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Comment écouter de la musique aujourd’hui

Je tiens à vous parler aujourd’hui d’un sujet extrêmement important pour toute personne désireuse de jouer d’un instrument. Or c’est un sujet qui est finalement peu abordé car considéré comme allant de soi la plupart du temps. Vous vous en doutez par le titre de l’article, il s’agit du fait d’écouter de la musique.

Vous pouvez vous dire, “bah c’est évident que quelqu’un qui joue d’un instrument aime la musique et donc en écoute”. Cependant dans les faits ce n’est pas automatique. En effet, comme toute chose qu’on apprend à comprendre de l’intérieur et intellectuellement, il est parfois difficile de continuer d’en profiter avec son coeur comme le ferait un enfant. Mais à mon sens, c’est indispensable pour progresser à long terme.

 

Pourquoi écouter de la musique est indispensable pour un musicien

  • Pour garder le contact avec le plaisir de la musique :

En effet, comme je vous le disais à l’instant, quand on rentre dans le comment faire de la musique, qu’on essaie d’expliquer comment elle est construite, cela donne des outils et des moyens de la pratiquer soi-même. Il est indispensable de passer par ce chemin d’intellectualisation, comme je vous l’évoquait dans mon dernier podcast sur l’importance du solfège. Et l’apprentissage du savoir faire demande des procédures logiques et pragmatiques. Mais dans le même temps il faut être conscient qu’on s’éloigne de l’essence profonde de cet art qui s’adresse à tous et non uniquement aux initiés. En concert, qui prend le plus plaisir à l’écoute ? l’enfant ? l’amateur de musique ? le débutant en piano ? ou le professionnel dont c’est le métier ?… vous pourriez être surpris de la réponse je vous assure. Il suffit de se souvenir de l’enfant qui danse parfois en écoutant un musicien de rue sous le sourire amusé des adultes, et sans le moindre complexe…

Prendre du plaisir à écouter de la musique

  • Pour nourrir son inspiration :

Pour apprendre à jouer du piano de manière approfondie et durable, il faut apprendre les connaissances théoriques, le savoir faire et la créativité. Oui mais alors vous pourriez vous dire ” que reste t’il de la créativité si je ne fais qu’appliquer des partitions déjà écrites par d’autres ?” Et bien il vous reste à créer le son, sa qualité, sa couleur, son timbre. Et cela n’est pas écrit sur la partition… Vous avez la hauteur des notes, leur rythme, leur nuance, ponctuation et articulation. Mais tout cela N’EST PAS la musique. Ce n’est qu’une recette, un graphisme froid sur du papier en noir et blanc. Il vous appartient d’assembler tout cela, de créer votre son et votre propre interprétation, ce qui va faire que la façon dont vous jouerez sera unique et intéressante. Un langage de coeur à coeur qui nous touche. Et ne me dites pas “ou la mais moi j’en suis pas encore là…”, car je peux vous dire que tout le monde a un son qui lui est propre et à tous les niveaux. Simplement pour cela on doit laisser libre cours à son imagination, son inspiration. Mais comment être inspiré ?

Et bien justement c’est là qu’intervient l’écoute. Si pour vous le piano a toujours le même son quelque soit la façon dont on joue dessus, que toutes les interprétations se valent, c’est que vous devez en écouter plus. Et pas uniquement du piano d’ailleurs, car le piano est un instrument qui en évoque tant d’autres !

Ecouter ce qui sort du piano

Et c’est un conseil que je me donne moi-même régulièrement. Qui d’entre nous prend le temps à l’heure actuelle d’écouter de la musique de manière attentive ? Je ne parle pas de mettre de la musique pour mieux faire passer la corvée de vaisselle (même si c’est aussi très bien ! ), comme sur les publicités pour enceintes bluetooth. Je parle de se poser dans un fauteuil et d’écouter la musique, de se laisser entrainer par elle vers un monde indescriptible avec des mots. Ou même de se lever d’un bond et de danser follement quitte à faire rire vos proches s’il sont là. Cela vous fera du bien et vous vous re-connecterez à ce pourquoi vous avez voulu faire de la musique pour la plupart d’entre vous. Ce pourquoi la musique a été imaginée il y a bien longtemps chez nos ancêtres des cavernes…

Il va de soit qu’aller au concert est encore mieux, car vous ne pouvez faire autre chose (sauf si vous êtes encore les yeux rivés sur votre téléphone 😉 ), et le son en direct vous traverse de part en part. Vous faites le lien avec le geste des musiciens et le “spectre” du son est entier. Votre oreille capte des subtilités de timbre dont vous n’êtes même pas vous-même conscient. Il s’agit donc d’une expérience sensorielle complète.

Magnifique salle de concert avec piano à queue

Votre oreille interne doit engranger des sons, des timbres, des subtilités sonores de plus en plus fines, afin que vous ayez une banque de sons dans votre mémoire dans laquelle pourra puiser votre inspiration.

L’inspiration se nourrit de la mémoire.

Et pour l’improvisation il s’agit du même phénomène. Tous les grands improvisateurs, quel que soit le style de musique, ont toujours écouté beaucoup de musique. Et, après avoir travaillé bien sûr, il peuvent se laisser aller et laisser sortir d’eux des choses qu’ils n’auraient même pas soupçonnés eux-même. En gros, la musique ne peut s’exprimer à travers vous que si vous l’avez beaucoup écouté, apprécié et maniée (avec les mains 🙂 ).

 

Les moyens concrets d’écouter de la musique aujourd’hui :

Afin de vous aider à vous nourrir régulièrement, je vous lance quelques pistes pour avoir accès à une écoute régulière sans trop de frais. Ces dernières années le monde du disque et des appareils pour les écouter a considérablement évolué. Nos habitudes d’écoute en ont été particulièrement chamboulés. Notre temps est aussi souvent passé à d’autres occupations comme les réseaux sociaux par exemple.

Voici donc les moyens à ma connaissance :

Les plateformes d’écoute :

Des plateformes payantes de streaming :

Toutes les services dont je vais vous parler ci-dessous sont, au moment où j’écris, au prix d’une dizaine d’euros d’abonnement par mois et sans engagement. Vous pouvez y écouter de manière illimité et en qualité moyenne (mais très suffisante sur les appareils d’écoute que nous utilisons la plupart du temps) une grande partie de la musique enregistré et en vente dans les magasins actuellement. Ces enregistrements ne vous appartiennent pas, mais vous pouvez les écouter autant de fois que souhaité. Le gros avantage, c’est de pouvoir se permettre d’être curieux, de tester des styles de musique ou des compositeurs vers lesquels on ne serait pas allé naturellement. C’est comme la photo numérique, vous pouvez faire des erreurs puisque ça ne coute pas plus cher, mais du coup vous pouvez aussi faire de très belles expériences.

Et sachez que si après écoute, vous souhaitez acheter un enregistrement que vous avez particulièrement apprécié, il vous sera possible de le faire pour le télécharger et le graver sur un disque avec votre ordinateur.

Voici donc les services que je connais :

  • Qobuz, une plateforme de grande qualité tant sur le plan de la qualité sonore que sur le plan de la richesse du catalogue en musique classique et jazz, tout en ne négligeant nullement les autres musiques de qualité et indépendantes. Je l’utilise moi-même depuis quelques temps et en suis ravie ! J’ai toute la musique dans mon téléphone où que je sois et quoi que je fasse (même la vaisselle 🙂 ). Et c’est une entreprise française, alors cocorico profitons-en !
  • Deezer, qui a un gigantesque catalogue dans tous les styles de musiques populaires contemporains, mais il manque encore des choses en musique classique et jazz même si c’est tout à fait honorable. Mes enfants l’utilisent et en sont ravis pour écouter leur groupe ou chanteur/rapeur préféré :).
  • MusicMe, que je connaissais il y a quelques années mais je ne suis pas allé voir depuis quelques temps. Vous pouvez y écouter beaucoup de musique gratuitement.
  • Spotify, que je ne connais pas mais qui m’a l’air plus tourné sur la musique de variété.

Si vous connaissez les deux derniers et que vous les utilisez, dites-moi dans les commentaires ce que vous en pensez.

Ces outils ne sont bien sûr utilisables que si vous possédez un ordinateur, une tablette ou un SmartPhone.

Vous avez aussi des boutiques en lignes pour acheter la musique :

Faites entrer la musique dans votre vie

Des plateformes gratuites :

  • IMSLP, où vous pouvez trouver des enregistrements qui sont passés dans le domaine public, et les télécharger pour les écouter. Il faut être un peu habitué à manier l’informatique.
  • Youtube, qui n’est plus à présenter pour la plupart d’entre vous, mais au cas où vous n’auriez pas pensé à ce moyen d’écouter de la musique, je vous le signale tout de même. Vous pouvez y trouver un peu tout et n’importe quoi, en partant de l’apprenti pianiste qui veut partager son bonheur de jouer (et il a tout à fait raison de le faire) à de grands pianistes et compositeurs vivants ou non comme Rubinstein, Petrucciani, ou Olafur Arnalds et bien d’autres.
  • SoundCloud, qui est une plateforme de partage de musique où tout le monde peut publier.
  • DailyMotion, est une autre plateforme vidéo mais sur laquelle vous pouvez trouver de belles choses en fouinant.

 

Les CD en magasin :

Grace ou à cause de l’avènement d’internet, le prix du disque a fait une chute vertigineuse ces dernières années et vous pouvez donc trouver beaucoup d’enregistrements pour moins de 10€ en magasin physique ou virtuel.

  • Sur internet, comme Amazon, Price Minister etc…
  • A la Fnac, Virgin ou chez les magasins spécialistes de maisons de disque. Mais pour combien de temps… ?
  • Pensez aux vides-greniers !!

 

Les concerts :

Bien sûr comme je vous le disais plus haut, rien ne remplacera la musique “en live”, qu’elle soit émise par un grand musicien célèbre ou par un bon musicien qui a envie de partager. Soyez curieux et prenez parfois le risque d’aller écouter des illustres inconnus. Ces derniers ont l’avantage d’être encore abordables sur le plan du prix et de vous offrir un spectacle vivant auquel vous-même participez. Comme le dit très bien Alexandre Tharaud dans son livre Montrez-moi vos mains, le concert est un spectacle qui se crée par le musiciens ET son public, comme une alchimie mystérieuse et qui ne peux s’appréhender qu’en la vivant. Avec son coeur et non avec sa tête…

Piano à queue sur scène

Renseignez-vous auprès de votre mairie sur les salles de concert, ou tapez “concert (le nom de votre ville)” sur votre moteur de recherche. Prenez les programmes et épluchez-les. Bref, faites votre petite enquête. Votre pratique du piano en ressentira les bienfaits !

Voilà ce qui est à ma connaissance possible de faire à l’heure actuelle pour écouter de la musique et “travailler” par là-même son instrument d’une autre manière. Mais j’ai parfaitement conscience de ne pas être une spécialiste en matière de diffusion musicale. Donc n’hésitez-pas à compléter cet article par vos propres connaissances et expériences dans les commentaires.

A bientôt !

 

 

 

Etre créatif au piano

 

Si vous avez appris à jouer du piano comme moi sur des partitions, et selon la méthode classique, il vous est peut-être arrivé d’être sacrément frustré de ne rien pouvoir jouer directement au piano sans avoir travaillé au préalable deux mois… Vous savez cette situation où vous n’aviez pas prévu de jouer et un piano passe par là. On vous lance “ah ! mais toi tu sais jouer du piano ! Vas y, joue nous quelque chose !”. Vous hésitez, vous avez envie, mais à la fois vous n’aviez pas prévu et aucunes partitions à vous mettre devant les yeux. Alors vous tentez le morceau du moment, et là, catastrophe ! Vous ne le savez plus. Alors la colère monte : “quand même ce n’est pas juste ! tous ces efforts fournis, ces années à travailler tout seul dans mon salon, pour finalement ne pas être foutu de jouer quelque chose devant mes amis !”

Et comble de l’humiliation, un cousin de vos amis est là. Il n’a jamais suivi le moindre cours ou la moindre méthode. Il se met au piano, mèche sur l’œil et sourire aux lèvres, pour jouer magnifiquement trois accords jazzy avec un style et un groove qui “déchire” et met une sacrée ambiance. Tout ça à l’oreille bien sûr. Il a un succès fou. En tout cas vous en faites une montagne, vous, dans votre tête. Vous avez envie de tout arrêter. Ça vous rappelle quelque chose ?

Cet article participe au carnaval d’article sur la créativité, organisé par le blog La Musique et vous, qui vous donne des conseils concrets pour apprendre la musique à tout âge.

Et oui, vous l’avez bien senti dans ces moments-là. Il ne suffit pas de savoir bien exécuter la musique de quelqu’un d’autre pour être un pianiste heureux. Caresser le clavier, jouer deux notes pour savoir comment le piano sonne, se laisser entraîner dans le monde des sons, rebondir en jouant une petite mélodie simple, et c’est parti pour un voyage où vous oubliez le temps et tous vos soucis ! Vous jouez, improvisez quelque chose qui vient du plus profond de votre être, votre propre musique. Elle n’est pas forcément compliquée. Vous ne faites pas preuve d’une grande virtuosité. Mais c’est ce que vous entendez à ce moment-là. Votre être créatif. Croyez-moi, c’est du pur bonheur.
Développer sa créativité au piano

Ma prise de conscience :

Je me rappelle qu’au court d’une formation de professeur de piano au conservatoire de Paris, un des intervenants a dit une phrase qui m’a beaucoup marqué. La voici.

“Un enseignant se doit d’enseigner en suivant trois axes fondamentaux :

  • Les connaissances
  • Le savoir-faire
  • Et la créativité.”

Le constat fut rude pour moi. J’ai pris conscience qu’on m’avait enseignée des connaissances et du savoir-faire, mais pas de créativité musicale. J’étais moi-même incapable d’improviser quoi que ce soit, de jouer au piano sans m’accrocher à la musique issue du cerveau d’un autre. Alors comment être capable de l’enseigner aux autres… Je connaissais tout de la théorie. Les tonalités, l’harmonie n’avaient pas de secrets pour moi, mais j’étais incapable de “jouer” avec et de prendre plaisir à les explorer.

J’ai alors entrepris d’apprendre à improviser. Je me suis alors procuré plusieurs méthodes d’improvisation et de jazz. Mais ce qui m’a complètement débloquée entre autres choses, c’est la méthode Improvise For Real. Loin d’être une grande improvisatrice, j’étais devenue capable de me faire plaisir sur un piano sans aucune partition, avec ce que j’entendais dans ma tête.

Forte de cette victoire, j’ai alors cherché à jouer avec d’autres musiciens qui jouaient à l’oreille, et dans des répertoires différents qui n’utilisent pas de partitions. J’ai intégré alors un groupe de rock au sein duquel on me demandait régulièrement de créer un petit solo sur une grille d’accord. J’étais complètement perdue et terrifiée au début, puis je me suis rendue compte que j’avais toutes les compétences pour m’intégrer. Ce fut une merveilleuse expérience. Dans le même temps, j’ai commencé à jouer dans un ensemble guitare/chant/percussion/piano, appelé Lantannah et où j’ajoute ma touche personnelle dans des accompagnements à partir de la structure donnée par l’auteur des chansons. C’est une grande joie de “jouer” et de partager la musique avec d’autres !

 

 

La créativité dans les œuvres écrites :

Pour moi la créativité n’est pas qu’une histoire d’improvisation ou de composition cependant. Il y a énormément de créativité à développer, et de liberté à trouver même sur des morceaux déjà écrits par d’autres. On peut se croire extrêmement contraint par tout ce qui est marqué sur le papier, sauf que sans vous, le papier, l’œuvre n’est rien ! C’est à vous de vous réapproprier tous ces signes abstraits et de créer votre propre musique avec. C’est à vous de recréer le morceau à chaque instant.

Un élément est absent sur le papier, comme le dit si bien Brigitte Bouthinon-Dumas dans ces deux livres Mémoire d’empreintes, c’est le timbre. La couleur d’un son, sa chaleur,  ou au contraire son côté piquant etc… Tout ceci vous appartient et vous est propre. Pour expérimenter ce que je veux dire, choisissez par exemple un morceau très connu. Ecoutez attentivement et au calme plusieurs interprétations sur Internet, et vous entendrez que chaque pianiste a un timbre, une personnalité qui lui est propre. Notez que lorsque j’emploie le terme de pianiste, c’est dans son sens strict de personne jouant du piano, et non le sens de personne dont c’est le métier. Qu’est-ce qui fait la différence.  C’est ce que l’on appelle “le toucher”. Quand on joue du piano, on oublie souvent qu’il ne suffit pas d’enfoncer la bonne touche au bon moment. On doit créer une qualité de son, en “touchant la touche” de manière très spécifique.

 

Comment développer sa créativité :

Faites de la place à l’inspiration :

Tout d’abord il faut vous offrir du temps. Avec un emploi du temps de ministre, vous pourrez gérer beaucoup de chose et être efficace dans vos tâches, mais pas devenir créatif. Un artiste a souvent la réputation d’être désorganisé et tête en l’air. Mais n’est-ce pas plutôt un besoin de liberté, de temps pour être créatif ! On ne convoque pas la créativité de 21h17 à 22h06. Elle s’invite sans prévenir, dans les moments où on ne s’y attend pas forcément. Et c’est là le plus gros obstacle. Nous laissons notre époque saucissonner nos vies et nous presser comme des citrons, si bien que nous n’avons bientôt plus de substance à exprimer.

S'inspirer quand on et pianiste

Photo de Gilles Rémus

Aérez-vous, promenez-vous, contemplez la nature. Je me souviens avoir lu que Chopin conseillait à ses élèves de marcher dans la nature pour pouvoir mieux jouer au piano après. Il le faisait lui-même régulièrement. On ne peut pas être créatif sans être inspiré, et pour être inspiré on ne peut pas être exténué, préoccupé, inquiet.

Nourrissez l’inspiration :

Allez voir des expositions d’art. De nombreux compositeurs dans leurs écrits témoignent du besoin de se rapprocher des autres formes d’art, et de l’inspiration que cela leur apporte. Moussorgski en donne un merveilleux exemple par son œuvre “tableaux d’une exposition”.

Voyagez, aller au concert, écoutez de la musique, et dans différents styles. Pour ma part, j’écoute toute sorte de musique. Il m’arrive de passer de Mozart à MC Solaar, ou de Brassens à Chilly Gonzales, selon les périodes. Ne rejetez rien, à priori avant d’avoir écouté. Bref nourrissez-vous de l’expression de la créativité des autres. Le mythe du créateur seul, inspiré en permanence et sans influences de son environnement est faux. Si vous n’écoutez pas ou que très peu de musique, votre cerveau n’aura pas de manière sonore dans laquelle puiser son inspiration !

Tableau de Braque

Georges Braque (1882-1963), Le Port de La Ciotat

Photo prise par Renaud Camus

Faites silence, pour écouter :

Apprenez à calmer vos pensées tourbillonnantes. Respirez ! Et faites le silence avant de vous mettre au piano. L’inspiration vient par l’écoute. L’inspiration vient après l’expiration… Après le lâcher prise. Vous ne pourrez pas entendre votre propre musique intérieure si vous pensez au poulet que vous devez faire cuire ou à la dernière engueulade avec votre conjoint.

La musique émane du silence, gardez cela à l’esprit !

Et quand vous vous mettez à jouer, écoutez le son que vous produisez. C’est dans chaque son qui résonne dans votre pièce, avec votre piano, ce jour-là, que vous créez le suivant. Que la musique soit de vous ou non, un son émane toujours de la note ou du silence qui le précèdent. Si vous ne prêtez pas attention à chaque son, ce ne sera qu’une succession de note mais pas de la musique, pas de l’art qui exprime quelque chose.

Enfin, amusez-vous :

Le jeu est une forme d’improvisation. L’improvisation est un jeu. Il faut savoir “jouer” dans le sens de s’amuser. Travailler son instrument est une affaire sérieuse, mais si vous coupez toute émotion et tout esprit d’amusement, vous videz votre pratique de tout ce qui vous a poussé à apprendre le piano. Ceci peut se faire avec l’aide d’un enfant par exemple, qui sont nos maîtres en la matière. Vous pouvez essayer de retrouver une chanson qu’il aime et trouver un accompagnement. Jouer avec d’autres aide aussi beaucoup à passer à un mode plus vivant et ludique, en nous obligeant à sortir de notre mental.

Enfant qui s'amuse au piano

Photo Woodleywonder

Un peu de pratique d’improvisation au piano :

Le piano est un instrument merveilleux, car toutes les notes sont à disposition et d’accès facile. Comme le dit Bruno du blog Composer Simplement dans cet article, il est également facile de se repérer au clavier pour composer.

La contrepartie de ça, est qu’il y a trop de choix et trop de mains pleines de doigts à occuper. Comme toutes les notes sont à disposition, vous avez besoin d’un cadre, un mode qui vous impose un choix. Si vous jouez toutes les notes de manière aléatoire, vous allez-vous retrouver dans une véritable cacophonie, ou en plein dodécaphonisme, ce qui est peut-être un peu prématuré et ardu. Les douze sons compris entre une note et la même une octave plus haut ne sonnent pas bien ensembles ou jouées de manières proches et désorganisées. On en choisi en général 7 sur les 12, ce qui forme les modes. Les plus connus sont les modes Majeur ou mineur, mais il y en a beaucoup d’autres.

Un exemple de “cadre” intéressant et facile est le fait de vous amuser à jouer uniquement sur les touches noires, ce qui vous fait retirer automatiquement les 7 notes des touches blanches (voir cet article de La Musique et Vous). En faisant cela vous vous retrouvez avec uniquement cinq notes par octaves, faciles à repérer. On appelle cela le mode pentatonique. À la main gauche vous pouvez jouer un accompagnement très simple et statique comme par exemple un fa dièse avec un do dièse à espace régulier. Et à la main droite improvisez des mélodies, toujours uniquement sur les touches noires. Vous allez vite vous retrouver dans une ambiance évoquant souvent l’Asie ! Essayez !

Pour que l’apprentissage de la création musicale au piano soit naturel et progressif, je pense qu’il est intéressant de repasser par les grandes étapes de la polyphonie de la musique :

  • Une mélodie seule jouée par l’une ou l’autre des mains.
  • Une mélodie à la main droite accompagnée à la main gauche par une seule note. Cette note sera rejouée régulièrement, dès qu’on ne l’entendra plus, pour former ce que l’on appelle en théorie musicale une pédale (note tenue tout le long du morceau). De nombreuses musiques anciennes ou traditionnelles sont sous cette forme.
  • Progressivement, l’accompagnement de la main gauche va passer d’une note à deux en formant une quinte, puis trois  et quatre pour former un accord.
  • Enfin la main gauche va enrichir son accompagnement en introduisant des rythmes, des déplacements de plus en plus nombreux sur d’autres notes, au fur et à mesure que la coordination des mains s’améliore. Elle pourra alterner entre deux notes, puis trois, se complexifiant progressivement.

Je ne peux malheureusement pas vous expliquer tout ceci plus en détail dans cet article, déjà bien long ! Mais la démarche générale est là.

“Ce n’est pas pour moi” :

J’entends d’ici ce que vous vous dites intérieurement. Oui mais je ne suis pas capable. Je n’ai jamais su improviser. Il me faut une partition sinon je suis perdu. Ce n’est pas maintenant que je vais m’y mettre. Ce n’est pas pour moi. Et puis de toute façon je n’ai jamais eu d’oreille. Etc.. Et pourtant, sachez que c’est accessible à tous, à condition d’accepter de commencer modestement.

Vous pensez que vous n’avez pas d’oreille, pas d’inspiration. Peut-être que c’est vrai. Mais vous pouvez apprendre. Faites-vous confiance ! Oui, vous allez commencer en faisant des notes “bizarres”. Vos premières improvisation seront très basiques, pauvres et de style enfantin. Rien de génial dans tout cela. Et c’est normal. Persévérez ! Arrosez votre jardin musical tous les jours. Car tout le monde peut accéder au plaisir de l’improvisation avec du désir et de la pratique régulière.

Quand vous sifflotez sous la douche, n’est-ce pas de la musique ? Quand un petit enfant joyeux chante, n’est-ce pas l’expression la plus naturelle qui soit ? Vous aussi étiez comme ça ! Vous avez juste eu besoin mettre de côté cette partie de vous, pour vous consacrer à d’autres choses, et vous avez de très bonnes raisons de l’avoir fait. Mais c’est toujours là et il suffit de vous y reconnecter et de lui permettre de grandir enfin.

 

J’espère que cet article vous aura donné envie de vous mettre à l’improvisation, à la création de votre propre musique. Pour vous y aider également, allez lire les autres articles de ce carnaval en cliquant ici.

Voici une vidéo très bien faite pour aller plus loin dans l’improvisation sur les touches noires, de la chaîne YouTube Le cahier du pianiste :

Pourquoi je crois que le piano est le meilleur instrument pour composer

 

Pour la première fois aujourd’hui, je suis heureuse de vous proposer un article qui n’a pas été écrit par moi. Cet article invité a été écrit par Bruno du blog ComposerSimplement. Bruno nous écrit de Montréal au Canada ! C’est la magie d’internet !

 

Bien le bonjour!

 

J’espère que vous avez passé une bonne semaine jusqu’à présent!  De mon côté, ça va!  Il y a un moment, j’avais proposé à Marie-Cécile de lui écrire un article invité sur le piano!  C’est une bonne chose car je suis débutant au piano et je compose aussi de la musique!  Alors, j’ai commencé à réfléchir sur l’utilisation du piano en composition musicale.  D’où la naissance de cet article!

 

Le piano = mieux pour composer?

 

Le piano est là!

synthetiseur

 

Quand j’ai commencé à composer de la musique, c’était essentiellement à la guitare, mais je sentais que je tournais en rond.  Quand j’ai suivi mes cours de production audio, on travaillait avec des synthétiseurs.  Toutefois, je ne connaissais rien au piano à ce moment-là!  Ainsi, j’ai décidé de me procurer un clavier avec une méthode écrite et d’apprendre quelques bases!  Apprendre le piano m’a aidé à faire ma première trame sonore de jeu vidéo!

 

Avec cette expérience, je me suis basé comme quoi apprendre le piano était la meilleure chose à faire pour composer de la musique!  Je vais établer mon point de vue sur différents points!

 

  • Le piano est simple à apprendre : Je dis simple à apprendre, mais plus ou moins!  Apprendre l’indépendance des 2 mains ainsi que la clé de sol et de fa en même temps peut être fastidieux.  La position adoptée et le mouvement des doigts est beaucoup plus naturelle sur un piano qu’une guitare ou un violon!  De plus si vous connaissez un autre instrument et que vous vous tournez vers le piano, la transition se fera très bien vue vos bases acquises!

 

  • C’est un instrument polyphonique : Qu’est-ce que j’entends polyphonique?  C’est qu’il peut jouer plusieurs sons en même temps!  Ainsi, cette qualité fait du piano un instrument très riche!  En effet, si vous jouez avec une pédale de soutien, vos notes tiendront plus longtemps et votre musique ne sera que plus colorée!  Sans oublier que vous pouvez combiner la mélodie et l’harmonie pour faire une chanson complète!

 

  • Il se connecte facilement à un ordinateur : Sur ce point, je parle plutôt d’un synthétiseur ou d’un clavier.  Avec un port USB, vous pouvez connecter votre clavier, vous ouvrez votre DAW (Digital Audio Workstation) et le tour est joué!  Vous êtes maintenant prêt à composer quoi que ce soit!  La beauté de la chose est que vous avez une infinité d’instruments dans votre DAW!  Votre synthétiseur servira de “maitre” pour jouer ces instruments!

 

  • Le piano est présent dans plusieurs styles de musique : Le piano est un instrument plus que versatile!  Du classique au métal en passant par la pop et le rap, vous pouvez y retrouver cet instrument!

 

  • Il y a un meilleur repère au niveau des notes : Do-Ré-Mi-Fa-Sol-La-Si et les altérations qui viennent avec! J’ai constaté ce point en comparant la guitare et le piano.  En guitare, j’utilise seulement mon oreille pour trouver une note et quand on n’a pas l’oreille musicale très développée, ce n’est pas toujours évident! Toutefois, au piano, le repère visuel est meilleur parce que c’est plus facile connaitre les notes.  La seule chose qui changera est la hauteur (le pitch en anglais) de la note!  Bonjour la composition de mélodie!!

 

  • Il y a plusieurs octaves disponibles : Petit complément à la polyphonique!  Quand on joue d’un instrument monophonique (une seule mélodie à la fois), le processus de composition peut être plus complexe et délicat.  Or, avec le piano, vous pouvez avoir facilement 5 ou 6 octaves et pouvoir enrichir votre chanson en jouant avec la hauteur des notes!  Aussi, si vous composez avec un DAW et des instruments virtuels, vous verrez que certains instruments sonnent mieux quand ils sont joués plus hauts ou plus bas.  De plus, avoir différents instruments sur des octaves différents permet une écoute plus équilibré de la chanson!

 

Une composition au piano que j’ai fait pour la trame sonore!

 

Conclusion

 

Et voilà!  Il m’a fait plaisir de partager mon point de vue sur le blog de Marie-Cécile!  J’espère que ça vous a encore plus motivé à apprendre le piano pour composer votre musique!  Je vous invite à télécharger gratuitement mon guide “Les 4 étapes pour bien commencer à composer une chanson”!  Ça vous sera d’une grande aide!  Sur ce, portez-vous bien!

 

Bruno ^_^

 

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