Pourquoi et comment se servir d’un métronome

 

Un métronome est un outil utile pour tout musicien à condition de s’en servir de la bonne façon. Il permet de donner un exemple sonore d’un battement régulier. Dans son déroulement dans le temps, la musique occidentale écrite ou non écrite est la plupart du temps construite avec des rythmes basés sur des battements réguliers que l’on appelle pulsations. Un exemple très concret de cela est ce que vous avez envie de taper avec votre pied ou ce que vous scandez régulièrement avec votre tête lorsque vous écoutez une musique que vous aimez. Lorsque vous dansez également, vous répétez un mouvement qui exprime corporellement une pulsation à espace régulier.

 

Métronome 1

 

La définition de la pulsation est donc : battement émis à espace régulier et qui délimite le temps qui s’écoule.

Une remarque importante qui découle de cela est qu’on ne doit pas confondre le terme et la notion de pulsation avec ce que l’on appelle en musique le temps, qui désigne plutôt le temps qui s’écoule entre chaque pulsation. Pour vous faire comprendre la différence, je vous donne tout de suite un élément simple de comparaison. La pulsation est comme le bip qui sonnerait toute les heures à un appareil vous donnant l’heure. Alors que le temps et comme le temps écoulé entre ces bips.

Pour en revenir à ce qui nous intéresse ici, il faut savoir que sans cette capacité à pourvoir scander, taper, et plus tard sentir intérieurement une pulsation régulière, et ce pendant que vous jouez, vous ne pourrez être un champion en rythme. C’est la difficulté fondamentale du rythme en musique.

Quand vous vous trouvez en présence d’un musicien ou de votre professeur, qui compte, tape dans ses mains ou vous scande sur l’épaule la pulsation, vous avez le meilleur des métronomes. En effet vous voyez, vous entendez et vous sentez avec cette personne une pulsation, mais comme il s’agit d’un être vivant et de plus formé à la musique, il peut parfois légèrement vous attendre pour ne pas vous mettre en stress. Cependant, il va être difficile d’emmener cette personne à votre domicile pour qu’elle vous aide tous les jours, sauf si vous êtes très riche… C’est là que le métronome est utile ! Il va pouvoir vous faire entendre un battement régulier avec le son d’un bip (ou ploc, tic ou tac…) à n’importe quelle vitesse souhaitée. Vous pouvez vous fier à lui les yeux fermés et les oreilles ouvertes. Sourire

 

Qu’est-ce que c’est précisément :

Métronome 2

Image de Kajojak

Un métronome se présente sous la forme d’un petit appareil mécanique ou électronique. On trouve également, depuis l’avènement d’internet et des nouvelles technologies, des sites, des applications ou logiciels qui font métronome (voir plus bas). Sur tous ces supports, vous devez régler la vitesse du bip. Vous avez pour cela des chiffres affichés allant en général de 40 à 200 sur les appareils physiques et de 0 à infini (même si être à 10 ou à 300 n’a que très peu d’intérêt…) sur beaucoup de métronomes dématérialisés. Cela correspond au nombre de battements possibles dans une minute d’un tempo (vitesse). C’est pourquoi par exemple, 60 correspondra à la même vitesse que celle de la seconde, puisqu’il y a 60 secondes dans une minute. Plus le chiffre sera bas, plus le tempo sera lent et inversement.

Explorons maintenant les différences entre métronomes. Si vous en avez déjà un, sautez directement au chapitre “Comment bien utiliser le métronome”.

 

 

Les différents types de métronome, avantages et inconvénients :

 

Les métronomes mécaniques :

Équipés d’un balancier, il faut les remonter régulièrement pour qu’ils fonctionnent correctement. J’ai souvent entendu dire de laissez régulièrement (une fois par semaine par exemple) la mécanique fonctionner jusqu’à l’arrêt, car sinon il risque de devenir plus vite irrégulier. La mécanique ne supporte pas de rester longtemps en tension.

Pour régler la vitesse, il faut monter ou descendre le poids.

 

Métronome 3

Image de Derek Gavey

 

Avantage : Il effectue un mouvement visuel qui permet de visualiser et d’anticiper l’arrivée de la pulsation.

Inconvénient : Ils ont tendance à devenir irréguliers avec le temps, ce qui perd totalement de son intérêt.

 

Les métronomes électronique :

Ils fonctionnent à piles. Pour régler la vitesse il faut tourner la molette. Pour les métronomes à touches, reportez-vous à la notice.

Métronome 4

Image de Robin Zebrowski

Avantage : Ils sont réguliers tant qu’il fonctionnent, on peut régler le volume sonore ou même parfois l’écouter au casque.

Inconvénients : Vous ne pouvez anticiper l’arrivée de la pulsation avec les yeux, puisque la plupart du temps le bip arrive sans aucun signe avant coureur. Mais certains présentent un petit écran reproduisant le mouvement de balancier du métronome mécanique.

 

Les métronomes en ligne :

 

Méronome en ligne

Cliquez sur l’image pour un exemple de site

Avantage : La plupart du temps ils sont gratuits

Inconvénient : Vous aurez besoin d’une connexion, et d’un ordinateur qui puisse être déplacé pour être proche de votre piano quand vous vous entrainez. Le son en fonction de vos enceintes d’ordinateur peut être trop bas par rapport à votre piano et donc vous ne pourrez entendre suffisamment le battement en jouant du piano.

 

Les applications pour Smartphone :

 

Métronome pour smartphone

Cliquez sur l’image pour voir celle que j’utilise sur mon IPhone

Avantage : leur prix est assez modeste (moins de 5€ pour la plupart), voir gratuit et le son peut être assez puissant. Mêmes fonctionnalités que les métronomes électroniques.

Inconvénient : Il n’est pas désolidarisé de votre téléphone. Vous risquez donc d’être distrait par vos diverses notifications, ou par un coup de téléphone. Pour palier à cela mettez votre téléphone en mode avion (sur Iphone glissez légèrement du bas de l’écran vers le milieu et touchez l’avion).

 

Comment bien utiliser le métronome :

 

Maintenant que vous avez votre métronome, et que vous savez le faire fonctionner, il va falloir apprendre à l’utiliser de la bonne manière et dans un but bien précis. En effet il est d’une grande aide pour vous faire entendre une pulsation régulière, pour travailler le rythme, mais ce n’est qu’une machine. Il sera intraitable et ne vous laissera pas la moindre marge de manœuvre en cas d’hésitations ou d’intention musicale. Ceci peut devenir très stressant. Et si vous travaillez votre piano en permanence avec, vous risquez de perdre toute qualité musicale et de devenir vous même une machine. Il va vous empêcher d’écouter le son de votre piano. Donc sachez l’utiliser avec parcimonie. Cela ne doit pas devenir une habitude ou une béquille dont vous ne pourriez pas vous passer.

Il faut savoir que le métronome n’a pas été construit au départ dans un but pédagogique. Il devait rendre objectif un tempo (vitesse en musique) pour tous quel que soit le lieu ou le moment auquel le musicien jouait. Mais rapidement, les pédagogues l’ont détournés pour le meilleur et pour le pire.

Il peut vous guider, vous indiquez si vous êtes sur la bonne voie ou non. Mais il ne vous donnera pas une pulsation interne que vous n’avez pas. Vous devez sentir toute pulsation dans votre propre corps au préalable, en marchant dans votre pièce en chantant la mélodie de votre morceau par exemple. Si vous devez aller à une vitesse donnée, écoutez votre métronome à cette vitesse et tapez du pied ou dans vos mains à cette vitesse pendant quelque temps avant de vous mettre au morceau en question.

Je trouve que là où il est le plus utile, c’est lors d’un travail sur le rythme pur sans piano. Lorsque vous travaillez une cellule rythmique spécifique par exemple comme “deux croches noire”, ou de courtes phrases rythmiques. Le geste corporel à effectuer est dans ce cas plus simple qu’au piano et vous pouvez vous concentrer uniquement sur une seule notion: le rythme. D’autre part vous ne serez pas en train de massacrer le morceau que vous aimez tant, ce qui vous allège de l’affect que vous pourriez y mettre.

Je reviendrai plus en détail sur les différentes bonnes façons d’utiliser le métronome dans de prochains podcasts sur le rythme.

 

Je n’ai pas de rythme…

Combien de fois ai-je entendu ça ! Soit parce qu’une proche avait eu des paroles malheureuses dans l’enfance, soit parce qu’une situation musicale inconfortable avait fait conclure ceci à la personne elle-même. Le rythme est certes plus facile pour certains que pour d’autres, mais comme toute chose il se travaille et peut s’apprendre et s’améliorer à tout âge. J’ai vu des gens à priori dépourvu de tout sens rythmique se débloquer et progresser en mixant travail régulier et juste détente corporelle. Pour moi, il y a un lien direct entre le rythme et le rapport au corporel. C’est un chemin qui vaut la peine, alors ne vous retranchez pas derrière cette croyance ! Et dansez dès que vous pouvez. La danse est un bon moyen de sentir la musique dans son corps sans que le mental n’intervienne trop.

 

J’espère que cet article vous aura aidé à choisir votre métronome, éclairé sur les possibilités qu’offre cet outil et ce qu’il ne peut pas faire.

Si ce blog vous apporte, et que vous êtes sur Facebook, aidez-moi à le faire connaitre : “likez” la page Apprendre à jouer du piano et partagez là à ceux qui pourraient en retirer quelque chose.

Une application exceptionnelle pour améliorer le déchiffrage des partitions au piano

 

Avez-vous du mal à appliquer une partition au piano ? Vous êtes lents à trouver la touche qui correspond à la note écrite ? Je souhaite vous parler aujourd’hui d’une application pour smartphones que j’ai découvert dernièrement et qui est parfaite pour cela. Elle s’appelle Note Rush. Vous pouvez la trouver sur l’Apple Store si vous avez un IPhone ou un IPad, et sur Google Play si vous avez plutôt des appareils androïdes.

Note Rush

L’énorme avantage de cette application pour le piano :

De nombreuses applications existent pour améliorer le lien entre les notes de la partition et la touche devant être jouée. Elles fonctionnent par systèmes de cartes flash, c’est à dire qu’ellee vous montrent une note et vous devez la jouer sur un clavier. Cependant, elles proposent la plupart du temps de répondre en touchant un clavier qui se trouve directement sur votre écran. C’est très intéressant pour les premiers jours d’apprentissage de piano, mais cela devient vite limité, car le nombre de touches pouvant se tenir sur cette petite surface est trop restreint.

Sur tablette, il y aura parfois le total des touches (88 comme pour la plupart des pianos acoustiques), ce qui est déjà beaucoup mieux et vous permet d’avoir une vision globale du clavier. Ces applications peuvent servir dans un deuxième temps. Mais vous n’êtes toujours pas en situation réelle. Or l’emplacement réel dans l’espace des différentes touches par rapport à votre corps est une sensation indispensable pour être rapide. Les personnes qui déchiffrent bien au piano, sont des personnes qui ne nomment et ne regardent plus leur clavier, car ce sont des processus lents. Tout est devenu réflexe pour pouvoir se concentrer sur l’essentiel: la musique et le plaisir de jouer. Vous devez donc intégrer corporellement la position de chaque touche dans le grand espace qui se trouve entre vous et le piano.

Or l’application Note Rush est idéale pour cela, car elle vous propose d’écouter et de contrôler la justesse du son des notes de votre propre piano ! N’est-ce pas génial ?

 

Note Rush au piano

 

Une aide inestimable pour l’élève et les parents :

Il est souvent difficile pour un débutant de travailler chez lui le fait de trouver rapidement la bonne touches à partir d’une note écrite. Il ne peut pas se corriger lui-même et n’a souvent personne capable de l’aider dans sa pratique quotidienne. C’est donc quelque chose qu’il ne peut travailler qu’en cours avec son professeur, s’il a la chance d’en avoir un. Avec Note Rush, il aura un professeur virtuel pour le corriger. Car la note s’affichera tant qu’il n’aura pas joué la bonne. C’est donc d’une grande aide pour le professeur, qui pourra se concentrer plus longtemps sur d’autre choses pendant le cours qui passe souvent bien vite. Et pour le parent qui souhaite aider son enfant, il sera facile de contrôler qu’il joue la note correcte, sans qu’il ait la moindre notion de musique.

Comme je vous le disais dans mon article sur une bonne méthode pour la lecture de notes, il est important de travailler tout de suite avec la “grande portée” constituée par la portée de clé de sol et la portée de clé de fa. Vous avez aussi au piano 7 octaves pleines entre deux do avec quelques notes en plus dans les aigues et le graves. Quand vous lisez un fa, il ne suffit pas de jouer n’importe quel fa. Il faut aussi que vous sachiez trouver le fa de l’octave dont il s’agit.

 

Comment ça se passe concrètement :

C’est tout simple. Vous ouvrez l’application. Vous choisissez le niveau puis l’ambiance souhaitée. Vous êtes en suite immédiatement invité à vous mettre au piano pour une partie de jeu. Pour démarrer vous devez jouer le do qui se trouve normalement au milieu du piano. Il s’agit du do se trouvant au dessus des pédales et en dessous de l’indication de la marque si vous êtes sur piano acoustique ou du do numéro 4 si vous comptez à partir de la gauche sur un clavier de 88 touches. Si vous avez un clavier de 32, 49 ou 61 touches, reportez-vous à la notice de votre appareil.

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Une fois que vous avez appuyé sur ce do, la partie commence immédiatement. Un note vous est affichée n’importe où sur la grande portée et vous devez la jouer sur votre piano. Si vous jouez la bonne, l’application vous en proposera une autre. Dans le cas contraire, si vous jouez une mauvaise note, même si elle est de même nom mais pas au bon octave, elle restera à l’affichage. Si vraiment vous mettez trop de temps cependant, la note sera passé.

Au bout d’une à deux minutes environ, la partie s’arrête et vous recevez votre récompense sous forme d’étoiles, en fonction de la rapidité à laquelle vous avez répondu et le nombre de notes justes.

Rentrons maintenant plus en détail dans l’application.

 

Adaptable à tout niveau :

Cinq niveaux sont proposés, en partant des notes centrales de la grande portée jusqu’aux notes situées au dessus et en dessous de la clé de sol et fa. Voici les niveaux en détail :

– Niveau 1 : Uniquement les notes comprises entre le fa de la quatrième ligne en clé de fa, au sol de la deuxième ligne de clé de sol.

– Niveau 2 : Les notes comprises entre le do de la deuxième interligne (on appelle interligne l’espace entre les ligne de portée) en clé de fa et le do de la troisième interligne de clé de sol.

– Niveau 3 : Les notes comprises entre le fa sous la portée de clé de fa et le sol au dessus de la portée de clé de sol.

– Niveau 4 : Les notes comprises entre le do de la deuxième ligne supplémentaire (Lignes rajoutées en dessous au au dessus des portées pour pouvoir étendre les possibilités d’écriture dans ces zones, et visibles uniquement à l’emplacement des notes en question sous forme de petits traits horizontaux) sous la portée de clé de fa et le do de la deuxième ligne supplémentaire au dessus de la clé de sol.

– Niveau 5 : Même chose que le niveau 4, mais plus de note à chaque partie de jeu.

 

Un aspect ludique :

Le côté ludique n’est pas en reste, puisque l’application se présente sous la forme d’un petit jeu vidéo. Cela fera particulièrement plaisir aux plus “geek” d’entre vous.

 

Un affichage attractif :

Plusieurs thèmes d’affichages sont possibles à l’écran, rendant le visuel abstrait et en noir et blanc plus attractif. Vous pouvez régler cet affichage après avoir passer le stade du choix du niveau, en bas à gauche. Vous pourrez transformer la grande portée en :

une prairie verdoyante, et les notes seront des coccinelles

un terrain de foot, et les notes seront des ballons de foot

l’espace, et les notes seront des planètes

ou, si vous n’en êtes plus là pour accrocher votre volonté, une portée avec un aspect classique.

– de temps à autre un thème en fonction des fêtes de l’année comme Noël, St Valentin ou Pâques.

 

Thèmes Note Rush

Un système de récompense pour booster la motivation :

A la fin de chaque partie, vous recevez de une à trois étoiles pour votre performance, ainsi que l’indication de votre temps effectué. Ceci aidera particulièrement les enfants pour qui la compétition est souvent une source de motivation.

 

Récompenses Note Rush

Possibilité d’isoler une clé :

Si cependant vous souhaitez vous concentrer sur une seule clé, l’application Note Rush vous offre cette possibilité. Pour régler ceci, regardez en haut lors du choix du niveau de jeu, et cliquez sur la clé souhaitée. Sachez que l’application fonctionne également pour d’autres instruments, ce qui rentabilise l’investissement pour les familles multi-instrumentistes.

 

Un prix qui vaut largement le coût :

Vous pourrez vous procurer cette application pour quelques euros seulement. Mais je pense qu’elle vaut largement l’investissement, si on le compare aux difficultés que vous pouvez rencontrer tous les jours pour lire et appliquer vos partitions. Pensez le prix d’un livre de poche, ou d’un paquet de cigarette !

 

Deux remarques cependant :

– Par défaut, un bip de validation sera émis à chaque bonne note jouée. Mais je vous conseille de le désactiver en touchant la roue crantée en bas à droite affichée avant chaque partie, et après le choix du niveau. Mieux vaut entendre la note jouée que ce son perturbateur. Sauf peut-être pour les parents qui faisant autre chose en même temps (et je sais à quel point on est multifonction dans ce rôle…) voudrait contrôler si les notes joués par leur enfant sont justes.

Il arrive qu’une note pourtant juste ne sois pas reconnue (arrive plus souvent sur clavier numérique), insistez en jouant plus fort ou en montant le volume de votre piano numérique.

– Seul inconvénient de cette application : elle est en anglais et non traduite en français. Mais c’est pour cela que j’ai bien détaillé toutes ses possibilités, et je pense qu’avec la lecture de cet article, vous devriez naviguer sans soucis à l’intérieur…

Dites-moi dans les commentaires ci-dessous si vous souhaitez une vidéo démonstrative, et je vous la ferai avec plaisir. N’oubliez pas aussi de partager cet article avec vos amis pour faire connaitre cette application qui mérite d’être connue !

Etre créatif au piano

 

Si vous avez appris à jouer du piano comme moi sur des partitions, et selon la méthode classique, il vous est peut-être arrivé d’être sacrément frustré de ne rien pouvoir jouer directement au piano sans avoir travaillé au préalable deux mois… Vous savez cette situation où vous n’aviez pas prévu de jouer et un piano passe par là. On vous lance “ah ! mais toi tu sais jouer du piano ! Vas y, joue nous quelque chose !”. Vous hésitez, vous avez envie, mais à la fois vous n’aviez pas prévu et aucunes partitions à vous mettre devant les yeux. Alors vous tentez le morceau du moment, et là, catastrophe ! Vous ne le savez plus. Alors la colère monte : “quand même ce n’est pas juste ! tous ces efforts fournis, ces années à travailler tout seul dans mon salon, pour finalement ne pas être foutu de jouer quelque chose devant mes amis !”

Et comble de l’humiliation, un cousin de vos amis est là. Il n’a jamais suivi le moindre cours ou la moindre méthode. Il se met au piano, mèche sur l’œil et sourire aux lèvres, pour jouer magnifiquement trois accords jazzy avec un style et un groove qui “déchire” et met une sacrée ambiance. Tout ça à l’oreille bien sûr. Il a un succès fou. En tout cas vous en faites une montagne, vous, dans votre tête. Vous avez envie de tout arrêter. Ça vous rappelle quelque chose ?

Cet article participe au carnaval d’article sur la créativité, organisé par le blog La Musique et vous, qui vous donne des conseils concrets pour apprendre la musique à tout âge.

Et oui, vous l’avez bien senti dans ces moments-là. Il ne suffit pas de savoir bien exécuter la musique de quelqu’un d’autre pour être un pianiste heureux. Caresser le clavier, jouer deux notes pour savoir comment le piano sonne, se laisser entraîner dans le monde des sons, rebondir en jouant une petite mélodie simple, et c’est parti pour un voyage où vous oubliez le temps et tous vos soucis ! Vous jouez, improvisez quelque chose qui vient du plus profond de votre être, votre propre musique. Elle n’est pas forcément compliquée. Vous ne faites pas preuve d’une grande virtuosité. Mais c’est ce que vous entendez à ce moment-là. Votre être créatif. Croyez-moi, c’est du pur bonheur.
Développer sa créativité au piano

Ma prise de conscience :

Je me rappelle qu’au court d’une formation de professeur de piano au conservatoire de Paris, un des intervenants a dit une phrase qui m’a beaucoup marqué. La voici.

“Un enseignant se doit d’enseigner en suivant trois axes fondamentaux :

  • Les connaissances
  • Le savoir-faire
  • Et la créativité.”

Le constat fut rude pour moi. J’ai pris conscience qu’on m’avait enseignée des connaissances et du savoir-faire, mais pas de créativité musicale. J’étais moi-même incapable d’improviser quoi que ce soit, de jouer au piano sans m’accrocher à la musique issue du cerveau d’un autre. Alors comment être capable de l’enseigner aux autres… Je connaissais tout de la théorie. Les tonalités, l’harmonie n’avaient pas de secrets pour moi, mais j’étais incapable de « jouer » avec et de prendre plaisir à les explorer.

J’ai alors entrepris d’apprendre à improviser. Je me suis alors procuré plusieurs méthodes d’improvisation et de jazz. Mais ce qui m’a complètement débloquée entre autres choses, c’est la méthode Improvise For Real. Loin d’être une grande improvisatrice, j’étais devenue capable de me faire plaisir sur un piano sans aucune partition, avec ce que j’entendais dans ma tête.

Forte de cette victoire, j’ai alors cherché à jouer avec d’autres musiciens qui jouaient à l’oreille, et dans des répertoires différents qui n’utilisent pas de partitions. J’ai intégré alors un groupe de rock au sein duquel on me demandait régulièrement de créer un petit solo sur une grille d’accord. J’étais complètement perdue et terrifiée au début, puis je me suis rendue compte que j’avais toutes les compétences pour m’intégrer. Ce fut une merveilleuse expérience. Dans le même temps, j’ai commencé à jouer dans un ensemble guitare/chant/percussion/piano, appelé Lantannah et où j’ajoute ma touche personnelle dans des accompagnements à partir de la structure donnée par l’auteur des chansons. C’est une grande joie de “jouer” et de partager la musique avec d’autres !

 

 

La créativité dans les œuvres écrites :

Pour moi la créativité n’est pas qu’une histoire d’improvisation ou de composition cependant. Il y a énormément de créativité à développer, et de liberté à trouver même sur des morceaux déjà écrits par d’autres. On peut se croire extrêmement contraint par tout ce qui est marqué sur le papier, sauf que sans vous, le papier, l’œuvre n’est rien ! C’est à vous de vous réapproprier tous ces signes abstraits et de créer votre propre musique avec. C’est à vous de recréer le morceau à chaque instant.

Un élément est absent sur le papier, comme le dit si bien Brigitte Bouthinon-Dumas dans ces deux livres Mémoire d’empreintes, c’est le timbre. La couleur d’un son, sa chaleur,  ou au contraire son côté piquant etc… Tout ceci vous appartient et vous est propre. Pour expérimenter ce que je veux dire, choisissez par exemple un morceau très connu. Ecoutez attentivement et au calme plusieurs interprétations sur Internet, et vous entendrez que chaque pianiste a un timbre, une personnalité qui lui est propre. Notez que lorsque j’emploie le terme de pianiste, c’est dans son sens strict de personne jouant du piano, et non le sens de personne dont c’est le métier. Qu’est-ce qui fait la différence.  C’est ce que l’on appelle “le toucher”. Quand on joue du piano, on oublie souvent qu’il ne suffit pas d’enfoncer la bonne touche au bon moment. On doit créer une qualité de son, en “touchant la touche” de manière très spécifique.

 

Comment développer sa créativité :

Faites de la place à l’inspiration :

Tout d’abord il faut vous offrir du temps. Avec un emploi du temps de ministre, vous pourrez gérer beaucoup de chose et être efficace dans vos tâches, mais pas devenir créatif. Un artiste a souvent la réputation d’être désorganisé et tête en l’air. Mais n’est-ce pas plutôt un besoin de liberté, de temps pour être créatif ! On ne convoque pas la créativité de 21h17 à 22h06. Elle s’invite sans prévenir, dans les moments où on ne s’y attend pas forcément. Et c’est là le plus gros obstacle. Nous laissons notre époque saucissonner nos vies et nous presser comme des citrons, si bien que nous n’avons bientôt plus de substance à exprimer.

S'inspirer quand on et pianiste

Photo de Gilles Rémus

Aérez-vous, promenez-vous, contemplez la nature. Je me souviens avoir lu que Chopin conseillait à ses élèves de marcher dans la nature pour pouvoir mieux jouer au piano après. Il le faisait lui-même régulièrement. On ne peut pas être créatif sans être inspiré, et pour être inspiré on ne peut pas être exténué, préoccupé, inquiet.

Nourrissez l’inspiration :

Allez voir des expositions d’art. De nombreux compositeurs dans leurs écrits témoignent du besoin de se rapprocher des autres formes d’art, et de l’inspiration que cela leur apporte. Moussorgski en donne un merveilleux exemple par son œuvre “tableaux d’une exposition”.

Voyagez, aller au concert, écoutez de la musique, et dans différents styles. Pour ma part, j’écoute toute sorte de musique. Il m’arrive de passer de Mozart à MC Solaar, ou de Brassens à Chilly Gonzales, selon les périodes. Ne rejetez rien, à priori avant d’avoir écouté. Bref nourrissez-vous de l’expression de la créativité des autres. Le mythe du créateur seul, inspiré en permanence et sans influences de son environnement est faux. Si vous n’écoutez pas ou que très peu de musique, votre cerveau n’aura pas de manière sonore dans laquelle puiser son inspiration !

Tableau de Braque

Georges Braque (1882-1963), Le Port de La Ciotat

Photo prise par Renaud Camus

Faites silence, pour écouter :

Apprenez à calmer vos pensées tourbillonnantes. Respirez ! Et faites le silence avant de vous mettre au piano. L’inspiration vient par l’écoute. L’inspiration vient après l’expiration… Après le lâcher prise. Vous ne pourrez pas entendre votre propre musique intérieure si vous pensez au poulet que vous devez faire cuire ou à la dernière engueulade avec votre conjoint.

La musique émane du silence, gardez cela à l’esprit !

Et quand vous vous mettez à jouer, écoutez le son que vous produisez. C’est dans chaque son qui résonne dans votre pièce, avec votre piano, ce jour-là, que vous créez le suivant. Que la musique soit de vous ou non, un son émane toujours de la note ou du silence qui le précèdent. Si vous ne prêtez pas attention à chaque son, ce ne sera qu’une succession de note mais pas de la musique, pas de l’art qui exprime quelque chose.

Enfin, amusez-vous :

Le jeu est une forme d’improvisation. L’improvisation est un jeu. Il faut savoir « jouer » dans le sens de s’amuser. Travailler son instrument est une affaire sérieuse, mais si vous coupez toute émotion et tout esprit d’amusement, vous videz votre pratique de tout ce qui vous a poussé à apprendre le piano. Ceci peut se faire avec l’aide d’un enfant par exemple, qui sont nos maîtres en la matière. Vous pouvez essayer de retrouver une chanson qu’il aime et trouver un accompagnement. Jouer avec d’autres aide aussi beaucoup à passer à un mode plus vivant et ludique, en nous obligeant à sortir de notre mental.

Enfant qui s'amuse au piano

Photo Woodleywonder

Un peu de pratique d’improvisation au piano :

Le piano est un instrument merveilleux, car toutes les notes sont à disposition et d’accès facile. Comme le dit Bruno du blog Composer Simplement dans cet article, il est également facile de se repérer au clavier pour composer.

La contrepartie de ça, est qu’il y a trop de choix et trop de mains pleines de doigts à occuper. Comme toutes les notes sont à disposition, vous avez besoin d’un cadre, un mode qui vous impose un choix. Si vous jouez toutes les notes de manière aléatoire, vous allez-vous retrouver dans une véritable cacophonie, ou en plein dodécaphonisme, ce qui est peut-être un peu prématuré et ardu. Les douze sons compris entre une note et la même une octave plus haut ne sonnent pas bien ensembles ou jouées de manières proches et désorganisées. On en choisi en général 7 sur les 12, ce qui forme les modes. Les plus connus sont les modes Majeur ou mineur, mais il y en a beaucoup d’autres.

Un exemple de “cadre” intéressant et facile est le fait de vous amuser à jouer uniquement sur les touches noires, ce qui vous fait retirer automatiquement les 7 notes des touches blanches (voir cet article de La Musique et Vous). En faisant cela vous vous retrouvez avec uniquement cinq notes par octaves, faciles à repérer. On appelle cela le mode pentatonique. À la main gauche vous pouvez jouer un accompagnement très simple et statique comme par exemple un fa dièse avec un do dièse à espace régulier. Et à la main droite improvisez des mélodies, toujours uniquement sur les touches noires. Vous allez vite vous retrouver dans une ambiance évoquant souvent l’Asie ! Essayez !

Pour que l’apprentissage de la création musicale au piano soit naturel et progressif, je pense qu’il est intéressant de repasser par les grandes étapes de la polyphonie de la musique :

  • Une mélodie seule jouée par l’une ou l’autre des mains.
  • Une mélodie à la main droite accompagnée à la main gauche par une seule note. Cette note sera rejouée régulièrement, dès qu’on ne l’entendra plus, pour former ce que l’on appelle en théorie musicale une pédale (note tenue tout le long du morceau). De nombreuses musiques anciennes ou traditionnelles sont sous cette forme.
  • Progressivement, l’accompagnement de la main gauche va passer d’une note à deux en formant une quinte, puis trois  et quatre pour former un accord.
  • Enfin la main gauche va enrichir son accompagnement en introduisant des rythmes, des déplacements de plus en plus nombreux sur d’autres notes, au fur et à mesure que la coordination des mains s’améliore. Elle pourra alterner entre deux notes, puis trois, se complexifiant progressivement.

Je ne peux malheureusement pas vous expliquer tout ceci plus en détail dans cet article, déjà bien long ! Mais la démarche générale est là.

« Ce n’est pas pour moi » :

J’entends d’ici ce que vous vous dites intérieurement. Oui mais je ne suis pas capable. Je n’ai jamais su improviser. Il me faut une partition sinon je suis perdu. Ce n’est pas maintenant que je vais m’y mettre. Ce n’est pas pour moi. Et puis de toute façon je n’ai jamais eu d’oreille. Etc.. Et pourtant, sachez que c’est accessible à tous, à condition d’accepter de commencer modestement.

Vous pensez que vous n’avez pas d’oreille, pas d’inspiration. Peut-être que c’est vrai. Mais vous pouvez apprendre. Faites-vous confiance ! Oui, vous allez commencer en faisant des notes « bizarres ». Vos premières improvisation seront très basiques, pauvres et de style enfantin. Rien de génial dans tout cela. Et c’est normal. Persévérez ! Arrosez votre jardin musical tous les jours. Car tout le monde peut accéder au plaisir de l’improvisation avec du désir et de la pratique régulière.

Quand vous sifflotez sous la douche, n’est-ce pas de la musique ? Quand un petit enfant joyeux chante, n’est-ce pas l’expression la plus naturelle qui soit ? Vous aussi étiez comme ça ! Vous avez juste eu besoin mettre de côté cette partie de vous, pour vous consacrer à d’autres choses, et vous avez de très bonnes raisons de l’avoir fait. Mais c’est toujours là et il suffit de vous y reconnecter et de lui permettre de grandir enfin.

 

J’espère que cet article vous aura donné envie de vous mettre à l’improvisation, à la création de votre propre musique. Pour vous y aider également, allez lire les autres articles de ce carnaval en cliquant ici.

Voici une vidéo très bien faite pour aller plus loin dans l’improvisation sur les touches noires, de la chaîne YouTube Le cahier du pianiste :

Comment mettre la pédale de droite au piano

 

Savez-vous comment actionner la pédale de droite au piano ? Cette pédale est indispensable au jeu du piano acoustique. Elle permet de lier les harmonies entre elles dans leurs successions. Mais elle permet aussi de donner un peu de moelleux aux sons de nos pianos modernes. Autrefois les pianos avaient naturellement une légère résonnance, qui créait un halo sonore autour d’une note jouée même sans la pédale enfoncée. Sans parler des ancêtres du piano, l’épinette ou le clavecin qui ne possédaient pas d’étouffoir… Le son pouvait durer jusqu’à son extinction. Ce n’est plus le cas avec les mécaniques actuelles, qui rendent chaque note très “propre” de toute autre résonnance, mais aussi plus “sec”.

Quand on parle de pédale sans préciser quoi que ce soit, il s’agit en général de la pédale forte, celle de droite. Ce sera le cas dans cet article et dans tous les autres.

Comment poser le pied sur la pédale :

Vous devez poser votre pied droit sur la pédale, l’extrémité à l’emplacement du coussinet à l’arrière des orteils. Ce ne sont pas les orteils qui actionnent la pédale, mais le pied. Le talon sera toujours posé par terre et l’extrémité du pied se soulèvera seul par l’action du muscle du dessus du mollet. Dans les débuts, vous pouvez sentir une tension dans ce muscle, jusqu’à ce que celui-ci s’habitue. Ne soulevez pas la jambe non plus, vous n’en avez pas besoin. Le pied suffira et vous permettra d’aller plus rapidement. Le geste doit être rapide et silencieux.

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Si vous n’arrivez pas à soulever suffisamment le pied pour atteindre le haut de la pédale, c’est que soit vous l’avez posé trop en avant, soit votre pédale est réglée trop haut. Il sera possible dans ce cas de demander à votre accordeur de modifier cela. Faites attention aussi aux pianos trop hauts car montés sur de grosses roulettes et/ou des coupelles, car la pédale dans ce cas devient une vraie torture de la jambe…

Tout ceci pour dire que jouer du piano est aussi une histoire de mollet ! Clignement d'œilRachmaninoff disait : “ Il faut maintenir la cheville en bonne forme”.

Petit exercice préparatoire à la pédale : enfoncez la. Imaginez maintenant le fond comme votre base à partir de laquelle vous vous appuyez pour monter et descendre immédiatement en de petits allers et retours rapides et silencieux. Vous devez apprendre à votre pied la distance exacte entre le bas et le haut, afin que vous fassiez le moins de bruit possible à chaque point. Pour cela vous pouvez aussi faire le geste extrêmement lentement en forçant votre pied en contre-résistance (comme si quelqu’un vous empêchait de le bouger). Puis revenez à un geste très rapide.

Deux façons de mettre la pédale forte :

Comme je le disais dans l’article qui présente les trois pédales du piano, vous pouvez trouver des pédales rythmiques et des pédales syncopées. Le principe de la pédale forte est, je le rappelle, de laisser sonner ensemble tous les sons joués pendant ou après son enfoncement, et ce jusqu’à son soulèvement. On évitera donc de laisser sonner dans la même pédale des sons qui ne sonneraient pas bien si on les jouait simultanément.

Voici en détail les deux techniques de pédale à apprendre.

 

La pédale rythmique :

 

Cette technique permet de renforcer la résonnance d’un son ou d’une harmonie, de modifier leur timbre de manière ponctuelle. Elle permet également de lier deux sons ou deux harmonies entre elles à certains endroits précis et de manière bien délimité.

C’est le type de pédale le plus facile à appliquer. Il s’agit d’enfoncer la pédale en même temps que vous jouez une note et de la relever en même temps qu’une autre. Les gestes du pied suivent donc le rythme, d’où le nom de pédale “rythmique”. Cette pédale est largement utilisé par erreur et ignorance à la place de la pédale syncopée (voir plus bas).

Voici comment sera indiqué cette façon de faire :

Pédale rythmique

Vous devez enfoncer le pied quand le crochet descend et le soulever quand il remonte.

Une autre manière plus ancienne d’indiquer ceci est de mettre Ped pour l’enfoncement et * pour le soulevé, comme je l’ai montré dans le précédent article sur la pédale.

 

La pédale syncopée, ou enchaînée :

 

C’est la moins évidente des deux. Mais si vous avez travaillé l’exercice préparatoire écrit plus haut, vous avez déjà le bon geste du pied. Il reste à le coordonner avec les mains, ce qui n’est pas naturel.

Il s’agit de la manière la plus utilisée dans tout le répertoire du piano. C’est celle que vous devez employer quand vous devez mettre la pédale de manière continue sur de grandes parties ou sur le morceau en totalité. Cette pédale permet de relier les harmonies entre elles, et d’avoir un flot de sons continu. Mais  il s’agit de les relier sans les mélanger entre-elles, sinon on tourne rapidement à la cacophonie, transformant le piano en son de hall de gare ou de cathédrale. Beaucoup de pianistes au pied lourd laissent raisonner et “baver” les harmonies les unes sur les autres sans s’en apercevoir, faute d’écoute attentive reliée directement à leur pied.

Le principe de base de cette technique est de profiter de l’attaque d’un son, moment où celui-ci est le plus fort au piano, pour relever et abaisser la pédale en un mouvement rapide, souple, continu et silencieux. Il passe de cette manière inaperçu. Le pied démarre son ascension au moment précis où le doigt touche le fond du clavier, et rabaisse la pédale en suivant. C’est le doigt qui déclenche le soulèvement du pied. Il y a donc décalage entre le geste du doigt et celui du pied. Le pied ne suit donc pas le rythme, mais vient se rabaisser juste après chaque appui rythmique et harmonique, d’où son qualificatif de syncopée.

Deuxième exercice préparatoire : Pied par terre et main sur genoux. Vous allez soulever la main, puis la redescendre pour faire semblant de jouer une note sur votre jambe. Au moment précis où votre doigt touche votre jambe, l’avant de votre pied doit se soulever et retomber ensuite (le talon reste au sol et même s’appuie sur celui-ci). Quand vous êtes à l’aise, faites de même au piano. C’est le même geste, sauf que votre sol c’est le fond de la pédale et que votre jambe est le fond de la touche. Avec l’habitude le geste d’aller et retour deviendra de plus en plus rapide.

Cette technique de pédale est en général indiquée comme sur l’image ci-dessous. Vous aurez un premier crochet qui descend pile sous la première basse (pédale rythmique), puis les changements sont indiqués par une oscillation de la ligne vers le haut comme pour un appareil de surveillance cardiaque.

 

Indication moderne de la pédale continue

 

Dans une écriture plus ancienne et traditionnelle, le changement de pédale s’effectue quand il y a écrit l’abréviation Ped, ou *ped comme ci-dessous. Attention, l’étoile que l’on trouve dans ce cas juste avant l’indication Ped ne veut pas dire de soulever le pied juste avant, mais après comme expliqué plus haut ! Je sais c’est un peu traitre ça !

Ancienne écriture pédale

Il faut bien comprendre que l’important, une fois que la pédale est enfoncée, n’est pas d’enfoncer, mais de soulever. Le geste volontaire du pied doit être celui de soulèvement, tandis que l’enfoncement plus un relâchement qu’autre chose.

Je vais vous montrer tout ceci dans une prochaine vidéo.

Remarque : on peut avoir les deux types de pédales mixés dans un morceau, comme ci-dessous.

Mixe deux types de pédale

Où la changer une pédale continue quand ce n’est pas indiqué :

Il est difficile de dicter des règles absolues en matière de pédale et chaque morceau est un cas particulier. Donc cherchez autant que possible des éditions de partitions où les pédales sont déjà indiquées, le conseil d’un professeur ou d’un pianiste expérimenté. Mais quelques pistes peuvent cependant vous rendre un peu autonomes, quand il s’agit de pédale continue.

En classique :

Il va falloir pister les basses des accords à la main gauche. Sur beaucoup de morceaux elles sont bien visibles comme ici :

Pédale et basses

A la première basse, vous enfoncerez la pédale, puis soulèverez le pied à chaque basses suivantes. Ce qui donnera :

Pédale et basses écrites

Remarque : la plupart du temps il ne convient pas de mettre de la pédale sur les mesures incomplètes de début de partition appelées levées.

En variété :

Si vous avez la chance de vous trouver sur une partition où les changements d’accord sont indiqués comme c’est le cas parfois en variété, vous pourrez changer à chaque nouvel accord. Ils sont en général indiqué avec des lettres et des chiffres comme ci-dessous :

Changer pédale sur les accords

Vous pouvez aussi trouver ce qu’on appelle des tablatures, comme ci-dessous entourées en rouge :

Tablature et pédale

Il s’agit d’un schéma qui montrent aux éventuels guitaristes qui joueraient avec vous comment positionner leurs doigts pour jouer le nouvel accord. Vous allez soulever le pied à chaque basse se trouvant à la verticale de ces tablatures.

 

La pédale pour les enfants :

 

La plupart des enfants ne peuvent pas atteindre les pédales avec leur pied quand ils démarrent l’apprentissage du piano. Et certaines méthodes d’enseignement l’aborde au bout de plusieurs années de pratique. C’est pour moi bien dommage pour eux car ils sont privés d’un élément essentiel de ce qui fait la grandeur et le plaisir du piano. Et le geste de la pédale syncopée est à apprendre au plus vite, sinon il sera bien difficile à intégrer plus tard. Mais les constructeurs de piano ont pensé à tout ! Ils ont créé le rehausseur de pédales, largement utilisé à l’étranger et peu connu en France. Il a l’énorme avantage de permettre à l’enfant de ne pas avoir les pieds qui pendent dans le vide, ce qui le déstabilise fortement.

Vous pouvez cliquer sur l’image pour le voir sur un site de vente en ligne.

Réhausseur de pédale piano

 

Pour moi la pédale doit être abordé le plus tôt possible dans les études de piano et j’espère avoir contribué avec l’écriture de cet article à vous l’avoir fait découvrir ou approfondir. N’hésitez pas à me poser des questions dans les commentaires ci-dessous et à partager cet article à vos amis.

A quoi servent les pédales du piano

 

Vous a-t-on déjà expliqué comment on utilisait la pédale au piano ? C’est ce que je vais faire dans le prochain article, mais avant de rentrer dans les détails de quoi parlons-nous ? Jouer du piano n’est pas seulement jouer avec ses mains sur un clavier. C’est aussi actionner à espace régulier la pédale de droite avec son pied droit, et de temps en temps celle de gauche ou du milieu avec son pied gauche. Avez-vous déjà remarqué le pédalier, cet ensemble de deux ou trois pièces de métal situé en bas et au milieu de votre piano ? Ce sont des éléments importants, car ils sont à la fois une aide pour certains et un complément indispensable au jeu pour d’autres. Voici de manière précise à quoi servent chacune d’entre-elles.

 

Pédalier du piano

Les trois pédales du piano :

La pédale de gauche :

 

La pédale de gauche est appelée la pédale douce. Elle sert à atténuer le son pour donner un timbre plus feutré ou plus doux quand vous jouez un passage de nuance “piano” (quand le son doit être discret peu sonore, contraire de la nuance forte).

C’est indiqué par le petit p que vous pouvez voir parfois dans les partitions :

2017 01 25 nuance piano

Ici il faudra être encore plus doux puisqu’il s’agit d’un pianissimo :

2017 01 25 nuance pianissimo

 

2017 01 25 Signe una corda

Elle s’actionne bien sûr avec le pied gauche, et le pianiste la laisse appuyée pendant plusieurs mesures en générale, voir plusieurs lignes ou pages. Mais vous risquez d’avoir du mal à entendre son effet si vous ne jouez qu’une seule note. Pour entendre véritablement en quoi elle aide à la nuance piano, jouez un passage entier de morceau si vous le pouvez avec la pédale enfoncée, puis sans. Il est indiquée sur la partition de l’enfoncer le plus souvent par deux lettres : UC.

Ce sont les initiales de Una Corda, qui veut dire une corde en italien. Elles évoquent le moyen mécanique qui permet l’adoucissement du son. En effet, sur les pianos à queue actuels, cette pédale décale toute la mécanique légèrement sur la droite de telle sorte qu’il n’y ait plus que deux cordes au lieu de trois qui soit frappées. A l’époque de l’apparition des premiers pianos appelé “piano forte”, il n’y avait que deux cordes et la pédale douce permettait de ne frapper qu’une seule corde.

 

Sur les pianos droits cependant, la mécanique ne se décale pas sur la droite, mais se rapproche des cordes ce qui diminue l’accélération de la frappe des marteaux sur cordes. Ceux-ci frappant de moins loin ont moins de puissance.

Pour indiquer qu’il faut la retirer, il est en général écrit sur la partition Tre Corda ou TC, ce qui signifie vous vous en doutez trois cordes.

2017 01 25 signe arret una corda

Mais tout le monde n’utilise pas cette pédale, car le son sourd qu’elle produit n’est pas apprécié de tous. Je l’utilise pour ma part très peu et préfère chercher la nuance et le timbre avec le toucher de mes doigts. Il semblerait aussi qu’en abuser n’arrange pas votre piano, comme il est expliqué ici. Ne vous en servez donc pas pour ménager vos voisins !!

La pédale du milieu :

 

Elle ne sert pas à la même chose selon que vous êtes sur un piano droit ou un piano à queue.

  • Sur piano droit, c’est une sourdine. Elle n’a aucune utilité musicale. Elle a été conçue pour permettre à vos voisins de garder une santé mentale équilibrée en vous entendant jouer votre morceau depuis trois semaines avec la même faute au même endroitConfus. Une bande de feutre descend entre les cordes et les marteaux. Pour l’actionner il faut selon les modèles soit l’appuyer à fond une fois pour la bloquer et une autre fois pour la débloquer, soit appuyer à fond et la faire glisser sur la gauche pour la bloquer et inversement pour la débloquer. N’abusez pas également de cette pédale, car vous perdrez à la longue tout plaisir musical, ainsi que l’habitude du niveau sonore du piano. Elle doit juste dépanner pour travailler le soir de temps en temps.
  • Sur piano à queue, c’est la pédale tonale. On l’appelle également pédale de soutien ou Sostenuto (Italien toujours). Elle garde la résonnance de certaines touches de manière sélective, permettant alors de libérer la main pour jouer d’autres parties sur le clavier. Pour vous en servir, il faut jouer des touches, puis appuyez cette pédale. Vous pouvez maintenant jouer d’autres notes, le son des précédentes sera maintenu jusqu’à ce que vous souleviez le pied. On l’actionne avec le pied gauche également pour pouvoir laisser le pied droit libre d’utiliser la pédale de droite, la plus utilisée et indispensable.

 

La pédale de droite :

 

Appelée pédale forte, c’est, comme je viens de le dire, la plus utilisée. Elle s’actionne avec le pied droit. Elle permet de donner de l’ampleur à la résonnance du son et de maintenir tout les sons joués pendant qu’elle est enfoncée. Contrairement à la pédale tonale (voir ci-dessus), vous ne pourrez pas jouer de son staccato, piqués (glossaire pour la définition de ces termes musicaux) ou détaché tant qu’elle est actionnée.

Dans la mécanique, vous avez en permanence des petites pièces en feutre posées sur les cordes afin qu’elles ne puissent pas entrer en résonnance si une vibration sonore les frôle. Ces petites pièces sont appelées les étouffoirs.

Étouffoirs d'un piano à queue

Étouffoirs d’un piano à queue

En effet un son se propage par la vibration de l’air et s’il rencontre une corde libre de vibrer, celle-ci va émettre un son également assez faible mais perceptible. On appelle ça vibrer par “sympathie”… chouette comme terme n’est-ce pas ?!

La pédale forte libère toutes les cordes des étouffoirs. Tous les sons que vous jouerez après avoir enfoncé cette pédale vont être gardés même après le départ du doigt, mais de plus vont faire vibrer les autres cordes, créant un halo sonore bien agréable. Quant je dis agréable, c’est à condition qu’elle soit bien utilisé Clignement d'œil. Je vous expliquerai comment faire dans le prochain article.

Deux façons de jouer la pédale forte :

 

Il y a deux manières courantes d’utiliser cette pédale forte.

  • Quand on l’appuie de manière épisodique, c’est la pédale rythmique.
  • Quand on l’appuie en permanence en relevant très brièvement et régulièrement le pied, c’est la pédale syncopées ou de liaison des harmonies. Les résonnances sont de cette manière régulièrement nettoyées pour que le morceau ne devienne pas une véritable cacophonie.

 

La pédale rythmique est indiquée sur les partitions de plusieurs manières. Soit par des crochets comme sur l’image ci-dessous. Il faudra l’enfoncer au début du crochet et la soulever à la fin.

2017 01 25 Indication de pédale en crochet au piano

Soit par les trois lettres Ped pour indiquer de l’enfoncer et une étoile pour la relever.

2017 01 25 Indication ancienne de pédale au piano

 

La pédale syncopée est indiquée en générale par des crochets se rejoignant avec le signe ^ pour indiquer le mouvement de changement bref. Il faudra relever complètement la pédale lorsque la ligne continue de crochets se termine.

 

Indication de pédale syncopée au piano

Dans un prochain article je vous montrerai comment faire et comment vous y entraîner avec des exercices. En effet ces mouvements posent souvent des problèmes de coordination pied-main qu’il faut dépasser par une répétition régulière et constante.

 

Pour les claviers numériques :

Si vous possédez un clavier numérique qui ne présente pas de pédale, sachez qu’il est souvent possible d’en rajouter une avec un fil de connexion comme sur les modèles que vous pouvez voir en cliquant ici. Attention juste de prévoir une surface non glissante pour le pédalier ou que votre modèle en présente lui-même, car sinon vous risquez de courir régulièrement le chercher à l’autre bout de la pièce ! Bon j’exagère un peu c’est vrai, mais sachez que c’est très agaçant à la longue d’avoir le pied et la pédale qui glisse pendant que vous jouez !

 

Si cet article vous a plus, merci de le partagez à vos amis ou sur des groupes de discussions musicaux sur les réseaux sociaux.

Comment apprendre un morceau : Ayez peur, mais allez y !

 

Aujourd’hui je veux vous parler d’une des bonnes habitudes les plus difficiles à ancrer pour beaucoup d’entre nous dans notre manière d’apprendre un morceau au début : faire le bon choix des passages sur lesquels se concentrer.

En effet, j’entends beaucoup :”Je ne comprends pas, j’ai beaucoup travaillé et je n’y arrive pas”. Cette remarque peut cacher beaucoup d’habitudes de travail non productives. Et celle qui suit en est une !

Quand je creuse un petit peu en discutant, je me rends compte régulièrement que le morceau a été joué depuis le début un grand nombre de fois, et qu’à la première difficulté, il a été repris au début et ainsi de suite. Imaginez tout ce temps à répéter ce qui est déjà bien et qui va continuer à creuser le fossé entre les passages sus et les autres… Le temps n’est-il pas précieux ? Si vous le passiez à faire ce qui vous apportait vraiment une progression dans ce morceau tant aimé !

 

Repérer les passages difficiles dans vos partitions

 

Travailler les passages difficiles :

 

Il est bon de travailler tout de suite les passages difficiles. Mais savez-vous tout de suite à la première lecture quels sont-ils ? Par forcément. Déjà, un truc qui marchera 9 fois sur 10, c’est de laisser le thème du début pour plus tard. Pourquoi ? Parce que le début d’un morceau est la plupart du temps plus simple que la suite. Vous y trouvez en général le thème qui vous a enchanté à la première écoute, et il y a peu de chance que vous y trouviez déjà des altérations ou des éléments perturbateurs. Vous êtes à ce stade du morceau comme dans les films : la vie est belle, tout le monde s’entend bien, mais tout à coup !… et c’est là que ça se corse (voir le prochain chapitre).

Beaucoup de parallèles sont d’ailleurs possibles entre théâtre/cinéma et musique. Ces trois arts se déroulent dans le temps et sont éphémères.

Théatre

Bon, je sais. Ce que j’ai conseillé précédemment est très frustrant. Je ne vous dit pas de ne pas vous faire plaisir, mais sachez consciemment à ce moment là que vous ne travaillez pas… A moins que vous ne travaillez votre son ! Et là je n’ai plus rien à dire ! Mais restez vigilant de ne pas vous leurrer.

Vous pouvez avoir des passages qui vous font tout de suite peur à première vue. Mais il peut arriver que vous vous rendiez compte en les travaillant que ce n’est pas un passage qui vous pose tant de problèmes que ça (voir plus bas l’exemple). Vous serez donc vite rassuré et oublierez vite votre appréhension. Si vous l’évitez trop longtemps, vous risquez de faire une montagne de quelque chose qui aurait pu être vite réglé. Ce qui est pris dès le départ comme un problème risque fort de le devenir pour de bon et vous aurez du mal à vous retirer l’appréhension de ce passage ensuite.

Les difficultés se trouvent souvent dans les moments où il “se passe” quelque chose sur le plan musical. Un évènement comme un changement de tonalité (l’apparition d’altérations), une nuance différente, l’arrivée d’un nouveau thème ou une nouvelle cellule rythmique, amènent souvent leur lot de difficultés.

 

Les passages stratégiques sont souvent au même endroit :

 

J’ai remarqué au niveau des proportions générales des œuvres musicales (comme dans les œuvres cinématographiques ou théâtrales encore) que les passages les plus difficiles se trouvent souvent (mais pas systématiquement à partir d’un certain niveau de complexité) dans la deuxième moitié, ou vers la fin du deuxième tiers, avant le retour à l’accalmie de la fin… A vous de vérifier. Bien sûr, pour certaines formes comme le rondo ou le thème et variation, cela ne s’applique pas pour l’œuvre générale mais plutôt pour les différentes parties. Cette remarque peut se faire à tous les niveaux comme la phrase qui est souvent plus facile en début qu’en fin, et la mesure également…

 

Mesure compliquée

 

Attention, l’écriture des partitions est trompeuse !

 

En effet, le fait que cet endroit soit “noir” de notes ou de signes dont vous ne maitrisez pas la signification ne veut pas dire qu’il soit réellement difficile à exécuter.

D’abord renseignez-vous bien sûr sur chaque signe que vous ne connaissez pas.

Signes bizarres

L’annexe de ma méthode de lecture de notes que j’offre en bonus peut d’ailleurs vous y aider. Vous la trouverez sous le titre Vocabulaire de notation.

Signes bizarres 1

 

Puis travaillez le passage sans vous poser de questions.

Je fais souvent cette métaphore : Si vous avez déjà fait de la randonnée en montagne, avez-vous remarqué que si une fois fatigué on vous montre le sommet, vous êtes découragé. Mais si vous continuez à marcher pas après pas sans regarder votre but tout en haut, vous découvrez d’un seul coup que vous êtes arrivé… Et bien faites la même chose avec vos morceaux.

 

Allez là où ça fait peur

Ne pas confondre difficulté de lecture et difficulté d’exécution :

Au sujet du rythme, son écriture est parfois trompeuse. J’attire votre attention sur le fait par exemple que le rythme ci-dessous

Rythme 1

sonnera de la même façon que celui-ci

2017 01 16 rythme 2

ou celui-ci

2017 01 16 Rythme 3

et enfin celui-ci qui a l’air vraiment inquiétant n’est-ce pas ?

2017 01 16 Rythme 4

Si vous regardez bien, il y a les mêmes rapports du simple au double ou inversement à chaque exemple.

Le rapport entre les différentes valeurs est le même et donc ils pourront sonner exactement de la même façon. Tout dépend du tempo que vous prenez. Pour le dernier, si le tempo est Lento (c’est à dire très lent), il pourra sonner exactement pareil que le premier à un tempo type Presto (c’est à dire très rapide) ! Le rythme, ou plutôt les rapports entre les différentes valeurs rythmiques entre elles, sont relatifs. Ils dépendent de la vitesse de la pulsation choisie.

En revanche ce qui peut vous poser problème, c’est que vous ayez des difficultés à lire le dernier si vous n’avez pas l’habitude, alors que certainement le premier sera vite compris. C’est donc plus un problème de lecture qu’une difficulté technique.

 

Bien sûr je pars du principe que votre morceau est adapté à votre niveau technique de piano. Sinon, les conseils ci-dessus ne sont pas une priorité, mais plutôt de vous trouver un autre morceau… Clignement d'œil

 

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Mon piano est malade !

 

Voici un article pas tout à fait comme les autres… c’est un retour d’expérience, un partage.

Je suis catastrophée, car depuis quelques temps mon piano est méconnaissable ! Mon accordeur est venu officier mi-novembre comme à chaque fois, trois semaines après la mise en route de mon chauffage. Sur le moment, comme d’habitude, c’est un vrai bonheur de jouer sur mes deux pianos nouvellement accordés. Ils retrouvent toute leurs couleurs et leur finesse. Je suis une pianiste heureuse.

Un piano en difficulté :

Mais une quinzaine de jours plus tard, mon piano demi-queue Seiler commence à avoir des touches au centre du clavier qui ne remontent plus. Sur l’instant, je n’y prête pas trop attention, mais il se transforme progressivement en piano “bastringue” ! Le clavier devient de plus en plus lourd à jouer et certaines octaves sonnent faux. Le timbre est devenu sourd, comme si je l’entendais avec des oreilles bouchées. Voilà une chose que je savais possible, mais qui ne m’était encore jamais arrivé avec ce piano. En effet il a toujours pu tenir l’accord pendant un an voir un an et demi. Et cette fois en quelques petites semaines il est déjà désaccordé !

Catastrophe sur un piano en secheresse

Habitant à Bordeaux, une ville réputée pour son humidité, je soupçonne un trop-plein d’humidité et j’en parle autour de moi. On me conseille d’essayer de sécher la mécanique avec un séchoir, ce que je fais sur le champs. Mais voilà que la mécanique devient encore plus lourde ! Certains de mes anciens élèves (qui aimeraient bien me le piquer, ce piano…) se plaignent de ne plus arriver à jouer et de ne pas le reconnaître, en se tournant vers moi, très étonnés.

Découverte :

C’est alors que je ramène mon hygromètre dans la pièce du piano pour vérifier le taux d’humidité. Je le laisse pendant une heure prendre les mesures. Et à mon grand étonnement, je découvre ce jour là que je suis à 32 % d’humidité ! C’est complètement l’inverse de ce que je croyais. J’ai beau être dans une ville humide, et être obligée de déshumidifier la cave qui se trouve juste en dessous, j’ai dans mon salon en plein hiver, un taux d’humidité bien dangereux pour mon piano.

Hygrométrie trop basse pour un piano

36% donc avant humidificateur en action…

Il est intéressant de constater par moi-même ce que je ne savais que théoriquement : un piano splendide peut être complètement déréglé et désaccordé, et ainsi ne plus du tout exprimer sa qualité s’il est entreposé dans des conditions non appropriées.

Je précise que ce même piano, a vécu pendant dix ans dans un studio de musique, également à Bordeaux et où j’avais le problème inverse.

Studio de musique à Bordeaux

On y frôlait régulièrement les 78 voir plus de 80 %. J’avais acheté à cette époque un déshumidificateur électrique, car je me faisais beaucoup de soucis sur les éventuels dommages que ces conditions pourraient entraîner. Mais il n’a jamais montré de signe de souffrance. J’ai déménagé en septembre, il y a un an et demi, et voyant que le la nouvelle pièce à ce moment là était dans de bien meilleures conditions hygrométriques, j’ai été rassurée et ai cessé de surveiller. Je n’ai eu, de plus, aucun problème le premier hiver, mais peut-être était-il encore gorgé d’eau. Les problèmes peuvent donc se révéler un an plus tard.

Ce que je vous disais donc dans mon article sur comment entretenir son piano, est donc bien vrai. Trop de sécheresse est pire que le trop d’humidité. Dans une certaine proportion bien sûr. Si vous êtes à 90%, ce ne sera vraiment pas bon non plus. Mon erreur a été de ne pas appliquer ce que je vous ai dit ! C’est-à-dire de surveiller régulièrement l’hygrométrie près du piano, mon hygromètre étant entreposé depuis quelques mois dans un coin de la pièce à coté. Comme on dit dans le dicton : “Faites ce que je dis mais pas ce que je fais” Yeux roulants.

De nombreux facteurs peuvent rentrer en ligne de compte :

Les saisons, le temps extérieur, le chauffage, la proximité d’une pièce humide comme la cuisine ou la salle de bain. Si la pièce est au ras du sol, ou au contraire au dessus d’un sous-sol ou d’un étage. Quelque soit le taux d’humidité dehors, on peut tout à fait créer un microclimat très différent à l’intérieur. Bref ! Il n’y a pas de secret, il faut surveiller !!!

 

Un essai pour régler le problème :

Pour régler le problème au plus vite, j’ai donc commandé un humidificateur en urgence. Il est arrivé hier.

Livraison humidificateur

 

Voici l’engin en action, mettant mon salon dans une ambiance brumeuse de conte fantastique…

humidificateur en action pour le piano

Je vous tiendrai bien sûr au courant dans un prochain article de l’évolution de la situation.

Voilà, j’espère que ce témoignage vous aura sensibilisé à la surveillance du “climat” de votre pièce de piano, et en particulier en hiver. Dites-moi dans les commentaires si cela vous est déjà arrivé, ou si vous avez des informations à ce sujet qui mériteraient d’être partager avec tout le monde.

 

Exercice d’échauffement n°5

Voici le dernier exercice de cette série de cinq exercices d’échauffement de la main pour le piano. Il vient compléter un mouvement global pour les doigts qui commence avec le troisième et se poursuit avec le quatrième. Le kinésithérapeute Philippe Chamagne, spécialisé dans le soin des musiciens instrumentistes , donne quant à lui un seul exercice global, mais j’ai remarqué qu’il était difficile pour certaines personnes de faire correctement l’exercice, alors je l’ai coupé en trois. Mais vous allez voir dans cette vidéo qu’avec ce cinquième exercice, tout est assemblé.

 

Voici la transcription texte de la vidéo :

Dans ce texte, il est question de la phalangette. Si vous ne savez pas de quoi je parle, reportez-vous au schéma ci-dessous.

Le nom des différentes phalanges

Voilà nous arrivons à la fin de cette série d’exercices.

Ce cinquième exercice, lui, fait travailler la petite phalange (la phalangette). Il y en aura d’autres des exercices pour cette petite phalange, parce que je trouve que c’est vraiment important de la travailler sur plusieurs mouvements, pour vraiment en prendre conscience et la développer.

La position de base :

On est dans la position finale du quatrième exercice. C’est-à-dire phalanges et phalangines pliées. J’ai le pouce un petit peu en avant. Ma main un petit peu vers l’extérieur et au-dessus du niveau de mon avant-bras.

L’exercice lui-même :

Là, je vais accrocher ma paume et remonter. Et là pour redescendre je suis obligé de passer par l’exercice trois, puis l’exercice quatre et je termine par le cinq. C’est là où nous avons l’ensemble du mouvement préconisé par Philippe Chamagne. Premières (phalanges)… deuxièmes (phalangines)… et troisièmes (phalangettes).

Exercice d'échauffement piano

La même chose pour la main gauche. J’accroche ma paume et je glisse tout le long jusqu’à la base de mes doigts, au maximum. Il se peut au début, que vous n’arriviez pas à toucher (l’intérieur de la paume)jusqu’au bout. C’est pas grave, comme d’habitude vous le savez maintenant, petit à petit vous allez la renforcer.

Puis vous dépliez les doigts.

Une vidéo pour le faire avec moi et en musique :

Voilà ! On est arrivé à la fin de cette série. Mais il y en aura d’autres…

 

Dites-moi dans les commentaires comment ça se passe pour vous suite à ces cinq vidéos ! Est-ce difficile de pratiquer ces mouvements ? Etes-vous à l’aise ? Suis-je assez claire dans mes explications ?

Exercice d’échauffement n°4

 

Si vous n’avez pas vu la vidéo de présentation des exercices, je vous invite à le faire avant de visionner celle ci-dessous en cliquant ici.

 

Dans cette vidéo, il est question de travailler l’articulation de la phalangine. Si vous ne savez pas de quoi je parle, reportez-vous au schéma ci-dessous.

Le nom des phalanges

 

Voici la transcription texte de la vidéo :

Bonjour ! voilà le quatrième exercice. Je le montre cette fois-ci sur le côté.

 

La position de base :

Je descends la phalange que j’ai travaillée dans le troisième exercice.

 

L’exercice lui-même :

Et maintenant (je vous le montre sur le côté), je vais descendre uniquement la phalangine. Puis je remonte, mais en revenant à la position finale du troisième exercice.

Le pouce, lui, va essayer de se mettre un peu vers l’avant. Ne le maintenez pas sur le même plan que la main, crispé. Essayez de l’avancer.

Il est mieux de faire cet exercice sur le côté. Mais si vous voulez au début, vous pouvez le faire devant vous pour mieux prendre conscience et pour bien regarder.

 

Gardez la position de la paume :

Vous remarquez que je suis toujours un petit peu vers l’extérieur, est toujours un peu vers le haut au niveau de la paume.

La main gauche, c’est pareil. Je suis un petit peu vers l’extérieur (donc vers la gauche), je remonte un petit peu ma paume. Là je vais descendre ma grande phalange, pour me trouver dans la position de base, puis j’actionne ma phalangine.

 

Une vidéo pour le faire avec moi et en musique :

C’est fini pour le quatrième, à bientôt pour le cinquième !

 

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Au 5ème exercice, nous travaillerons la phalangette !

Exercice d’échauffement n°3

 

Si vous n’avez pas vu la vidéo de présentation des exercices, je vous invite à le faire avant de visionner celle ci-dessous en cliquant ici.

 

Voici la transcription texte de la vidéo :

 

Bonjour ! Voilà le troisième exercice !

Le troisième, le quatrième et le cinquième exercice sont des exercices qui au bout du compte vont faire un seul exercice. Mais je préfère isoler chaque mouvement, pour que vous preniez vraiment conscience de chaque petite articulation.

La première articulation qu’on va travailler est celle de la grande phalange. Maintenant on parle des doigts, on n’est plus au niveau du poignet.

 

Articulation grande phalange

 

Image de Frédéric Bisson

Une position de base :

On a une position de base à respecter, comme dans le deuxième exercice. On est un peu vers l’extérieur. Et cette fois ci, un petit peu vers le haut.

Comme vous le voyez je lève légèrement ma main. Je ne suis plus à plat complètement comme dans le premier exercice. J’ai construit avec le premier exercice le fait d’être un peu vers l’extérieur, avec le deuxième exercice celui d’être un peu vers le haut. J’ai pris beaucoup de marge, parce que j’ai beaucoup levé ma main. Mais maintenant, il va falloir que vous fassiez les trois exercices suivants en surveillant que la main reste bien dans une position extérieur et relevée légèrement.

Qu’est ce que vous allez faire maintenant ? Vous allez plier uniquement vos doigt mais à plat. Et c’est pareil que pour les autres exercices, je vais loin, parce que ça fait longtemps que je travaille ça donc c’est normal, mais je n’avais pas du tout cette capacité il y a vingt ans.

 

Le mouvement lui-même :

Donc le mouvement est juste de baisser les doigts (serrés les uns contre les autres) et les remonter. Plusieurs fois, et toujours lentement. La lenteur est préférable à la vitesse, car elle impose la maîtrise.

 

Exercice d'échauffement des doigts pour le piano

 

Je monte, je descend les doigts et en mêmes temps je prends conscience de l’articulation de la grande phalange. Je l’isole. Si vous en pliez d’autres, ce n’est pas grave, mais essayez petit à petit de l’isoler en ne faisant bouger que la grande phalange, afin d’en prendre réellement conscience.

Bien sûr je le fais sur le côté, en position pianistique. Évitez de coller le coude contre le corps. Au piano, on est quand même toujours coudes écartés (du moins décollés) du torse.

Coudes écartés au piano

Même chose à l’autre main. J’écarte un peu le coude sur le côté, je me mets vers l’extérieur, et un petit peu vers le haut et je descend mes doigts à plat lentement.

 

Si ça tremble :

Ça peut trembler au début. C’est parfaitement normal. Les muscles qu’on ne fait pas travailler d’habitude, ou en tout cas qu’on n’a pas l’habitude consciemment de faire travailler pour des gestes précis, tremblent. Si vous avez déjà expérimenté certaines activités physiques, vous avez certainement remarqué cela. C’est toujours comme ça quand on sollicite un muscle qu’on n’a pas l’habitude de faire travailler. Ça tremble ? Laissez trembler ! Parce que petit à petit ça va s’arrêter, ça va devenir plus fluide de jour en jour. Bien sûr, il faut que vous vous entrainez régulièrement.

 

Une vidéo pour le faire en temps réel avec moi et en musique :

 

 

Voilà le troisième exercice. A bientôt pour le quatrième exercice !