La mémoire, un tout premier congrès à Paris

 

Je reviens du premier congrès de la mémoire organisé entre autre par Nicolas Lisiak , Vincent Delourmel et Jérôme Hoarau, fondateurs et organisateurs de La semaine du développement, un événement annuel et un site que je suis de prêt depuis plusieurs années. Il s’est déroulé sur une journée avec différents intervenants dont une naturopathe, un psychologue, un comédien formé à l’hypnose ericksonienne, un spécialiste de la lecture rapide et de l’apprentissage, ainsi qu’un mentaliste de spectacle. Artistes de scène et pédagogues se côtoyaient donc pour nous parler de leur expérience en matière de mémoire et d’apprentissage de façon générale. Tout pour me plaire !

 

Cerveau

Image de Lorena Biret

 

Faire exprès d’oublier !

Je souhaitais confirmer mes informations et, entre autres choses, qu’il est bon de laisser quelque chose s’oublier pour mieux le rappeler ensuite, afin qu’il rentre plus profondément en mémoire à long terme. Oui, c’est bien une stratégie efficace. Pour nous pianistes, il est inutile d’essayer de maintenir à tout prix un morceau en mémoire. Il est mieux le laisser pendant un temps et le reprendre quelques jours après. Mais, comme Vincent Delourmel l’a bien rappelé suite à ma question, dans les premiers temps il doit être rappelé rapidement.

 

partition de piano

 

Qu’est-ce que cela veut dire concrètement pour nous musicien ? Quand on a la sensation de “savoir” un morceau, il est bon de stopper sa répétition pendant un jour ou deux, en reprenant à la place par exemple un autre morceau plus facile ou que l’on sait déjà bien. Cela permet au cerveau et aux oreilles de faire une pause. Vous pouvez d’ailleurs profiter d’un de ces moments où vous saturez, où le morceau vous sort par les yeux, où que vous avez envie de taper le piano ! Puis on le reprend encore quelques jours. Et là de nouveau on peut le laisser, mais une semaine par exemple. Et ainsi de suite, en espaçant progressivement les intervalles.

Il m’arrive souvent d’entendre des élèves me dire qu’ils ont voulu reprendre un ancien morceau et d’avoir été très déçu de ne plus le savoir. Ce n’est absolument pas grave ! C’est complètement normal, courant et même nécessaire. Reprenez le sans états d’âme. Le temps que vous mettrez à le ré-apprendre sera beaucoup moins long que la première fois et il s’ancrera beaucoup plus profondément en vous. Cependant le temps de retour sera d’autant plus long que vous l’aurez laissé longtemps alors qu’il était tout frais dans votre mémoire. Mais si vous aimiez réellement ce morceau à la base, je ne me fais pas trop de soucis…

Comment faire pour ne pas s’y perdre ? Il va vous falloir du papier ou un ordinateur et un bloc de petits post-it(s). Notez sur un carnet ou un tableau sur votre ordinateur chaque morceau que vous commencez avec la date. Ensuite, quand vous décidez de le laisser, mettez un post-it sur votre agenda à la date où vous pensez qu’il sera bon de le reprendre. Pour vous donnez un ordre d’idée des intervalles: 2 jours, une semaine, un mois, 3 mois, 6 mois, 1 an…

Il y a certainement des applications téléphone qui peuvent gérer des intervalles réglées à l’avance, mais je ne les connais pas.

 

 

L’importance de faire des pauses

Gaël Allain, psychologue et coauteur avec Vincent Délourmel du livre “ Je retiens ce que je veux quand je veux ” aux éditions Eyrolles, nous a fait part d’une chose qui m’a intéressé. Sur toute l’énergie consommée par notre cerveau, 80% est utilisée quand le cerveau est soit disant “inoccupé”. Pour le dire autrement, et pour reprendre les mots de Gaël qui nous ont bien fait rire, 80% de l’énergie de notre cerveau est consommée à des moments où l’on “glandouille”. Le relâchement, la rêverie, la divagation des pensées, le sommeil sont des besoins du cerveau pour lui permettre de retraiter les infos, les classer et les associer à des informations plus anciennes. Dans nos journées quotidiennes type, combien de temps avons–nous sans aucunes sollicitations ?

 

Chat sur canapé

Photo de Pierre-Olivier Carles

Pour revenir au sujet qui nos intéresse sur ce blog, il est donc important de faire des pauses dans nos séances de travail, et de ne rien y faire de particulier. Et la fréquence dépend de votre capacité de concentration, mais doit rarement excéder 25 à 40 minutes. Il a été rappelé qu’il est plus utile de faire beaucoup de petites pauses avant d’être fatigué que de grandes pauses. Autrement dit aussi il ne faut pas attendre d’être fatigué pour les faire. Aller faire un tour cinq minutes dans votre jardin si vous avez la chance d’en avoir un. Sinon mettez-vous à votre balcon ou à une fenêtre pour respirer. Aller boire un verre d’eau.

 

Jardin

 

Mais en prenant un peu de recul, laisser un morceau n’est-il pas aussi une autre façon de faire une pause ? Et si l’on regarde d’encore de plus loin, cela ne rejoint-il pas le fait de savoir lâcher prise ? …

Sachez, pour rebondir sur le sujet, qu’un morceau continue à faire son chemin dans votre tête même après votre temps de répétition au piano. C’est ce que j’appelle souvent le travail “post-travail”. Quand vous faites autre chose, que vous dormez, le travail continue sans vous. N’avez-vous jamais remarqué qu’un morceau avait progressé tout seul en quelques jours d’arrêt? C’est une bonne nouvelle ça !

 

 

Buvez de l’eau au piano

Le fait de profiter d’une pause pour boire un verre (d’eau bien sûr ! Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, à moi la bordelaise aux lointaines origines bourguignonnes) m’amène naturellement à l’intervention de la naturopathe Katell Maître. Elle a rappelé l’importance de la consommation d’eau pour la bonne communication entre les neurones et donc la mémoire, cette fonction étant répartie un peu partout dans notre cerveau. L’hydratation est le premier point qu’elle a abordée, soulignant par là son importance. Elle a rappelé que le cerveau est principalement constitué d’eau (plus de 70%). Elle conseille à chaque nouvelle activité, à chaque fois que l’on a besoin de se mettre en route, de boire de l’eau plate. Personnellement, je me prépare toujours un verre d’eau avant de travailler mon piano, et je le pose par terre à coté de moi. Ne posez jamais de liquide sur un piano !!! L’eau fait gonfler le bois et le déforme.

 

Verre d'eau

Elle a ensuite rappelé l’importance de l’oxygénation. Le cerveau faisant 2% du poids du corps et utilisant pourtant 20% de l’oxygène que l’on respire. Et cette oxygénation suppose une bonne respiration bien sûr. Mais cela ne suffit pas, car cela dépend également d’une bonne circulation sanguine amenant cet oxygène aux cellules. Et c’est là qu’intervient l’exercice physique ! Et oui encore lui ! Grrrrr… Au moins 30 minutes d’exercice physique par jour, même si ce n’est que de marcher. L’activité du corps permettrait en plus de développer de nouveaux neurones. D’autres points comme les bonnes graisses (insaturées), les minéraux, les protéines ont été abordés bien sûr, mais je me suis limité à vous retransmettre les plus essentiels. Nous sommes sur un blog de piano et non de diététique !

 

Marche

 

Voilà ce que j’ai retenu d’utile pour nous musiciens lors de ce congrès. D’autres articles viendront sur la mémoire ultérieurement.

Etes-vous des champions de la mémoire au piano ? Quels sont vos trucs et astuces ? Partagez-moi dans les commentaires ci-dessous.

 

Pour en savoir plus sur ce congrès, cliquez ici.

2 réflexions au sujet de « La mémoire, un tout premier congrès à Paris »

  1. Je trouve ça très intéressant comme congrès! Merci de nous partager tout ça!

    Oui, pour jouer de la musique depuis 12 ans, j’approuve que prendre des pauses de quelques jours est absolument nécessaire pour la progression. Remarque que ça m’a pris quelques années avant de m’en rendre compte! C’était l’orgueil!!

    Pas de souci, j’ai toujours de l’eau avec moi! 🙂

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