Le clavier Yamaha P-223 (P-225) : mon avis en plein air d’un piano numérique portable
Vous cherchez un piano numérique suffisamment léger pour voyager, mais assez sérieux pour réellement travailler ? Dans cette vidéo, je vous présente le Yamaha P-223 que j’utilise notamment pendant mes vacances. Je vous montre ses principales fonctions, ce que je pense de son toucher et de ses sonorités, comment je l’utilise pour travailler et m’enregistrer, mais aussi les limites que je vois à l’utilisation exclusive d’un piano numérique.
Retrouvez ci-dessous la transcription complète et légèrement adaptée de la vidéo pour en faciliter la lecture.
Vous préférez lire plutôt que regarder la vidéo ?
Vous trouverez ci-dessous une transcription éditée de la vidéo. Les répétitions et hésitations propres à l’oral ont été retirées afin de rendre la lecture plus agréable, sans modifier le fond de mes propos.
Yamaha P-223 : un piano numérique léger pour travailler partout
Dans cette vidéo un peu différente de celles que je tourne habituellement, je vous emmène avec moi en Aveyron. Face à un superbe paysage, je travaille sur le piano numérique que j’utilise depuis quelque temps : un Yamaha P-223.
Pendant longtemps, j’ai été assez réticente vis-à-vis des pianos numériques. Ils étaient déjà performants, mais la qualité n’était pas toujours au rendez-vous et, surtout, ils pouvaient être extrêmement lourds.
J’en ai pourtant possédé un dès l’âge de 18 ans. Pendant mes études, il me permettait de travailler ma technique sans faire trop de bruit pour les voisins. J’avais choisi un Clavinova, qui était déjà un très bon instrument, mais il était difficilement transportable.
Aujourd’hui, la situation a beaucoup changé.
Je vais donc vous présenter ce petit piano que j’aime beaucoup et, plus largement, vous montrer tout ce qu’un piano numérique portable peut permettre à un pianiste.
Le Yamaha P-223 et le P-225
Le clavier que j’utilise est un Yamaha P-223. Il ressemble énormément au Yamaha P-225.
Lorsque je l’ai acheté, la différence de prix entre les deux était d’environ une centaine d’euros. Le système de pédales et le meuble proposés étaient également différents.
Comme je recherchais avant tout quelque chose de simple et de facilement transportable, j’ai choisi le P-223 avec une seule pédale de sustain.
Je n’avais pas spécialement besoin de transporter une pédale douce et une pédale centrale.
Un véritable clavier de 88 touches, mais transportable
L’un de ses principaux avantages est son poids : environ 11,5 kg.
Cela change énormément de choses.
Je peux transporter le piano depuis la maison jusqu’au fond du jardin sans difficulté excessive. Et même si je travaille mes bras par ailleurs — ce qui est aussi utile pour une pianiste ! — je préfère tout de même éviter de transporter inutilement des instruments de 20 ou 25 kg.
On dispose bien des 88 touches d’un piano.
Le clavier est lesté et le toucher n’est pas exactement identique dans les graves et dans les aigus. Il est plus ferme dans les graves, ce qui cherche à se rapprocher du comportement d’un piano acoustique.
Yamaha appelle ce système le GHC.
Je ne vais pas entrer ici dans tous les détails techniques. Ce qui m’intéresse surtout est de vous faire part de mon expérience de pianiste et de ce que cet instrument me permet réellement de faire.
Que vaut le toucher du Yamaha P-223 ?
On retrouve un toucher lourd qui se rapproche de celui du piano.
Je trouve l’ensemble très agréable et suffisamment équilibré pour véritablement travailler.
Évidemment, en tant que professionnelle, je ne pourrais pas travailler exclusivement sur ce piano numérique pendant plusieurs mois.
Lorsque je rentre chez moi et que je retrouve mon piano à queue ou mon piano droit, il me faut généralement un jour ou deux d’adaptation. Mon piano acoustique me paraît soudain beaucoup plus lourd.
Il est cependant possible de modifier la réponse du clavier.
Je règle personnellement la sensibilité sur Hard, de manière à devoir davantage solliciter le clavier. Cela me permet d’être le moins possible déshabituée à produire de la force lorsque je retrouve mon piano acoustique.
Dans l’ensemble, le toucher reste vraiment très proche de ce que l’on attend d’un piano et je le trouve particulièrement agréable pour un instrument aussi léger.
Jouer du piano dehors
C’est probablement le bénéfice que j’apprécie le plus.
Avec un piano de ce poids, il devient réellement possible de sortir jouer dans un jardin ou en pleine nature.
Bien sûr, je ne fais pas cela tous les jours. Cela demande tout de même un peu d’organisation.
Il faut vérifier la météo, éviter la pluie et faire attention au vent.
Si vous utilisez des partitions papier, pensez également à prévoir de grosses pinces. Les pinces métalliques utilisées pour tenir des documents sont particulièrement pratiques, à condition qu’elles puissent s’ouvrir suffisamment pour accueillir une partition un peu épaisse.
Mais si vous avez un jour la possibilité de jouer en plein air, je vous conseille vraiment d’essayer.
C’est extrêmement agréable.
J’ai plusieurs claviers, notamment des claviers de scène, mais certains sont tellement lourds que je n’envisagerais pas de les sortir de la maison le matin pour les rentrer le soir.
Avec celui-ci, cela ne me pose aucun problème.
Les différentes sonorités
Le Yamaha P-223 propose plusieurs sons.
Personnellement, j’utilise surtout le son de piano, mais certaines autres sonorités sont très réussies.
J’aime beaucoup, par exemple, le son d’orgue d’église. Il permet de s’amuser à improviser avec de beaux accords très amples.
Le clavecin possède également un son très fin et agréable.
Et si vous souhaitez jouer quelque chose de plus proche des pianos électriques des années 1980 ou d’un univers à la Elton John, les sons proposés fonctionnent très bien.
Les différents sons de piano
On dispose notamment de plusieurs pianos :
Grand Piano, Live Grand, Ballad Grand et Bright Grand.
Pour la musique classique, j’utilise presque exclusivement le premier : Grand Piano.
Le son est issu d’un Yamaha CFX et, personnellement, j’aime énormément les pianos Yamaha.
Les autres sonorités permettront plutôt d’adapter le timbre au style recherché : quelque chose de plus brillant, plus doux, plus chaleureux, plus jazzy, etc.
Pour mon utilisation classique, le Grand Piano me suffit parfaitement.
Résonance et restitution du son
Le clavier utilise notamment le système VRM Lite, destiné à simuler la résonance des cordes d’un piano acoustique.
La réverbération et les phénomènes de résonance sont particulièrement bien simulés.
Sans entrer dans tous les termes techniques, on est vraiment sur une restitution de très bonne qualité.
Les enceintes se trouvent à l’arrière du clavier.
Il peut donc être intéressant de placer l’instrument relativement près d’un mur — sans évidemment le coller contre celui-ci — afin que le son puisse profiter de la réverbération de la pièce.
Les rythmes et l’accompagnement
Le piano propose également de nombreux rythmes.
On peut improviser avec des accompagnements jazz, blues, latinos et bien d’autres styles.
On dispose aussi d’un accompagnement qui réagit à ce que l’on joue à la main gauche.
Dès que l’on joue une basse, le piano peut générer un petit accompagnement.
Pour l’improvisation, c’est très agréable et très entraînant.
Travailler face à un paysage
Lorsque je travaille dehors, j’aime énormément pouvoir regarder au loin.
C’est quelque chose que j’observe aussi lorsque j’écris, lorsque je prépare des formations ou lorsque je réfléchis : je travaille mieux lorsque mon regard peut porter loin.
Ici, en Aveyron, près de Cajarc, j’ai précisément cette possibilité.
C’est un endroit auquel je suis très attachée parce qu’il fait partie de mes souvenirs d’enfance.
Et pouvoir aujourd’hui y transporter mon piano facilement est un vrai luxe.
Partager le clavier en deux
Une fonction intéressante permet de diviser le clavier en deux zones disposant du même registre.
Cela peut notamment être utile dans le cadre d’un cours.
Un professeur peut ainsi jouer quelque chose devant son élève exactement dans le même registre, sans avoir à changer de place.
Il est également possible de modifier le registre des différentes parties du clavier.
Ce n’est pas une fonction indispensable pour moi, mais elle peut être pratique dans certaines situations pédagogiques.
Deux prises casque pour jouer à quatre mains
Autre détail intéressant : le piano dispose de deux prises casque.
Cela signifie que deux personnes peuvent jouer ensemble à quatre mains tout en utilisant chacune un casque.
Vous pourriez donc parfaitement répéter un quatre mains tard dans la soirée sans déranger votre entourage.
C’est une possibilité que je trouve particulièrement bien pensée.
Transposition et autres fonctions
Le piano permet évidemment de transposer.
On peut déplacer l’ensemble du clavier d’une octave ou transposer par demi-tons.
C’est pratique si vous devez rapidement accompagner quelqu’un dans une autre tonalité et que vous ne savez pas encore transposer naturellement.
Mais cela reste pour moi une solution de dépannage : je vous encourage malgré tout à apprendre progressivement à transposer vous-même.
Il est également possible de partager différents sons entre les mains ou d’utiliser des fonctions que l’on retrouve aujourd’hui sur de nombreux pianos numériques.
Le métronome intégré
On dispose également de tous les outils habituels de travail, notamment le métronome intégré.
Le tempo peut être réglé sur une très grande plage, avec différentes possibilités de mesure.
Le piano permet aussi de modifier l’accordage de référence si nécessaire.
Ce sont de petites fonctions, mais elles évitent d’avoir systématiquement besoin d’un appareil extérieur.
Jouer avec les morceaux intégrés
Le piano contient également des morceaux préenregistrés.
Une fonction permet de travailler séparément avec l’une des deux mains.
Le piano peut par exemple jouer la main droite pendant que vous jouez la gauche, ou inversement.
Je ne l’utilise pas personnellement de manière régulière, mais cela peut constituer un outil d’apprentissage intéressant.
S’enregistrer : une fonction particulièrement utile
J’accorde beaucoup d’importance à l’enregistrement dans le travail du piano.
Le Yamaha P-223 permet de s’enregistrer directement.
Pour moi, c’est une fonction pédagogique particulièrement intéressante.
La principale limite est que l’on ne peut conserver qu’un nombre très limité d’enregistrements directement dans l’instrument.
Si vous travaillez plusieurs morceaux, vous aurez assez vite envie de conserver différents essais.
On peut heureusement connecter le clavier à un smartphone ou à une tablette, ce qui ouvre davantage de possibilités d’enregistrement et de sauvegarde.
On peut alors conserver plusieurs morceaux, les partager et les réécouter.
On peut également utiliser l’enregistrement pour travailler une main avec l’autre.
Vous pouvez par exemple enregistrer votre main droite, puis jouer la main gauche pendant que le clavier restitue ce que vous venez d’enregistrer.
C’est extrêmement utile pour le travail.
Pourquoi je conseille aux pianistes de s’enregistrer
Lorsque nous jouons, nous n’entendons pas toujours exactement ce que nous faisons.
S’enregistrer permet ensuite de reprendre la partition tranquillement et de vérifier si nous jouons réellement ce que nous pensions jouer.
C’est un formidable outil de prise de recul.
Et le fait de disposer directement de cette possibilité dans le piano est un vrai avantage.
Utiliser le piano comme enceinte Bluetooth
Autre fonction sympathique : il est possible de connecter son téléphone au piano en Bluetooth pour diffuser de la musique par ses enceintes.
Le piano devient alors en quelque sorte une chaîne hi-fi.
Et comme les enceintes sont de bonne qualité, cela fonctionne vraiment bien.
On peut même imaginer poser une tablette sur le pupitre et regarder un film en utilisant le piano comme système audio.
En voyage, c’est plutôt pratique.
Connecter EarMaster ou un appareil MIDI
Pour ceux d’entre vous qui utilisent EarMaster pour travailler leur oreille, le piano peut également être relié à un appareil grâce à sa connexion MIDI/USB.
Selon le téléphone ou la tablette utilisée, vous aurez éventuellement besoin d’un adaptateur.
Avec un iPhone, par exemple, cela dépendra du type de connecteur dont dispose votre appareil : Lightning ou USB-C.
À qui s’adresse ce piano ?
Je peux déjà vous parler de mon propre cas.
Je suis pianiste professionnelle. Je ne suis pas concertiste internationale, mais j’ai évidemment des exigences assez élevées vis-à-vis d’un clavier.
Et je peux travailler très correctement sur cet instrument pendant une dizaine de jours.
Je fais simplement attention à ne pas avoir un concert immédiatement après mon retour.
L’année dernière, j’avais un concert trois jours après mes vacances et cela s’est très bien passé. J’avais eu suffisamment de temps pour retrouver les sensations de mon piano acoustique.
Le problème du volume sonore
Il existe un phénomène auquel on ne pense pas toujours avec les pianos numériques.
Comme nous avons la possibilité de baisser le volume, nous avons naturellement tendance à jouer moins fort pour ne pas déranger les autres.
Lorsque l’on retrouve ensuite un piano acoustique, le volume sonore peut devenir assez impressionnant.
Personnellement, c’est presque davantage mon oreille que mes doigts qui a besoin de se réadapter.
Lorsque je retrouve mon piano à queue, la première demi-heure peut me paraître assez forte.
Il faut donc également penser à cela lorsque l’on travaille longtemps sur un instrument numérique.
Est-ce un bon piano pour débuter ?
Pour quelqu’un qui commence le piano, je trouve ce type de clavier excellent.
Il possède 88 touches, un toucher lesté de qualité et un très bon son.
Au moment où j’ai acheté le mien, je l’avais trouvé aux environs de 400 à 420 euros grâce à une réduction. Plus récemment, je l’ai vu plutôt aux alentours de 500 à 520 euros.
Le P-223 semble aujourd’hui moins facile à trouver, mais le P-225 appartient à la même famille d’instruments.
Pour commencer le piano, je n’aurais personnellement aucune hésitation à conseiller ce type de clavier.
Peut-on apprendre uniquement sur un piano numérique ?
C’est ici que je souhaite apporter une nuance importante.
Pour commencer pendant un an, un an et demi ou deux ans, un très bon piano numérique peut parfaitement faire l’affaire.
Mais si vous souhaitez ensuite aller beaucoup plus loin dans votre pratique, je pense qu’il devient important de se confronter à un véritable piano acoustique.
Les fabricants ont réalisé des progrès extraordinaires et les pianos numériques actuels peuvent être remarquables.
Mais un piano acoustique reste différent.
Si vous ne pouvez pas en posséder un pour des raisons de place, de budget ou de voisinage, cela ne signifie évidemment pas que vous devez arrêter le piano.
En revanche, vous remarquerez probablement la différence lorsque vous jouerez sur le piano de votre professeur ou sur un autre piano acoustique.
Il faut apprendre progressivement à s’adapter aux différents instruments.
Un excellent deuxième piano
Pour tous les pianistes d’un niveau plus avancé, je vois surtout cet instrument comme un excellent piano secondaire.
Son grand avantage est de permettre de continuer à travailler lorsque l’on est loin de son instrument habituel.
Je peux personnellement travailler trois heures dessus sans problème particulier.
Je peux entretenir ma technique, travailler mes morceaux et éviter de perdre mes sensations pendant les vacances.
Et c’est exactement ce que je recherchais.
Piano numérique portable ou clavier de scène ?
Je possède parallèlement un clavier de scène Roland.
C’est également un excellent instrument, mais il pèse environ une vingtaine de kilos.
Ce n’est tout simplement pas la même catégorie.
Si je devais jouer un concert nécessitant un clavier électronique de très grande qualité, je choisirais probablement davantage un clavier de scène.
Mais pour travailler, voyager et déplacer facilement mon instrument, le piano numérique portable est beaucoup plus pratique.
Mon installation portable
Je n’ai volontairement pas acheté le meuble Yamaha généralement proposé avec le piano ni le pédalier trois pédales.
Mon objectif était précisément de conserver une installation transportable.
J’utilise donc une pédale de sustain simple.
J’ai également choisi un stand pliable très léger et rapide à mettre en place.
Le modèle que j’utilise est un stand Gewa EQS 10 B.
Il se plie en quelques secondes, ce qui est beaucoup plus pratique que certains pieds de clavier qu’il faut dévisser à chaque transport.
J’utilise également un siège pliable qui devient presque complètement plat une fois replié.
Par hasard, il se range très facilement avec mon stand, ce qui rend l’ensemble encore plus pratique.
Enfin, j’ai acheté une housse relativement simple.
Elle protège surtout le clavier de la poussière. Elle ne constitue pas une véritable protection contre les chocs.
J’ai fait ce choix parce que je sais que je suis très soigneuse avec mon matériel.
Si vous transportez fréquemment votre instrument ou si vous avez davantage de risques de le cogner, une housse plus protectrice sera évidemment préférable.
Quel budget pour l’installation complète ?
Lorsque j’ai constitué cette installation, le clavier m’avait coûté environ 400 à 420 euros grâce à une promotion.
Avec le stand, la pédale, le siège et la housse, mon installation complète se situait globalement autour de 500 à 600 euros.
Avec un clavier acheté aujourd’hui autour de 500 euros, il faut plutôt prévoir un budget global approchant les 700 euros selon les accessoires choisis.
L’intérêt est justement de choisir les accessoires en fonction de votre utilisation.
Si la portabilité n’est pas une priorité, le meuble et le pédalier trois pédales peuvent évidemment présenter un intérêt.
Dans mon cas, je voulais avant tout pouvoir tout déplacer facilement.
Quelques conseils pour jouer du piano en extérieur
Pour jouer dehors, j’utilise un pupitre indépendant en bois, avec une petite table à côté pour poser mes lunettes, une bouteille d’eau et mon matériel.
La tablette est également particulièrement pratique en extérieur : elle évite notamment les problèmes de pages de partitions qui s’envolent.
Il faut ensuite prévoir une rallonge électrique suffisamment longue.
Dans mon cas, j’utilise une grande rallonge de jardinage pour pouvoir atteindre le champ dans lequel je joue.
C’est presque l’élément le moins pratique de toute l’installation : il faut dérouler puis réenrouler correctement un très long câble sans l’emmêler.
Il existe également des batteries capables d’alimenter ce type d’installation sans raccordement direct au secteur.
Je n’en utilise pas pour le moment, notamment parce qu’une batterie disposant d’une autonomie suffisante représente un certain investissement et ajoute également du poids.
Peut-être testerai-je cette solution un jour.
Protéger son piano à l’extérieur
Une règle essentielle : ne mettez pas votre instrument en plein soleil.
Installez-le toujours à l’ombre.
Il faut évidemment également surveiller la météo, le vent, les animaux et tout ce qui pourrait endommager le clavier.
Cela relève surtout du bon sens, mais un piano numérique reste un appareil électronique et demande donc quelques précautions.
Pourquoi j’aime tellement pouvoir jouer dehors
Pour moi, c’est probablement l’une des plus belles possibilités offertes par ce type d’instrument.
Les pianistes sont condamnés, par la nature même de leur instrument, à passer énormément de temps à l’intérieur.
Un violoniste, un violoncelliste ou un flûtiste peut prendre son instrument et aller jouer ailleurs.
Pour nous, c’est beaucoup plus compliqué.
Nos modes de vie sont déjà très sédentaires et nous donnent énormément de raisons de rester enfermés.
Alors pouvoir prendre son piano, l’installer sous un arbre et travailler face à un paysage est quelque chose que j’apprécie énormément.
Rien que pour cela, je trouve ce type de piano formidable.
Une petite parenthèse sur l’Aveyron et les « cailloux »
Puisque je vous montre le lieu dans lequel je joue, j’en profite pour vous expliquer ce que nous appelons ici un « caillou ».
Dans cette région, le sol est extrêmement pierreux.
Pour rendre certaines parcelles cultivables, les générations précédentes devaient retirer une quantité considérable de pierres des champs.
Elles construisaient alors des murs de pierre sèche et accumulaient entre eux les pierres retirées du terrain.
Ces constructions permettaient donc à la fois de débarrasser les champs de leurs pierres et de structurer les parcelles.
Le lieu dans lequel je joue aujourd’hui fait partie de mes souvenirs d’enfance.
Il surplombe la vallée.
Il y avait également un chêne dans lequel j’aimais monter pour lire lorsque j’étais petite. J’y ai notamment lu Les Trois Mousquetaires.
Le chêne est malheureusement tombé cette année.
Le temps passe.
Et j’apprécie d’autant plus de pouvoir revenir dans ces lieux avec mon petit piano.
En conclusion : mon avis sur le Yamaha P-223
Je suis vraiment très contente de cet achat.
Ce n’est évidemment pas un remplacement définitif d’un piano acoustique pour un pianiste avancé.
Ce n’est pas non plus un clavier de scène destiné à assurer n’importe quel type de concert.
Mais en tant qu’instrument de travail portable, je le trouve remarquable.
Il permet de continuer à travailler sérieusement en voyage, de s’enregistrer, d’utiliser un métronome, de connecter différents appareils, de jouer au casque et surtout de déplacer son piano beaucoup plus facilement qu’autrefois.
Pour un débutant, c’est également un excellent moyen de commencer sur un véritable clavier de 88 touches lestées.
Et pour un pianiste plus avancé qui possède déjà un piano acoustique, c’est à mes yeux un formidable deuxième instrument.
Pour ma part, pouvoir continuer à travailler tout en profitant de ce paysage d’Aveyron est exactement ce que je recherchais.
À bientôt sur Les Clés du Piano !
Références mentionnées dans la vidéo
| Élément | Référence indiquée dans la vidéo |
|---|---|
| Piano numérique | Yamaha P-223 |
| Modèle proche | Yamaha P-225 |
| Piano échantillonné pour le son Grand Piano | Yamaha CFX |
| Stand | Gewa EQS 10 B |
| Pédale de sustain | X-Tone X-Stain 2 |
| Application de travail de l’oreille | EarMaster |
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