour vraiment immédiat qu’un professeur ne peut pas donner. Humainement ce n’est pas possible ou alors il faudrait vraiment qu’on se mette à la hauteur de la voix et ce ne serait pas précis.

Donc ça je trouve que c’est vraiment un bon atout.

Et effectivement le côté un peu « gamifié », où on peut avoir des petites étoiles ou des choses comme ça, ça permet en plus d’avoir des récompenses. Et même pour ceux qui ne croient pas que c’est important, sans s’en rendre compte.

C’est pour tout type de public ? Ou est ce que c’est que pour adulte ? Est-ce que c’est pour enfant ? Ça s’adresse à qui ?

 

Quentin Nicollet

Alors c’est vrai que le graphisme n’est pas pour les tous petits enfants. Les couleurs sont dans des tons de bleu – gris. Le public principal est, on va dire, grands ados et adultes.

Après c’est bien sûr possible d’utiliser ça par des enfants de 7 ou 8 ans mais la plupart des utilisateurs sont jeunes adultes.

 

Marie-Cécile

D’accord. Et par rapport au niveau musical ? Comment ça se passe ?

 

Quentin Nicollet

Alors ça couvre les 3 cycles, principalement les cycles 1 et 2 quand même. Ce qui manque un petit peu à l’application et ce qu’on va ajouter dans les prochaines années, c’est tout ce qui est analyse musicale, tous les aspects musicologiques de la formation musicale, la dynamique.

Par contre, tout ce qui est travail de l’oreille, lecture et chant, c’est pour tous les niveaux.

On a aussi un cours de jazz qui va assez loin sur l’harmonie et donc des rythmes swings. Ça va quand même assez loin aussi.

 

Marie-Cécile

Donc il y a différents styles de musiques du coup.

 

Quentin Nicollet

Le développeur principal de l’application, qui s’appelle Hans, est un fan de jazz. Donc c’est vrai que l’application reflète un peu son goût pour le jazz. Donc il y a pas mal de chansons et d’exercices sur du jazz.

Mais on est en train de développer tout l’aspect classique, de plus en plus. On va rajouter des chorales pour faire des exercices sur des chorals de Bach par exemple.

On va rajouter le chiffrage classique aussi. On a pas mal de choses en projets pour étendre un peu la variété des exercices.

 

Marie-Cécile

Whoua ! Ce doit être du boulot !

 

Quentin Nicollet

Oui on a de grandes ambitions !

 

Marie-Cécile

Au niveau des instruments pratiqués, quels sont les différents types de réponses ? Comment on répond aux exercices ?

 

Quentin Nicollet

A la base le logiciel ne requière qu’un clavier, une souris et un micro pour les exercices de chant. On axe pas mal les exercices sur l’interactivité par le chant.

Parce que c’est ce qui permet d’internaliser un peu, surtout pour le travail de l’oreille. Parce que l’entendre c’est une chose, mais il faut aussi sentir la note. Et pour ça le chant aide vraiment à comprendre les notes, à comprendre la musique.

Donc le micro est très important.

Dans le logiciel à l’écran, on a un piano sur lequel on peut cliquer avec la souris, ou alors sur son IPad on peut toucher les notes avec le doigt, jouer les mélodies ou les intervalles, les gammes, qu’on a entendu.

Il y a aussi une guitare à l’écran. Un violon. Un violoncelle. Une mandoline. Il y a plusieurs styles d’instruments qu’on peut voir s’afficher à l’écran.

On a aussi ce qu’on appelle un clavier fonctionnel, un fichier fonction en fait. Par exemple cet intervalle-là c’était tierce majeure.

 

Marie-Cécile

D’accord, donc n’importe quel instrumentiste ou chanteur peut utiliser cette application. Ce n’est pas un instrument particulier ou une pratique particulière.

 

Quentin Nicollet

Non. Même un flûtiste peut jouer des notes devant le micro par exemple. Il y a simplement des réglages de transposition.

 

Marie-Cécile

D’accord c’est ouvert à tout le monde. Au niveau du micro, est-ce qu’il faut un micro particulier ou est-ce qu’on peut prendre le micro de son ordinateur ?

 

Quentin Nicollet

Je dirais limite la plus basse qualité sera le mieux tel que le micro intégré à la webcam dans l’ordinateur, c’est parfait.

 

Marie-Cécile

D’accord, pas besoin de matériel en particulier.

 

Quentin Nicollet

Ça réduit la bande passante donc le logiciel a moins de mal à discerner les notes. Vraiment il n’y a pas besoin d’investir dans un matériel professionnel.

 

Marie-Cécile

D’accord, donc ça c’est bon à savoir. Parce qu’effectivement on pourrait éventuellement s’acheter un bon micro pour la chose…

 

Quentin Nicollet

Non en fait il n’y a pas besoin.

 

Marie-Cécile

Et pour l’IPad ? C’est pareil ?

 

Quentin Nicollet

Il y a le micro intégré tout à fait.

 

Marie-Cécile

Est-ce qu’on y trouve des cours aussi ? Ou est-ce qu’on trouve uniquement des exercices ?

 

Quentin Nicollet

Alors il y a les 2.

  • On a un cours débutant qui est une nouveauté de la version 7.

Cours débutant qui va du niveau 0, c’est-à-dire répéter une note pour l’entendre, ensuite battre la pulsation, jusqu’à un niveau plus avancé où on commence à attaquer l’harmonie etc. Ce cours-là est un cours complet que l’on peut suivre soit pour apprendre les bases de la théorie, soit pour réviser.

  • Ensuite on a des cours séparés pour la formation de l’oreille principalement, qu’on appelle des ateliers.

Il y a 14 ateliers, tout style. Il y a 9 ateliers pour le jazz. Ce sera par exemple des ateliers de lecture de rythmes. Des ateliers de dictées rythmiques ou dictées mélodiques. Des ateliers de reconnaissances des gammes à l’oreille.

Et ensuite bien sûr la possibilité de configurer les exercices par soi-même.

 

Marie-Cécile

D’accord, donc ça c’est intéressant, ça veut dire que si l’élève remarque qu’il a besoin de travailler tel ou tel aspect il peut s’en créer des supplémentaires.

 

Quentin Nicollet

Tout à fait voilà. S’il a du mal sur certains aspects de sa formation auditive, il pourra configurer un exercice pour vraiment s’entrainer dessus à fond.

 

Marie-Cécile

Donc c’est lecture de notes mais liée à la hauteur du son. Ça c’est intéressant parce qu’il y a vraiment un travail en parallèle des deux. Lecture de rythmes, là on répond en frappant dans ses mains d’après ce que j’ai compris ?

 

Quentin Nicollet

Oui. Dans la version précédente on avait une option pour brancher un micro pour le rythme. Donc on pouvait battre des notes devant un micro. Cette option-là on l’a enlevé parce qu’on a remarqué que les utilisateurs devaient faire trop de paramétrages de micro. On est en train de la retravailler pour la rendre beaucoup plus simple à utiliser.

En ce qui concerne les exercices de chant, pour l’instant il n’y a pas besoin de configurer. On commence l’exercice et tout est automatique.

On aimerait faire ça pour les rythmes aussi. Donc pour l’instant pour les rythmes on tape sur la barre d’espace du clavier de l’ordinateur ou alors sur la souris, et sur IPad on tape sur l’écran.

 

Marie-Cécile

Très bien. Il y a aussi un travail sur les intervalles, sur les constructions harmoniques, toutes ces choses-là. Il y a aussi des parties cours et aussi une mise en pratique tout de suite.

 

Quentin Nicollet

Voilà exactement. La partie cours théorique pure est très succinct. Le logiciel n’a pas l’ambition d’apprendre la théorie ou de remplacer le formateur musical.

Le but est vraiment de mettre en pratique ses connaissances. Il y a du débrief théorique pour rappeler la théorie et ensuite c’est exercices vraiment.

C’est ça le cœur du logiciel. C’est vraiment des exercices.

 

Marie-Cécile

Oui donc ça vient vraiment compléter le professeur et non pas le remplacer. Donc merci pour nous !

C’est vrai que c’est important parce qu’au jour le jour, l’élève peut vraiment pratiquer en sachant s’il est dans la bonne direction.

Moi j’ai souvent des élèves qui me disent « Mais moi je voudrais bien travailler en dehors mais je ne sais pas si ce que je fais c’est bien, ou si c’est juste. Donc peut-être que ce que j’apprends est faux. ». Là c’est vraiment l’avantage d’avoir ce retour au quotidien et de remplacer le professeur au quotidien mais pas pour ce qui est de l’enseignement de fond.

 

Quentin Nicollet

Ça me fait plaisir que tu dises ça parce que c’est vraiment un des points sur lequel on essaie d’insister le plus possible avec EarMaster. C’est justement cette possibilité pour les élèves d’avoir même à la maison un retour sur ce qu’ils font.

 

Marie-Cécile

Du coup il y a pas mal d’écoles qui l’ont bien compris puisque visiblement on a une possibilité de s’inscrire en tant qu’école et d’y inscrire ses élèves. Donc il y a pas mal d’écoles je crois de par le monde qui sont inscrites ?

 

Quentin Nicollet

Oui tout à fait. On a un réseau d’écoles qui grandit. On propose une licence qui permet aux professeurs de prendre le contrôle du logiciel, pour faire leurs propres cours, faire leurs propres suivis.

Les élèves ensuite utilisent les exercices faits par le professeur à la maison ou à l’école, et le professeur peut suivre un peu les résultats et les progrès des élèves dans le logiciel.

Donc on a pas mal d’écoles qui utilisent ce système-là, à l’étranger et en France aussi de plus en plus. Comme le CRR de Perpignan, des écoles de Jazz comme Fleischmann, des écoles privées, des écoles de musique municipales, des universités. Un petit peu tout en fait.

 

Marie-Cécile

D’accord. D’ailleurs on n’a pas eu l’occasion d’en parler, j’ai des lecteurs un petit peu de par le monde, en francophonie bien sûr, mais au niveau de la disponibilité, c’est disponible partout ?

 

Quentin Nicollet

Via notre site oui déjà. Et ensuite on a des revendeurs, dans certains pays on a des distributeurs. Là où il y a le plus en boutique c’est en Allemagne et aux Etats-Unis puisqu’on a des distributeurs assez gros. En France les magasins dans les grandes villes, il y a par exemple chez Woodbrass à Paris, Bellecour Musiques à Lyon par exemple. Sans ça, sur notre site earmaster.com on peut le commander en ligne.

 

Marie-Cécile

On a donc la possibilité de le commander un petit peu de partout sur le site en tout cas.

 

Quentin Nicollet

Voilà tout à fait.

 

Marie-Cécile

Maintenant j’aimerais juste savoir un petit peu l’historique de cette application. D’où elle vient ? Qui l’a créé ?

 

Quentin Nicollet

C’est une petite histoire qui en dit long sur l’origine du logiciel.

Hans Lavdal Jakobsen, un danois ingénieur en robotique qui avait des ambitions de faire une carrière musicale.

Il voulait se présenter au Conservatoire de Copenhague.

A l’examen d’entrée il y avait une énorme partie sur le travail de l’oreille. Il avait une oreille qui n’était pas très affutée et il a trouvé un ami pour s’entrainer. Résultat des courses, ça a été difficile de faire des rencards et de s’entrainer suffisamment.

Il n’a pas réussi son examen. Un petit peu frustré et un petit peu triste, il s’est dit « Si j’avais eu un logiciel qui aurait pu m’entrainer comme ça, 24h/24 avant l’examen, peut-être que j’aurais eu mes chances. »

Du coup, avec ses études d’ingénierie en poche il s’est mis à programmer un petit logiciel sur DOS (c’était un vieux système, dans les années 80, en noir et blanc et très basique). Ça a fait la première version EarMaster.

Tous ses camarades qui faisaient de la musique lui ont demandé la copie du logiciel. Il s’est dit que ça intéressait du monde.

Il a contacté la société Roland qui fait des claviers etc en Scandinavie pour leur demander s’ils étaient intéressés.

Du coup ils l’ont distribué dans toute la Scandinavie. Et de fil en aiguille c’est devenu un grand succès dans les pays scandinaves, Suède, Norvège, Danemark.

Du coup il a internationalisé ça, l’a fait traduire en plusieurs langues et le succès grandit.

Et aujourd’hui on est où on est, avec vraiment pas mal de milliers d’utilisateurs, l’école Berklee à boston qui donne le logiciel à tous ses élèves, 4 000 élèves, et on continue de grandir on va dire.

 

Marie-Cécile

Oui donc tu as parlé tout à l’heure de la possibilité pour les professeurs de créer des exercices et donc d’inscrire leurs propres élèves à l’application avec des tarifs particuliers.

Est-ce que tu peux nous en dire plus par rapport à ça ?

 

Quentin Nicollet

On propose un site qui permet aux écoles d’ajouter leurs élèves et professeurs et de distribuer des licences. Ça va permettre aux élèves et aux profs d’utiliser le logiciel chez eux, sur leur ordinateur ou leur IPad. Et tout ça est à un prix assez compétitif.

Ça va de 3 euros par an et par utilisateur à 10 € par an et par utilisateur.

Il y a un tarif dégressif.

Ça va permettre aux professeurs de créer des exercices pour les élèves et de les envoyer aux élèves afin qu’ils les reçoivent chez eux, tranquillement installés ils font leurs exercices, leurs devoirs, et leurs résultats sont chargés directement dans l’ordinateur du prof qui peut faire le suivi.

  • Ça permet de travailler à distance.
  • Ça permet aux élèves de s’entrainer pendant les vacances scolaires, quand ils sont en déplacements.
  • Ça permet surtout aussi aux profs de suivre un peu ce que les élèves font chez eux, consulter leur taux de réussite etc.

 

Marie-Cécile

Donc c’est ouvert à tout type d’enseignants, du professeur particulier, indépendant, aux grosses écoles de musique.

 

Quentin Nicollet

Tout à fait.

 

Marie-Cécile

Au niveau tarif, pour un particulier ?

 

Quentin Nicollet

  • Pour un particulier, l’application sur ordinateur c’est 60€ une fois pour toute.

C’est un achat unique et on conserve la licence autant qu’on veut. On peut installer le logiciel sur 2 ordinateurs personnels.

  • On a une licence familiale pour 3 personnes qui coûte 100€.
  • La licence Cloud, pour les écoles de musique, comme je te disais, ça va de 3€ à 10€ par an par utilisateur.

Ça fait 50 centimes d’euros par mois environ pour les écoles. Ça reste quand même relativement bas.

 

Marie-Cécile

Et bien très bien ! Je pense qu’on a fait un petit peu le tour de cette merveilleuse application.

Maintenant, si des personnes sont intéressées et veulent se procurer ce logiciel ou cette application, comment elles s’y prennent ?

 

Quentin Nicollet

En allant sur https://www.earmaster.com/fr/. Le site est en 3 langues et le logiciel en de nombreuses langues. Sur l’App store aussi, en tapant EarMaster ou solfège, je crois qu’on est en première position.

 

Marie-Cécile

On travaille les mêmes exercices sur les 2 supports ?

 

Quentin Nicollet

Oui. Il y a un cours qui n’est pas inclus dans la version d’IPad pour l’instant mais qui va venir.

Mais c’est un cours pour le système d’examen canadien qui s’appelle RCM, aussi bien au Canada qu’aux Etats-Unis. Il est très bien fait mais il n’est qu’en anglais. Donc pour les utilisateurs francophones ce n’est pas une perte on va dire.

En revanche, ce qui va se passer c’est qu’on va ajouter des cours pour les cycles français, on est en train de développer ça, cycles 1, 2 et 3. Ça va faire partie des nouveautés pour les mois à venir et ce sera gratuit.

Donc on peut acheter l’application tout de suite, ça viendra ensuite en ajout.

 

Marie-Cécile

Donc adapté vraiment aux niveaux des conservatoires et écoles de musiques.

 

Quentin Nicollet

Exactement. On a une collaboratrice française qui est en train de préparer tout ça, qui est prof de formation musicale à la base. Les cours qu’il y a en ce moment ce sont des professeurs danois et américains qui les ont conçus. Qui fonctionnent très bien et qui sont bien traduits en français. Ça marche très bien. Mais c’est une traduction qui ne plait pas forcément aux plus classiques. Ça fonctionne très bien pour les gens qui étudient le jazz ou la variété, le rock. Pour les classiques purs et durs parfois ça ne plait pas trop.

C’est pour ça qu’on est en train de faire une mise à jour qui occupe vraiment la tradition française.

 

Marie-Cécile

Et pour ceux qui parlent anglais et qui le comprennent bien, ils peuvent aller sur la chaine EarMaster je suppose ?

 

Quentin Nicollet

Non c’est la chaine eartraining. On a pas mal de vidéos. Comme tu l’as dit, la plupart en anglais, et quelques-unes en français. On fait de nouvelles vidéos de temps en temps, dès qu’on peut.

On est très pris par le développement parce que notre priorité numéro 1 est d’avoir une application parfaite, donc on met vraiment toutes nos ressources dedans.

 

Marie-Cécile

Oui ça je comprends très bien, j’ai un petit peu la même priorité pour mes méthodes effectivement. C’est vrai que j’ai pas mal de lecteurs expatriés, donc en général ils parlent anglais. Donc ce n’est pas un problème pour eux je pense, pour la plupart.

Et bien merci beaucoup pour toutes ces informations et longue vie à cette application !

 

Quentin Nicollet

Merci à toi.

 

Marie-Cécile

N’hésitez pas, si vous êtes intéressés, à prendre contact ou à aller sur le site https://www.earmaster.com/fr/ et on se retrouve bientôt pour une autre interview.

Aurevoir à tous !

 

Quentin Nicollet

Au revoir !

Interview de Philippe Kaczmarek sur sa méthode de piano

J’ai eu la chance de rencontrer il y a quelques temps maintenant Philippe Kaczmarek du Tout Petit Conservatoire à Paris, au salon Musicora. Avec lui c’est le retour d’une interview comme j’aime les faire pour vous présenter un personnage, un auteur, une méthode et tout autre outil ou personne qui pourrait vous aider dans votre apprentissage. Mais ici il s’agit de vos enfants ou petits-enfants qui auraient entre 4 et 7 ans. Afin qu’ils apprennent à jouer du piano en mode ludique et créatif avant de se lancer plus en profondeur si vous remarquez des prédispositions.

Il nous présente ici sa Toute Petite Méthode de Piano, co-écrite avec Monique Gauché et éditée par ses soins. En dehors de la multitude de ses publications, vous pouvez retrouver son Tout Petit Conservatoire à Paris (19e) pour y inscrire vos enfants.

Sans plus attendre, voici plus d’explications en vidéo :

Vous pouvez retrouver la méthode de piano de Philippe Kaczmarek et toutes ses publications d’éveil musical ici :

http://www.ma-toute-petite-methode-de…

http://www.letoutpetitconservatoire.com/

 

 

Interview de Philippe Kaczmarek du Tout Petit Conservatoire

 

 

Marie-Cécile

Bonjour Philippe Kaczmarek. Je suis très contente aujourd’hui de vous interviewer pour mon blog. Vous êtes créateur d’une méthode que je connais bien puisque j’ai commencé à l’utiliser pour des petits il y a de ça 7 ou 8 ans. Et je voulais un petit peu savoir comment fonctionnait cette méthode.

Alors cette méthode s’appelle ?

 

Philippe Kaczmarek

Ma toute petite méthode de piano. Ce sont les éditions Le Tout Petit Conservatoire. Sachant que le Tout Petit Conservatoire est aussi un lieu d’enseignement où on donne des cours de piano et de musique aux tous petits. Entre 2 et 8 ans, les enfants arrivent par petit groupe de 4 maximum et 40 minutes une fois par semaine on donne des cours de musique poly instrumentale. On va de la batterie au piano, on souffle dans les trompettes, on gratte la guitare de façon à ce qu’ils aient un feeling pour chaque instrument. Qu’ils pèsent le gros trombone, ensuite le petit violon qui est fragile. Voilà. Je veux qu’ils aient une sensation, qu’ils connaissent le nom des instruments et puis surtout qu’ils manipulent de vrais instruments.

 

Marie-Cécile

D’accord. Donc vous êtes au départ vraiment centré sur l’éveil.

 

Philippe Kaczmarek

L’éveil musical surtout. Et après je passe la main aux écoles de musique ou aux conservatoires.

 

Marie-Cécile

D’accord, ok. Et donc vous avez créé une méthode pour le piano spécifiquement.

 

Philippe Kaczmarek

Absolument. J’ai rencontré une dame qui s’appelle Monique Gauché, qui a coécrit la méthode et que j’ai revu, corrigé et complété, et dans laquelle on va aborder le piano mais de façon complètement différente.

On va commencer par colorier des pianos. 3 types de pianos.

Ensuite l’enfant peut dessiner son propre piano.

On va positionner les mains pour expliquer qu’on joue avec tous les doigts.

Donc si on sait écrire les chiffres de 1 à 5 on l’écrit.

Et ensuite on commence par positionner le siège au milieu du piano, et montrer que le do en clé de sol est le même que le do en clé de fa.

Et c’est parti.

On n’a aucun blocage de lecture au niveau des deux clés. On commence directement la main droite en clé de sol, et la main gauche en clé de fa. Il n’y a pas d’à priori. Des petits morceaux, un petit peu de solfège.

Alors là un solo de 4 temps donc on voit, elle a dessiné et colorié.

Ce que je veux c’est que chaque enfant customise sa méthode et se l’approprie en la coloriant et en dessinant dedans. C’est possible.

 

Marie-Cécile

Très bien, et donc vous-même vous la pratiquez. Est-ce que vous la pratiquez avec des enfants tout seul ? Ou est-ce que vous la compliquez en groupe ?

 

Philippe Kaczmarek

Alors généralement les cours de piano se déroulent par 2. Pendant qu’il y en a un qui joue l’autre regarde ce que l’autre fait. Ce qui est très intéressant parce qu’on apprend aussi par l’erreur mais ce que je revendique c’est la faible durée de mes exercices.

Ils sont très très cours, comme ça on ne s’ennuie pas. On fait un exercice de 2 minutes. Voilà.

Il vaut mieux faire 12 exercices de 2 minutes qu’un exercice de 4, 5 ou 10 minutes. Et ce que je dis souvent à mes élèves, c’est : « Essaies de travailler 2 ou 3 minutes par jour plutôt qu’une demi-heure le samedi. » j’essaie d’inculquer le petit goût du quotidien, le travail au quotidien, ça c’est important.

 

Marie-Cécile

Quel est l’âge moyen des enfants ?

 

Philippe Kaczmarek

Elle est de 5 ou 6 ans. On peut commencer cette méthode sans connaitre le solfège, à partir de 4 ans.

Avec un parent qui n’y connait rien, il va pouvoir ouvrir la méthode, aider son enfant à placer le do, parce que tout est expliqué.

 

Marie-Cécile

Peut-on utiliser la méthode sans professeur ?

 

Philippe Kaczmarek

Il vaut mieux avoir un professeur au départ qui donne les bonnes positions, les bons gestes. C’est comme le geste du service au tennis. C’est pareil. Il faut bien placer les mains, bien au milieu, puis une fois que c’est parti je pense qu’on peut progresser.

 

Marie-Cécile

D’accord. Quel a été votre parcours ?

 

Philippe Kaczmarek

Je suis né dans une famille un petit peu de musiciens. Ma mère était pianiste et violoniste. J’ai commencé le piano à 3 ans avec l’oreille absolue. Il y a 50 ans on est allé voir des opérettes qui s’appelaient No no Nanette de La Route Fleurie, et en rentrant à la maison je monte l’escalier, je rejoue le thème principal, main droite main gauche.

Donc ma mère s’est dit « ah tient… ». Une semaine plus tard on va voir une deuxième opérette, La Route Fleurie, et je rejoue. La pompe à gauche et la mélodie à droite.

Et c’est parti comme ça. J’ai eu très vite l’oreille absolue. Ensuite j’ai fait des percussions, du tambour, pendant des années, des fanfares à Vichy, ensuite de la trompette et après j’ai eu un prix d’excellence à 16 ans en solfège.

Ensuite, pour aller vite, j’ai fait une école de commerce puisque ma mère voulait que je sois banquier. Et ensuite j’ai fait le Club Med pour apprendre à rigoler un petit coup.

Donc tout ça, ça m’a aidé.

Et quand j’ai eu des enfants, on les a mis dans un système d’éducation Montessori. Ça je ne connaissais pas du tout. Et pendant 7 ans j’ai travaillé en tant que prof de musique chez Montessori. Et là ça m’a permis de me soigner de tout soucis déficients qu’on m’a donné au conservatoire. Parce que j’étais une bête de conservatoire, donc là chez Montessori on m’a dit « C’est bien ce que tu dis Philippe mais c’est trop rapide, et il y en a trop ».

Donc pendant 7 ans je me suis soigné, j’ai ralenti, et ça m’a donné l’idée de faire des petits trucs vaporeux, où il y a peu de contenus par page, une petite activité. Et pur les tous petits qui ont 4 ans ça suffit largement. Des couleurs sympas, peu de contenus et surtout qu’ils aiment. Et les petits qui font du solfège avec moi me disent « Philippe est-ce qu’on peut faire le cahier ? » Ce n’est pas moi qui impose le solfège ou la lecture de note. Et le solfège ce peut être sympa !

Il suffit de le présenter correctement.

 

Marie-Cécile

Vous êtes-vous inspiré de la méthode Montessori ?

 

Philippe Kaczmarek

Ce que j’ai pris chez Montessori c’est le fait d’aérer, de ne pas trop donner à la fois.

Parce que je reste fidèle au conservatoire qui m’a formaté pour apprendre les notes et tout ça, donc le but quand on est dans Le Tout Petit Conservatoire pendant les cours c’est aussi d’apprendre le solfège pour arriver avec un an ou deux ans d’avance, à 6 ou 7 ans au conservatoire. Au vrai conservatoire.

Donc ce que j’ai pris chez Montessori effectivement c’est le recul.

C’est de savoir « Ne va pas trop vite, Répète, ce qu’on ne fait pas aujourd’hui on le fait demain ». Et c’est tout ce côté que je n’avais pas quand j’étais au conservatoire. Parce qu’on prend le temps et on respecte chaque petite individualité. Tout le monde est différent donc on n’a pas un programme formaté pour tout le groupe mais chacun à son rythme.

 

Marie-Cécile

La méthode existe en deux volumes. Quels sont les âges appropriés pour chacun ?

 

Philippe Kaczmarek

4 ou 5 ans, et puis le deuxième 6 ou 7 ans. En fait, ce n’est pas un problème l’âge. C’est simplement un problème de niveau. C’est-à-dire que si on est débutant, on va passer un certain temps, l’enfant de 4 ans par exemple va mettre une semaine ou deux à faire le premier exercice, l’enfant de 7 ans va le faire en une heure. Vous voyez ?

Ce qui compte c’est d’acquérir la connaissance dans de bonnes conditions, en étant heureux. Et c’est ça le but de mes méthodes. C’est que l’enfant soit heureux.

 

Marie-Cécile

D’accord. La méthode aborde-t-elle des notions de solfège ?

 

Philippe Kaczmarek

Absolument. Tout est expliqué. Ça va de pair. La langue de la musique est une langue qu’on apprend comme l’alphabet.

Donc on apprend le piano et on apprend aussi à écrire les notes, à les situer, à les lire sur la partition et on apprend les petites notations rythmiques. La ronde, où là ici, 1 – 2 – 3 – 4, ça vaut 4 temps. Tu refais le même dessin en dessous, 4 petits temps.

 

Marie-Cécile

Vous faites beaucoup dessiner les enfants…

 

Philippe Kaczmarek

Oui, pour intégrer la notion de division. Là on divise déjà la ronde en 2 blanches et puis après en 4 noires. Tout ça, ça doit passer par la parole, par l’œil et par le dessin. Parce que ça renforce et en plus ça complémente le travail de l’école. Parce que l’enfant commence par aller à l’école, ils aiment bien gratouiller, écrire, dessiner. Donc voilà. C’est un petit peu scolaire mais sans être pénible ou trop triste.

Il y a des petits éléphants à colorier… j’aime bien que l’enfant colorie sa méthode. Ce qui moi, de mon temps, était impossible. Ça ne passait pas du tout.

 

Marie-Cécile

Oui bien sûr. Les morceaux sont spécifiques à la méthode ?

 

Philippe Kaczmarek

Elle s’appelle Monique Gauché, qui a créé la méthode, et qui est venue me voir il y a 4 ou 5 ans voir même un peu plus sur Musicora avec ce projet-là. Elle avait peu de pages et moi avec mon statut d’éditeur, ma capacité à reprendre un peu le dossier et le gonfler et mettre ma patte personnelle avec la clé de fa, la clé de sol et tous les petits délires personnels, ça en fait une méthode de 106 pages.

 

Marie-Cécile

Avez-vous un site internet sur lequel on peut vous retrouver ?

 

Philippe Kaczmarek

J’ai développé 2 sites internet. Il y en a un qui s’appelle http://www.ma-toute-petite-methode-de-piano.com/, vraiment centré sur les 2 méthodes de pianos.

Et l’autre plus généraliste qui s’appelle http://www.letoutpetitconservatoire.com/, où là vous allez trouver toutes les productions.

J’en suis à 10 productions en papier, plus les fiches gratuites à colorier, c’est-à-dire que vous faites un sujet sur Mozart par exemple, vous allez sur le site, vous imprimez la fiche sur laquelle il y a une toute petite bio et des petits renseignements, et pendant que vous écoutez la musique, vous montrez l’instrument, vous pouvez demander à vos élèves de le colorier. Donc tout ça c’est gratuit sur le site.

Et j’ai pas mal de corrections aussi dans les volumes de solfège en ligne. Et puis je fais beaucoup d’animations, beaucoup de prestations en crèches. Et puis avec mon école, j’ai une centaine d’élèves. Du lundi au samedi on y va, on fait de la musique en s’amusant.

 

Marie-Cécile

Quelle est l’adresse de l’école à Paris ?

 

Philippe Kaczmarek

C’est du lundi au samedi, ce sont des cours par petit groupe, de 1 à 4 enfants, et les parents comme les enfants peuvent assister aux cours, parce que ce que je veux c’est que l’enfant soit heureux. C’est au 20 rue de Nantes, Paris 19ème.

 

Marie-Cécile

Merci beaucoup Philippe Kaczmarek pour cette interview, et longue vie en musique au Tout Petit Conservatoire.

Madame Pylinska et le secret de Chopin d’Eric-Emmanuel Schmitt

Image livre Madame Pylinska et le secret de Chopin Schmitt

Madame Pylinska et le secret de Chopin

D’Eric-Emmanuel Schmitt

Aux éditions Albin Michel

 

En cette période estivale pendant laquelle certains d’entre vous partent se reposer loin de leur quotidien, parlons lecture. Quoi de mieux pour “déconnecter” qu’un bon livre et une chaise longue à l’ombre d’un arbre ou d’un parasol ?

Lors d’une rencontre organisée à Bordeaux avec les élèves, j’ai entendu parler d’un livre qui m’a intriguée. Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde pour une de mes élèves et amie qui l’a dévoré. Enthousiasmée, elle me me l’a ensuite offert ! Ce livre m’a beaucoup plu donc voici un petit article en attendant peut-être une interview de son créateur…

Eric-Emmanuel Schmitt est l’auteur de nombreux romans, nouvelles, pièces de théâtre, et réalisateur de films français et belge depuis quelques années. Il parle ici à la première personne d’un aspect de sa vie que nous ne connaissons pas tous : sa rencontre et sa relation avec la musique et le piano.

 

Ce meuble porteur d’affect :

Le contexte de départ du livre est assez inattendu vu qu’il dépeint le piano comme un intrus et un ennemi dans sa propre maison. Mais de manière assez subtile, l’auteur exprime ici un aspect tout à fait réel de la présence du piano dans un intérieur : lourdeur, place prise qui semble énorme à un enfant, bruyant et imposant. Il n’est pas rare d’avoir tendance à personnaliser un piano. De lui donner des intentions. Sa présence n’est jamais anodine dans une maison. Même oublié dans un coin, il porte un message, une histoire familiale, un désir non assouvi ou abandonné. Selon l’histoire de chacun, il peut être enchanteur et porteur de joie comme il peut plomber littéralement l’atmosphère. Il peut d’ailleurs être l’un ou l’autre à certaines périodes de la vie.

Mais revenons au départ de ce livre. L’auteur ne porte donc pas particulièrement le piano dans son cœur, mais un jour une personne vient chez lui et joue du Chopin. Et là c’est le choc ! Il veut apprendre à jouer, et en particulier à jouer Chopin.

Passant rapidement sur ses débuts, toute l’histoire de ce livre relativement court est centré sur sa rencontre et sa formation quasiment initiatique avec une femme, professeur d’origine polonaise : madame Pylinska.

 

Un professeur bien étrange :

 

Cette femme rassemble à première vue tout ce qui peut rendre antipathique un professeur de piano pour la plupart des gens. Dès le premier contact, elle se met en colère lorsque son futur élève lui annonce vouloir travailler une heure par jour, ce qui peut sembler déjà énorme à tout un chacun.

« Vous nous faites insulte ! » Dit-Elle.

Mais il est vrai que cela rappelle beaucoup de nouveaux élèves qui voudraient jouer du grand répertoire en passant totalement sur la réalité des faits : ceux qui jouent réellement ce répertoire y passent des milliers d’heures depuis des années. Ils s’étonnent que ça ne rendent pas chez eux ce qu’ils entendent à la radio ou sur Internet.

L’engouement qui a rendu le piano fort populaire depuis le 19ème siècle a son revers de la médaille s’il n’est pas suivi d’information sur la complexité de son répertoire. C’est ce qu’essaie de faire Madame Pylinska à sa manière. Il peut être tendant d’être critique sur cette vision “traditionnelle” de la pratique de cet instrument. Il est tout à fait vrai que la pédagogie musicale a encore beaucoup de progrès à faire sur le plan de la communication, mais on ne peut pas non plus nier les grands pianistes qui en sortent. Parfois ce sont plus des « virtuoses » que des musiciens, mais ils ont accès cependant au grand répertoire. Ils sont bien en capacité de le jouer.

 

Je ne serais moi-même pas très honnête si je prétendais que tout ceci n’est pas réel. Ayant moi-même travaillé entre deux et cinq heures par jour pendant toute mon adolescence et mes jeunes années d’adulte, certains professeurs n’ont pas été tendres avec moi. J’ai déjà eu l’occasion d’en parler sur ce blog, j’ai découvert après que beaucoup de manières de faire étaient perfectibles, mais l’aurais-je découvert si je n’avais pas eu les outils pour le faire et les résistances pour me pousser à les chercher ?

 

Ce livre m’amène à une réflexion sur la pédagogie induite couramment par une foule d’œuvres littéraires et cinématographiques quand il s’agit d’art. L’éternel combat entre technique, rationnel contre artistique et ineffable. De nombreux artistes sont issus d’enfance difficile :

  • “Le piano absolu”, auto-biographie du pianiste Lang Lang
  • L’histoire de l’enfance de Wolfgang enseigné par son père Léopold Mozart
  • Le film Whiplash, parlant des début d’un batteur avec l’enseignement brutal et cruel de son professeur…
  • etc… les exemples ne manquent pas…

On peut se rebeller contre ces fortes personnalités comme un futur soldat pourrait se rebeller contre son chef quand il le pousse dans ses retranchements, mais peut-on nier les nombreux faits qui sont là ? Les personnages qui en ressortent ?… Bon évidement former un combattant est sans commune mesure avec le fait de former des musiciens. Il faut aussi savoir raison garder !

J’ai bien conscience que tout ceci va à l’encontre de la tendance actuelle rebelle d’une humanité comme en adolescence. Bienveillance, pensée positive, développement personnel et bien d’autres courants de pensée prêchent la douceur, le calme, l’empathie (moi la première). Mais ne sommes-nous pas en chemin en train de perdre une certaine puissance, une certaine ambition et de la grandeur ?

Ce livre a soulevé à nouveau pour moi plusieurs questionnements :

  • La pédagogie bienveillante c’est quoi ? Sommes-nous réellement non-violent quand nous cherchons la bienveillance à tout prix ?
  • L’intransigeance est-il un manque de bienveillance ?

Je n’en sais rien. Très sincèrement. Mais je préfère me poser la question régulièrement afin de ne pas perdre de vue que les choses sont parfois plus complexes qu’on ne le souhaiterait. Ce qui semble bon et “bien pensant” n’est pas forcément si bon qu’on voudrait le penser par facilité.

Entendons-nous bien ! Je ne dis pas qu’il faut revenir aux méthodes violentes d’apprentissage. Clairement pour moi c’est un non franc et massif. Mais je pense que l’on doit créer petit à petit, d’ajustement en ajustement une nouvelle manière d’enseigner sans renier nos racines et les manières de faire des anciens. Et retrouver aussi plus de spontanéité dans l’enseignement.

Je ne peux m’empêcher de respecter cette femme qui finalement, sous ses apparence de professeur classique revêche et perchée, a la bienveillance d’éveiller son élève non à une technique pianistique vide de sens dont il ne fera rien pour sa propre vie, mais plutôt à son propre talent à travers sa pratique du piano et de Chopin. Comme elle le dit : “trouve la porte…”

Elle est plus qu’un professeur de piano formé à la musicologie, la physiologie, la psychologie, la pédagogie et autres mots en “…gie”. Elle est ce qu’on appelle un maître, un mentor comme disent les anglo-saxons.

 

Piano et sensualité retrouvée :

 

Un élément très important à mes yeux dans l’apprentissage du piano est abordé dans ce livre : la sensualité, le développement à l’extrême du sens du touché, l’ouverture à la conscience corporelle et son rapport à la nature. Ça ne pouvait d’ailleurs en être autrement, cet ouvrage étant un véritable hymne à la mémoire de Chopin.

Quoi de plus sensuelle que la musique de ce compositeur !

Chopin au piano

Je ne vais pas aller dans les détails ici afin ne pas vous couper le plaisir de la découverte lors de votre lecture. Je vous laisse découvrir au fil du livre les petits exercices qui ne manqueront pas de vous surprendre… à vous de les tester s’ils vous parlent 🙂 .

 

Citations à méditer :

Je vous laisse maintenant avec quelques citations significatives de ce beau livre :

“Virtuoses…

– ce n’est pas un gros mot !

– je vous apprends à devenir un artiste, pas un Narcisse. Dirigez la lumière sur la musique et non sur vous.”

“C’est la musique qui impose sa réalité à l’esprit. Elle demeure pure. Elle n’exprime pas des sentiments, elle les provoque…

Elle brandit les partitions.

-Ses titres, quasi mathématiques, s’avèrent plus honnêtes et plus mystérieux : ils ne nomment pas les émotions, celle-ci naîtront de la musique. Si la musique narre, à quoi bon la musique ? Abordant l’ineffable, elle ne dit que ce qui n’a jamais été dit nulle part.”

“Madame Pylinska, quel est le secret de Chopin ?

– II y a des secrets qu’il ne faut pas percer mais fréquenter : leur compagnie vous rend meilleur.”

“La mélodie doit se dérouler en ruban. Oui, je sais, un piano se résume à des marteaux en feutre qui tapent les cordes, c’est d’abord un instrument à percussion, mais n’en profitez pas pour le convertir en tambour ! Vous frappez, vous ne chantez pas. Chez vous, les coups succèdent aux coups.”

Après quoi elle fait écouter à son élève la Callas. Ce n’est pas sans me rappeler le livre d’Alexandre Taraud « Montrez-moi vos mains » dans lequel il exprime une fascination tout aussi forte pour les chanteurs qui soutiennent particulièrement les sons d’une ligne mélodique et qui ont une forte présence scénique (Barbara)…

“Écris ! Écris toujours en pensant à ce que t’as appris Chopin. Écris piano fermé, ne haranguent pas les foules. Ne parle qu’à moi, qu’à lui, qu’à elle. Demeure dans l’intime. Ne dépasse pas le cercle d’amis. Un créateur ne compose pas pour la masse, il s’adresse à un individu… Imite-le. N’écris pas en faisant du bruit, s’il te plaît, plutôt en faisant du silence. Concentre celui que tu vises, invite le à rentrer dans la nuance. Les plus beaux sons d’un texte ne sont pas les plus puissants, mais les plus doux.”

Parallèle entre l’écrivain et le compositeur. A l’instar de Taraud qui fait régulièrement le parallèle avec le théâtre. J’ai retrouvé également ce parallèle dans le livre “Mémoire d’empreinte” de Brigitte Bouthinon-Dumas.

“J’ose m’estimer bon professeur pour la raison que vous dites : je ne manque pas d’intransigeance.”

Si cet article vous a plu, partagez-le à vos amis. Merci à vous de m’avoir lu jusqu’ici.

Bonne lecture !