Enseigner le piano aujourd’hui

 

Enseigner le piano aujourd'hui

Un livre de Stéphane Gendron, aux éditions Delatour France.

 

Ce livre est le témoignage d’un professeur de piano dans une école de musique. Une sorte d’état des lieux de l’enseignement tel qu’il est pratiqué dans ce type de structures, un guide pour les parents, des propositions et pistes pour les enseignants, des explications franches et claires pour les élus et tous les acteurs plus ou moins proches de la pédagogie musicale en France.

L’auteur fait preuve dans ce livre d’un grand esprit d’ouverture, une volonté de décloisonner l’enseignement musical, avec même quelques pointes d’humour. J’ai souris et même rit plusieurs fois au cours de sa lecture.

La bibliographie de l’auteur révèle qu’il ne s’est pas intéressé qu’à la musique et à son enseignement. Voilà qui me plaît particulièrement ! Comment peut-on être créatif et dispenser un enseignement riche et ouvert, sans avoir été sensibilisés à d’autres aspects du monde moderne dans lequel nous vivons ainsi qu’à ses racines ? De nombreux grands musiciens et pédagogues on eux-même souvent revendiqué leurs besoins élargir leur champ d’horizon sur d’autres intérêts.

On ressent dans ce livre que monsieur Stéphane Gendron a le souci d’intégrer l’enseignement musical dans le monde d’aujourd’hui, sans sacrifier la qualité. Son titre le démontre. Il est pour moi indispensable d’avoir cette démarche à l’heure actuelle, si nous ne voulons pas scier la branche sur laquelle nous sommes assis et tuer dans l’œuf la musique comme source d’ouverture et de joie pour les futurs générations. Nous ne savons ce que le monde sera dans 20 ans, mais il est certain qu’il aura énormément changé. À nous de nous adapter, et vite ! Cessons d’avoir des regrets, tournons-nous vers l’avenir, car il nous réserve certainement de bien belles surprises.

Les chapitres un à cinq sont ceux qu’il considèrent comme présentant les fondamentaux. Le chapitre six est consacré aux conditions du face-à-face du cours de piano. Les chapitres sept à dix sont ce qu’il considère comme les principes secondaires.

Dans le résumé qui suit, mes propres remarques sont en italique.

1- piano d’hier et d’aujourd’hui :

Ce premier chapitre est une présentation globale du piano en tant qu’instrument. On y retrouve son histoire depuis ses origines au temps des clavicordes. Plusieurs aspects y sont développés, comme la difficulté de le classer au sein de seule et unique famille d’instrument. Il apparaît tour à tour dans la famille des cordes, des percussions et des claviers. On pourrait donc résumer en disant qu’il s’agit d’un instrument à cordes frappées actionné par un clavier. Ce classement a d’ailleurs souvent été controversé au fil des époques et en fonction des pianistes ou compositeurs, le mécanisme étant caché et comportant des éléments appartenant à ces trois familles.

L’histoire est également raconté sous l’angle de son image sociale au fil des siècles. Il est expliqué en finesse ce qui le rend si attrayant et soit disant d’abord “facile”. L’image du piano au cours des siècles d’évolution de notre société. Suis une petite histoire de sa popularité du début du 19ème jusqu’à aujourd’hui. Et bien sûr, Stéphane Gendron se devait de terminer ce tour d’horizon de l’instrument par l’avènement des pianos numériques. Il pèse le pour et le contre d’un choix préférant le numérique à l’acoustique, les avantages et les inconvénients pour les débutants sur le plan financier à plus ou moins long terme, mais surtout pour un apprentissage de qualité.

 

2- Les motivations :

D’où vient le désir, la motivation d’apprendre le piano ? Plusieurs aspects rentrent bien sûr en ligne de compte, comme les conditions de la découverte de cet instrument, les dimensions psychologiques d’une attirance, le contexte familial. Il est rappelé que sans instrument, la motivation retombe très vite. La diversité des contextes (films, concerts, copains…) dans lesquels on peut rencontrer l’instrument est primordiale. L’identification à un camarade jouant de cet instrument est souvent source de désir à un âge où la personnalité se construit à travers l’entourage. Les parents, qu’ils l’admettent ou non, consciemment ou inconsciemment, sont de toute façon déterminants dans ce choix. Il peut même arriver que l’appel de la musique saute des générations. Certaines personnes donnent également à la musique des vertus apaisantes et quasiment thérapeutique. Et enfin, la dimension de dépassement, d’accomplissement et de défi chez l’adulte débutant est courante, avec la sensation de prendre sa vie en main et le besoin de renouveau de la maturité.

 

3-Le répertoire et l’écoute :

Il est rappelé dans ce chapitre, l’immensité du répertoire du piano. L’avènement d’Internet donne accès direct à cette abondance au travers de vidéos et de sites de partitions, avec son lot d’avantages et d’inconvénients. Il est exposé ce que cela change dans le rapport à l’œuvre chez les élèves, et comment nous pouvons le guider. Le fait de pouvoir voir et revoir autant de fois que l’on veut des interprétations peut faire croire qu’il suffit de reproduire des gestes pour jouer, oubliant complètement l’aspect d’analyse et de réflexion. Il est ensuite expliqué les limites de la transmission orale (virtuelle ou réelle) dans l’apprentissage de la musique dite savante (ou complexe) et qui utilise le support écrit.

Je vois effectivement de mon côté beaucoup de personnes persuadées, ayant une bonne mémoire visuelle, de pouvoir apprendre des pièces de grand répertoire comme des nocturnes de Chopin, voir La Campanella de Liszt, uniquement par tutoriel… Ils n’ont tout simplement pas la moindre idée de la complexité que peut atteindre ce type d’œuvre.

Il est expliqué qu’il existe deux conceptions de la musique peu compatibles :

  • La musique qui se transmet oralement, avec des possibilités de modification
  • La musique écrite, fixée sur le papier pour être jouée comme l’auteur l’a souhaité. Il s’agit ici d’un patrimoine musical.

Les conservatoires sont, comme leur nom l’indique des lieux de conservation de ce patrimoine. Ils ne se cantonnent pas cependant à la musique dite classique, puisse que le jazz (devenu très complexe également) y tient une place à part entière dans la plupart des cas.

Mais le contexte et le public des écoles de musique est très différent. Les enseignants y viennent parfois d’horizons très divers. Le répertoire qu’on y travaille peut être plus éclectique, ce qui engendre une réciprocité élève-professeur plus forte. Il est important dans ce cadre, pour Stéphane Gendron, d’accompagner les élèves dans leur choix de répertoire en respectant leur goûts musicaux, leur culture et leur sensibilité. Attention cependant de ne pas partir du principe qu’ils sont tous pareils et qu’ils ne peuvent pas s’ouvrir à un répertoire qui leur est inconnu. Tout est question d’équilibre. Nous avons la chance de disposer d’un instrument au répertoire si varié, qu’il permet énormément de parcours différents.

Il serait temps en tout cas pour l’auteur de lâcher la croyance qu’il faille obligatoirement passer par une formation “classique” pour devenir un musicien accompli.

 

4-Les méthodes la méthode :

Dans ce chapitre on trouvera une rapide histoire des méthodes d’enseignement du piano à partir du 18ème siècle. Elles reflètent souvent les idées de leur époque. Les méthodes actives, apparues au début du 20ème siècle n’échappent pas à cette remarque, reflétant la libération face à une éducation jugée trop stricte. Elles effectuent un tournant fondamental dans les manières d’enseigner. L’enfant y est encouragé à devenir plus actif.

Les plus connues sont énumérés et expliquées brièvement une par une. On y trouvera notamment :

  • La méthode Dalcroze, qui met l’accent sur la conscience du corps.
  • La pédagogie Kodaly, essentiellement vocale.
  • La méthode Orff, qui met l’accent sur le développement de l’enfant, et non son seul savoir.
  • La méthode Willems, qui travaille par imprégnation, afin d’apprendre de façon naturelle, chez l’adulte comme chez l’enfant.
  • La méthode Martenot, fondée sur le principe que tout ce passe par le corps est fortement ancrée. On y part de l’expérience corporelle, au travers d’exercices très progressif.
  • La pédagogie Marie Jaëll, fondée sur la motricité, le sensoriel et la conscience. Un grand travail sur la main et le geste (extrêmement intéressant pour les pianistes en difficultés physiques !)
  • La méthode Vivaldi, inspirée de la méthode Kodaly, et prenant comme support un répertoire traditionnel, folklorique.

Cet exposé est intéressant pour les professeurs de piano qui en entendent souvent parler sans véritablement avoir les ressources temporelles et financière leur permettant d’apprendre véritablement à quoi cela correspond. Libre à chacun après de se pencher plus profondément sur l’une ou l’autre. Plusieurs de ces méthodes sont toujours pratiquées et transmises par des fondations ou associations. Il s’agit ci-dessus de résumés très condensés, donc forcément incomplets. Si vous pratiquez ces méthodes, je serais ravie que vous nous en parliez plus précisément dans les commentaires ci-dessous.

Je vous encourage à aller lire des ouvrages ou rencontrer des personnes spécialisées dans ces différentes approches, qui sont toujours enrichissantes si on ne les considèrent pas comme des vérités uniques et absolues…

Pour Stéphane Gendron, il n’y a pas de “bonnes” ou “mauvaises” méthodes (manuels) en soi. Il explique piocher en fonction de l’élève dans différents ouvrages, afin d’offrir un maximum de diversité dans le répertoire, et de s’adapter à son évolution. Il faut savoir sortir de la méthode habituelle avec discernement.

Et comme avec le mot méthode, on peut aussi évoquer la façon d’enseigner, l’auteur explique ensuite son évolution et un bref condensé de ce qu’il pratique durant ses cours, en faisant la synthèse de ce qu’il a appris de différentes méthodes spécifiques énumérées plus haut.

Ce chapitre ce termine en rappelant que tout cela n’est rien sans la relation humaine qui se tisse entre l’élève et son professeur. La relation à l’instrument est complètement liée à la qualité de l’échange avec celui qui le représente, ainsi qu’à l’image qu’il donne de sa propre pratique de musicien. Il semble important de développer l’autonomie face à l’œuvre. Et l’auteur préfère partir des difficultés du morceau pour travailler la technique.

 

5-Le langage est l’écriture de la musique :

Il y est exposé la difficulté de la notation musicale, les questions que cela soulèvent parfois et les difficultés rencontrés souvent chez les élèves. Les signes, les symboles, les mots en langues étrangères ou éloignés du sens familiers sont autant d’écueils sur lesquels les apprentis pianistes peuvent buter ou même faire perdurer longtemps un incompréhension.

Beaucoup de choses très intéressantes dans ce chapitre, sur l’histoire de la notation. Il m’est arrivé de tomber sur des petites perles que je ne connaissais pas encore ! Merci à l’auteur de n’être pas parti du principe que nous connaissions forcément tout.

Ce chapitre fini par quelques perles d’élèves qu’un professeur peut entendre parfois.

L’auteur avait noté sur des petits carnets tout long de sa vie d’enseignant un certain nombre de perles d’élèves. Ils en retranscrit quelques unes tout au long du livre et certaines sont particulièrement savoureuses et résonnent familièrement à l’oreille du professeur de piano que je suis. J’avoue me sentir moins seul ! Sourire

 

6-Cours particuliers et pratiques collectives :

Vient ensuite un état des lieux et un guide de ce qui se pratique comme type de cours dans les écoles de musique et conservatoire. Le cours particulier, hérité de l’enseignement réservé aux classes dominantes du 19ème siécle, est encore la norme dans beaucoup d’écoles. Mais étant aussi héritières d’une tradition de musique collective dans les régions, un compromis y est souvent cherché en essayant de s’adapter aussi au rythme de vie des familles.

On trouve souvent la triade :

  1. formation musicale (solfège)
  2. cours d’instrument
  3. pratique collective

 

Pratique collective

 

La principale difficulté est d’insérer tout ceci dans les plannings souvent bien chargés de nos petits. Nous constatons souvent de la fatigue (la réforme à 4 jours et demi pour moi n’y a pas changé grand chose…), et une difficulté à travailler régulièrement l’instrument. De plus la multiplication des offres d’activité extra-scolaires font souvent assimiler la musique au mode de fonctionnement d’un club sportif (attention, aucun jugement de valeur ici, juste un constat de fonctionnement) ou d’un TAP origami. Il est commun de déduire que, comme ces activités, on peut pratiquer la musique uniquement pendant le cours. Ce qui est pas possible. Le cours a une fonction d’accompagnement et de suivi de la pratique à domicile.

Je déplore régulièrement me trouver dans la position d’un répétiteur et non d’un professeur… à faire travailler l’élève en cours. Je ne cesse de répéter que le cours n’est pas la pratique. Mais ceci n’est pas nouveau, je me souviens de conversations à ce sujet entre mon professeur et ma mère lorsque j’étais enfant.

Vient ensuite une énumération de différentes possibilités de sortir de l’unique solution du cours particulier. Beaucoup de formules intéressantes, comme la pédagogie de groupe, les cours chevauchés, l’invitation d’autres instrumentistes pendant une partie du cours de piano pour de la musique de chambre ou de l’accompagnement ou les classes croisées. Elles permettent de consacrer plus de temps à l’élève, de décloisonner la dualité professeur/élève, et de redonner un nouveau souffle en cas de motivation défaillante.

Je suis tout à fait ouverte à ces propositions. Mais pour moi il faut cependant que le professeur soit formé et s’organise pour ce type de cours. Sinon cela risque fort de tourner à la pagaille…Un livre intéressant à ce sujet, mais épuisé : Une pratique de la pédagogie de groupe dans l’enseignement instrumental, d’Arlette Biget aux éditions Cité de la musique 2001. Je ferai un article sur ce livre dans les mois qui viennent.

Stéphane Gendron parle ensuite du rôle du professeur et quelles sont les limites de son enseignement. Il propose ensuite un petit code de déontologie en dix points, particulièrement intéressant, sorte de point de départ de réflexion, devant s’adapter au contexte professionnel et d’exercice de chacun, et être pouvant être corrigé et aménagé en fonction.

 

7-La créativité :

Dans ce chapitre, il est question d’expérimentation pour le professeur et pour les élèves. Pour lui les enseignants sont des expérimentateurs. Et l’auteur regrette qu’on n’ai pas suffisamment d’opportunité pour partager les expériences de chacun.

Je déplore également cela. Voilà pourquoi, ayant cherché sans succès un lieu d’échange, j’ai créé le groupe Facebook dont je rêvais. Ce groupe s’appelle L’art d’enseigner le piano, et est composé actuellement de 450 membres francophones de part le monde et issus de formation et de structures diverses (indépendants, écoles municipales, conservatoires régionaux, départementaux et communaux, pôles sup, associations etc…). Si vous êtes enseignant du piano, vous y êtes le bienvenue !

Il est important de développer la créativité et l’imagination en premier lieu chez les petits. Puis encourager l’invention chez les plus grand. Et enfin respecter ce temps de l’adolescence où le rapport à la norme se modifie. Il est alors intéressant de développer la créativité par d’autres formes qui peut être la composition par exemple.

L’auteur termine ce chapitre par une phrase qui m’a marquée, car elle va à l’encontre des idées communes à ce sujet : “toute incitation à la créativité rend les enfants réceptifs aux créations venues de l’extérieur”. Il cite ensuite Célestin Freinet : “Ce n’est que lorsqu’on a produit soi-même qu’on est en mesure de s’enrichir de l’expérience des autres”.

 

8-La pratique à domicile :

Tout au long de son livre, et plus particulièrement dans le ce chapitre, l’auteur insiste sur l’importance de la relation avec les parents d’élèves. L’information et le rappel régulier des conditions d’un bon apprentissage est essentiel. En tant que professeur, nous sommes régulièrement confrontés à des familles qui ne savent pas que la musique se pratique en dehors des cours et non pendant le cours. Il est donc essentiel de les en informer, et de le rappeler régulièrement, dans cette société tournée vers le loisir. Aider les familles à s’organiser pour faire une place à cette activité sur le plan temporel et spatiale au domicile de l’élève et créer ainsi les conditions nécessaires.

Un petit passage dans ce chapitre particulièrement savoureux pour un professeur, qui raconte quelques excuses données par les élèves pour leur manque de travail. J’avoue que cela me rappelle beaucoup de choses ! et j’ai bien ri.

Sont énumérés ensuite des pistes de méthode travail qui peut être proposé aux élèves. Il est expliqué que les bonnes pratiques ne sont pas les plus naturelles, comme le fait de travailler par fragments en veillant au lien avec la suite, de prendre en priorité les passages délicats et de prendre un tempo adapté, plutôt lent… Il est rappelé également, que le travail les mains séparées n’est pas la plus pertinente (mais en l’absence d’une bonne lecture, il est parfois difficile de s’en passer…) Il s’agit d’une période transitoire, pour travailler au plus vite sur l’équilibre, l’association et l’intégration des deux mains (sur ce point, l’auteur rejoint la vision de Brigitte Bouthinon-Dumas dans son livre Mémoire d’empreintes). Il est aussi rappelé les difficultés que peuvent poser le “par cœur” trop rapide dans l’apprentissage d’un morceau, encore et toujours en lien avec des lacunes de lecture et de déchiffrage.

 

9-Les auditions concerts et examens :

Pour ce chapitre, il est question de sortir le pianiste de son isolement naturel. Il est expliqué que  les auditions et concerts permettent de donner du sens à la pratique individuelle. Le rôle du professeur est ici essentiel pour préparer à laisser chanter, respirer la musique malgré l’appréhension, sans foncer tête baissé en « exécutant » le discourt. La confiance en soi au cours de ces événements se construit petit à petit avec son soutien. Mais l’élève s’engage également à tenir sa part du contrat… C’est également un moment de partage, parfois fort en émotion, où l’on doit rester attentif au besoin de distance ou de proximité de chaque enfant vis à vis de l’enseignant.

Il est rappelé qu’il est important de multiplier les occasions de jouer en public. On peut cependant commencer doucement à la maison devant quelques personnes, puis devant plus de monde en quatre mains ou avec un autre instrument.

 

Audition à Quatre-Mains

 

L’enfant peut découvrir lors de ces auditions deux choses que l’auteur considère comme essentielle :

  • l’émotion provoquée dans le public n’est pas une question de perfection.
  • Il existe de multiples façons d’écouter, regarder, ressentir.

Il est également rare à notre époque d’assister à la musique en direct. Il s’agit donc d’une expérience essentielle pour beaucoup.

Là encore, sont énumérées quelques formules intéressantes et déclinaison d’événements au sein d’une école de musique :

  • Les auditions/concerts au domicile des familles
  • Les auditions/concerts pour les établissements sociaux et médico-sociaux
  • Les auditions/concerts dans les établissements scolaires.
  • Les projets collaboratifs entre différents acteurs culturels d’un territoire donné, pour mixer orchestres, chant, danse, théâtre, ou autres…

Il est également expliqué le système des cycles, adopté par quasiment toutes les écoles de musique à l’heure actuelle. Puis pour terminer, la situation de l’évaluation ou examen ainsi que les évolutions notables dans les écoles de musique.

 

10-Plaidoyer pour une formation ouverte :

Comment créer des musiciens qui ne soit pas que des musiciens techniciens, mais des personnes ouvertes et développant leur intelligence musicale. Les parents sont les premiers éducateurs  culturels de leurs enfants avec le support des contes et les chansons enfantines. Puis, la multitude de dessins animés et de disques offre une possibilité d’enrichissement considérablement de l’environnement musical. Encore faut-il bien sûr que l’enfant y soit exposé dans son milieu familial. Il est intéressant pour l’enseignant de partir du « répertoire » qu’ils ont intégré. Et en faisant le lien avec le piano, ils comprennent d’eux même que la musique est indissociable des autres formes d’art comme le théâtre, la poésie, la danse, le cinéma.

Les grands compositeurs ont souvent eux-même exprimé le besoin de « sortir » de la musique. Schumann disait : »Reposez-vous souvent de vos études de piano par la lecture de bons poètes. Promenez-vous dans la campagne, dans les champs ». D’autres ont même ouvertement revendiqué leurs source d’inspiration visuelle ou littéraire. Ne ratons jamais une occasion de faire référence au cinéma que les élèves apprécient en général beaucoup, et qui offre beaucoup de possibilité. Puis plus tard, il est intéressant de montrer les analogies entre le style musical d’une époque et son style architectural, ou pictural. Ils seront plus en capacité d’appréhender les différents courants esthétiques dont sont issus chaque oeuvre.

Le répertoire extrêmement varié que nous offre le piano nous permet d’ouvrir de multiples passerelles vers les musiques d’Extrême-Orient, d’Asie, des pays de l’Est, américaines, celtiques, etc… Développer l’intérêt pour les différents styles comme le jazz, le blues, le ragtime , les musiques latines et cubaines (salsa, bossa nova, mambo, cha-cha-cha…) et démontrer leur l’influence sur les compositeurs, permet de faire de nos élèves des musiciens complets et ouverts aux cultures mondiales liées au piano.

Enfin, l’instrument pratiqué peut-être aussi l’occasion pour eux de découvrir d’autres métiers de la musique, comme la facture de piano, les accordeurs, les métiers du son. Mais n’oublions pas également les professions alliant musique et soin médicaux, ou psychologique. C’est un souhait cher à Stéphane Gendron que les écoles de musique établissent des passerelles régulières vers ces métiers parfois méconnus. 

Cela permet en outre d’ouvrir l’école de musique sur les différents structures qui existent dans une commune, notamment créer du lien avec l’éducation nationale, les écoles, associations diverses, artisanat musical, centres médicaux et sociaux. Tout ceci n’est pas nouveau, mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. Il nous faut nous ouvrir à une conception ouverte et ambitieuse de la musique !

 

 

En conclusion je dirais que cet ouvrage est extrêmement intéressant pour tous les acteurs de l’enseignement instrumental, pianistiques ou autre. Il fait un bilan, une sorte de carte générale de ce qui peut se faire. C’est une mine d’idées pédagogiques. Et une source d’information également pour les parents et les élèves adultes.

 

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Les accords de trois sons expliqués au piano

Que vous ayez toujours rêvé de trouver facilement des accords donnés pour accompagner une chanson, improviser ou composer, je vous montre dans cette vidéo comment vous y prendre pour vous entraîner. Il s’agit plus précisément des accords de trois sons en position fondamentale et serrée.

 

Bientôt la transcription texte ici…

Image non cliquable.

accords de trois sons au piano

La base pour construire les accords au piano : Les intervalles (débutant)

Il est intéressant de savoir nommer une intervalle dans toute pratique musicale. Tout ce qui est nommé est plus facile à concevoir et à percevoir. Si vous voulez improviser ou même composer, vous allez avoir besoin de connaitre les accords (l’harmonie). Or un accord est l’association et la superposition de plusieurs intervalles. Si vous voulez travailler votre oreille, vous allez également avoir besoin de travailler chaque intervalle, car toute mélodie est la succession de plusieurs intervalles mélodiques. Pour la lecture, cette notion est également importante, car pour être un bon lecteur et lire rapidement on a besoin d’une lecture relative entre les notes.

 

Mais qu’est-ce qu’une intervalle ?

C’est une mesure de distance entre deux notes. Et on la détermine en comptant le nombre de nom de notes (do ré mi…) en partant de l’une pour aller à l’autre par mouvement conjoints (comme quand on récite l’ordre des notes). Ce sont les « briques », les matériaux de base qui construisent les accords en musique.

Voici leur différents nom à connaitre pour les plus courantes :

La seconde, la tierce, la carte, la quinte, la sixte, la septième, l’octave…

Voici maintenant en détail les noms des différentes intervalles qui existent avec un exemple d’intervalle ascendante (montante):

Rappel : Deux notes conjointes, sont deux notes qui se touchent dans l’ordre des notes, comme sol-la. Deux notes disjointes sont deux notes éloignées d’au moins une note comme si-mi.

  • La seconde correspond à deux notes conjointes, comme par exemple ré et mi en montant : je compte ré et mi, ça fait 2.
  • La tierce correspond à trois notes. Elle saute donc par-dessus une note, comme par exemple mi-sol en montant : je compte mi, fa, sol, ça fait 3.
  • La quarte correspond à quatre notes. Elle saute par-dessus deux notes, comme fa-si en montant : je compte fa, sol, la, si, ça fait 4.
  • La quinte correspond à cinq notes. Elle saute par-dessus trois notes, comme ré-la en montant : compte ré, mi, fa, sol, ça fait 5
  • La sixte correspond à six notes. Elle saute par-dessus quatre notes, comme
  • La septième correspond à sept notes. Elle saute par-dessus cinq notes, comme
  • L’octave correspond à huit notes. Elle comporte comme point de départ et d’arrivée deux notes de même nom. Comme par exemple fa-fa à l’étage plus aiguë (à droite sur le piano).

La neuvième et la dixième existent, mais il n’est pas utile de s’y pencher pour le moment si vous n’êtes pas à l’aise avec celles ci-dessus.

 

Ce qu'il faut savoir avant de démarrer les accords

Image de Marc Biarnès

Passons maintenant à la pratique !

Comment trouver au piano l’intervalle entre deux notes :

Vous devez prendre le nom de la note de départ, la compter comme numéro 1, et énumérer le nom des notes (sans vous tromper de sens dans l’ordre des notes) jusqu’à arriver à votre deuxième note que vous compterez également. Par exemple : Fa-Si

 

Quarte au piano

Fa est le 1

Sol le 2

La le 3

si le 4

Vous avez compté quatre notes, comprenant la note de départ et la note d’arrivée. Il s’agit donc d’une quarte.

 

Des intervalles faciles à repérer au piano :

 

La seconde : c’est deux touches l’une à côté de l’autre.

Seconde au piano

 

L’octave : elle est composée de deux notes de même emplacement à un “étage” de différence sur le clavier comme dans l’exemple ci-dessous, fa-fa.

Octave au piano

La tierce : deux notes séparées d’une seule note.

Tierce au piano

Si vous ne savez pas encore lire les notes sur une partition, passez directement au chapitre “Comment repérer les intervalles à l’oreille”.

 

Comment repérer sur une partition les intervalles sans compter:

Il est intéressant de se pencher sur le graphisme de chaque intervalle dans les partitions. Cela va vous permettre de déchiffrer avec beaucoup plus de rapidité et de réflexes.

Rappel de vocabulaire : Je vais parler ci-dessous de deux “familles” de notes. Il y a les notes positionnées sur les lignes,

Notes sur les lignes

et les notes positionnées sur les interlignes.

Notes sur les interlignes

 

Graphisme des intervalles :

Les plus faciles à repérer :

Pour la seconde harmonique (les deux notes sont jouées en même temps), elle est assez facile à repérer, car elle a une petite particularité. En effet les deux têtes de notes sont collées les unes aux autres, et décalées au niveau vertical, bien quels soit accrochées toutes les deux à la même hampe (barre verticale indiquant le rythme de la note). Elle ressemble à deux cerises collées l’une à l’autre de manière décalée. Il s’agit donc d’une note sur une ligne et d’une autre sur un interligne.

Seconde harmonique

Pour la tierce il s’agira de deux notes positionnées sur une ligne ou sur des interlignes.

Tierce harmonique

Pour la quinte, c’est exactement comme la tierce, mais en sautant un étage, donc soit une ligne, soit une interligne.

Quinte harmonique

 

La septième, c’est exactement comme la tierce et la quinte, mais en sautant deux étages, donc soit deux lignes, soit deux interlignes :

Septième harmonique

 

Plus difficile à repérer :

 

Ce sont toutes des intervalles qui ont une note sur une ligne et l’autre sur une interligne.

Pour la quarte, vous aurez toujours une ligne en entre les deux notes.Quarte harmonique

 

Pour la sixte, vous aurez toujours deux lignes entre les deux notes.La sixte

 

Pour l’octave, vous aurez toujours trois lignes entre les deux notes.

L'octave

 

Remarque pour les intervalles dans une mélodie :

Vous prenez la première note, et vous procéder de la même manière que précédemment, mais en étant bien vigilant de ne pas vous tromper de direction dans l’ordre des notes. Par exemple do-fa en montant ne donnera pas la même intervalle que do-fa en descendant…

dans le premier cas c’est une quarte :

Intervalle médodique

et dans le second une sixte…

Intervalle mélodique descendante

Petit exercice pratique :

Entrainez-vous à nommer les intervalles entre chaque note ci-dessous. Par exemple pour commencer, do-mi tierce, mi-sol tierce, sol-do quarte etc…

Exercice trouver intervalles

 

 

Comment repérer à l’oreille les intervalles :

Il s’agit d’un travail de longue haleine, mais il vaut le coup, car il vous permettra au bout du chemin d’entendre dans votre tête une mélodie que vous lisez sur une partition. C’est le travail à faire pour toute personne qui n’a pas l’oreille absolue, mais qui veut arriver à entendre une musique et la reproduire sur le piano, ou lire une partition et l’entendre dans sa tête. Je suis dans ce cas maintenant parce que j’ai travaillé mon oreille par des exercices systématiques sur les intervalles.

Je ne vais pas rentrer trop dans les détails ici, mais je vous indique une des manières les plus efficaces pour commencer ce travail. Il y a bien sûr beaucoup d’autres méthodes possibles pour approfondir ensuite.

Pour apprendre comment sonne une intervalle, le premier pas est de partir de votre propre mémoire. Pour chaque intervalle, il faut associer une mélodie qui commence par cette même intervalle et que vous connaissez sur le bout de vos oreilles. Vous devez pouvoir retrouver cette mélodie n’importe où, n’importe quand. Je parle de thèmes de chansons très très connus comme l’hymne national de votre pays, Happy Birthday to you, un chant de noël ou quelque chose de très simple comme une berceuse de votre enfance. Du moment que pour vous c’est possible de vous la rappeler instantanément.

Voici quelques exemples dans lesquels je souligne les deux syllabes de l’intervalle recherchée :

  • Au clair de la lune pour la seconde,
  • A la clai-re fontaine pour la tierce,
  • Allons en-fants de la patrie, pour la quarte,

 

Mais il peut aussi s’agir du thème de Star Wars, si vous avez adoré cette série de film, et dont le thème commence par une quinte (pardon pour ceux qui ne lisent pas la musique… Yeux roulants) :

Quinte Star Wars

 

Ou, toujours pour la quinte, de “Ah vous dirais-je maman” de Mozart :

Quinte Mozart

 

Un repère très simple à retenir, si vous y êtes habitué, sont les différentes sirènes qui ponctuent notre paysage sonore urbain… Même si elles augurent souvent des événements bien malheureux, elles sont bien pratiques pour notre travail ici.

 

Un petit tour des sirènes d’urgence françaises :

Remarque rigolote : elles sont toutes construites sur le la du diapason ! Ecoutez !

Les pompiers pour la seconde, soit la-si :

 

Ici la sirène de police pour la quarteRire La-ré :

 

Ou le SAMU pour la quinte, la-mi :

 

Et pour finir ce tour des sirènes française, la gendarmerie pour la sixte, la-fa :

 

Bref ne prenez pas des thèmes qui ne vous disent rien à vous, mais plutôt ce qui vous parle tout de suite !

Mais je peux faire de la musique sans connaître toute cette théorie !

Oui, vous pouvez jouer de la musique à partir de partition ou de tutoriel en appliquant ce qui vous est indiqué sans chercher plus loin. Mais vous serez toujours dépendant de la partition, de votre mémoire gestuelle ou visuelle des touches pour jouer. Si vous n’avez pas de partition et que votre mémoire vous fait défaut, vous ne pourrez pas vous raccrocher à une compréhension et une écoute plus consciente de votre morceau. Plus vous comprenez de l’intérieur la construction de ce que vous jouez, moins vous aurez d’effort à fournir pour l’apprendre.

C’est un effort certain pour le moment, mais il vous fera gagner du temps à long terme… A vous de choisir en toute conscience ce qui vous convient pour ce que vous voulez faire au piano. Si vous voulez juste jouer un morceau facile effectivement ça n’est pas la pein. Mais plus vous voudrez apprendre des morceaux compliqués, plus ils seront intéressants et plus vous aurez besoin de les entendre de l’intérieur et de les comprendre.

A vous de choisir… Sourire

 

Petit détour en anglais pour les plus avancé d’entre vous :

Il est intéressant de remarquer qu’en anglais, une différence est faite entre les notes conjointes, les notes disjointes proches et éloignées.

  • Step est employé pour les mouvements conjoints.
  • Skip pour les mouvement disjoint d’une seule note, une tierce.
  • Et leap, pour les intervalles plus grandes que la tierce.

Il n’existe pas d’équivalent à ma connaissance en français pour ces trois termes et en tout cas pas dans le fait de distinguer les notes disjointes en tierce des intervalles plus grandes. Je trouve que c’est toujours intéressant de trouver des distinctions qui existent dans une autre langue que sa langue maternelle. En effet, il semble intéressant pour les anglophones de distinguer la seconde et la tierce, qui sont les éléments de base, des autres intervalles qui sont construites à partir des deux premiers. J’ai moi-même remarqué, que ça soit dans la formation de l’oreille, la lecture, ou l’étude des accords, que si vous n’êtes pas à l’aise avec les deux éléments de base qui sont la seconde et la tierce, le reste ne suivra pas. C’est pour cela que je vais particulièrement insister sur ces deux intervalles dans mes articles à venir.

 

J’espère que cet article vous a permis d’y voir plus clair dans la notion des intervalles. Si vous pensez qu’il peut aider d’autres personnes, partagez-le en envoyant le lien à cette personne. A bientôt !

Thomas Perron, de merveilleuses pièces pour piano

Thomas Perron est un pianiste et compositeur que j’ai découvert en 2016 et dont j’ai tout de suite adoré les pièces pour piano.

Vous pouvez écouter ces pièces sur son site, ou visionner quelques vidéos sur sa chaîne Youtube.

Il est également créateur en 2017 du premier concours de piano à ma connaissance organisé sur Facebook par vidéo. Pour plus d’info sur le concours de piano Emotions 2017, cliquez ici.

 

Une vidéo de ma pièce préférée aujourd’hui, Éclosion :

Continuer la lecture

Les 5 bases à connaître pour démarrer dans la lecture de notes

 

Pour bien comprendre la série d’articles à venir sur l’écriture de la musique, et ici en particulier l’écriture de la hauteur des notes, il est indispensable de connaitre les termes et notions qui vont suivre.

1-La portée :

Comme son nom l’indique, la portée “porte” les notes. Elle est constituée de cinq lignes, et de quatre interlignes. Les interlignes sont les espaces entre chaque ligne. Historiquement, on a commencé à écrire les notes avec une seule ligne, puis deux, et augmenté régulièrement le nombre jusqu’à cinq. Je ne sais pourquoi nous nous sommes arrêté à ce chiffre, mais il me semble être en tout cas issu du bon sens. Au delà, en effet, l’œil aurait de toute façon bien du mal à reconnaître une note sans la confondre avec une autre (voir plus bas).

Portée

2-Les notes :

C’est ce qu’on appelle de manière plus précise les têtes de notes. C’est-à-dire les cercles pleins ou vides (sans le trait vertical, appelé hampe) que l’on trouve “accrochés” dans les portées, comme des oiseaux posés sur des fils électriques. Ils indiquent la hauteur de la note et son nom.

Tête de notes

On écrit ces têtes de notes obligatoirement à cheval sur une ligne ou insérée dans une interligne. Il n’y a pas d’autres possibilités.

Ce qui donne 5 notes pour les lignes :

Notes sur les lignes

Et 4 notes pour les interlignes :

Notes sur les interlignes

Nous avons donc la possibilité d’écrire 9 notes par portées uniquement :

Notes interlignes et lignes mélangées

Ces notes correspondent à 9 touches blanches qui se suivent. Les touches noires sont indiquées d’une autre façon.

Mais c’est là qu’il y a un réel problème au piano avec cette façon d’écrire la musique ! Nous avons 52 touches blanches sur un clavier… Il nous reste donc 43 touches à “caser”. C’est là qu’intervient le système de plusieurs portées.

 

3-Le système :

Ce mot indique l’association de plusieurs portées regroupées ensemble pour être lues et jouées simultanément. On les repère en regardant à gauche les accolades ou lignes simples qui les relient. Il peut arriver dans les partitions d’ensembles de plusieurs musiciens de n’avoir qu’un seul système par page comme dans cette partition :

Système d'une page

 

Pour le piano il s’agit, dans la plupart des cas de deux portées assemblées par une accolade comme celle que vous voyez en bleu ci-dessous.

Système de portées de piano

 

Pourquoi deux portées ? Déjà parce ça nous permet de multiplier par deux le nombre de notes écrites, ce qui fait maintenant 18. C’est déjà mieux ! Mais vous vous en doutez, ce n’est pas fini. Il nous en manque encore 32.

Remarque : il peut arriver de parler de “grande portée” pour indiquer la même chose qu’un système. Je sais ce n’est pas simple…

 

4-Les lignes supplémentaires :

C’est ce qui va nous permettre de combler les manques des portées. Ce sont des lignes qui existent en permanence et qui encadrent les portées, mais restent invisibles pour plus de clarté. Car voici à quoi ressemblerait la portée pour 52 notes (en rouge les lignes de portées habituelles):

 

Grande portée de 26 lignes pour le piano

 

Il nous faut ici pas moins de 26 lignes !!!! Imaginez un peu la difficulté de lecture ! On a donc rendue invisibles les lignes noires sur l’image ci-dessus. Elle n’apparaîtront que si des notes se posent dessus, un peu comme l’homme invisible qui ne se révèle que lorsqu’il s’habille.

Remarques importantes:

  • A partir de deux lignes supplémentaires, et au delà, toutes les lignes se trouvant entre la note et la portée habituelle apparaissent à la verticale (voir image ci-dessous).
  • il n’y a qu’une seule ligne supplémentaire entre les deux portées rouges. C’est la ligne du do qui se trouve en face de vous sur le piano, le do 4 (voir image ci-dessous). Il n’existe donc que 3 notes différentes possibles dans cette zone du milieu.

Voici comment apparaissent les 15 notes situés sur les lignes supplémentaires :

Trois zones de lignes supplémentaires

 

Notez le visuel des 17 notes situées sur les interlignes dans ces mêmes zones :

Les interlignes supplémentaires au piano

Ce qui nous fait 32 notes supplémentaires qui, additionnées aux 18 dans les portées nous amènent aux 52 dont nous avions besoin. Nous avons donc maintenant comblé tous les manques.

Dernière remarque : le do du milieu avec une ligne supplémentaire peut appartenir soit à la clé de sol, s’il est collée à celle-ci, soit à la clé de fa, s’il est de même collé à celle-là comme ci-dessous.

Do du milieu ou do 4

5-La clé :

C’est ce qui indique le nom d’une note qui va servir de point de repère pour trouver toutes les autres. Il existe trois clés :

La clé de sol, qui indique où se trouve le sol avec la ligne qui passe au centre de sa “coquille d’escargot”. Elle est obligatoirement associée à la moitié aigue des notes (à votre droite sur le piano).

Point de repère sol

La clé de fa, qui indique où se trouve le fa avec la ligne qui passe entre ses deux points. Elle est obligatoirement associée à la moitié grave des notes (à votre gauche sur le piano). Gauche comme Grave.

Point de repère fa

La clé d'ut

Et la clé d’ut (do). Mais cette dernière n’est pas utilisée au piano. Vous pouvez donc l’oublier Sourire.

Petit truc pour mémoriser : la clé de sol ressemble à un S et la clé de fa à un F (avec les deux points comme les deux barres horizontales du F)

Type de partition le plus courant :

Voici donc à quoi ressemble un système ou une “grande portée” de piano :

Système type d'une partition de piano

La plupart du temps, la porté du bas est pour les notes qui doivent être jouées à la main gauche et la portée du haut pour les notes de la main droite.

 

Cas particuliers :

Mais il arrive aussi qu’une main s’échappe sur l’autre portée. Nous verrons plus tard comment ceci est noté.

D’autres fois, nous pouvons trouver deux clés de sol si les deux mains sont dans les notes aiguës (partie droite du clavier). Il faut s’imaginer alors avoir deux mains droites pour bien les positionner.

Portées piano deux clés de sol

 

Et nous pouvons trouver l’inverse, c’est à dire deux clés de fa si les deux mains doivent jouer dans les notes graves (la partie gauche du clavier). Nous avons alors deux mains gauches Confus.

Portées piano deux clés de fa

 

Important à retenir : Il n’est parfois pas facile de s’y retrouver dans tout ça, mais une chose ne peut absolument pas changer en revanche, c’est que la clé de sol est pour les notes aiguë et la clé de fa pour les graves. Alors qu’il n’est pas obligé que la clé de sol soit pour la main droite et la clé de fa pour la main gauche !

 

Et voilà ! J’espère avoir été claire et vous avoir rendu les choses simples pour comprendre les bases qui vont vous permettre d’aborder la lecture de note.

Si vous avez aimé, partagez !

La pédale rythmique et enchaînée, explications en vidéo

Pour savoir ce que sont les pédales au piano et à quoi elles servent, cliquez ici.

Cette vidéo est l’explication concrète des exercices de l’article sur Comment mettre la pédale de droite au piano.

Je vous invite à vous abonner à ma chaîne Youtube afin d’être tenu au courant de chaque nouvelle vidéo dès leur publication.

 

Transcription texte de la vidéo :

Bonjour, bienvenue sur le blog apprendre à jouer du piano.
Je voulais vous faire une « petite » vidéo 😉  aujourd’hui pour vous expliquer un petit peu ce dont j’ai parlé sur l’article sur la pédale. Les exercices préparatoires en particulier. C’est plus facile pour moi de vous l’expliquer en vrai en filmant mon pied en même temps. Si vous n’avez pas encore lu l’article, vous pouvez cliquer sur le lien qui apparaît ici.

Rappel et démonstration des deux types de pédales :

Comme je vous le disais dans cet article, il y a deux types de pédales. Vous avez la pédale dite rythmique, qui va suivre ce que vous êtes en train de jouer. Il s’agit par exemple d’enfoncer en même temps la main et le pied. (démonstration) Les gestes se font exactement au même moment.
En revanche la pédale qu’on appelle enchaînée ou continue pendant toute une partie d’un morceau, se présente de la manière suivante : la première fois c’est exactement pareil que la pédale précédente. J’enfonce en même temps. En revanche après, au prochain accord, je vais soulever mon pied alors que mes doigts s’enfoncent, c’est-à-dire que c’est en décalage. (Démonstration)
C’est pareil si je fais quelque chose de plus arpégé. Voyez, je soulève en même temps que ma basse. Mais je n’enfonce pas en même temps que ma basse, je soulève.
Voilà, ça c’était pour vous rappeler un petit peu les deux types de pédale.

Maintenant, les exercices pour pouvoir mettre en place de ce geste :

Ces exercices sont les bienvenus, parce que c’est souvent difficile à mettre en place pour un problème de coordination. Encore elle !
Maintenant pour passer un petit peu plus à la pratique.
On va faire un petit exercice dont je crois je n’ai pas parlé dans l’article précédent…
(Ou… il y a un petit chat là-bas qui est en train de me regarder :))
Je compte 1-2-3-4. Je vais enfoncer mon pied en même temps que le premier temps et soulever en même temps que le troisième temps.
1 j’enfonce mon pied… 2… 3 je soulève… 4…

Maintenant la pédale enchaînée :

première fois j’enfonce… 2… 3… 4… mesure suivante… 1 (le pied fait un aller retour rapide en haut en bas)…2… 3… 4…

Au premier 1 j’enfonce en même temps que le premier temps, et au deuxième 1 (c’est-à-dire à la mesure suivante), je vais soulever mon pied, et non pas enfoncer puisqu’il est déjà enfoncé ! Je soulève mon pied et je le renfonce tout de suite après. Ça c’est important. Ça serait pas mal que vous essayez de le faire chez vous.
1-2-3-4-1-2-3-4 etc…
Voyez je soulève au premier temps de chaque mesure. Alors ce n’est pas forcément au promettant de chaque mesure. Ça peut être au premier et au troisième temps. Ça peut être assez aléatoire.
Voilà pour ce qui est de vous démontrer la différence entre ces deux pédales. Maintenant les deux exercices préparatoires dont je vous parlais.

Premier exercice préparatoire :

D’abord ce qui est important, c’est que vous sentiez bien la pédale de votre piano. Et que vous ayez bien une conscience de la course que vous devez faire entre le bas et le haut.
Déjà, ce que vous allez faire, c’est que vous allez poser votre pied sur la pédale de votre piano. Et vous allez aller au fond complètement. Quand vous êtes vraiment au fond, il faut inscrire dans votre pied, et votre tête par la même occasion, que pour la pédale enchaînée c’est votre base : le fond. C’est tout le temps là que vous allez revenir. Votre base n’est pas le haut. Sentez votre fond et vous devez être tout le temps bien confortable sur ce fond. Et ensuite vous allez revenir tout en haut.

Un autre petit exercice :

J’enfonce la pédale très progressivement tout en répétant une note. Moi, ma pédale est très courte. Allez-y doucement. Voyez, ça commence à s’amplifier. Et maintenant elle est pleine. Je suis au fond.

Maintenant je vais la soulever très lentement jusqu’à ce que j’arrive au point où ça coupe le son. Comme je vous dis, ma course est vraiment très courte sur ce piano là. Mais il y a plein de différences entre les pianos. La course peut être vraiment très très grande. Il faut que vous sentiez bien le point au fond et le point où les étouffoirs se collent aux cordes et coupent le son. Dans mon cas, j’ai même encore trois ou 4 mm avant le haut. À vous de trouver ces deux points.
Vous allez au fond… Vous soulevez… Et vous essayez de sentir la mécanique derrière. Et vous pouvez même entendre… Normalement vous entendez les étouffoirs qui se décollent des cordes. Ça s’entend un petit peu. On est bien d’accord que quand vous êtes au fond toutes les cordes sont complètement libres de sonner. Ouuuuuu ! J’ai lancé un son et toutes les cordes vibrent. Il se peut que vous sachiez ça… Mais pas forcément toujours.
Vous allez maintenant vous entraîner à ce petit geste de la pédale enchaînée qui est assez rapide.
Vous êtes au fond, et vous allez faire un petit geste de soulevé rapide. Hop hop hop. Vous le faite rapide et vous pouvez aussi le faire très très lent en contre résistance (Ça j’en ai parlé aussi dans l’article).

La contre-résistance :

Alors c’est quoi la contre résistance : je fais un geste avec mon bras, et je m’empêche de le faire avec mon autre bras. C’est comme si je le faisais « pour de faux » dans le vide sans rien qui m’en empêche réellement. Dans ce cas, j’ai les deux muscles antagonistes qui fonctionnent en même temps. Ce qui fait qu’on a une tonicité musculaire importante. Je peux faire un geste de deux façons différentes, de manière un peu molle et sans contrôle, ou avec contrôle.
C’est ce que je vous demande de faire avec votre pied. Vous êtes au fond et vous allez monter très lentement en contre résistance, en imaginant que quelqu’un vous empêche de soulever votre pied. Et quelqu’un vous empêche de l’enfoncer également. En faisant cela, votre maîtrise du pied est vraiment importante.
Vous soulever jusqu’à ce point où votre son se coupe… Vous renfoncez. Il faut faire bosser vraiment la cheville hein ! Vous bosser votre cheville quand vous faites ça. Tant pis si vous avez mal… C’est les risques du métier.
Après vous le faites rapide. Hop hop hop
Il faudrait que cela soit le plus silencieux possible. Regarder si je fais ça, ce n’est pas très joli (grimace pas terrible:)) déjà je soulève trop haut, ce qui fait que ça cogne quand je reviens. Il faut que vous arriviez à un geste qui soit le plus silencieux et le plus discret possible. Mais quand je fais ça, j’ai vraiment mon pied qui est très très tenu.

Le deuxième exercice préparatoire :

Ça suppose travailler la coordination entre le geste d’enfoncement de la touche et le soulèvement de mon pied.
  • Je vais le faire d’abord sans piano pour bien que vous voyez. Je soulève mon bras, et je vais toucher mon genou. Dès que je touche mon genou je soulève mon pied. Ça donne ceci : (démonstration). C’est mon doigt qui commande. C’est le doigt quand il touche le genou qui déclenche le pied. Maintenant… pas avant ! Vous vous concentrer sur la sensation de votre doigt qui arrive sur votre genou. Dès que vous sentez le contact, vous soulevez le pied vous le enfoncez.
  • Une fois que vous savez faire ça. Vous le faites sur la pédale. (Je vais un peu vite parce que sinon la vidéo va durer des plombes) Je suis au fond de ma pédale, sur mon « sol » de pédale. Je fais le même geste, mais avec la pédale réelle. Maîtrisez bien votre cheville. Votre pied est mou, ou votre cheville est molle, ça ne va pas fonctionner. Il faut vraiment que vous la teniez et que vous augmentiez son niveau de tonicité.
  • Après vous faites la même chose avec le clavier. Et là, vous passez à la main gauche. C’est important de passer à la main gauche. Parce que c’est la main gauche qui va faire vos basses.

Récapitulatif du geste  de la pédale enchaînée :

Je décortique une dernière fois le geste pour aller vraiment dans le fond des choses, et en comptant. Première fois j’enfonce en même temps. Maintenant que mon morceau est commencé, à la prochaine fois qu’il va falloir que je change ma pédale, ça va se passer de la manière suivante :
1-2-3-4-1-2-3-4…
Si vous n’arrivez pas à le faire comme ça vous pouvez le décortiquer encore plus. Ça donne :
  • 1-2-3-4-1-2-3-4. C’est-à-dire que vous soulevez en même temps que le 1 et vous renfoncez en même temps que le 2.
  • Après ce qui sera pas mal, c’est de soulever et enfoncer avant le 2. (Dernière démonstration) Voyez c’est comme si je faisais avec mon pied deux croches.
Voilà. Une fois que vous connaissez bien ce mouvement là, il va falloir petit à petit l’accrocher à des choses un petit peu plus complexes.
  • Maintenant je peux faire des accords.
  • Puis, si je fais un arpège c’est la même chose, mais en même temps que la basse uniquement. C’est pas à chaque note qu’on change. (Démonstration)
Et voilà ! Je débute un peu dans la vidéo explicative, donc merci de votre indulgence.
Visiter mon blog à tire-larigot, partager le à tire-larigot. J’ai de grandes ambitions avec ce blog, donc j’espère que vous allez m’aider à le faire connaître.
Et n’oubliez pas, si vous n’avez toujours pas téléchargé mes deux cadeaux de bienvenue de cliquer sur le lien qui apparaît là pour le télécharger et apprendre à bien lire et à être efficace dans l’apprentissage de vos morceaux.
A bientôt.

Le pianiste de Wladyslaw Szpilman

 

 

Je viens de relire ce récit poignant qui m’avait déjà beaucoup marqué il y a quelques années. Si vous ne connaissez pas le livre, le titre vous évoque certainement en revanche le film de Roman Polanski inspiré de cette histoire, sorti en 2002. Il s’agit du récit autobiographique d’un pianiste polonais, Wladyslaw Szpilman, durant la seconde guerre mondiale. Il l’a écrit en 1946, au sortir de la guerre et l’a publié d’abord sous le titre “Une ville meurt”. Il s’agit de Varsovie où il vivait lors de la capitulation de la Pologne face à l’Allemagne en septembre 1939 et qu’il n’a pas voulu quitter. Le livre est cependant rapidement interdit, car revenant trop vite sur des faits traumatisants et honteux. Presque un demi-siècle plus tard, le manuscrit est retrouvé par le fils de l’auteur, Andrzej Szpilman, en 1998. Il est à nouveau publié et remporte un vif succès. Wladyslaw Szpilman s’est éteint le 6 juillet 2000, deux ans avant la sortie du film, à Varsovie.

 

Swladyslaw Szpilman portrait

Swladyslaw Szpilman

L’histoire :

Juif d’origine, il raconte la lente et atroce descente aux enfers des Varsoviens sous l’occupation Aryenne. On assise à la mise en place du tristement célèbre ghetto et à la dégradation des conditions de vies de leurs habitants. L’extermination systématique et organisé de toute la population juive est raconté de manière simple et sans pathos. Mais le récit n’en est que plus poignant. Swadyslaw Szpilman échappe de justesse à la déportation et essaie de survivre pendant des années d’abord avec l’aide d’amis et de connaissances, puis complètement seul au milieu des ruines.

varsovie

Varsovie en ruine

Le piano est peu évoqué par l’auteur et tient une place assez discrète et c’est compréhensible vu les circonstances. Mais, en tant que pianiste, j’ai noté des passages, des phrases, des réflexions qui ont attiré mon attention. Voici donc quelques réflexions tirées de ma lecture.

 

La place de l’artiste en temps de guerre :

Complètement abattu au début de l’occupation par l’armée allemande, Mr Szpilman se sent inutile et sans énergie. Il est lent à sortir de sa torpeur, mais se révèle petit à petit d’une force qu’il n’avait certainement pas lui-même soupçonné. Il joue pour faire vivre sa famille grâce à ses prestations dans le ghetto. Mais bien sûr les conditions de vie ne prêtent pas à apprécier la musique… La musique perd petit à petit sa place face aux difficultés et aux besoins des habitants de Varsovie, comme on peut le lire par exemple dans cet extrait :

“Au Nowoczesna, personne ne prêtait la moindre attention à ce que je jouais. Plus je tapais sur mon piano, plus les convives élevaient la voix tout en s’empiffrant et en trinquant. Chaque soir, entre mon public et moi, c’était une lutte ouverte à qui arriverait à imposer son vacarme sur l’autre. Une fois, un client a même envoyé un serveur me demander de m’interrompre un instant parce que je l’empêchais d’écouter la qualité des pièces de vingt dollars-or que l’un de ses commensaux venait de lui vendre. Il les faisait doucement tinter contre le guéridon en marbre, les portait à son oreille entre deux doigts et écoutait intensément la manière dont ils sonnaient, seule et unique musique agréable à son oreille.”

Lorsqu’il n’est plus temps de jouer du piano, il travaille dure pour survivre et ne pas partir dans les camps. Il aide la résistance Varsovienne en transportant des munissions dissimulées dans des sacs de pain et de pommes de terre. Sa qualité de pianiste va cependant lui permettre de se sortir de beaucoup de faux pas et à échapper à la mort à plusieurs reprise. Les gens vont se souvenir de lui, vont le protéger, le sauver. Est-ce du respect ou de la reconnaissance face à quelqu’un de talent qui les a fait rêver dans des temps plus doux ? C’est même grâce à un capitaine allemand mélomane, Wilm Hosenfeld, qui le protège à la fin de la guerre, que nous pouvons lire ces lignes aujourd’hui. Mais je ne vous en dit pas plus…

 

La naïveté du musicien :

Une chose m’a frappé plusieurs fois dans ce livre. Mr Szilman évoque plusieurs fois une incompréhension face aux comportements inhumain qu’on pu avoir des musiciens qui l’entouraient, face à l’horreur et à la peur. Il s’indigne régulièrement devant des actes de trahison et de grande violence qu’il qualifie d’indigne d’un musicien. Des gens qui pouvaient commettre des atrocités d’un coté et jouer avec un si grand talent de l’autre. Comme si la musique pouvait sauver l’homme de sa noirceur profonde… Mais la religion n’arrive pas à cela, comment la musique pourrait-elle le faire ?  Ce n’est pas à la musique d’élever l’homme, c’est à l’homme de le faire avec ce qui lui est donné, musique ou autre…

Je comprends cependant complètement son étonnement, cela m’a rappelé beaucoup de moment où je me suis posé des questions similaires, dans des circonstances bien moins dramatique bien sûr. On retrouve aussi chez beaucoup de conversations de mélomane cette croyance que les musiciens seraient des personnes sauvées de toute médiocrité grâce à leur art. Mais la réalité est bien plus complexe que cela. Bien sûr je ne suis pas en train de dire qu’il n’y a pas de personnes extraordinaires et exceptionnelles parmi les artistes. Je dis juste que ce n’est pas un gage de qualité humaine au sens noble.

 

Les difficultés du pianiste :

Il est difficile pour un pianiste de ne pas penser lors de circonstances physiquement difficiles à son métier et à ce qui lui permet de l’exercer : ses mains. Que peut faire un pianiste sans elles ? Combien de fois ai-je protégé mes mains lors de match de hand ou de volley à l’école, m’attirant les foudres de mes camarades… Tout effort qui engage les mains est souvent source d’inquiétude et d’appréhension chez le pianiste. J’ai retrouver plusieurs fois dans le livre cette préoccupation comme dans celui-ci :

“Le froid était de plus en plus vif. Au travail, il m’arrivait toujours plus souvent de sentir mes doigts s’engourdir jusqu’à en devenir inertes. Je ne sais pas ce que je serai devenu si le hasard n’était pas venu à mon aide… un jour j’ai glissé en portant du mortier et je me suis foulé la cheville. Constatant que j’étais désormais inapte au travail de construction, l’ingénieur m’a fait verser au service des fournitures. On était déjà fin novembre : quelques jours de plus dans la froidure du chantier et je n’aurais pu sauver mes mains.”

 

Mains de Szpilman

Mains de Wladyslaw Szpilman

 

 

 

La force du pianiste :

Je me suis demandé si la force de Wladyslaw Szpilman n’avait pas sa source dans sa pratique, sa discipline pour arriver au niveau pianistique auquel il était arrivé avant la guerre. Dans la deuxième partie de la guerre, plusieurs mois il vit seul, caché dans l’angoisse, la peur et le manque criant de nourriture. Beaucoup d’hommes seraient morts bien avant lui. Qu’est-ce qui a pu le maintenir si longtemps si ce n’est sa capacité à se battre devant l’adversité. Il ne s’est pas battu avec des armes, mais il s’est battu pour rester en vie dans le plus grand isolement dans une ville totalement détruite. Et grâce à cela, nous avons ce témoignage d’une grande richesse aujourd’hui… Pour illustrer la force interne dont je veux parler, je vous propose de lire cet extrait :

”Novembre (1944) approchant, le froid s’est installé, notamment la nuit. Pour ne pas basculer dans la folie j’ai résolu de me fixer une discipline de vie immuable. J’avais gardé mes deux seuls trésors, mon stylo à encre et ma montre Oméga d’avant-guerre que je chérissais comme la prunelle de mes yeux, la remontant scrupuleusement pour qu’elle m’aide à respecter mon emploi du temps intangible. En fait, je passais toutes mes journées allongé afin d’économiser mes faibles forces, nous sortant de mon immobilité qu’à midi, pour prendre une biscotte et une tasse d’eau, en veillant à économiser au maximum mes réserves. Du matin jusqu’à cette maigre collation, je restais les yeux fermés, à repasser dans ma tête toutes les partitions que j’avais pu exécuter dans ma vie, mesure par mesure, ligne par ligne. Cet exercice mnémotechnique allait s’avérer fort utile par la suite : lorsque j’ai recommencé à travailler après-guerre, je connaissais toujours mon répertoire et j’avais même mémorisé des œuvres entières, comme si je n’avais cessé de pratiquer la musique pendant toutes ces années. Ensuite, de midi au crépuscule, je concentrais mon esprit sur les livres que j’avais lus, je répétais en moi-même des listes de vocabulaire anglais, je me dispensais des cours muets en cette langue, me posant des questions et essayant d’y répondre sans faute. À la nuit tombée, je m’endormais pour me réveiller vers une heure du matin. Là, je partais à la recherche de nourriture à la lueur d’allumettes dont j’avais découvert une réserve dans l’un des appartements qui n’avait pas entièrement brûlé.”

Soldats allemands dans Varsovie en flammes

Soldats allemands dans Varsovie en flammes

 

Quelle force intérieure se dégage de ce texte ! Et voyez la puissance du cerveau et de la visualisation. Je parle souvent dans ce blog du travail mental. En voici un exemple véridique et puissant. Ceci a sauvé la vie de cet homme, musicien perdu dans le néant. Et il a pu continuer à “pratiquer” et travailler son instrument, sans piano et dans les pires conditions physiques et psychiques. Alors quelle excuse pouvons nous évoquer après avoir lu cela ?

Pour écouter le nocturne en do dièse mineur de Chopin par Swadyslaw Spilman lui-même 50 ans plus tard, cliquez sur l’image ci-dessous.

Swadislav Szpilman

Swadislav Szpilman au piano

 

Et si vous souhaitez en savoir plus sur cette histoire, achetez le livre et lisez-le avant de voir le film, qui bien qu’il soit excellent est forcément réducteur. En effet comment peut-on faire passer en 2h20 autant de subtilités qu’en 200 pages de confidences…

 

Pour vous procurer le livre, cliquez sur l’image ci-dessous.

 

Le film :

Palme d’or à Cannes en 2002, le film de Roman Polanski remporte un grand succès pour son adaptation du livre à l’écran. Wladyslaw Szpilman est incarné par Adrien Brody et le capitaine Wilm Hosenfeld, le sauveur allemand par Thomas Kretschmann. Comme tous les films sur cette période et le sujet de la Shoah, il est éprouvant aux âmes sensibles. C’est un très bon film, assez fidèle au texte d’origine, même si quelques rares éléments romancés rajoutés le rendent plus « cinématographique ». Si vous avez pu regarder le film “la liste de Schindler” sans vous arrêter avant la fin, vous pourrez supporter pour celui-ci.

Pour vous procurer le film en DVD cliquez sur l’image ci-dessous.

Le Pianiste [Mid Price]

 

Si cet article vous a plu, partagez-le sur les réseaux sociaux, afin de rendre hommage à cet homme, ce pianiste qui a vécu l’indicible mais a eu le courage de le mettre en mot malgré tout.

Pourquoi et comment se servir d’un métronome

 

Un métronome est un outil utile pour tout musicien à condition de s’en servir de la bonne façon. Il permet de donner un exemple sonore d’un battement régulier. Dans son déroulement dans le temps, la musique occidentale écrite ou non écrite est la plupart du temps construite avec des rythmes basés sur des battements réguliers que l’on appelle pulsations. Un exemple très concret de cela est ce que vous avez envie de taper avec votre pied ou ce que vous scandez régulièrement avec votre tête lorsque vous écoutez une musique que vous aimez. Lorsque vous dansez également, vous répétez un mouvement qui exprime corporellement une pulsation à espace régulier.

 

Métronome 1

 

La définition de la pulsation est donc : battement émis à espace régulier et qui délimite le temps qui s’écoule.

Une remarque importante qui découle de cela est qu’on ne doit pas confondre le terme et la notion de pulsation avec ce que l’on appelle en musique le temps, qui désigne plutôt le temps qui s’écoule entre chaque pulsation. Pour vous faire comprendre la différence, je vous donne tout de suite un élément simple de comparaison. La pulsation est comme le bip qui sonnerait toute les heures à un appareil vous donnant l’heure. Alors que le temps et comme le temps écoulé entre ces bips.

Pour en revenir à ce qui nous intéresse ici, il faut savoir que sans cette capacité à pourvoir scander, taper, et plus tard sentir intérieurement une pulsation régulière, et ce pendant que vous jouez, vous ne pourrez être un champion en rythme. C’est la difficulté fondamentale du rythme en musique.

Quand vous vous trouvez en présence d’un musicien ou de votre professeur, qui compte, tape dans ses mains ou vous scande sur l’épaule la pulsation, vous avez le meilleur des métronomes. En effet vous voyez, vous entendez et vous sentez avec cette personne une pulsation, mais comme il s’agit d’un être vivant et de plus formé à la musique, il peut parfois légèrement vous attendre pour ne pas vous mettre en stress. Cependant, il va être difficile d’emmener cette personne à votre domicile pour qu’elle vous aide tous les jours, sauf si vous êtes très riche… C’est là que le métronome est utile ! Il va pouvoir vous faire entendre un battement régulier avec le son d’un bip (ou ploc, tic ou tac…) à n’importe quelle vitesse souhaitée. Vous pouvez vous fier à lui les yeux fermés et les oreilles ouvertes. Sourire

 

Qu’est-ce que c’est précisément :

Métronome 2

Image de Kajojak

Un métronome se présente sous la forme d’un petit appareil mécanique ou électronique. On trouve également, depuis l’avènement d’internet et des nouvelles technologies, des sites, des applications ou logiciels qui font métronome (voir plus bas). Sur tous ces supports, vous devez régler la vitesse du bip. Vous avez pour cela des chiffres affichés allant en général de 40 à 200 sur les appareils physiques et de 0 à infini (même si être à 10 ou à 300 n’a que très peu d’intérêt…) sur beaucoup de métronomes dématérialisés. Cela correspond au nombre de battements possibles dans une minute d’un tempo (vitesse). C’est pourquoi par exemple, 60 correspondra à la même vitesse que celle de la seconde, puisqu’il y a 60 secondes dans une minute. Plus le chiffre sera bas, plus le tempo sera lent et inversement.

Explorons maintenant les différences entre métronomes. Si vous en avez déjà un, sautez directement au chapitre “Comment bien utiliser le métronome”.

 

 

Les différents types de métronome, avantages et inconvénients :

 

Les métronomes mécaniques :

Équipés d’un balancier, il faut les remonter régulièrement pour qu’ils fonctionnent correctement. J’ai souvent entendu dire de laissez régulièrement (une fois par semaine par exemple) la mécanique fonctionner jusqu’à l’arrêt, car sinon il risque de devenir plus vite irrégulier. La mécanique ne supporte pas de rester longtemps en tension.

Pour régler la vitesse, il faut monter ou descendre le poids.

 

Métronome 3

Image de Derek Gavey

 

Avantage : Il effectue un mouvement visuel qui permet de visualiser et d’anticiper l’arrivée de la pulsation.

Inconvénient : Ils ont tendance à devenir irréguliers avec le temps, ce qui perd totalement de son intérêt.

 

Les métronomes électronique :

Ils fonctionnent à piles. Pour régler la vitesse il faut tourner la molette. Pour les métronomes à touches, reportez-vous à la notice.

Métronome 4

Image de Robin Zebrowski

Avantage : Ils sont réguliers tant qu’il fonctionnent, on peut régler le volume sonore ou même parfois l’écouter au casque.

Inconvénients : Vous ne pouvez anticiper l’arrivée de la pulsation avec les yeux, puisque la plupart du temps le bip arrive sans aucun signe avant coureur. Mais certains présentent un petit écran reproduisant le mouvement de balancier du métronome mécanique.

 

Les métronomes en ligne :

 

Méronome en ligne

Cliquez sur l’image pour un exemple de site

Avantage : La plupart du temps ils sont gratuits

Inconvénient : Vous aurez besoin d’une connexion, et d’un ordinateur qui puisse être déplacé pour être proche de votre piano quand vous vous entrainez. Le son en fonction de vos enceintes d’ordinateur peut être trop bas par rapport à votre piano et donc vous ne pourrez entendre suffisamment le battement en jouant du piano.

 

Les applications pour Smartphone :

 

Métronome pour smartphone

Cliquez sur l’image pour voir celle que j’utilise sur mon IPhone

Avantage : leur prix est assez modeste (moins de 5€ pour la plupart), voir gratuit et le son peut être assez puissant. Mêmes fonctionnalités que les métronomes électroniques.

Inconvénient : Il n’est pas désolidarisé de votre téléphone. Vous risquez donc d’être distrait par vos diverses notifications, ou par un coup de téléphone. Pour palier à cela mettez votre téléphone en mode avion (sur Iphone glissez légèrement du bas de l’écran vers le milieu et touchez l’avion).

 

Comment bien utiliser le métronome :

 

Maintenant que vous avez votre métronome, et que vous savez le faire fonctionner, il va falloir apprendre à l’utiliser de la bonne manière et dans un but bien précis. En effet il est d’une grande aide pour vous faire entendre une pulsation régulière, pour travailler le rythme, mais ce n’est qu’une machine. Il sera intraitable et ne vous laissera pas la moindre marge de manœuvre en cas d’hésitations ou d’intention musicale. Ceci peut devenir très stressant. Et si vous travaillez votre piano en permanence avec, vous risquez de perdre toute qualité musicale et de devenir vous même une machine. Il va vous empêcher d’écouter le son de votre piano. Donc sachez l’utiliser avec parcimonie. Cela ne doit pas devenir une habitude ou une béquille dont vous ne pourriez pas vous passer.

Il faut savoir que le métronome n’a pas été construit au départ dans un but pédagogique. Il devait rendre objectif un tempo (vitesse en musique) pour tous quel que soit le lieu ou le moment auquel le musicien jouait. Mais rapidement, les pédagogues l’ont détournés pour le meilleur et pour le pire.

Il peut vous guider, vous indiquez si vous êtes sur la bonne voie ou non. Mais il ne vous donnera pas une pulsation interne que vous n’avez pas. Vous devez sentir toute pulsation dans votre propre corps au préalable, en marchant dans votre pièce en chantant la mélodie de votre morceau par exemple. Si vous devez aller à une vitesse donnée, écoutez votre métronome à cette vitesse et tapez du pied ou dans vos mains à cette vitesse pendant quelque temps avant de vous mettre au morceau en question.

Je trouve que là où il est le plus utile, c’est lors d’un travail sur le rythme pur sans piano. Lorsque vous travaillez une cellule rythmique spécifique par exemple comme “deux croches noire”, ou de courtes phrases rythmiques. Le geste corporel à effectuer est dans ce cas plus simple qu’au piano et vous pouvez vous concentrer uniquement sur une seule notion: le rythme. D’autre part vous ne serez pas en train de massacrer le morceau que vous aimez tant, ce qui vous allège de l’affect que vous pourriez y mettre.

Je reviendrai plus en détail sur les différentes bonnes façons d’utiliser le métronome dans de prochains podcasts sur le rythme.

 

Je n’ai pas de rythme…

Combien de fois ai-je entendu ça ! Soit parce qu’une proche avait eu des paroles malheureuses dans l’enfance, soit parce qu’une situation musicale inconfortable avait fait conclure ceci à la personne elle-même. Le rythme est certes plus facile pour certains que pour d’autres, mais comme toute chose il se travaille et peut s’apprendre et s’améliorer à tout âge. J’ai vu des gens à priori dépourvu de tout sens rythmique se débloquer et progresser en mixant travail régulier et juste détente corporelle. Pour moi, il y a un lien direct entre le rythme et le rapport au corporel. C’est un chemin qui vaut la peine, alors ne vous retranchez pas derrière cette croyance ! Et dansez dès que vous pouvez. La danse est un bon moyen de sentir la musique dans son corps sans que le mental n’intervienne trop.

 

J’espère que cet article vous aura aidé à choisir votre métronome, éclairé sur les possibilités qu’offre cet outil et ce qu’il ne peut pas faire.

Si ce blog vous apporte, et que vous êtes sur Facebook, aidez-moi à le faire connaitre : “likez” la page Apprendre à jouer du piano et partagez là à ceux qui pourraient en retirer quelque chose.

Une application exceptionnelle pour améliorer le déchiffrage des partitions au piano

 

Avez-vous du mal à appliquer une partition au piano ? Vous êtes lents à trouver la touche qui correspond à la note écrite ? Je souhaite vous parler aujourd’hui d’une application pour smartphones que j’ai découvert dernièrement et qui est parfaite pour cela. Elle s’appelle Note Rush. Vous pouvez la trouver sur l’Apple Store si vous avez un IPhone ou un IPad, et sur Google Play si vous avez plutôt des appareils androïdes.

Note Rush

L’énorme avantage de cette application pour le piano :

De nombreuses applications existent pour améliorer le lien entre les notes de la partition et la touche devant être jouée. Elles fonctionnent par systèmes de cartes flash, c’est à dire qu’ellee vous montrent une note et vous devez la jouer sur un clavier. Cependant, elles proposent la plupart du temps de répondre en touchant un clavier qui se trouve directement sur votre écran. C’est très intéressant pour les premiers jours d’apprentissage de piano, mais cela devient vite limité, car le nombre de touches pouvant se tenir sur cette petite surface est trop restreint.

Sur tablette, il y aura parfois le total des touches (88 comme pour la plupart des pianos acoustiques), ce qui est déjà beaucoup mieux et vous permet d’avoir une vision globale du clavier. Ces applications peuvent servir dans un deuxième temps. Mais vous n’êtes toujours pas en situation réelle. Or l’emplacement réel dans l’espace des différentes touches par rapport à votre corps est une sensation indispensable pour être rapide. Les personnes qui déchiffrent bien au piano, sont des personnes qui ne nomment et ne regardent plus leur clavier, car ce sont des processus lents. Tout est devenu réflexe pour pouvoir se concentrer sur l’essentiel: la musique et le plaisir de jouer. Vous devez donc intégrer corporellement la position de chaque touche dans le grand espace qui se trouve entre vous et le piano.

Or l’application Note Rush est idéale pour cela, car elle vous propose d’écouter et de contrôler la justesse du son des notes de votre propre piano ! N’est-ce pas génial ?

 

Note Rush au piano

 

Une aide inestimable pour l’élève et les parents :

Il est souvent difficile pour un débutant de travailler chez lui le fait de trouver rapidement la bonne touches à partir d’une note écrite. Il ne peut pas se corriger lui-même et n’a souvent personne capable de l’aider dans sa pratique quotidienne. C’est donc quelque chose qu’il ne peut travailler qu’en cours avec son professeur, s’il a la chance d’en avoir un. Avec Note Rush, il aura un professeur virtuel pour le corriger. Car la note s’affichera tant qu’il n’aura pas joué la bonne. C’est donc d’une grande aide pour le professeur, qui pourra se concentrer plus longtemps sur d’autre choses pendant le cours qui passe souvent bien vite. Et pour le parent qui souhaite aider son enfant, il sera facile de contrôler qu’il joue la note correcte, sans qu’il ait la moindre notion de musique.

Comme je vous le disais dans mon article sur une bonne méthode pour la lecture de notes, il est important de travailler tout de suite avec la “grande portée” constituée par la portée de clé de sol et la portée de clé de fa. Vous avez aussi au piano 7 octaves pleines entre deux do avec quelques notes en plus dans les aigues et le graves. Quand vous lisez un fa, il ne suffit pas de jouer n’importe quel fa. Il faut aussi que vous sachiez trouver le fa de l’octave dont il s’agit.

 

Comment ça se passe concrètement :

C’est tout simple. Vous ouvrez l’application. Vous choisissez le niveau puis l’ambiance souhaitée. Vous êtes en suite immédiatement invité à vous mettre au piano pour une partie de jeu. Pour démarrer vous devez jouer le do qui se trouve normalement au milieu du piano. Il s’agit du do se trouvant au dessus des pédales et en dessous de l’indication de la marque si vous êtes sur piano acoustique ou du do numéro 4 si vous comptez à partir de la gauche sur un clavier de 88 touches. Si vous avez un clavier de 32, 49 ou 61 touches, reportez-vous à la notice de votre appareil.

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Une fois que vous avez appuyé sur ce do, la partie commence immédiatement. Un note vous est affichée n’importe où sur la grande portée et vous devez la jouer sur votre piano. Si vous jouez la bonne, l’application vous en proposera une autre. Dans le cas contraire, si vous jouez une mauvaise note, même si elle est de même nom mais pas au bon octave, elle restera à l’affichage. Si vraiment vous mettez trop de temps cependant, la note sera passé.

Au bout d’une à deux minutes environ, la partie s’arrête et vous recevez votre récompense sous forme d’étoiles, en fonction de la rapidité à laquelle vous avez répondu et le nombre de notes justes.

Rentrons maintenant plus en détail dans l’application.

 

Adaptable à tout niveau :

Cinq niveaux sont proposés, en partant des notes centrales de la grande portée jusqu’aux notes situées au dessus et en dessous de la clé de sol et fa. Voici les niveaux en détail :

– Niveau 1 : Uniquement les notes comprises entre le fa de la quatrième ligne en clé de fa, au sol de la deuxième ligne de clé de sol.

– Niveau 2 : Les notes comprises entre le do de la deuxième interligne (on appelle interligne l’espace entre les ligne de portée) en clé de fa et le do de la troisième interligne de clé de sol.

– Niveau 3 : Les notes comprises entre le fa sous la portée de clé de fa et le sol au dessus de la portée de clé de sol.

– Niveau 4 : Les notes comprises entre le do de la deuxième ligne supplémentaire (Lignes rajoutées en dessous au au dessus des portées pour pouvoir étendre les possibilités d’écriture dans ces zones, et visibles uniquement à l’emplacement des notes en question sous forme de petits traits horizontaux) sous la portée de clé de fa et le do de la deuxième ligne supplémentaire au dessus de la clé de sol.

– Niveau 5 : Même chose que le niveau 4, mais plus de note à chaque partie de jeu.

 

Un aspect ludique :

Le côté ludique n’est pas en reste, puisque l’application se présente sous la forme d’un petit jeu vidéo. Cela fera particulièrement plaisir aux plus “geek” d’entre vous.

 

Un affichage attractif :

Plusieurs thèmes d’affichages sont possibles à l’écran, rendant le visuel abstrait et en noir et blanc plus attractif. Vous pouvez régler cet affichage après avoir passer le stade du choix du niveau, en bas à gauche. Vous pourrez transformer la grande portée en :

une prairie verdoyante, et les notes seront des coccinelles

un terrain de foot, et les notes seront des ballons de foot

l’espace, et les notes seront des planètes

ou, si vous n’en êtes plus là pour accrocher votre volonté, une portée avec un aspect classique.

– de temps à autre un thème en fonction des fêtes de l’année comme Noël, St Valentin ou Pâques.

 

Thèmes Note Rush

Un système de récompense pour booster la motivation :

A la fin de chaque partie, vous recevez de une à trois étoiles pour votre performance, ainsi que l’indication de votre temps effectué. Ceci aidera particulièrement les enfants pour qui la compétition est souvent une source de motivation.

 

Récompenses Note Rush

Possibilité d’isoler une clé :

Si cependant vous souhaitez vous concentrer sur une seule clé, l’application Note Rush vous offre cette possibilité. Pour régler ceci, regardez en haut lors du choix du niveau de jeu, et cliquez sur la clé souhaitée. Sachez que l’application fonctionne également pour d’autres instruments, ce qui rentabilise l’investissement pour les familles multi-instrumentistes.

 

Un prix qui vaut largement le coût :

Vous pourrez vous procurer cette application pour quelques euros seulement. Mais je pense qu’elle vaut largement l’investissement, si on le compare aux difficultés que vous pouvez rencontrer tous les jours pour lire et appliquer vos partitions. Pensez le prix d’un livre de poche, ou d’un paquet de cigarette !

 

Deux remarques cependant :

– Par défaut, un bip de validation sera émis à chaque bonne note jouée. Mais je vous conseille de le désactiver en touchant la roue crantée en bas à droite affichée avant chaque partie, et après le choix du niveau. Mieux vaut entendre la note jouée que ce son perturbateur. Sauf peut-être pour les parents qui faisant autre chose en même temps (et je sais à quel point on est multifonction dans ce rôle…) voudrait contrôler si les notes joués par leur enfant sont justes.

Il arrive qu’une note pourtant juste ne sois pas reconnue (arrive plus souvent sur clavier numérique), insistez en jouant plus fort ou en montant le volume de votre piano numérique.

– Seul inconvénient de cette application : elle est en anglais et non traduite en français. Mais c’est pour cela que j’ai bien détaillé toutes ses possibilités, et je pense qu’avec la lecture de cet article, vous devriez naviguer sans soucis à l’intérieur…

Dites-moi dans les commentaires ci-dessous si vous souhaitez une vidéo démonstrative, et je vous la ferai avec plaisir. N’oubliez pas aussi de partager cet article avec vos amis pour faire connaitre cette application qui mérite d’être connue !

Etre créatif au piano

 

Si vous avez appris à jouer du piano comme moi sur des partitions, et selon la méthode classique, il vous est peut-être arrivé d’être sacrément frustré de ne rien pouvoir jouer directement au piano sans avoir travaillé au préalable deux mois… Vous savez cette situation où vous n’aviez pas prévu de jouer et un piano passe par là. On vous lance “ah ! mais toi tu sais jouer du piano ! Vas y, joue nous quelque chose !”. Vous hésitez, vous avez envie, mais à la fois vous n’aviez pas prévu et aucunes partitions à vous mettre devant les yeux. Alors vous tentez le morceau du moment, et là, catastrophe ! Vous ne le savez plus. Alors la colère monte : “quand même ce n’est pas juste ! tous ces efforts fournis, ces années à travailler tout seul dans mon salon, pour finalement ne pas être foutu de jouer quelque chose devant mes amis !”

Et comble de l’humiliation, un cousin de vos amis est là. Il n’a jamais suivi le moindre cours ou la moindre méthode. Il se met au piano, mèche sur l’œil et sourire aux lèvres, pour jouer magnifiquement trois accords jazzy avec un style et un groove qui “déchire” et met une sacrée ambiance. Tout ça à l’oreille bien sûr. Il a un succès fou. En tout cas vous en faites une montagne, vous, dans votre tête. Vous avez envie de tout arrêter. Ça vous rappelle quelque chose ?

Cet article participe au carnaval d’article sur la créativité, organisé par le blog La Musique et vous, qui vous donne des conseils concrets pour apprendre la musique à tout âge.

Et oui, vous l’avez bien senti dans ces moments-là. Il ne suffit pas de savoir bien exécuter la musique de quelqu’un d’autre pour être un pianiste heureux. Caresser le clavier, jouer deux notes pour savoir comment le piano sonne, se laisser entraîner dans le monde des sons, rebondir en jouant une petite mélodie simple, et c’est parti pour un voyage où vous oubliez le temps et tous vos soucis ! Vous jouez, improvisez quelque chose qui vient du plus profond de votre être, votre propre musique. Elle n’est pas forcément compliquée. Vous ne faites pas preuve d’une grande virtuosité. Mais c’est ce que vous entendez à ce moment-là. Votre être créatif. Croyez-moi, c’est du pur bonheur.
Développer sa créativité au piano

Ma prise de conscience :

Je me rappelle qu’au court d’une formation de professeur de piano au conservatoire de Paris, un des intervenants a dit une phrase qui m’a beaucoup marqué. La voici.

“Un enseignant se doit d’enseigner en suivant trois axes fondamentaux :

  • Les connaissances
  • Le savoir-faire
  • Et la créativité.”

Le constat fut rude pour moi. J’ai pris conscience qu’on m’avait enseignée des connaissances et du savoir-faire, mais pas de créativité musicale. J’étais moi-même incapable d’improviser quoi que ce soit, de jouer au piano sans m’accrocher à la musique issue du cerveau d’un autre. Alors comment être capable de l’enseigner aux autres… Je connaissais tout de la théorie. Les tonalités, l’harmonie n’avaient pas de secrets pour moi, mais j’étais incapable de « jouer » avec et de prendre plaisir à les explorer.

J’ai alors entrepris d’apprendre à improviser. Je me suis alors procuré plusieurs méthodes d’improvisation et de jazz. Mais ce qui m’a complètement débloquée entre autres choses, c’est la méthode Improvise For Real. Loin d’être une grande improvisatrice, j’étais devenue capable de me faire plaisir sur un piano sans aucune partition, avec ce que j’entendais dans ma tête.

Forte de cette victoire, j’ai alors cherché à jouer avec d’autres musiciens qui jouaient à l’oreille, et dans des répertoires différents qui n’utilisent pas de partitions. J’ai intégré alors un groupe de rock au sein duquel on me demandait régulièrement de créer un petit solo sur une grille d’accord. J’étais complètement perdue et terrifiée au début, puis je me suis rendue compte que j’avais toutes les compétences pour m’intégrer. Ce fut une merveilleuse expérience. Dans le même temps, j’ai commencé à jouer dans un ensemble guitare/chant/percussion/piano, appelé Lantannah et où j’ajoute ma touche personnelle dans des accompagnements à partir de la structure donnée par l’auteur des chansons. C’est une grande joie de “jouer” et de partager la musique avec d’autres !

 

 

La créativité dans les œuvres écrites :

Pour moi la créativité n’est pas qu’une histoire d’improvisation ou de composition cependant. Il y a énormément de créativité à développer, et de liberté à trouver même sur des morceaux déjà écrits par d’autres. On peut se croire extrêmement contraint par tout ce qui est marqué sur le papier, sauf que sans vous, le papier, l’œuvre n’est rien ! C’est à vous de vous réapproprier tous ces signes abstraits et de créer votre propre musique avec. C’est à vous de recréer le morceau à chaque instant.

Un élément est absent sur le papier, comme le dit si bien Brigitte Bouthinon-Dumas dans ces deux livres Mémoire d’empreintes, c’est le timbre. La couleur d’un son, sa chaleur,  ou au contraire son côté piquant etc… Tout ceci vous appartient et vous est propre. Pour expérimenter ce que je veux dire, choisissez par exemple un morceau très connu. Ecoutez attentivement et au calme plusieurs interprétations sur Internet, et vous entendrez que chaque pianiste a un timbre, une personnalité qui lui est propre. Notez que lorsque j’emploie le terme de pianiste, c’est dans son sens strict de personne jouant du piano, et non le sens de personne dont c’est le métier. Qu’est-ce qui fait la différence.  C’est ce que l’on appelle “le toucher”. Quand on joue du piano, on oublie souvent qu’il ne suffit pas d’enfoncer la bonne touche au bon moment. On doit créer une qualité de son, en “touchant la touche” de manière très spécifique.

 

Comment développer sa créativité :

Faites de la place à l’inspiration :

Tout d’abord il faut vous offrir du temps. Avec un emploi du temps de ministre, vous pourrez gérer beaucoup de chose et être efficace dans vos tâches, mais pas devenir créatif. Un artiste a souvent la réputation d’être désorganisé et tête en l’air. Mais n’est-ce pas plutôt un besoin de liberté, de temps pour être créatif ! On ne convoque pas la créativité de 21h17 à 22h06. Elle s’invite sans prévenir, dans les moments où on ne s’y attend pas forcément. Et c’est là le plus gros obstacle. Nous laissons notre époque saucissonner nos vies et nous presser comme des citrons, si bien que nous n’avons bientôt plus de substance à exprimer.

S'inspirer quand on et pianiste

Photo de Gilles Rémus

Aérez-vous, promenez-vous, contemplez la nature. Je me souviens avoir lu que Chopin conseillait à ses élèves de marcher dans la nature pour pouvoir mieux jouer au piano après. Il le faisait lui-même régulièrement. On ne peut pas être créatif sans être inspiré, et pour être inspiré on ne peut pas être exténué, préoccupé, inquiet.

Nourrissez l’inspiration :

Allez voir des expositions d’art. De nombreux compositeurs dans leurs écrits témoignent du besoin de se rapprocher des autres formes d’art, et de l’inspiration que cela leur apporte. Moussorgski en donne un merveilleux exemple par son œuvre “tableaux d’une exposition”.

Voyagez, aller au concert, écoutez de la musique, et dans différents styles. Pour ma part, j’écoute toute sorte de musique. Il m’arrive de passer de Mozart à MC Solaar, ou de Brassens à Chilly Gonzales, selon les périodes. Ne rejetez rien, à priori avant d’avoir écouté. Bref nourrissez-vous de l’expression de la créativité des autres. Le mythe du créateur seul, inspiré en permanence et sans influences de son environnement est faux. Si vous n’écoutez pas ou que très peu de musique, votre cerveau n’aura pas de manière sonore dans laquelle puiser son inspiration !

Tableau de Braque

Georges Braque (1882-1963), Le Port de La Ciotat

Photo prise par Renaud Camus

Faites silence, pour écouter :

Apprenez à calmer vos pensées tourbillonnantes. Respirez ! Et faites le silence avant de vous mettre au piano. L’inspiration vient par l’écoute. L’inspiration vient après l’expiration… Après le lâcher prise. Vous ne pourrez pas entendre votre propre musique intérieure si vous pensez au poulet que vous devez faire cuire ou à la dernière engueulade avec votre conjoint.

La musique émane du silence, gardez cela à l’esprit !

Et quand vous vous mettez à jouer, écoutez le son que vous produisez. C’est dans chaque son qui résonne dans votre pièce, avec votre piano, ce jour-là, que vous créez le suivant. Que la musique soit de vous ou non, un son émane toujours de la note ou du silence qui le précèdent. Si vous ne prêtez pas attention à chaque son, ce ne sera qu’une succession de note mais pas de la musique, pas de l’art qui exprime quelque chose.

Enfin, amusez-vous :

Le jeu est une forme d’improvisation. L’improvisation est un jeu. Il faut savoir « jouer » dans le sens de s’amuser. Travailler son instrument est une affaire sérieuse, mais si vous coupez toute émotion et tout esprit d’amusement, vous videz votre pratique de tout ce qui vous a poussé à apprendre le piano. Ceci peut se faire avec l’aide d’un enfant par exemple, qui sont nos maîtres en la matière. Vous pouvez essayer de retrouver une chanson qu’il aime et trouver un accompagnement. Jouer avec d’autres aide aussi beaucoup à passer à un mode plus vivant et ludique, en nous obligeant à sortir de notre mental.

Enfant qui s'amuse au piano

Photo Woodleywonder

Un peu de pratique d’improvisation au piano :

Le piano est un instrument merveilleux, car toutes les notes sont à disposition et d’accès facile. Comme le dit Bruno du blog Composer Simplement dans cet article, il est également facile de se repérer au clavier pour composer.

La contrepartie de ça, est qu’il y a trop de choix et trop de mains pleines de doigts à occuper. Comme toutes les notes sont à disposition, vous avez besoin d’un cadre, un mode qui vous impose un choix. Si vous jouez toutes les notes de manière aléatoire, vous allez-vous retrouver dans une véritable cacophonie, ou en plein dodécaphonisme, ce qui est peut-être un peu prématuré et ardu. Les douze sons compris entre une note et la même une octave plus haut ne sonnent pas bien ensembles ou jouées de manières proches et désorganisées. On en choisi en général 7 sur les 12, ce qui forme les modes. Les plus connus sont les modes Majeur ou mineur, mais il y en a beaucoup d’autres.

Un exemple de “cadre” intéressant et facile est le fait de vous amuser à jouer uniquement sur les touches noires, ce qui vous fait retirer automatiquement les 7 notes des touches blanches (voir cet article de La Musique et Vous). En faisant cela vous vous retrouvez avec uniquement cinq notes par octaves, faciles à repérer. On appelle cela le mode pentatonique. À la main gauche vous pouvez jouer un accompagnement très simple et statique comme par exemple un fa dièse avec un do dièse à espace régulier. Et à la main droite improvisez des mélodies, toujours uniquement sur les touches noires. Vous allez vite vous retrouver dans une ambiance évoquant souvent l’Asie ! Essayez !

Pour que l’apprentissage de la création musicale au piano soit naturel et progressif, je pense qu’il est intéressant de repasser par les grandes étapes de la polyphonie de la musique :

  • Une mélodie seule jouée par l’une ou l’autre des mains.
  • Une mélodie à la main droite accompagnée à la main gauche par une seule note. Cette note sera rejouée régulièrement, dès qu’on ne l’entendra plus, pour former ce que l’on appelle en théorie musicale une pédale (note tenue tout le long du morceau). De nombreuses musiques anciennes ou traditionnelles sont sous cette forme.
  • Progressivement, l’accompagnement de la main gauche va passer d’une note à deux en formant une quinte, puis trois  et quatre pour former un accord.
  • Enfin la main gauche va enrichir son accompagnement en introduisant des rythmes, des déplacements de plus en plus nombreux sur d’autres notes, au fur et à mesure que la coordination des mains s’améliore. Elle pourra alterner entre deux notes, puis trois, se complexifiant progressivement.

Je ne peux malheureusement pas vous expliquer tout ceci plus en détail dans cet article, déjà bien long ! Mais la démarche générale est là.

« Ce n’est pas pour moi » :

J’entends d’ici ce que vous vous dites intérieurement. Oui mais je ne suis pas capable. Je n’ai jamais su improviser. Il me faut une partition sinon je suis perdu. Ce n’est pas maintenant que je vais m’y mettre. Ce n’est pas pour moi. Et puis de toute façon je n’ai jamais eu d’oreille. Etc.. Et pourtant, sachez que c’est accessible à tous, à condition d’accepter de commencer modestement.

Vous pensez que vous n’avez pas d’oreille, pas d’inspiration. Peut-être que c’est vrai. Mais vous pouvez apprendre. Faites-vous confiance ! Oui, vous allez commencer en faisant des notes « bizarres ». Vos premières improvisation seront très basiques, pauvres et de style enfantin. Rien de génial dans tout cela. Et c’est normal. Persévérez ! Arrosez votre jardin musical tous les jours. Car tout le monde peut accéder au plaisir de l’improvisation avec du désir et de la pratique régulière.

Quand vous sifflotez sous la douche, n’est-ce pas de la musique ? Quand un petit enfant joyeux chante, n’est-ce pas l’expression la plus naturelle qui soit ? Vous aussi étiez comme ça ! Vous avez juste eu besoin mettre de côté cette partie de vous, pour vous consacrer à d’autres choses, et vous avez de très bonnes raisons de l’avoir fait. Mais c’est toujours là et il suffit de vous y reconnecter et de lui permettre de grandir enfin.

 

J’espère que cet article vous aura donné envie de vous mettre à l’improvisation, à la création de votre propre musique. Pour vous y aider également, allez lire les autres articles de ce carnaval en cliquant ici.

Voici une vidéo très bien faite pour aller plus loin dans l’improvisation sur les touches noires, de la chaîne YouTube Le cahier du pianiste :